Rencontre avec Julian Lamadrid, l’anti-héros de la pop internationale 

On The Move vous présente comme toujours la crème de la crème de la scène musicale internationale et vous fait découvrir les nouveaux artistes les plus prometteurs du moment. Après Fletcher, Martin Jensen ou half alive, c’est au tour de Julian Lamadrid d’arriver en France pour nous présenter son premier projet « Mala Noche ».  Né à Dubai d’une famille Mexicaine, Julian Lamadrid a un penchant pour l’Art depuis très jeune alors qu’il s’intéresse aux films, à la littérature mais plus précisément à la musique avec pour modèles des légendes du rock comme Elvis Presley ou encore David Bowie, Iggy Pop et Lou Reed.

Si la musique est la voie qu’il a choisi, son premier amour semble être le cinéma alors qu’il étudie à la New York University Film School après avoir déménagé à New York à ses 18 ans. Là-bas il développe ses talents pour la production visuelle qui vont lui permettre d’élaborer son projet musical avec une clarté inédite et une vision rare surtout pour un artiste de son âge, en début de carrière. « Mala Noche »qui signifie « Mauvaise nuit » en espagnol est la représentation d’une nuit chaotique de la vie du chanteur. Rencontre avec Julian Madrid dans les rues de Paris afin de parler de ce premier opus qui sortira le 1er Novembre prochain. 
Julian Lamadrid @ Damien Paillard exclusivement pour On The Move

On The Move: Salut Julian, on est heureux de t’avoir à Paris aujourd’hui. Peux-tu nous dire comment tu as débuté dans la musique ?

Julian Lamadrid: C’est un plaisir d’être là, merci à vous aussi. J’ai toujours été intéressé par la musique. Mes parents m’ont montré Elvis Presley quand j’étais très jeune et je suis devenu accro à lui (rire). J’avais un seul CD de son « Best Of » et je l’écoutais tous les jours. Le CD était égratigné de partout à force et j’essayais de bouger ma jambe de la même façon que lui pour l’imiter. C’est mon plus ancien souvenir. Pendant longtemps j’étais à fond dans le football et les sports et quand j’ai eu 14 ans j’ai réalisé que toutes mes idoles étaient des gens comme David Bowie, Iggy Pop et toutes ces rockstars et je pensais que si j’allais devenir quelqu’un je voulais être comme ces hommes là. Je pensais aussi que c’était cool, si jamais je montais un groupe je pourrais impressionner les filles avec ma musique rock donc j’ai monté un groupe quand j’avais 15 ans environ et j’écris des chansons depuis ce groupe.

On The Move: C’était donc ta vraie ambition de faire de la musique de façon professionnelle ?

Julian Lamadrid: Je pense que, plus que le fait de faire de la musique de façon professionnelle, je suis vraiment devenu accro au fait de prendre conscience de mes émotions et de les mettre quelque part. La musique est la forme la plus accessible pour moi, parce que lorsque mes parents ont divorcé et que les filles brisaient mon coeur, la seule chose que je voulais c’était prendre un microphone et crier le plus fort possible. Au final, c’est devenu ce que je fais maintenant.(rire)

Je ne suis pas vraiment attiré par 15 minutes de célébrité.

On The Move: J’ai lu dans une interview que tu disais avoir une très claire vision de qui tu es en tant qu’artiste. Tu peux nous en dire plus sur cette vision ?

Julian Lamadrid: J’ai passé beaucoup de temps seul à essayer de comprendre qui j’étais et où était ma place dans le paysage musical actuel. Je ne rentre pas dans plusieurs catégories parce que je ne comprends pas comment les réseaux sociaux marchent, et je ne sais pas me vendre en ligne. Tout ce que je sais c’est écrire de la musique et créer des vidéos. S’il y a quelque chose de différent chez moi, comparé aux autres artistes c’est l’esthétique, le personnage, mon style et un peu tout. Je sais qui je suis et j’ai eu des années où j’ai passé du temps seul pour pouvoir réfléchir à tout ça. Aujourd’hui beaucoup d’artistes travaillent avec des directeurs de la création et producteurs différents et ont plusieurs personnes qui écrivent leurs chansons à leur place. Moi, je contrôle tout. D’une certaine façon je m’assure que chaque aspect de ma créativité passe par moi et d’un côté c’est génial parce que mon label Arista me laisse faire ce que je veux et je pense que mes inspirations et ma propre image changent tous les jours et s’affinent à chaque fois. Aussi, je ne suis pas vraiment attiré par 15 minutes de célébrité. Pour moi, tout est une question de longévité et je veux être un artiste qui dans 60 ans aura toujours des gens qui écouteront ma musique en disant « wow, ce mec est cool! », à la place d’avoir un seul hit et que personne ne connaisse réellement mon nom. C’est quelque chose à laquelle je pense beaucoup.

On The Move: Tu as étudié la réalisation cinématographique à NYC. Quelle est la connection entre le visuel et le son pour toi et comment tu inclus ces visuels dans ton project musical ?

Julian Lamadrid: Pour moi, ils sont inséparables. Je ne peux pas écouter de la musique sans visualiser d’une certaine façon ce qui irait bien avec la chanson ou juste me souvenir d’une scène de ma propre vie où cette chanson signifie quelque chose. Constamment quand je suis au début de la création et que je trouve une mélodie par exemple, je pense à la scène ou aux émotions auxquelles ça me fait penser. Tu as des gens qui disent qu’ils voient des couleurs quand ils écoutent un titre, pour moi ça va au dessus de ça. Je peux par exemple écouter un titre et me voir dans 20 ans aidant mon fils à faire ses devoirs de math. C’est dur de faire la distinction entre les deux, pour moi ils sont indivisibles.

 

Julian Lamadrid @ Damien Paillard exclusivement pour On The Move

On The Move: Avec ton expérience dans le cinéma, est-ce qu’il y a des artistes de cet univers qui t’inspirent ? 

Julian Lamadrid: Je pense que visuellement pour mes vidéos je m’inspire des réalisateurs. Je ne veux pas avoir une vidéo qui met en scène les paroles de la chanson mais quelque chose qui puisse converser avec le titre, comme une relation symbolique où ils se complètent et ne sont pas juste une réflection l’une de l’autre.

 

On The Move: Tu as apparemment commencé à travailler sur ton album avant même d’être signé chez Artista. Tu nous en dit un peu plus ? 

Julian Lamadrid: Oui j’ai écris l’album avant même d’avoir une maison de disque. J’ai passé six mois et dépensé tout l’argent que j’avais sur cet album. J’ai fait 12 titres et un album concept où je parle d’une nuit qui se passe très mal. J’ai fini l’album et j’ai créé une playlist sur Soundcloud que j’ai envoyé à tous ceux dont j’ai entendu parlé dans l’industrie de la musique. Au début c’était calme, personne ne me répondait puis d’un coup tout le monde était intéressé (rire). Ce n’est que lorsque j’ai rencontré David Massey, qui dirige Arista que j’ai senti que j’avais rencontré quelqu’un qui était réellement intéressé par ma vision artistique, ne voulait pas juste avoir des hits, mais voulait réellement m’aider à réaliser mes ambitions et les faire venir au monde. L’album a été fait avant donc je suis vraiment excité de le montrer à tout le monde, parce que les retours de l’industrie ont été incroyables jusqu’à présent.

On The Move: On a eu la chance d’écouter en exclusivité ton premier album « Mala Noche » qui sortira dans quelques mois et du coup on va s’intéresser d’un peu plus près à certains titres.

Julian Lamadrid: C’est parti! (rire)

On The Move: Le début de ton titre « Die Young » ressemble à un liner de radio, d’où ça vient et comment choisis-tu ce type d’entrée en matière ? 

Julian Lamadrid: Parfois c’est une coincidence. Je ne suis pas sur de sortir la version que tu as entendue parce que je n’arrive pas à trouver la personne qui détient les droits de ce clip, ce qui est très triste (rire). Sinon, j’adore le groupe Suicide, qui est un groupe rock américain des années 70 et je regardais un live dont j’ai beaucoup aimé l’entrée en matière et j’ai pensé que ça serait une bonne intro. Je voulais que « Die Young » commence de façon à ce que tu penses écouter une radio pirate de l’espace ou quelque chose comme ça. Ca pourrait correspondre à un moment dans la nuit où tu allumes la radio et que tu te noies dans tes pensées. Je pense que ça vient d’endroits différents à chaque fois. Je peux par exemple regarder un film et entendre une certaine phrase qui me fait quelque chose, et je sors mon téléphone pour l’écrire et l’ajouter à un titre.

Julian Lamadrid @ Damien Paillard exclusivement pour On The Move

On The Move: Pourquoi penses-tu que « Mess » est la meilleure façon d’introduire l’univers éclectique de ton album ?

Julian Lamadrid: « Mess » est cool parce que c’est un titre pop plutôt accessible qui me présente en tant que compositeur et artiste. Je pense que c’est une jolie chanson parce que tu peux l’écouter dans la voiture avec ta famille et tout le monde l’appréciera. C’est une belle mélodie et c’est ce que les gens veulent. Je pense que ma force est l’écriture des mélodies et ce titre le montre bien.

On The Move: Tu as aussi réalisé le clip toi même, tu peux nous en dire un peu plus ?

Julian Lamadrid: La chanson est au sujet de moi qui suis totalement instable et qui ne me contrôle pas la plupart du temps (rire). Je voulais avoir une video où le protagoniste est une personification du chaos complet de ma vie et de la réalité cachée où je joue mon propre personnage, mais une façade cachée de moi même. En gros je suis à cette fête et je vois cette fille qui se fait maltraitée par un gars donc je vais écraser une bouteille sur la tête du mec. Normalement dans la video, n’importe qui pourrait se présenter en tant que héros mais ce n’est pas comment je me montre ici, ça me présente plutôt comme le type qui n’a aucune raison de faire ça, car ce n’est pas ma copine et je ne connais pas ce gars. D’un coup, je laisse mes émotions et ma rage gagner en lui écrasant une bouteille de bière sur la tête. Après m’être bien fait battre et être dans la rue seul, bourré, triste et couvert de sang, je marche juste dans les rues de NYC ce qui est une émotion avec laquelle je suis plutôt familier, après avoir vécu trois ans là-bas. Seulement le fait d’être seul dans les rues… je voulais me montrer sous ce jour là et montrer que je ne suis pas un héros mais réaliser qu’au fond si tu t’aimes et tu as confiance en toi, tout ira bien et tu survivras à cette nuit.

On The Move: Tu viens juste de sortir ton titre et clip « Neon » aujourd’hui même d’ailleurs. Félicitations !

Julian Lamadrid: Oui j’ai réalisé ‘Neon’ et merci beaucoup ! Encore une fois c’est génial qu’Arista me laisse réaliser ce que je veux parce que j’ai les images dans ma tête donc pourquoi ne pas les executer moi même ! Je voulais juste créer cette nuit cauchemardesque qui est comme une aventure pleine d’adrénaline où tu marches dans les rues de NYC avec des amis et tu es complètement bourré et pas apte à distinguer ce qui est réel ou non, ce qui est dans ta tête ou ce qui est une reflection de tes propres insécurités et anxiété. Je suis très excitée à l’idée que les gens puissent enfin découvrir le clip.

 

Découvrez « Neon », le nouveau single de Julian Lamadrid, disponible maintenant et tiré de son premier album à paraître « Mala Noche »