Rencontre avec Bea Miller, la jeune prodige américaine

Révélée au grand public lors de sa participation au télé-crochet The X Factor US alors qu’elle n’avait que treize ans, Bea Miller a su séduire le public grâce à sa voix empreinte de jeunesse et puissante à la fois. Avec maintenant deux albums et plusieurs EP à son actif, la jeune artiste de vingt ans a bien évolué et s’apprête à démarrer un nouveau chapitre dans sa carrière. Porté par les singles « it’s not u it’s me » ou encore « feel something », son album à venir est déjà très prometteur ! Une nouvelle étape que Bea Miller est venue partager avec ses fans français dans la salle intimiste des Etoiles.

©Fayçal Guerengomba exclusivement pour On The Move

On The Move : Salut, comment vas-tu ? Je sais que c’est ta première tournée rien qu’à toi et seulement ta deuxième date après Londres. Comment te sens-tu à l’idée de rencontrer ton public parisien ce soir ?

Bea Miller : Salut ! Oui, c’est vraiment incroyable ! Je suis déjà allée deux fois en France avant et dans quelques autres endroits en Europe, en Angleterre, mais je n’ai jamais pu m’y produire ou rencontrer mes fans donc tout ça est assez inhabituel et génial. Je pense qu’ils sont vraiment excités parce que beaucoup d’entre eux me suivent et écoutent ma musique depuis six ans maintenant. C’est vraiment génial de les rencontrer. Ils sont incroyables, le concert de Londres était très puissant, les gens étaient très enthousiastes et j’espère que Paris va se déchaîner encore plus !

On The Move :  Oui, ils sont déjà dehors là ! Je sais que tu as fait des tournées avec Demi Lovato et Selena Gomez avant. Que t’ont appris ces expériences à leurs côtés ?

Bea Miller : Ouais ! Je suppose que j’ai surtout appris en les regardant, en les voyant se lever tous les jours, travailler dur et continuer à faire ce qu’elles aiment sans se laisser faire par les autres… Cela a vraiment été une leçon en soi. Tu sais, être en tête d’affiche et être en première partie sont deux choses bien différentes donc c’était vraiment bien pour moi de les regarder faire leur show et de voir comment elles géraient le stress et la pression tout en conciliant musique, performance et vie personnelle. C’était vraiment sympa de les regarder tous les soirs et de voir ce qu’elles faisaient aussi bien en concert que dans les coulisses.

On The Move : Ça a dû être impressionnant en effet. Depuis, tu as évidemment acquis beaucoup d’expérience sur scène. Alors quels conseils pourrais-tu donner à la Bea de X Factor ?

Bea Miller : Oh wow !

On The Move : Oui, c’était il y a longtemps ! (rires)

©Fayçal Guerengomba pour On The Move

Bea Miller : Je pense que la Bea de X Factor pourrait me donner quelques conseils pour être honnête. C’était une rebelle ! (rires) Je me dirais probablement de ne pas pleurer sur scène devant des millions de personnes. Je pense aussi que j’avais vraiment beaucoup de mal à relativiser quand j’étais plus jeune, tu sais, en pensant que tout ce qui se passait de mal était la pire chose qui soit, que je ne pourrais jamais passer outre et que ce sentiment ne s’en irait pas. J’imagine que je me dirais que si l’on apprend de ses erreurs, on en ressort grandi. En fin de compte, tout finit toujours par s’arranger d’une façon ou d’une autre ! Je me dirais de ne pas être aussi stressée ou triste à cause de choses qui ne vont pas bien, j’étais une vraie drama-queen à cet âge mais j’étais très certainement moi-même ! Je me dirais peut-être aussi de me calmer un peu et d’être gentille avec les gens. Je me montrais assez agressive et rétorquais rapidement des choses comme « Non, je ne vais pas faire ça » (rires).

On The Move : Mais tu étais toi-même ! (rires)

Bea Miller : Oui, exactement ! Donc je ne changerais rien ! (rires)

 

On The Move : Parlons maintenant de ton prochain album. Je sais que le précédent était un album-concept, alors est-ce que le nouveau sera dans la même veine ? Est-il basé sur un véritable concept ou une histoire ?

Bea Miller : À vrai dire, je ne sais pas vraiment quel est le concept de l’album à venir, si ce n’est une vérité très intense. J’ai toujours été honnête dans ma musique mais j’ai toujours caché certains détails, tout simplement parce que j’avais peur de me les avouer et aussi parce que je ne savais pas si les gens s’intéresseraient à ce qui se passait dans mon cerveau, mes perspectives et mes pensées introspectives… Je pense que, dans mon dernier album, j’étais sincère mais encore assez vague tandis qu’avec celui-ci, je suis très agressive dans mes pensées et je n’ai vraiment rien refoulé du tout. Et je pense que certaines personnes vont vraiment détester ça et que d’autres vont vraiment aimer et j’adore ça ! Je pense aussi que cela va probablement être mon meilleur album à ce jour en termes de sons, du moins je l’espère. Je pense que oui ! Musicalement, c’est certainement ma meilleure production et je trouve que ma voix a beaucoup évolué ces dernières années. Ma voix sonne vraiment différemment sur les morceaux et tout se met en place d’une façon qui me rend très enthousiaste, mais je ne sais pas exactement quels seront les visuels et ce qui en fera un projet cohérent, excepté la vérité.

On The Move : Que voudrais-tu transmettre à travers ce projet ?

Bea Miller : J’ai l’impression de dire des choses que j’aimerais que les autres disent. Je pense qu’il y a beaucoup de gens dans l’industrie du spectacle qui pourraient rendre le monde meilleur mais qui, au lieu de cela, font de leur musique une distraction avant tout. Ce n’est pas quelque chose de mal, nous en avons besoin aussi, mais je sens qu’une grande part de la musique est une distraction ces jours-ci et je veux faire une musique qui reflète la peur que je ressens face à la réalité. Nous devrions davantage faire en sorte d’essayer d’attirer l’attention sur tous les problèmes politiques, environnementaux et sociaux; tous les problèmes que nous avons et auxquels nous sommes confrontés, les inégalités et des choses comme ça… Je ne comprends pas vraiment pourquoi on ne parle pas plus de cela dans la musique.

©Fayçal Guerengomba pour On The Move

On The Move : Tu as raison et j’ai vraiment l’impression que cet album est un nouveau chapitre pour toi, ainsi que tous les clips que tu as sortis récemment. À quel point es-tu impliquée dans ces vidéos ? As-tu imaginé toi-même tout l’univers de « it’s not u it’s me » ou de « feel something » par exemple ?

Bea Miller : Oui. À chaque fois que j’écris une chanson, je suis inspirée et je pense à la vidéo. Avant, je pense que mes clips étaient plus spécifiques et basés sur ce qui m’avait poussé à écrire à la base parce que les chansons étaient moins spécifiques au niveau des paroles. Maintenant, plus je progresse et plus mes textes sont spécifiques, et je veux que les vidéos soient le contraire, plus comme un voyage visuel et une interprétation légèrement différente de la chanson. Il y a vraiment eu comme un retournement. Mais oui, pour la vidéo « it’s not u it’s me », j’ai définitivement été impliquée dans le processus d’élaboration du concept. J’ai pu dire certaines choses que je ne voulais pas et ce que je voulais transmettre exactement, quel devait être le message du clip et comment je voulais le faire passer… Ensuite, Pilar Zeta, qui a réalisé la vidéo et qui gérait aussi l’aspect créatif, a vraiment donné vie au concept et a ajouté des touches de couleur… Tout était si bien fait ! Donc oui j’ai toujours une idée de ce que à quoi je veux que les vidéos ressemblent et puis quelqu’un d’autre m’aide à les faire se concrétiser.

On The Move : Je vois… Je les aime beaucoup d’ailleurs ! Et au travers de ces chansons récentes que tu as sorties, je sais qu’une des collaborations dont tu rêvais est devenue réalité avec 6LACK qui rappe dans « it’s not u it’s me ». Y a-t-il d’autres artistes avec lesquels tu aimerais vraiment travailler ?

Bea Miller : Merci ! Pendant longtemps Jessie Reyez a été une autre artiste avec qui je voulais vraiment collaborer et maintenant j’ai aussi une chanson avec elle, ce qui est assez fou. Mon plus grand rêve, et aussi ma plus grande peur, est de travailler avec Frank Ocean, ce qui, je le sais, n’arrivera jamais…. (rires) Mais parfois j’aime bien y penser. C’est mon artiste préféré, probablement de tous les temps, donc ce serait incroyable ! Mais il y a beaucoup de gens qui ont vraiment du talent. J’aimerais vraiment collaborer davantage avec des femmes, je trouve qu’il n’y a pas assez de collaborations entre artistes féminines. Parfois, j’ai l’impression qu’elles ont peur d’être éclipsées par l’autre personne; une sorte de compétition que je trouve stupide. J’adore la chanson que j’ai avec Jessie Reyez et j’aimerais faire plus de choses comme ça avec qui le voudra bien !

On The Move : Ne jamais dire jamais ! Et qui écoutes-tu en ce moment ? Quelles sont tes chansons préférées ? Tes auteurs-compositeurs préférés ?

Bea Miller : Hum….Sarah Aarons est l’une de mes auteures préférées de tous les temps, elle a écrit mon dernier single « NEVER GONNA LIKE YOU » et elle a beaucoup de talent. De manière générale, j’adore voir les femmes faire de grandes choses ! Sinon, j’ai beaucoup écouté The Neighbourhood récemment, c’était mon groupe préféré quand j’avais 15 ans et, en ce moment, j’ai l’impression de ressentir beaucoup d’émotions similaires à celles que je ressentais à 15 ans, ce qui est très bizarre. (rires) Je me suis un peu éloignée de la musique qui était triste et introspective pendant un certain temps et maintenant je m’y remets. J’ai aussi une playlist pleine de chansons spécifiques et d’un grand nombre d’artistes. J’avais l’habitude d’écouter pleins d’albums d’un même artiste mais je préfère maintenant composer des playlists qui correspondent à certaines humeurs, selon l’expérience vécue. C’est ce que je fais en ce moment !

On The Move : Et bien merci pour ce moment, j’espère que tu vas apprécier ton concert ce soir à Paris !

Bea Miller : Merci, c’était un plaisir !

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Photographies par Fayçal Guerengomba.