Jax Jones : un DJ à l’univers frais et coloré

Devenu véritable collectionneur de collaborations cinq étoiles, Jax Jones est probablement l’un des DJ les plus prolifiques de ces dernières années. Révélé au grand public en 2014 grâce à son single « I Got U » en featuring avec Duke Dumont, le Britannique s’est maintenant fait une place sur la scène EDM internationale et a sorti son tout premier album, « Snacks (Supersized) », en septembre dernier. Et oui, à la fois musicien, producteur, auteur et DJ, Jax Jones côtoie maintenant ses idoles d’antan et parcourt le monde pour faire danser ses fans. De passage dans le sud de la France à l’occasion de la cérémonie des NRJ DJ Awards, il en a profité pour s’arrêter à la capitale et c’est ainsi que nous l’avons rencontré pour discuter de sa carrière florissante, ses influences et ses projets !

 

© Thomas Daeffler, exclusivement pour On The Move

 

On The Move : Salut Jax ! Comment ça va ? Content d’être à Paris ? 

Jax Jones : Oui ! Je viens de déjeuner avec Martin Solveig, qui forme le groupe Europa avec moi, c’était très sympa. On a mangé de la tarte et de la soupe… Alors jusque-là, tout va bien ! (rires)

On The Move : En parlant de Martin Solveig… Tu peux nous parler de ton projet avec lui ? Est-ce que tu penses que vous allez faire d’autres choses ensemble ?

Jax Jones : Oui, on s’est justement retrouvés pour discuter de ça. On a quelques chansons en réserve qui nous plaisent beaucoup et on a choisi ce qu’on pense être notre prochain single. Maintenant je suis très excité à l’idée de commencer à imaginer le clip. Cette chanson est ce qu’on appelle un « hymne de l’amitié », elle est vraiment super !

On The Move : Il nous tarde de l’entendre ! Tout a en fait commencé pour toi avec « Go Deep » et « I Got U ». Puis, les choses ont vraiment commencé à s’accélérer en 2017 et 2018 avec la sortie de ton EP « Snacks ». Et, cette année, tu as sorti pas moins de cinq singles ainsi que ton premier album « Snacks (Supersized) ». Que ressens-tu face à cette évolution ?

Jax Jones : Exactement. Comme pour chaque aventure, c’est difficile de vraiment réaliser le chemin parcouru. Cette année, sortir un album a vraiment été quelque chose de génial. C’est une bonne occasion de faire le bilan et aussi de visualiser toutes les chansons au même endroit. Je suis vraiment heureux de tout ce qu’il s’est passé jusqu’à présent et je suis très enthousiaste. Maintenant, j’ai l’impression que c’est la fin du commencement et j’attends avec impatience les prochaines étapes : faire mûrir mes sonorités, vraiment comprendre ce que je préfère dans la musique que je crée et simplement en faire plus… C’est stimulant !

On The Move : Quelle chanson as-tu préféré produire pour ce premier album ? 

Jax Jones : Ma chanson la plus importante…. C’était probablement « You Don’t Know Me », non pas parce qu’elle a eu du succès, mais parce que c’est vraiment un titre unique et que c’était un message important. Et, bien sûr, « All Day and Night » parce que c’est une collaboration avec Martin qui est juste une référence dans l’EDM. C’était vraiment un honneur de créer de la musique avec lui et de former un groupe. Pour moi, c’est encore une fois un message important à propos de ce que je veux devenir et ce que j’aimerais avoir accompli dans dix ans.

On The Move : Il y a eu comme un effet boule de neige autour de toi, avec des artistes comme Tove Lo qui t’ont contacté parce qu’ils avaient aimé tes morceaux précédents… Alors, comment as-tu rencontré Demi Lovato ou Ella Henderson par exemple ?

© Thomas Daeffler, exclusivement pour On The Move

Jax Jones : Oui, c’est ça ! Pour Demi Lovato… Je venais de faire  » You Don’t Know Me  » et j’avais déjà la chanson « Instruction », que j’avais écrite avec un autre auteur pour MNEK. Cela arrive rarement… Habituellement, j’écris avec l’artiste qui chante mais la première fois que j’ai rencontré Demi Lovato, c’est lorsque nous avons enregistré « Instruction ». Elle a vraiment aimé la chanson et je suis très fier qu’elle ait pris le risque de la faire parce que c’est très différent de ce qu’elle a fait avant. Elle a souvent été plus rock avant, et peut-être un peu plus mélancolique alors ça a été vraiment intéressant. C’est probablement l’une de mes collaborations préférées, parce que ça a été la plus unique et la plus inattendue. Et puis, Ella Henderson…. C’est une amie de longue date ! Ma femme gardait Ella Henderson quand elle était petite, elles ont grandi dans la même ville, une toute petite ville. J’ai donc connu Ella avant qu’elle ne fasse The X Factor. J’ai toujours trouvé qu’elle avait du talent et c’est assez drôle parce que nous avons écrit la chanson (« This is Real ») il y a cinq ans… Elle était célèbre à l’époque et son label ne me jugeait pas dans le coup. Maintenant je le suis, alors tout va bien ! (rires)

On The Move : Petite revanche ! (rires) Est-ce que tu écris parfois une chanson en pensant à un artiste en particulier avec qui tu veux travailler ?

Jax Jones : Très rarement ! Quatre-vingt-dix pour cent du temps, je suis en studio avec l’artiste et nous écrivons la chanson ensemble. C’est ce qui m’intéresse le plus. Je ressemble beaucoup à Mark Ronson de ce point de vue là, à la façon dont il aime travailler avec les gens et les chanteurs qu’il trouve intéressants, j’aime travailler avec des personnes que je comprends… Je pense que c’est ce qui rend ma musique unique et fraîche. Ça ne sonne pas comme un simple titre électro sur lequel un chanteur a posé sa voix mais comme une vraie collaboration. On travaille ensemble pour trouver des paroles auxquelles on croit, une histoire à laquelle on croit… C’est comme ça que ça marche pour moi.

On The Move : Tu as en effet un univers très frais et coloré, et tu sembles toujours mettre un peu d’humour ou de positivité dans tes chansons. Y a-t-il une raison précise à cela ?

Jax Jones : Merci ! Je pense juste que ma personnalité est comme ça et je me dis que la musique que tu crées est toujours une amplification de ta personnalité. Je suis comme ça, un mec sympa et positif ! (rires)

On The Move : Et qui as-tu écouté en grandissant ?

Jax Jones : J’ai écouté beaucoup de choses différentes grâce à mon père. Mon beau-père est arrivé dans la famille quand j’avais huit ans. C’est un Algérien, alors il a introduit beaucoup de musique africaine dans la maison, du blues, du rap, du R&B et du reggae. Donc j’ai grandi avec beaucoup de ça et ensuite j’ai commencé à faire de la musique pop de mon côté et puis… j’ai essayé de rapper ! (rires) Toutes sortes de choses. Je jouais aussi de la guitare classique, donc toutes ces choses se mélangent un peu. Aussi, quand j’étais adolescent, le grime s’est développé. C’est un style de rap britannique. C’est donc tout ce qui m’a influencé en grandissant et j’essaie de faire de la musique avec tous ces genres…

On The Move : En les mélangeant, tu veux dire ? 

Jax Jones : Oui ! Parfois, quand j’étais plus jeune, j’essayais de faire une chanson R&B, puis j’essayais d’être rappeur et puis je faisais un morceau de grime… J’ai même fait des morceaux classiques ! Maintenant, en tant que Jax Jones, il y a toutes ces influences mais dans de la musique dance, c’est un peu ça. (rires)

On The Move : C’est un peu ce que tu as fait avec Olly Alexander de Years & Years, en essayant de faire quelque chose qui corresponde à son univers mais aussi au tiens…

Jax Jones : Oui. « Play » est plutôt une chanson pop, mais on l’a écrite comme une chanson R&B, avec un son de guitare très doux, puis j’ai créé le beat. La musique ressemble pas mal à du garage, un autre style typiquement britannique. Je me régale vraiment ! C’est pour ça que j’aime tant la musique électro, parce que c’est un peu comme le rap ou du moins comme le rap était : tu peux puiser des choses dans de nombreux styles différents et faire quelque chose de cool.

On The Move : Je vois. Et à quel point participes-tu à l’aspect visuel de ta musique ? Les clips sont toujours pleins d’idées folles et très bien produits…

© Thomas Daeffler, exclusivement pour On The Move

Jax Jones : Merci ! Je suis tout le temps sur le coup ! Au début, il n’y avait que moi et mon manager, puis on a rencontré des personnes qui ont pu nous aider à faire vivre notre vision. Et ce qui est vraiment cool maintenant, c’est qu’on est entourés de gens qui comprennent cet univers et qui le cultivent. Mais oui, toutes les idées sont parties de nous deux, assis comme ça et se demandant  » Qu’est-ce qu’on peut faire ? »… Et c’est vraiment amusant parce que, avec « Snacks », les délires avec la nourriture et les personnalités colorées et amusantes qu’il y a dans le projet, il y a tellement de choses que l’on peut faire ! Je suis vraiment fier de ce qu’on a créé. Je reçois beaucoup de compliments à ce sujet ! Hier encore, quand j’étais aux NRJ DJ Awards, David Guetta m’a dit : « J’adore « Snacks », j’adore les visuels, c’est trop cool ». C’est vraiment sympa quand tu entends ça !

On The Move : Et, en plus de ça, tu es récemment parti en tournée avec Zedd !

Jax Jones : Exact !

On The Move : Comment c’était ? 

Jax Jones : C’était cool ! J’ai pu me produire dans les plus grandes salles que j’ai faites en Amérique et dans des endroits sympas, dont San Francisco. On a fait deux dates là-bas et c’était génial ! Et puis on est directement allés, moi, Zedd et Martin Garrix, dans une petite boîte à Washington, il y avait peut-être quatre cents personnes. C’était vraiment spécial et comme une surprise. Une occasion unique pour les gens présents comme pour nous, parce qu’il nous sera difficile de refaire ça. Alors oui, c’était une super tournée, je me suis fait pleins de bons souvenirs ! (rires)

On The Move : Et maintenant tu as des concerts à venir au Royaume-Uni et en Australie très prochainement !

Jax Jones : En Australie oui et un concert ici à Paris !

On The Move : Oui, en mars ! Pour ta plus grande tournée à ce jour !

Jax Jones : Exactement, j’ai vraiment hâte ! Les dates du Royaume-Uni sont presque sold-out. Je suis vraiment ravi ! Ce sera ma première fois sur scène à Paris, alors j’espère que ce sera un set amusant. J’ai vraiment hâte d’y être et je suis sûr qu’il y aura aussi des surprises. Peut-être que je peux faire en sorte que Martin vienne faire un set spécial avec moi, et aussi collaborer avec des artistes français avant ça. Une collaboration avec David Guetta ? Pourquoi pas ?

On The Move : Ça serait génial !

Jax Jones : Ouais, ce serait vraiment super ! Je suis impatient de faire ça et oui, l’Australie ça va être cool. Ils savent faire la fête là-bas ! (rires)

On The Move : Merci beaucoup pour ce moment. On te souhaite le meilleur pour la suite !

Jax Jones : C’était un plaisir. Merci, c’est très gentil !

L’album de Jax Jones « Snacks (Supersize) » est disponible en téléchargement.

 

English version available soon on On The Move Magazine.