Loïc Nottet et son désir de vengeance sur « Candy », son nouveau court-métrage musical

Est-il encore utile de vous présenter ce petit prodige de la musique ? Du haut de ses 23 ans, le jeune artiste belge n’a plus grand chose à prouver. Après son premier album « Selfocracy », Loïc Nottet persiste et signe. Dévoilé grâce au concours international de l’Eurovision, le chanteur a véritablement explosé sur la scène musicale suite à sa participation à l’émission « Danse avec les Stars ». Avec autant de talents à son actif, il aura su gagner le cœur du public, et montrer aux yeux de tous toutes ses capacités, maîtrisant aussi bien la chanson que la danse. Une prestation complète que nous avons eu l’occasion d’apprécier lors de son très récent concert à Paris…

Inspiré par la chanteuse Sia et son univers si particulier, Loïc Nottet a su se forger le sien et nous offrir un son et des visuels tous plus riches les uns que les autres. Loïc s’est montré curieux, touche à tout et a su, en seulement quelques années, marquer de son empreinte le paysage musical international. Telle une longue histoire qu’il fallait dérouler, « Selfocracy » se construisait comme une ode à l’interprétation et à la théâtralité. Et en cette période d’Halloween, encore une fois, Loïc parvient à nous surprendre.

Déjà l’année dernière, le Belge avait fait sensation en dévoilant « Doctor » et son clip macabre. À la manière de Bonnie and Clyde, et rappelant la folie dérangeante de Pennywise du film « ça », Loïc Nottet nous proposait sa propre vision d’Halloween, redoublant d’imagination pour mettre en image ses cauchemars favoris.

Cette année, le prodige belge frappe encore plus fort car il ne nous propose pas seulement un clip pour Halloween, mais bel et bien un court métrage de 21 minutes intitulé « Candy ». Désireux de réaliser un projet lui correspondant à 100%, Loïc s’y est même investi jusqu’à choisir les costumes et les différents éléments de cet univers terrifiant. Acteur, chanteur, compositeur, danseur et maintenant metteur en scène et styliste… Rien ne semble résister à la patte artistique de Loïc Nottet ! Un projet qui a demandé plus d’un an de réflexion et énormément de travail de la part des équipes :

« J’ai toujours eu envie de créer un projet autour d’Halloween. Je suis un fan. Pas du côté sanglant mais plus du côté sucré, poétique à la manière d’un Noël lugubre. Nous avons tourné une semaine de nuit et c’était très fatigant. C’est aussi pour cela que je voulais m’entourer de personnes que je connais et que j’apprécie. C’était un énorme challenge pour moi mais nous l’avons relevé sans problème »

Très librement inspiré du conte d’Hansel et Gretel, le court métrage pourrait se découper en plusieurs séquences. Pour nous faire entrer dans ce trip meurtrier, alimenté par un désir de vengeance, Loïc nous propose une introduction singulière. Inspirée des génériques et de l’ambiance de conte de fée, et relevée par une musique enjouée, particulièrement douce et un brin angoissante avec une bonne dose de chœur, on se croirait tout droit atterris dans un grand classique de Disney : comme si la Belle au Bois Dormant rencontrait Mr Jack. Avec « Candy House », le décor est planté et nous savons à quoi nous en tenir. À bien y tendre l’oreille, on reconnait même la mélodie de « Doctor », autre tube incontournable du chanteur.

Pour commencer ce périple délirant, Loïc nous offre « Candy Maker ». Sur une mélodie une fois de plus inspirée des musiques d’enfants et de fête foraine, pleines de saveur et de rythme, Loïc, grimé en clown, nous raconte son histoire et plus particulièrement celle d’une sorcière, de laquelle il aimerait se venger. Enfant, la sorcière l’aurait enlevé puis gavé de bonbons et de sucreries, jusqu’à le rendre malade :« She made us eat so much we couldn’t leave the floor ». Devenu fou, « Lo », ainsi renommé dans le court métrage, prend alors les traits de la sorcière et nous expose son plan pour prendre sa revanche, se plaignant à un docteur particulièrement apathique.

Rongé par la haine, le clown se perd alors dans sa folie et nous emporte dans une ambiance sombre et glaçante. Une manière de revivre de douloureux souvenirs sur « Witch Possession » peut-être ? Après une reprise déjantée de « Doctor », Loïc ou Lo, se met en quête de rassembler toute une galerie de personnages tout aussi loufoques que lui. D’autres victimes possibles de la sorcière, animées par la même douleur et la même folie meurtrière. Un retour à « Candy Land » pour lequel le clown aura finalement levé tout une armée.  Une fois de plus, le titre nous permet d’apprécier les talents de danseur du jeune chanteur, à la manière de Thriller de Michael Jackson, avec sa chorégraphie et la grandeur de la mélodie. Maître du jeu, Loïc Nottet ne cache pas son plaisir d’orchestrer cette punition, sur ce titre qui prend de l’ampleur à mesure que la folie ne cesse de grandir et la cruauté de ronger la troupe du clown, doublée de chœurs froids et glaçants.

Sur le point d’exécuter son plan presque parfait, le clown retombe pourtant dans ses excès en succombant au désir de goûter cette fameuse maison en pain d’épice. Point d’orgue de ce court métrage « Candy », titre qui donne son nom à ce trip sombre. À la manière de « Doctor », le morceau se présente comme une pépite beaucoup plus organique que ses autres tubes, rempli de sonorités RnB et urbaines. Un titre sombre et puissant qui nous plonge une dernière fois dans ce burlesque inquiétant.

Alors que le clown semble succomber à sa propre folie, il est désormais temps de refermer ce conte terrifiant. À mi-chemin entre des mondes imaginaires et fantasmés, on retrouve ici la terreur d’Halloween, l’enchantement des contes et le frisson de l’imagination un brin tordu du chanteur, passionné de films d’horreur. Entre poésie et épouvante, Loïc Nottet met en lumière toute l’angoisse et extravagance du genre humain, sur fond de représailles terribles.

« Candy » est disponible sur iTunes.