Difficile prise de conscience pour Halsey avec « Graveyard ».

En cette fin d’été, Halsey se présenterait surement comme l’artiste la plus imprévisible. Après le désespoir et l’angoisse de Badlands, la chanteuse nous avait, avec son précédent album, offert une histoire d’amour romanesque, à la Roméo & Juliette. Deux ambiances radicalement opposées mais toujours assumées et franches. Avec ses concepts à la fois authentiques et novateurs, Halsey nous proposait des titres alternant habilement entre des sonorités R’n’B, électro ou d’autres pop, plus classiques.

Et cette fois encore, l’artiste ne déroge pas à la règle. Il y a quelques mois de ça déjà, elle nous avait offert le percutant « Nightmare ». Cette fois-ci, l’univers se voulait plus sombre et dur, un peu comme un lointain écho au premier album. Comme un fil d’Ariane, il y a fort à parier que les visuels et différents titres seront là pour servir la narration tout au long de l’opus. Avec ce premier extrait, la chanteuse nous plongeait directement dans ses pires cauchemars, sur une mélodie explosive, hantée de paroles presque cathartiques tant elles sont honnêtes. 

Et à en croire Halsey, ce titre serait une bonne entrée en matière à son nouvel opus. Intitulé « Manic » et avec une sortie prévue le 17 janvier prochain, l’album se veut être le reflet de sa personnalité et surtout de son quotidien. Transparente avec ses fans, la chanteuse avait déjà confié souffrir de troubles bipolaires, qui compliquaient parfois ses relations au jour le jour. Une maladie qui pousse également à l’extrême sa créativité puisque Halsey a affirmé avoir entièrement composé cet album dans un état de trouble et de crise. Mélange de rock, pop, hip-hop et de country, cet opus serait une mise en image de cet état. Une collection de ses envies, de ses passions et de « ce qui lui passe par la tête. » Pourquoi ne pas tenter l’expérience après tout ?

« Ecrire cet album a été une véritable leçon de pardon envers moi-même. J’ai appris que je devais être fière de moi et tendre avec moi-même, même si le monde est fait pour que nous nous détestions. J’espère que cet album vous trouvera et vous apportera cette même paix. Ce n’est pas une paix silencieuse. C’est une paix qui fait du bruit et qui demande à être entendue. »

Avec quelques accords de guitare, le titre nous happe dès l’ouverture. À mi-chemin entre une composition country et un titre pop alternatif, le single est l’exact contraire de ce que l’on pourrait attendre de la chanteuse. Après l’incendiaire et revanchard « Nightmare », Halsey opte pour une composition légère et toute en douceur. Avec « Graveyard », elle laisse de côté ses dernières explorations musicales et se plonge dans une pop luxuriante et moderne qui ne laisse place qu’à très peu d’éléments, accompagnée et inspirée par Jon Bellion, The Monsters & The Strangerz ou encore Louis Bell.

Toujours munie de son honnêteté, la chanteuse nous propose ici de disséquer à lame tranchante ses histoires de cœur et leur caractère auto-destructif. « It’s crazy when / The thing you love the most is the detriment : (…) / When the hand you wanna hold is a weapon and / You’re nothin’ but skin » nous chante-t-elle en début d’enregistrement, avant d’enchaîner sur son envie toujours plus déchirante de vouloir suivre l’être aimé jusqu’au bout, même si cela s’avère être une erreur. Déjà abordé dans certains de ses textes, ce sujet des relations toxiques semble être un thème récurant, cher à Halsey. Aimer jusqu’à se faire mal, ou être aveuglé par ses sentiments, sans voir le mal que l’autre peut nous infliger, voilà ce que la chanteuse résume en nous disant « Oh, it’s funny how / The warning signs can feel like they’re butterflies ». 

Une opposition radicale donc avec l’ambiance installée, qui évoque une relation saine et amoureuse, et les paroles qui nous parlent d’une toute autre ambiance, plus grave et sombre. Aux côtés de « Nightmare » et « Without Me », « Graveyard » n’a donc pas à faiblir et porte haut l’envie de dénoncer ce mal-être qui semble la ronger. Avec ces premiers extraits, « Manic » s’annonce donc être un album plein de nuances et terriblement personnel. Vulnérable, accessible, frais… Ce premier single officiel porte en tout cas bien la patte ‘Halsey’. Reste à savoir de quoi nous parlera la chanteuse tout au long des autres titres et si un récit sera une nouvelle fois construit autour d’une même thématique… Réponse en janvier prochain !

« Manic » est disponible en pré-commande.