Retour sur le live parisien

de la sensation electro-pop allemande Kim Petras !

Paris l’attendait de pied ferme et elle n’a pas déçu. Le « Broken Tour » de Kim Petras faisait étape ce vendredi par la Maroquinerie, et les centaines de personnes présentes dans la chaleureuse salle du 20e arrondissement n’étaient clairement pas là par hasard.

Forte d’un parcours personnel atypique et d’un succès fulgurant dans la musique, Kim Petras agrège autour de sa flamboyante personne des communautés de fans à travers le monde. Représentante de la communauté transgenre, elle s’impose depuis 2017 comme un sérieux atout dans le monde de l’électro-pop. Avec des hymnes girly à souhait tels que “I Don’t Want It At All” ou “Heart To Break », l’artiste a engrangé plusieurs centaines de millions de streams ces dernières années. En 2019, définissant une « deuxième ère » à sa carrière, elle dévoile « Clarity » son premier opus. Une collection de titres plus honnêtes et plus intimes que ces premiers qui relevaient – elle le dit elle-même – d’une vie fantasmée.

À Paris, la salle est pleine quand le coup d’envoi du show est donné. Une voix robotique prend le contrôle des lieux et invite le public à crier le gimmick signature de Kim Petras : « When I say « Woo-« , you say… » « Aaaaaah! » répond la foule d’une seule voix.

« Are y’all ready to boots the house down? » *cris* « Are you fucking ready? » *plus de cris* Un décompte digne du passage à la nouvelle année est déclamé et la star de la soirée arrive enfin sur scène au son de « Got My Number ».

Même si l’effet d’entrée était brillament ménagé, c’est le sentiment d’un faux départ qui règne. Des soucis de son empêche d’entendre comme il se doit la voix de la chanteuse. Dommage pour ce titre taillé pour les clubs, dans lequel elle a eu le cran de dévoiler le véritable numéro de téléphone de son ami et collaborateur Jesse Saint John [Charli XCX, Britney Spears, The Neighbourhood…].

La fosse de la Maroquinerie semble faire peu de cas du problème technique. Si la voix de Kim Petras ne résonne pas correctement, la leur prend alors le relais, sans manquer un mot. Le ton est donné : la soirée sera un échange continuel entre Kim et ses fans.

Après « Hillside Boys«  et ses réminiscences de tube de Cyndi Lauper, « Hills » – originellement en featuring avec Baby E – livre des vibes hip-hop. La salle répond positivement à la sollicitation de la chanteuse sur la ligne « Up, down, up, down / Can we do it again? ». Tous les bras se lèvent et se baissent d’un même mouvement.

La prochaine chanson reflète exactement la définition que Kim Petras donne de la pop : un moyen de s’extirper de sa vie pendant un moment, oublier ses problèmes et s’amuser. « Tonight, we got this, we gon’ be alright (alright, alright) […] Tonight, we live like we’re not gonna die (we’re not gonna die)« . Chantant chaque mot avec ferveur, le public adhère au message de  « Blow It All ».

Les deux titres suivants, plus intimes, s’éloignent de cet esprit électrisant. Sur « Broken » et « Icy », Kim Petras conte les effets indésirables de la rupture qui lui a inspiré son album « Clarity ». Des morceaux plus doux, empreints de vulnérabilité, qui permettent néanmoins à Kim Petras de faire ses plus belles démonstrations vocales de la soirée. Et pour la première fois, sa voix nous touche vraiment en plein coeur.

Kim Petras – « Icy »

Une transition sonore et lumineuse donne l’occasion à la chanteuse de s’éclipser quelques instants pour revenir dans une nouvelle tenue. Elle troque son corset et mini-short immaculés pour une combinaison noire aux manches asymétriques, son bun blond toujours visé sur le côté de la tête.

Retour à l’époque « TURN OFF THE LIGHT, VOL. 1 » avec l’électrique « Close Your Eyes » et ses effluves Daft-Punkienne. Qui n’aurait pas dansé jusque-là ne pourra désormais plus s’en empêcher !

La température continue de monter sur « Personal Hell », que le public reprend à pleins poumons. Kim Petras, dont l’assurance semble monter en flèche à mesure que le show se déroule, dégaine ses meilleurs pas de danse et livre une performance vocale des plus solides.

Après le frénétique « In The Next Life », place au troisième acte vestimentaire. Fan de mode et jongleuse de looks, Kim Petras revient dans une combinaison bleu turquoise ajourée. C’est dans ces changements de tenue que se mesure tout le sens du spectacle de Kim Petras. Une manière de performer qu’elle tient des reines de la pop (Madonna, Kylie Minogue, Cher, Britney Spears, Gwen Stefani…) qui constituent ses influences et dont elle est une digne héritière !

« If U Think About Me… » est une pause lancinante et une énième occasion pour le public de clâmer « Wooah! » sur l’invitation de Kim Petras. Du sensuel, passons au sexuel sur « Do me ». « It’s time to get sexy » clâme l’artiste, traduisant le titre en français : « Baise-moi ! »

Après ce morceau brûlant, Kim Petras prend le temps de prononcer quelques mots et évoque pour la première fois son identité transgenre et sa place dans la communauté LGBTQ+. Une communauté très bien représentée ce soir-là, pour porter en grâce une de ses égéries. Les couleurs du drapeau arc-en-ciel flotte d’ailleurs sur la Maroquinerie, pendant « All The Time ». Un morceau qui reste sur le même ton joueur et coquin que « Do Me » : « I just wanna do it every day (day) / All the time, all the time ».

Kim Petras – « All The Time »
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Le très entêtant « 1, 2, 3 dayz up » prend la suite et s’inscrit en quelques secondes dans l’esprit de quiconque ne l’aurait jamais entendu : « 1 day up, 2 dayz up, 3 days up, we don’t stop, we don’t stop, we don’t stop ». Puis vient l’un des moments les plus attendus du set avec « I Don’t Want It At All ». Premier véritable tube de Kim Petras aux accents funk, le morceau a été rendu encore plus incontournable grâce à son clip. Ce dernier reprend les codes kitsch de la jet-set américaine, avec la présence de sa plus éminante représentante : Paris Hilton.
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Kim Petras s’échappe sur les dernières notes mais le public galvanisé en veut clairement davantage. Voeu exaucé pour trois morceaux de plus !
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« Can’t Do Better » est le moment pour Kim Petras de s’adonner à plusieurs selfies avec ses fans des premiers rangs ou subtiliser certains téléphones afin de filmer depuis la scène.
Une déclaration d’amour à Paris plus tard « Je t’aime Paris! » et voici le moment pour « Heart to Break », autre morceau indissociable de la chanteuse. Un pur concentré de pop joyeuse pour désarmorcer un thème qui l’est un peu moins : « ‘Heart To Break’ était le moyen de résumer une de mes expériences de rupture et d’en faire une chanson fun. Elle parle de ce moment où tu es sur le point de faire une erreur, tu le sais mais tu sautes quand même dans la situation à pieds joints.”
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Kim Petras finit en beauté avec « Sweet Spot ». Une chose est sûre, c’est qu’elle a bien trouvé le point G de son public français ! Il n’y a rien d’autre à attendre d’un set de Kim Petras que de la joie, du partage, des valeurs d’amour et de respect et surtout beaucoup, beaucoup de fun et de lâcher-prise. Et c’est exactement ce qu’elle nous a servi, sur un plateau haut en couleurs !
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Merci à Camille et La Mission.