Julia Michaels entame un nouveau chapitre avec « Inner Monologue Part 2 » 

Elle est définitivement l’artiste à suivre. Depuis son premier single « Issues » en 2017, la jeune chanteuse s’est dévoilée comme une interprète de talent, utilisant habillement ses capacités de compositrice, grâce auxquelles elle s’est fait connaitre. Au début de l’année, elle nous dévoilait déjà un pan de son histoire avec « Inner Monologue Part 1 », un concentré pop tout en nuances. 

Pas besoin de grandes démonstrations, Julia Michaels nous charme avec une pop minimaliste, quelques notes subtiles bien choisies et bien dosées. La première partie de l’opus nous poussait déjà à en découvrir plus. Entourée de Niall Horan et Selena Gomez, l’artiste passait de la joie à la déception et de l’amour à la haine, sans jamais perdre de sa créativité.

Pour fêter l’arrivée de l’été, Julia Michaels nous offre la seconde partie de ce nouvel EP. Alors que nous réserve-t-elle cette fois-ci ? On vous en dit plus ! 

Cet album s’ouvre avec « 17 ». Si les sonorités électro-alternatives instaurent une ambiance dépouillée dès les premières notes, des éléments discrets viennent s’y greffer pour bâtir en douceur et en légèreté le reste de la mélodie. Des rythmes entêtants qui enveloppent l’ensemble du titre et lui apportent une touche singulière pour un univers qui n’a pas besoin d’en faire trop pour nous satisfaire. Point positif, la douce explosion musicale en fin de morceau. En bref, « 17 » fait écho à l’envie de revenir aux plaisirs simples de la jeunesse et des premiers amours.

Pour le morceau suivant, Julia Michaels nous propose une jolie parenthèse. Comme pour nous faire retomber en enfance, « Falling For Boys » semble à la première écoute plus tenir de la comptine que de la composition pop. Pourtant, derrière les quelques notes de piano et la mélodie presque acoustique qui laisse la part belle à la voix de la chanteuse, on retrouve des sonorités matures qui font ressortir sa colère envers les garçons qui lui ont fait du tord. Une envie de tomber amoureuse naïvement, comme une adolescente, qui joue sur les contrastes et nous rappelle très vite à l’ordre.

Une ambiance que l’on retrouve également sur « Hurt Again », le positif en plus. Quelques accords de guitare enjoués, un rythme et un battement légers, qui se jouent de la gravité du thème : en somme, un titre ultra pop et joyeux qui fait énormément de bien. On se laisse facilement porter par cet univers même si les paroles nous ouvrent les portes d’un tout autre sentiment : « Ah, I can see the future, it doesn’t look pretty / I’m looking in your eyes, I’m ready to be hurt again / Feel some type of way whenever you’re with me / I know we’re fighting fire with fire, but I’m / Ready to be hurt, hurt again ». Une envie de jouer avec le feu qui pourrait bien être dangereuse. Balzac ne disait-il pas, « Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse » ?

Avec « Work Too Much », Julia Michaels nous offre un morceau beaucoup plus organique. À travers des influences urbaines liées à de l’EDM profonde, on trouve ici une mélodie plus dure. Pourtant ici, la chanteuse nous parle de son envie de s’amuser et de se libérer de toute contrainte. Encore une fois, l’artiste se joue des règles et préfère créer la surprise là où ne l’attend pas.

Onirique, singulier, presque en apesanteur, « Body » est tout ça à la fois. Il y a bien le piano qui vient apporter un peu de relief, mais on remarque surtout la voix de la chanteuse qui se perd dans une ambiance brumeuse, entre chant et texte parlé. Tout au long du titre, on sent toute la tension monter pour nous offrir un interlude profondément léger et fort à la fois. Une mélodie qui retranscrit le désir qui peut habiter deux amants, ou un self-love particulièrement assumé.

Retour à une ambiance enfantine avec « Priest ». Une composition guitare-voix, à laquelle une basse vient parfois se mêler, et des rythmes acoustiques d’une simplicité dépouillée qui étonnent mais parviennent à capter notre attention et à nous faire voyager. On apprécie particulièrement les chœurs, comme un écho à la voix de Julia Michaels, qui viennent réchauffer la mélodie et lui donner un peu plus de relief.  On ne serait pas contre entendre encore plus de titres de cette teneur tant ils laissent transparaître la personnalité à la fois douce et chaleureuse de Julia.

Si pour la première partie de ce « Monologue » la chanteuse s’était accompagné de deux de ses amis, Niall Horan et Selena Gomez, pour « Fucked up, Kinda », c’est à ROLE MODEL qu’elle a cette fois-ci fait appel. On retrouve cette ambiance feel-good, à mi-chemin entre un titre country et une composition pure pop. L’association des deux voix vient ajouter de la simplicité et décomplexer l’ensemble du morceau.

« Shouldn’t Have Said It » vient clôturer sur une touche prenante ce second projet de la jeune artiste. Si la mélodie reste minimaliste, le rythme qui prend au fur et à mesure de l’ampleur et semble prendre une course folle vient créer cette impression d’insécurité et de désarroi dont Julia nous fait part dans son texte. Un besoin désespéré qui se traduit par la perte de l’autre, voilà ce dont il est question. Une composition poignante qui nous laisse également une pointe de regret déchirante.

Un roller-coaster d’émotions et de sonorités, voilà ce que nous propose la chanteuse pour ce « Inner Monologue Part 2 ». On y trouve la joie, la peur, la colère et la tristesse, le tout formant un melting-pot qui nous donnerait presque le tournis. Pourtant, chaque titre y trouve sa place et sa particularité, pour nous cueillir et nous convaincre par leur sincérité rare. Pas de doute, Julia Michaels est une artiste de talent qui maîtrise à la perfection ses domaines de prédilection. Un talent à ne pas perdre de vue !

« Inner Monologue Part 2 » est disponible sur iTunes.