Waterparks passe du rire aux larmes avec « FANDOM », son nouvel album

Talent brut, attitude audacieuse et son alternant entre sentiments et ressentiments, Waterparks se présente aujourd’hui comme la digne relève de Fall Out ou encore All Time Low. Une nouvelle figure de la scène punk-rock qui n’est pourtant pas en reste. Avec déjà 2 albums à son actif, le groupe originaire d’Houston a déjà su se faire entendre à coup de guitares lourdes et d’une voix si puissante qui vient habiter chacun de ses titres.

En 2018, Waterparks nous proposait « Entertainment ». Comme le successeur logique de « Double Dare », l’album se présentait comme un bouillonnant mélange de surprises et de diversité. Amateurs de pop, de punk ou de ballades simplistes, le diable était dans les détails comme le démontrent les titres « Tantrum », « Lucky People » ou encore « We Need To Talk ».

Aujourd’hui, le groupe s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son histoire avec « FANDOM », un nouvel album 100% signé Waterparks. À travers 16 titres, Awsten, Geoff et Otto passent de la joie au désespoir. Autant de sentiments que nous vous proposons de décrypter pour vous.

Si dès l’ouverture, avec « Cherry Red », nous sommes projetés au beau milieu des années 80 avec une ambiance rétro à la Stranger Things, les lourds et profonds échos de batterie et de riffs de guitares viennent poser le décor. Nous sommes fixés, l’album se veut mature et rebel, mais aussi puissant et assumé. Presque dès les premières notes, la voix d’Awsten Knight vient nous interpeller et marteler les paroles. Une entrée en matière vintage et alternative qui impose ses conditions. L’écoute promet d’être grandiose et surtout, revendiquée.

Celle-ci se poursuit ensuite avec l’audacieux « Watch What Happens Next ». Cathartique, ce titre nous accueille avec des rythmes de guitares ultra présents, venant tracer un chemin électrique vers un refrain explosif et plein de saveurs. Dans la plus pure tradition punk-rock, Awsten prend sa revanche sur ses détracteurs et plus particulièrement sur son ancien label, qui muselait sa créativité et son envie d’expérimenter de nouveaux genres, tout comme les fans de la première heure qui souhaiteraient garder l’essence même de Waterparks, sans les voir évoluer : « Hip hop can do what ever it wants / Like make country songs / And hit number one / And that’s fucking awesome / We could never do that / All the fans that like us need an easy fucking format ». Que cela plaise ou non, Awsten et sa troupe semblent bien décidés à faire comme bon leur semble, quitte à perdre quelques fans en route… Nous sommes prévenus !

Pop, psychédélique, « Dream Boy » englobe parfaitement ce changement de direction musicale qu’avait annoncé le groupe plus tôt. En laissant de côté les guitares lourdes et la batterie omniprésente, on retrouve sur ce titre toute la saveur de « Blonde » ou encore « Gloom Boys » avec des refrains et une mélodie ultra vitaminés et emprunts de positivité. Une fois de plus, le chanteur nous expose ici les désillusions des fans par rapport à l’image que l’on peut se faire de son idole.

« Les gens pensent pouvoir créer une fausse image de leurs idoles. Ça crée une sorte de honte pour la personne concernée car tu as l’impression de laisser tomber ou de décevoir les gens. Même si ce n’est pas ta faute si ces personnes ont créé cette image de toi dans leur tête. »

Dans la veine de « Peach (Lobotomy) », le prochain titre, « Easy To Hate », se veut enfantin, tout en ne cachant pas son honnêteté. Un morceau qui ne serait pas sans nous rappeler « I Hate Your Guts » de McBusted, avec son refrain fédérateur, déjà prêt à être repris en chœur par les foules en délire. Ajoutez à cela des solos de guitare enflammés et une batterie omniprésente qui assume parfaitement son rôle et vous obtenez le cocktail parfait de ce qui fait l’essence même de Waterparks. 

Avec « High Definition », Waterparks nous propose ce qu’il sait faire de mieux : une jolie ritournelle un brin naïve, dévoilant un thème plus grave. En effet, derrière la mélodie lancinante et teintée d’une certaine légèreté, les paroles laissent transparaître tout le désarroi dont le chanteur est la proie. Une jolie ballade pop relevée d’un rythme régulier et de quelques accords de guitares qui n’est pas sans nous rappeler les premiers succès du groupe « Never Shout Never », mêlés au titre de Owl City « Vanilla Twilight ». Dans la lignée de « Lucky People », on se laisse porter par ce titre déchirant, à la fois tendre et très dur.

L’accalmie se termine pourtant avec « Téléphone ». Une chanson d’amour sur-vitaminée, habitée par des notes de piano sous acide et un refrain déroutant, lancé à mille à l’heure. Une alternance entre rythmes énergiques et un faux-calme dissimulé sous une instrumentale déjantée qui nous donne l’impression de courir après le temps, et pourquoi pas après l’âme sœur. Il y a dans ce titre ce sentiment heureux et joyeux, presque planant, d’avoir envie de tomber amoureux et de vivre ça encore une fois. 

Juste avant la déferlante sombre, « Group Chat » se présente comme un intermède singulier, presque comme une introduction au nouveau son de Waterparks. Moins d’une minute qui suffit pourtant pour nous transporter dans un tout nouvel univers. Puis « Turbulent » étonne par son rythme effréné. Ce n’est pas un secret, Waterparks aime se mettre en danger et expérimenter à travers ses titres. Sur une mélodie alternant entre douceur et noirceur où la guitare et la basse affrontent une batterie énervée, le chanteur nous parle franchement de ses déceptions amoureuses, sur fond de distorsions musicales turbulentes et nous en met plein les oreilles sans temps de pause.

Quoi de mieux pour prendre le public de court que de proposer une ballade guitare-voix après le phénomène « Turbulent ». Si Waterparks ne nous avait habitué à ne glisser qu’une seule pépite acoustique dans ses précédents albums, ils parviennent pourtant à nous surprendre une nouvelle fois avec « Never Bloom Again ». Un titre qui nous fait penser avec la même douleur à « 21 questions », avec sa montée en puissance tout au long du titre et l’ajout discret mais intelligent des différents instruments.

Nouveau titre, nouvelle impertinence. Avec « I Miss Having Sex But At Least I Don’t Wanna Die Anymore », pas d’explosion de sonorités mais une mélodie dirigée par la voix du chanteur et par une guitare acoustique et des sonorités délicieusement folk, mêlée à quelques intentions pop. Sans prise de tête, le titre démontre une nouvelle fois la capacité du groupe à dépeindre un monde coloré, tout en étant très cash sur leur statut de célébrité : comment être sûr de l’honnêteté des gens et comment faire entendre sa voix et ses envies quand nos moindre faits et gestes sont scrutés et étudiés ?

Sur « War Crimes », le groupe revient à un univers beaucoup plus tribal et organique. On parle ici de tambours venant donner le rythme et d’une mélodie globalement plus sombre et fournie. À mesure que le titre se déroule, la voix d’Awsten se fait même de plus en plus impatiente et ne tarde pas à prendre en profondeur et en rage avant de finir en apothéose.

Voilà un titre encore bien connu des fans de Waterparks : « Reboot ». De l’électronique sombre et profond, laissant toute sa place aux synthés habités et portant haut les inspirations alternatives du groupe. Pas de doute, Awsten, Geoff et Otto nous dépeignent avec toute leur douleur leurs peines et leurs envies. Un titre qui vient une fois de plus marquer la rupture et montrer toute la palette musicale du groupe.

Comme une suite logique au précédent titre, « Worst » est une nouvelle occasion pour Waterparks de mettre en musique leurs peines de cœurs et leurs douleurs. « Dealing with this shit sober’s got me fucked up / I know it’s hard but is all love ’tough love’? / Anxiety is real, depression’s very heavy / I wear them both inside my hoodie, wear them out to get me ». Une manière de surmonter ce moment difficile, sur un titre simple, sans fioritures, qui n’a pas besoin de plus au milieu de cette effusion de sons et de sentiments.

Avant de refermer cet album, Waterparks nous offre une parenthèse enchantée avec « Zone Out » qui est simplement une reprise du refrain de « Dream Boy », façon berceuse remplie de douceur et de rêve. Enfin, sur « I Felt Younger When We Met », le groupe nous propose presque un retour aux sources. Dominée par la voix si particulière du chanteur en début de morceau, la mélodie est ensuite un mélange singulier d’inspirations modernes et d’anciennes expériences. Si les couplets sont majoritairement dépouillés et dans l’air du temps, le refrain nous emporte lui dans un cocktail explosif de guitares et de synthé. Un synthé que l’on retrouve également en fin d’enregistrement, lorsque le calme reprend ses droits et où seule une horloge se fait entendre. Une ambiance quelque peu angoissante qui nous ramène directement en début d’écoute avec l’introduction de « Cherry Red ». La boucle est donc bouclée !

Novateur, osé, sincère et assumé, voilà comment nous pourrions décrire ce troisième album made in Waterparks. Un album prise de risque convaincant qui parvient à montrer en 15 titres toute l’étendue de leur talent. Après « Double Dare » et « Entertainment », ce troisième opus « FANDOM » est la preuve parfaite que l’on peut faire du neuf, sans pour autant perdre son essence et sa marque de fabrique. Bien joué Waterparks ! 

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