5 Seconds Of Summer montre l’étendue de son talent avec « CALM » 

Quel retour en force ! Alors qu’ils viennent de célébrer leur 9 ans de carrière, les australiens de 5 Seconds Of Summer s’apprêtent aujourd’hui à nous offrir un tout nouvel album. 9 ans d’aventures musicales qui ont notamment permis au groupe de parcourir les routes en compagnie des One Direction ou en solo, et de produire 3 excellents opus. 

De “5 Seconds Of Summer”, à “Youngblood” en passant par “Sounds Good Feels Good”, les 4 australiens ont, en quelques années seulement, réussi le pari de se réinventer à chaque album, jouant à la fois sur du rock old-school et des compositions plus alternatives, dans l’air du temps. Prenez par exemple “Castaway” ou encore “More” pour vraiment obtenir un aperçu de la palette musicale des quatre musiciens. 

Aujourd’hui, c’est avec “CALM” que nous revient 5 Seconds Of Summer. Anagramme des initiales de leurs prénoms, CALM se veut être un album authentique et un brin introspectif. Pourtant, à en croire Luke Hemmings, Ashton Irwin, Calum Hood et Michael Clifford, pas question de proposer un opus à l’eau de rose. Ici, toutes les chansons ont été pensées pour des performances live à hautes énergies. 

L’écoute s’ouvre avec “Red Desert” et ses chœurs chaleureux qui viennent directement nous cueillir. Une ouverture presque a cappella qui laisse les voix des quatre garçons s’exprimer et prendre toute la place. Enfin, c’est la batterie qui vient donner le rythme et marquer cette accélération. Un morceau fort qui donne également le thème de cet album : une envie d’avancer tout en gardant cette empreinte du passé par des rythmes délicieusement vintage. 

On poursuit l’écoute avec “No Shame”. Un titre mené à la baguette par cette guitare électrique qui vient donner le ton. Si les couplets instaurent une ambiance relativement calme, la mélodie, elle, ne cesse de faire monter la pression vers un refrain décomplexé et absolument rétro. On se retrouve au beau milieu des années 80/90 avec ce morceau à l’énergie intarissable. 

“Old Me” se montre aussi rétro, mais pas dans la mélodie cette fois. Si la composition se veut pop-rock à souhait avec cette guitare qui vient donner un côté lancinant et enivrant, c’est le thème abordé qui nous fait réfléchir : le passé. Dans le clip qui accompagne le titre, les australiens ont d’ailleurs fait un clin d’œil nostalgique aux grandes étapes de leur carrière : l’arrivée d’Ashton dans le groupe, le coup de pouce des One Direction, les débuts dans un garage ou encore leur premier concert en Australie. Un regard vers le passé qui se veut aussi prometteur pour l’avenir. 

 “Easier” étonne par son côté sombre malgré une ouverture très lumineuse et aérienne. On retrouve une basse et une batterie puissante qui viennent chatouiller le synthé alternatif pour marquer toute la progression du titre. Une discrétion sombre donc, qui résonne comme une parenthèse singulière dans l’univers des 5SOS. Ici, il n’est plus question de pop-rock dynamique, mais de titres plus profonds et matures. 

Avec “Teeth, les 4 garçons nous proposent du très lourd. Si la mélodie emprunte fortement au rock alternatif, des interludes plus légers, où seule la basse de Calum semble s’exprimer, viennent faire monter en tension le titre et créer des ruptures brutales et efficaces. Une composition un brin rétro, façon rock des années 80, mêlé à des éléments mordants et résolument modernes. 

« ‘Teeth’ est arrivé à une période où nous essayions de faire encore mieux que ‘Youngblood’ en termes d’écriture. C’était à une période difficile de ma vie et les paroles reflètent bien cet état d’esprit. Le texte parle d’un moment compliqué dans ma relation, mais musicalement, nous avons essayé d’aller encore plus loin que ‘Easier’ en englobant vraiment des sons industriels et plus organiques. » 

“Wildflower” nous emmène tout droit vers un univers rétro-hippie. Si Luke Hemmings laisse cette fois sa place de chanteur à Calum Hood, ce qui nous interpelle surtout, c’est la capacité du titre à s’inscrire dans plusieurs univers. Il y a du funk dans le refrain, une teinte de disco pour la batterie énervée et de la pop-rock pour relever le tout. Un “Frankenstein” des inspirations des garçons, comme ils aiment à l’appeler. 

Prenons une pause dans cette effusion de guitares avec “Best Years”. Sur une mélodie qui oscille entre rythmes organiques et sonorités très aériennes, la voix de Luke Hemmings vient montrer toute sa capacité. Une ballade rock alternative, dans la veine de “Lie To Me”, qui gagne en puissance jusqu’à un intermède musical onirique et savoureux, où la guitare vient répondre avec douceur au clavier. 

On retrouve cette ambiance pop-électro sur “Not In The Same Way” et son tempo lancé à 1000 à l’heure. Un morceau qui n’est pas sans nous rappeler “Who Do You Love”, la collaboration des 5 Seconds of Summer avec The Chainsmoker. Les chœurs viennent aussi donner du relief à la mélodie et ajouter du piquant. 

Quelques notes de piano nous invitent sur “Lover Of Mine”. Puis, une guitare acoustique vient prendre le dessus pour nous offrir une ballade pop, qui se transforme progressivement en ballade rock au fur et à mesure de l’écoute. Une évolution à mesure que les instruments viennent s’ajouter, comme si chaque membre venait épauler le chanteur, Luke. Un titre enivrant, comme une valse de 1000 émotions : “All my regrets and things you can’t forget / Light them all up, kiss them goodbye”.

Si “Thin White Lies” se rapproche des autres titres dans sa construction, “Lonely Heart” s’en détache plus radicalement. Ne vous laissez pas prendre par les rythmes de guitare acoustique simplistes et charmer par la voix de Luke Hemmings car la force de ce titre se cache dans son refrain. Une explosion de sonorités, martelées par la batterie d’Ashton Irwin. Une alternance du calme et de la tempête qui montre toute la maturité du groupe et sa capacité à créer de véritables hits destinés à être jouer dans les plus grands stades.

Pour refermer cet opus, les 5 Seconds Of Summer nous proposent “High”. Un titre sensible, qui fait la part belle aux sentiments du chanteur et à ses doutes. Simplement accompagné d’une guitare, c’est dans une ambiance douce et lumineuse que la mélodie s’installe. Un morceau qui se veut aussi très honnête lorsque le chanteur nous dit : “I hope you think of me highly / When you’re with someone else / I know your friends all lie / I know your friends don’t like me / They want you for themselves”. Une triste mais jolie parenthèse pour clôturer ce quatrième album.

Dans son ensemble, « CALM » est un condensé de ce que les 5 Seconds Of Summer savent faire de mieux. Du rock vintage, mélangé à de l’électro-pop, inspiré de la new-wave. Un opus qui se veut aussi personnel, avec des paroles travaillés dans les moindres détails, dévoilant des sentiments nouveaux de la part des quatre garçons. Une nouvelle réussite pour les 5SOS qui nous régalent de ces 12 titres !

LA NOTE DE LA RÉDAC : 4,5/5

« CALM » est disponible sur iTunes.