Harry Styles nous propose l’excellence avec « Fine Line »

Alors que son ex-acolyte des One Direction, Liam Payne, vient tout juste de dévoiler son premier album « LP1 » et que Louis Tomlinson transformera l’essai de l’exercice solo en janvier prochain, c’est aujourd’hui au tour d’Harry Styles de s’exprimer de tout son art. Après un premier album éponyme en 2017, c’est donc près de 2 ans après que le britannique se décide à nous offrir un son neuf et résolument plus assumé.

Emmené par l’impressionnante ballade rock « Sign Of The Times », « Harry Styles » se voulait être le plus authentique possible, baigné d’une ambiance rock omniprésente et d’un éclectisme certain. Un univers décrit par les titres « Kiwi » ou encore « Ever Since New-York », deux titres diamétralement opposés qui englobaient ce sentiment de liberté et cette envie de se démarquer.

Avec « Fine Line », son deuxième opus, le défi est grand. Faire mieux ou égaler la qualité du premier album et confirmer ce talent brut déjà dévoilé sur « Harry Styles ». 12 titres pour convaincre et faire durer le plaisir.

À bien y tendre l’oreille, le premier morceau de la tracklist « Golden » ne nous est pas si inconnu. Utilisé dans le trailer de la nouvelle tournée d’Harry, le titre bénéficie d’une mélodie lumineuse et ensoleillée, baignée de percussions et pourvue d’un rythme effréné. Pas de démonstration vocale pour l’ouverture mais des paroles presque murmurées et masquées par cet univers psychédélique et empreint de joie. Une entrée sur les chapeaux de roue qui annonce la couleur !

Retour en terrain conquis avec « Watermelon Sugar ». Cette fois, Harry Styles revient aux fondamentaux avec des rythmes de batterie et de guitare nous rappelant ses précédentes compositions. À l’ouverture du titre, c’est la voix du chanteur qui vient nous happer et nous montrer l’évolution sur l’ensemble de la mélodie. Avec quelques rythmes de guitares délicieusement vintage, c’est une véritable explosion de sonorités que nous propose le britannique en fin d’écoute, avec des trompettes fournies et un mélange de saveurs exquis.

Comme un conte, « Adore You » semble être le morceau le plus particulier de cet opus. À travers un clip aux allures de court-métrage, le chanteur nous emmène en voyage sur l’île imaginaire d’Eroda située près des côtes anglaises. Là-bas, Harry Styles nous raconte l’histoire d’un jeune garçon au sourire lumineux, forcé de voir la vie en noir pour ressembler à tout le monde. Différent, le garçon va alors se lier d’amitié avec un poisson, qui essaye lui aussi de trouver sa place dans le monde. Une ode à la différence et à la singularité qui exprime aussi le besoin de travailler ensemble. Une jolie histoire que le chanteur met en chanson sur des rythmes groovy et une mélodie à la fois enivrante et malicieuse à souhait. Un titre pour danser et qui sent bon la nostalgie aussi !

C’est avec « Lights Up » qu’Harry Styles avait donné le ton de cet album. Comme pour amorcer sa mue et montrer son évolution, c’est avec un style radicalement différent que le britannique était revenu sur le devant de la scène. Un morceau à cheval entre plusieurs univers, où quelques accords de guitares viennent nous plonger vers des inspirations RnB avec une voix de tête presque en apesanteur qui crée la rupture. Une dualité entre les beats profond et une voix lumineuse qui sonne comme une prise de liberté osée et parfaitement assumée. Une surprise de taille qui résonne comme une parenthèse singulière dans cet album.

« Cherry » laisse ensuite place à la douceur pure. Comme une jolie ritournelle qui n’est pas sans nous rappeler « From The Dining Table » ou un classique de The Smith ou Simon & Garfunkel, Harry laisse transparaître ses sentiments et ressentiments à travers une mélodie simple, justement rehaussée d’une guitare, mais qui gagne en puissance à mesure que le titre se déroule. Avec la batterie qui prend de plus en plus de place, c’est toute la tristesse du chanteur qui ressort et termine le titre en apothéose. Une douce rancœur qui nous touche en plein cœur avec les quelques paroles en français à la fin du titre, comme un lointain écho à cette relation passée.

Nouveau titre et nouvelle balade avec « Falling ». Un duo piano-voix qui laisse une nouvelle fois paraître la douleur et le désespoir du chanteur pour un amour perdu. Une simplicité qui laisse la part belle à la voix si puissante d’Harry Styles et nous envoûte avant de nous briser le cœur. « I’m in my bed / And you’re not here / And there’s no one to blame but the drink in my wandering hands / Forget what I said / It’s not what I meant / And I can’t take it back, I can’t unpack the baggage you left ». Une sensibilité et une mise à nue que l’on n’attendait pas si brutalement dans l’univers du britannique.

« Nous avons écrit ce morceau en 20 minutes. Le refrain dit « Qu’est-ce que je suis maintenant ? Est-ce que je suis quelqu’un que je ne veux pas être ? ». C’est l’un de ses moments où je me suis remis en question. C’est à ce moment là que j’ai commencé à comprendre que je changeais pour devenir quelqu’un que je n’aimais pas. La chanson est alors venue d’elle même. » 

« To Be So Lonely » nous transporte une nouvelle fois dans ce monde rétro façon années 70, largement alimenté par des trips sous acides. On retrouve ici ce côté désinvolte qui habite la mélodie d’un rythme chaloupé, accompagné d’une rythmique simple et délicieuse. On apprécie particulièrement les airs de ukulélé qui viennent apporter de la légèreté et donner le ton tout au long du morceau. Ne pas trop en faire, voilà la recette de la réussite made in Styles. Une ambiance que l’on retrouve aussi sur « Sunflower, Vol.6 » et son attitude désinvolte à la Beach Boys. À écouter jusqu’au bout !

Retour aux sources avec « She ». À la manière de « Sign Of The Times », Harry Styles joue de ses charmes et use de son falsetto et de sa voix de tête pour produire un titre de 6 minutes aux allures rock langoureux, inspiré des plus grands et notamment de David Bowie. Un morceau et une composition où les solos de guitares électriques viennent nous étourdir et montrer la capacité du chanteur à évoluer vers des productions plus matures comme sur « Woman » sur son dernier album. Une balade transpirant la mélancolie et l’envie qui n’est pas non plus sans nous évoquer Arctic Monkeys et leur savoureux « No. 1 Party Anthem ». Un retour en arrière assumé qui se veut fort et ne tardera pas à devenir l’un des morceaux préférés des fans.

« Canyon Moon » laisse ensuite place à quelques airs d’autant plus libérés. Sur des rythmes de guitares baignés à la sauce country, Harry nous raconte ses souvenirs et se languit de retrouver son chez-soi. Sans fioritures, c’est un morceau feel-good que nous propose le chanteur, auquel viennent se greffer des chœurs joyeux et un refrain entêtant qui ne perd pas de son charme au fur et à mesure de l’écoute.

Presque devenu la marque de fabrique du chanteur, « Treat People With Kindness » sonne comme une évidence. Comme un symbole d’amour, de paix et d’acceptation, les fans n’ont pas perdu de temps avant de reprendre en chœur ce slogan ultra-positif, au centre même de la stratégie du britannique. Dès l’ouverture du titre, un chœur gospel vient chatouiller nos oreilles et planter le décor. Des airs rythm’n’blues omniprésents tout au long du morceau qui portent haut l’envie de s’amuser et d’être lui-même d’Harry. Un appel à l’unité et à la liberté qui fait du bien et nous invite à taper des mains en rythme et à clamer : « Maybe, we can (One more time) / Find a place to feel good (Oh yeah) / And we can treat people with kindness (Just a little more kindness) ». Bien joué Styles !

Avec « Fine Line », la boucle est bouclée. Comme pour « Meet Me In The Hallway », Harry Styles nous partage son intimité, avec une voix de tête enivrante et touchante. Plein de désespoir, ce dernier morceau vient apaiser  les tensions et le mal-être exprimé dans les autres extraits. Un final bercé de cuivre comme un dernier au revoir et un dernier hommage aux influences rétro et vintage présentes tout au long de l’album.

Comme pour « Harry Styles », le britannique parvient ici à nous surprendre. Si « Lights Up » nous orientait vers un univers plus contemporain et résolument plus moderne, les 11 autres titres de « Fine Line » sont là pour nous prouver le contraire. Il y a du psychédélisme, du rock, des ballades et surtout de l’amour et de la tristesse. Un melting-pot de sentiments qui se côtoient et se mêlent pour créer un album dense et lumineux. « We’ll be alright » nous intime-t-il en fin d’écoute et nous ne pouvons qu’être d’accord. 

« Fine Line » est disponible sur iTunes.

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L'Avis de la rédac'

Du haut de ses 25 ans, le jeune britannique Harry Styles, ne semble plus avoir grand chose à prouver. Aussi bien à l’aise dans des sonorités contemporaines que dans des balades rocks psychédéliques, Harry s’inspire des plus grands pour nous produire un son qui lui est propre. Avec « Fine Line », c’est un condensé de talent et de créativité, le tout baigné avec amour et désamour, que nous offre le chanteur. A retenir sur cet album : « Falling », « Treat People With Kindness » et l’inoubliable « She ». Un sans faute !