Nouvelle démonstration de talent pour Niall Horan avec « Heartbreak Weather », son second album.

Les titres et projets pleuvent pour les ex-One Direction. Alors qu’Harry Styles continue d’enchaîner les succès après la parution de « Fine Line », son deuxième album, c’est Louis Tomlinson qui avait montré l’étendue de ses capacités avec « Walls », un opus très anglais et inspiré de ses racines. Près de 3 ans après la sortie de son premier album « Flicker », c’est Niall Horan, le plus british des irlandais qui fait à son tour son grand retour avec un tout nouveau projet.

Si ses 3 compères ont choisi des styles authentiques et qui faisaient appel à leurs racines et inspirations personnelles, Niall Horan ne déroge pas à la règle. Pas de virages à 180°, mais des sonorités folk et groovy, inspirées de Bob Dylan ou encore Simon & Garfunkel. Cette fois encore, à en croire les premiers titres déjà dévoilés, l’irlandais semble nous réserver quelques surprises et pépites bien cachées.

Composé de 14 titres, « Heartbreak Weather » se veut être la touche personnelle et introspective du chanteur. Des compositions toutes différentes les unes des autres pour un album diversifié et intéressant.

 

Dès l’ouverture, « Heartbreak Weather » plante le décor. Baigné de cette ambiance feel-good complètement décontractée, la mélodie possède cette veine disco-rock inspirée des années 80. Une direction résolument mature et qui se revendique vintage à souhait, à des kilomètres de la pop-folk que nous avait proposé le chanteur sur son premier album. Si la guitare et le synthé viennent donner le rythme et plus de légéreté, c’est cette effusion de rythmes et sonorités qui crée toute la saveur du morceau. Si l’album a l’intention de souffler le beau et mauvais temps sur nos sentiments, c’est avec une touche ensoleillée que nous commençons cette écoute.

On continue sur cette ambiance ultra-positive avec « Black And White ». Si le tempo ultra rapide peut nous donner l’impression de courir après le temps, c’est bien ce sentiment pressant que Niall Horan a voulu nous faire ressentir. Une mélodie qui n’est d’ailleurs pas sans nous rappeler certains titres de la collection des One Direction et qui rajoute au côté nostalgique présent dans les paroles : « I promise that I’ll love you for the rest of my life / See you standing in your dress / Swearin’ in front of all our friends / There’ll never be another / I promise that I’ll love you for the rest of my life ». On retrouve cette même composition sur « Everywhere » qui possède aussi ce rythme uptempo ultra rapide qui nous emmène dans un tourbillon de sentiments.

« Black And White » est une de mes compositions préférées. Nous nous sommes éclatés en studio pendant l’enregistrement. (…) Je visualise cette chanson comme une chanson de mariage. J’ai d’abord travaillé autour du titre, puis j’ai pensé que ça pouvait être à propos de ce premier amour quand on a 15 ans. Cette personne pour qui tu te dis, « c’est bon, c’est avec toi que je vais me marier, comme dans les films » ».

« Dear Patience » vient créer la première rupture. Simplement accompagné d’une guitare, le chanteur nous interpelle sur le fait de prendre les choses comme elles viennent et de ne pas brusquer les évènements. Une ‘patience’ qui transparait également dans la mélodie qui se veut simple et efficace, sans grande démonstration et effusion de guitares. Ici, les éléments folk viennent reprendre leurs droits, avec une guitare acoustique qui trace le chemin vers un refrain qui prend doucement du relief. Un explosion en douceur qui se relève de légèreté. On apprécie d’autant plus le violon en fin d’enregistrement qui nous ramène tout droit aux racines irlandaises de l’artiste.

Changement de direction avec « Bend The Rules ». Si le battement régulier en fond de mélodie vient nous accrocher, c’est surtout la voix de Niall Horan qui nous étonne et nous charme. Plus grave, plus suave, l’irlandais dévoile ici une nouvelle facette de sa personnalité et de sa palette musicale avec un brin de voix qui oscille entre les graves de Zayn Malik et le rocailleux de Bruce Springsteen. Si côté composition, on ne sait pas si il faut prendre ça pour du R’n’B déguisé ou un rock-pop délicieusement vintage, on se laisse envelopper de cette ambiance intimiste et terriblement sombre.  Reste les échos tout en apesanteur du refrain et les légers accords de guitares qui referment ce morceau.

Nouvel extrait, nouvelle plongée dans ce côté vintage avec « Small Talk ». Petit frère de « Slow Hands » présent sur le précédent album du chanteur, le titre bénéficie de ce même univers sulfureux réhaussé par une composition rythmée, mélodique et sexy à souhait. Un morceau dans l’ère du temps qui montre toute la capacité du chanteur à s’illustrer dans un registre plus mature et assumé. Un rythme syncopé, une ambiance chaude et décontractée, voila comment marquer les esprits. Une envie de séduire qui se retrouve d’ailleurs sur le titre suivant.

Premier extrait dévoilé de ce nouvel album, « Nice To Meet Ya » donnait le ton. Avec ses rythmes de guitare rétro à souhait et cet ADN infusé des grands titres rock des années 80, le titre bénéficiait d’un groove indissociable, baigné de lumière et d’ambiance. Un lead single réussi qui nous présente Niall Horan à la poursuite de l’amour, « I like the way you talk, I like the things you wear / I want your number tattooed on my arm in ink I swear / ‘Cause when the morning comes, I know you won’t be there / Every time / I turn around, you disappear.« . Un amour du rock’n’roll qui prend forcément le dessus sur cette composition.

« Mon premier amour est le rock’n’roll des années 70 et 80. Forcément, à un certain point, ça va prendre le dessus et je crois que sur cet album, il y a une vibe définitivement plus rock. Je me retrouve à jouer beaucoup plus de guitare électrique sur scène ».

Changement d’ambiance avec « Put A Little Love On Me ». Grand romantique dans l’âme, on trouvait déjà cette patte sur le premier album avec par exemple « Flicker » ou encore « Paper Houses ». Sur cette ballade piano-voix, le chanteur laisse transparaître toute sa sensibilité sur une mélodie globalement dépouillée où seules quelques notes viennent s’insérer pour apporter de la légèreté à cette thématique grave. « When the lights come up and there’s no shadows dancin’ / I look around as my heart is collapsin’ / ‘Cause you’re the only one I need / To put a little love on me ». Un appel à l’amour dans la plus grande simplicité.

Un besoin d’amour que l’on retrouve sur « Arms Of A Stranger » avec ce rythme lancinant comme une longue complainte, avant l’explosion rythmique du refrain, comme un cri de détresse : « You left me with nothing / Now I’m lyin’ in the arms of a stranger / But why do I think of you? / You left me with nothing/ Now I’m lookin’ in the eyes of a stranger / Just tryna get over you ». Alors que la mélodie nous en met pleins les oreilles tout au long de l’écoute, cette fin sur une respiration nous donne, elle, un grand sentiment de vide sentimental à combler.

Si « Cross Your Mind » a d’abord été pensée comme une ballade piano-voix d’après les dires du chanteur, le résultat final tient plus de la composition funky/disco/pop. Inspirée par Empire Of The Sun ou encore Fleetwood Mac, le titre est la parfaite incarnation de cette ambiance décomplexée et libérée des années 70-80. Une composition qui fait lointainement écho au fameux « On The Loose » du premier album. De la modernité dans un univers ancien pour des sentiments vagabonds. Même sentiments sur le très disco « New Angel » qui nous donne décidément envie de danser.

Retour au groove avec « No Judgement ». Pleinement en confiance, Niall Horan s’essaye ici à des sonorités plus dynamiques et un brin latines. Une mélodie qui n’est pas sans nous rappeler « Shape Of You » d’un certain Ed Sheeran. Un amour comme au premier jour et une composition décomplexée pleine de saveur et d’inspirations différentes. On apprécie également la voix plus grave du chanteur, qui vient donner de la profondeur au titre.

« San Francisco » redonne du souffle à l’écoute. Une nouvelle proposition piano-voix qui nous parle des sentiments contradictoires que l’on peut ressentir pour une personne. « I wanna kiss you like the first time / Hold you like it’s not goodbye / Before you fall for somebody new« . Un titre tout en douceur et en légèreté, qui fait du bien dans cette écoute dense. On apprécie le calme des couplets avant l’air volupté et fourni sans en faire trop des refrains. Pour les puristes, nous vous conseillons d’écouter « 18 » ou « If I Could Fly » pour poursuivre sur la même voie.

Dans la veine de Louis Tomlinson avec « Only The Brave » ou Harry Styles avec « Fine Line », Niall Horan choisit lui aussi la simplicité pour clôturer son album. Sur « Still », les quelques rythmes de guitares suffisent à nous emmener dans un univers aérien et plein de tendresse. En cours d’écoute, ce sont d’ailleurs des chœurs plein d’une puissance simple qui viennent nous rappeler que « We’ll Be Alright ». Il y a fort à parier que beaucoup se laisseront piéger par l’instrumentale simple en début de morceau même si il renferme quelques surprise par la suite. Une composition complète qui permet de refermer cette album avec une dernière dualité. Entre le soleil de « Heartbreak Weather » et le ciel gris de « Still », la boucle est bouclée.

Plus mature et plus audacieux, voilà comment on pourrait résumer ce nouvel album made in Niall Horan. Après « Flicker », c’est dans un univers rétro vintage que l’irlandais décide d’évoluer et ce n’est pas pour nous déplaire. Parmi ces 14 titres, on retiendra particulièrement « Still », « Cross Your Mind » et « Small Talk », qui nous marquent par leur éclectisme et leurs saveurs !

« Heartbreak Weather » est disponible sur iTunes.