Taylor Swift dévoile enfin son septième album, « Lover » 

Rappelez-vous, il y a deux ans, Taylor Swift prenait le monde de court en dévoilant « Reputation », son sixième album studio. Revanchard, sombre, l’opus se voulait être une réponse directe aux tabloïds et aux rumeurs dont la jeune chanteuse était régulièrement la cible. Avec des titres comme « Look What You Made Me Do » ou encore « End Game », Taylor Swift avait frappé d’un coup fort et assouvi sa position de figure incontournable du paysage pop.

Depuis, la chanteuse a pris le temps de préparer son grand retour. Apaisée, calme, Taylor Swift nous est revenue avec l’ultra positif « ME! » en duo avec Brendon Urie. L’occasion pour la jeune artiste de définitivement tourner la page et de laisser derrière ses idées noires. Un cocktail détonnant et aux couleurs pastels délicieuses. De quoi annoncer une nouvelle ère lumineuse.

Composé de 18 titres, « Lover » est un album complet prônant l’amour et le self-love. Un succès déjà assuré pour la chanteuse puisque, bien avant sa sortie, près d’un million de précommandes avaient été enregistrées. Preuve que l’attente concernant cet album et le retour de la chanteuse ne faiblit pas !

Singulièrement, l’opus ne s’ouvre pas en grande pompe. Pas de single bien connu des fans, pas d’effusion ryhtmique, mais une composition electro-pop, toute en mesure et en retenue. Avec « I Forgot That you Existed », Taylor Swift nous rappelle une nouvelle fois que l’indifférence l’emporte toujours face à la haine. Sans en faire trop, la mélodie se contente de rythmes électro discrets, où des beats profonds viennent donner de la consistance aux rythmes de piano légers et plus enjoués. Ajoutez à cela la voix de Taylor Swift et vous obtenez un titre efficace qui nous invite à entrer dans ce tout nouvel univers.

Plus organique encore, « Cruel Summer » se rapproche dans sa composition de ce que la chanteuse nous avait déjà proposé sur « Reputation ». À la manière de « End Game », le morceau possède cet enrobage digital, à cheval entre plusieurs genres et époques, relevé par des sonorités très oniriques sur le refrain. À mesure que le titre se déroule, on découvre également une certaine positivité dans la mélodie. De leur côté, les paroles font le parallèle entre deux événements de la vie de la chanteuse : la rencontre d’un être aimé durant l’été 2016 et les critiques reçues au même moment de la part d’autres célébrités. Décrivant ces trois mois comme les plus durs de sa carrière, Taylor Swift révèle également avoir trouvé la paix dans cette nouvelle relation avec Joe Alwyn.

Place à l’amour avec le titre qui donne son nom à cet album, « Lover ». Sur un rythme chaloupé, munie de sa guitare, Taylor Swift nous propose de revenir à ses premiers amours country. On se laisse aller sur cette mélodie pleine de bons sentiments, de romantisme et également pleine de rêve. Une légèreté doucereuse qui n’est pas sans nous rappeler les débuts de Taylor avec notamment « Crazier » ou encore « Enchanted ». Plus sentimentale que jamais, la chanson s’accompagne également d’un clip : dans une maison de poupée, Taylor nous expose les hauts et les bas de sa relation. Dans un arc en ciel de couleurs, l’intimité et le quotidien de ce couple font doucement battre notre cœur.

Plus déterminée que jamais à changer les mentalités, Taylor Swift nous propose cette fois le culotté « The Man ». Dans la veine de « If I were A Boy » de Beyoncé, Taylor se glisse dans la peau d’un homme pour dénoncer le sexisme dont la plupart des femmes sont victimes, en particulier dans cette industrie. Ayant régulièrement été la cible de critiques visant ses relations amoureuses et ses chansons, la chanteuse souhaite cette fois-ci s’en défaire et montrer que cette pratique pourrait aussi être destinée aux hommes. Côté mélodie, on retrouve globalement cette construction pop-electro, avec des refrains explosifs et des couplets marqués d’un beat régulier, comme pour marteler le propos.

« C’est une sorte d’expérience. Si en tant qu’homme je faisais les mêmes choix, les mêmes erreurs et les mêmes victoires, est-ce que cela serait perçu de la même façon? »

Retour à une ambiance plus légère avec « The Archer ». Sur ce morceau déchirant, Taylor Swift se montre plus vulnérable que jamais, couchant ses peurs et ses doutes sur une mélodie mid-tempo qui nous emporte dans un tourbillon incertain. Clin d’œil de la chanteuse, ce morceau n’est pas sans nous rappeler « All Too Well » et « Delicate », respectivement présents sur « Red » et « Reputation », d’autres track n°5 servant de journal intime à Taylor. Des morceaux presque cathartiques et introspectifs, à l’allure plus profonde et personnelle que ses précédents extraits. Très honnête et lucide, Taylor nous confie finalement : « All the king’s horses, all the king’s men / Couldn’t put me together again / ‘Cause all of my enemies started out friends / Help me hold on to you ». 

Nouvelle déclaration d’amour avec « I Think He Knows » qui bénéficie d’une mélodie particulièrement enjouée et positive. Un rythme effréné qui marque une nouvelle rupture avec le titre suivant : « Miss Americana & The Heartbreak Prince ». Si la construction de ce morceau ne déroge pas à la règle électro-pop qui domine cet opus, on apprécie particulièrement le voyage dans l’Amérique classique que nous propose la chanteuse : chœurs façon cheerleader, marching bands, allusions au bal de promo,… Une version 2.0 plus engagée du désormais culte « You Belong With Me ». “You and me, that’s my whole world, they whisper in the hallway she’s a bad, bad girl, the whole school is rolling fake dice, you play stupid games, you win stupid prizes.” : une véritable plongée dans un « yearbook », qui pour certains pourrait cacher, sous ses paroles légères, des revendications politiques…

« Paper Rings » se présente ensuite comme un morceau délicieusement vintage. Si la mélodie pleine de percussions et particulièrement rythmée nous emmène au beau milieu des années 70, elle possède ce côté infectieux qui nous donne envie de danser et de claquer des doigts en rythme. Très insoucieuse, la mélodie nous donne aussi envie de lâcher prise et de se laisser aller, sans forcément penser au lendemain. Un sentiment que l’on retrouve dans les paroles : « I like shiny things, but I’d marry you with paper rings / Uh huh, that’s right, you’re the one I want / I hate accidents except when we went from friends to this ». Hey kids, life is fun!

Dans la veine de « Lover », sur ce nouveau titre, Taylor met à jour toute sa sensibilité. Troisième titre écrit entièrement en solo, sur « Cornelia Street », la chanteuse nous livre ses sentiments de la plus naturelle des façons, nous contant cette fois la perte d’un amant ou d’une amitié. Plein de regrets, le morceau se veut une nouvelle fois cathartique, une manière de tourner la page et de se libérer de ces mauvais sentiments.

On retrouve de nouveau cette construction électro-pop sur « Death By A Thousand Cuts », qui nous conte une rupture difficile et joue sur les contrastes. Puis, « London Boy » s’avère être une véritable déclaration à Joe Alwyn, qui n’a décidément pas à rougir de ce débordement d’amour. Sur un rythme régulier qui ne faiblit pas, le titre se présente comme une jolie ritournelle parfaitement entêtante et justement dosée pour transmettre ces sentiments amoureux.

Nouvelle mise à nue pour Taylor Swift. Simplement munie d’une guitare et de quelques rythmes de piano, Taylor Swift nous propose une ballade pleine d’émotion avec « Soon You’ll Get Better », comme une lettre ouverte à sa maman, atteinte d’un cancer. En duo avec Dixie Chicks, on se laisse glisser dans cet univers dépouillé, armé du ressenti de la chanteuse et de ses espoirs pour sa mère. Une jolie parenthèse qui nous remplit d’émotion.

Avec « False God », Taylor Swift nous transporte au beau milieu d’un club de jazz-soul dans un univers feutré et doux. On se laisse surprendre par les lointains airs de trompette qui viennent tapisser le morceau et les sonorités langoureuses et chaudes qui viennent l’englober.

Morceau bien connu des fans, « You Need To Calm Down » a permis à Taylor de frapper un grand coup pour son retour sur le devant de la scène. Deuxième single de ce tout nouvel opus, le titre explore la négativité ambiante et le déferlement constant de haine sur les réseaux sociaux et dans la société actuelle. Entourée d’une myriade de stars pour le clip -Adam Lambert, Katy Perry, Ellen DeGeneres, Ru Paul, Ryan Reynold, les fab5 de Queer Eye, Todrick Hall, Laverne Cox,.. Taylor Swift se joue de l’avis des haters et compte bien vivre sa vie comme elle l’entend : dans la positivité !

« J’ai remarqué de nombreuses personnes dans notre société qui mettent énormément d’énergie et d’effort dans cette négativité et cela m’a fait dire « Vous devez tous vous calmer et arrêter de stresser »

Dans toute relation, il y a des moments de doute, comme nous le dit si justement Taylor sur « Afterglow ». Un titre qui joue sur les contrastes, entre entente et désaccord, comme une manière de se protéger pour mieux revenir. On se perd facilement dans ce récit à voix haute, comme si les doutes venaient d’eux-mêmes créer la rupture sur la mélodie.

Introduction à ce tout nouvel album, « ME! » se veut être un titre ultra positif, prônant le self-love. En duo avec Brendon Urie de Panic! At The Disco, Taylor nous propose ici une mélodie légère, baignée de rythmes country et de ce qui faisait l’essence des deux artistes à leurs débuts. Comme un curieux mélange de « Pretty Odd » et « Enchanted », on se laisse surprendre par l’explosion de sonorités et les trompettes omniprésentes qui viennent secouer l’ensemble du morceau. On en viendrait presque à regretter que ce titre n’arrive qu’en fin de course !

« It’s Nice To Have Friends » est surement le morceau le plus singulier de cet album. Simplement habillée de chœurs, la mélodie ne possède qu’un single rythme très régulier et la voix de la chanteuse. Une ballade sans fioritures et qui laisse transparaître très peu de sentiments et ne délivre pas de grande démonstration vocale. Seule une trompette vient réchauffer l’ambiance de manière très discrète. Pourtant, même s’il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent, ce titre dégage tout de même une honnêteté à toute épreuve. La preuve que le romantisme et l’amour peuvent se trouver partout !

Après tant d’amour, il est désormais temps de refermer cet opus. Avec « Daylight », Taylor nous offre un condensé de cet album : de l’électro-pop, des sentiments, une mise à nue et une déclaration d’amour. Ce qu’elle sait faire de mieux donc. On apprécie tout de même le côté très onirique de la mélodie et la voix si douce de la chanteuse.

En bref, la chanteuse est amoureuse et nous le fait savoir. Cependant, comme elle l’a avoué, pas question ici de ne se focaliser que sur sa relation actuelle. À travers des ballades pleines d’émotions ou des titres enjoués et ultra-positifs, Taylor Swift nous parle de ses joies, de ses peines, de ses ruptures et de ses sentiments. Une introspection honnête, qui permet de définitivement tourner la page pour Taylor et de se tourner vers un avenir apaisé. Comme elle nous le dit si bien en fin d’album : « I wanna be defined by the things that I love / Not the things I hate / Not the things that I’m afraid of, I’m afraid of / Not the things that haunt me in the middle of the night / I, I just think that / You are what you love ». Exactement !

« Lover » est disponible sur iTunes.