Rencontre avec le DJ et producteur danois Martin Jensen !

Propulsé sur la scène EDM internationale grâce à des titres comme « Miracles », « All I Wanna Do » ou l’incontournable « Solo Dance », Martin Jensen compte maintenant parmi les DJ et producteurs les plus influents – en témoigne son classement en 2018 dans le Top 100 de DJ Magazine. Mais au-delà de ses hits entêtants, que savez-vous vraiment du danois de 27 ans ? L’équipe d’On The Move est allé à la rencontre de Martin Jensen. En attendant la sortie d’un shoot exclusif par le photographe David Fitt dans notre prochain On The Move Magazine, faites connaissance avec un artiste aussi accessible à la ville que déterminé et passionné à la scène, qui se décrit lui-même selon deux facettes : un « gars ordinaire » et un « performer fou ».

On The Move : Salut Martin ! Merci d’être avec nous. Nos lecteurs connaissent très bien ta musique mais en savent peu sur toi.  Peux-tu nous raconter comment tu es devenu DJ et producteur professionnel ?

Martin Jensen : Oui, j’ai commencé à y penser quand j’étais DJ résident dans un nightclub. J’étais toujours ennuyé d’être celui qui était là pour chauffer la foule, et de ne jamais être la tête d’affiche. Je devais m’en aller pile au moment où ça devenait intéressant. Donc j’ai commencé à produire mes propres morceaux, en me disant que cela devait être différent quand tu avais ta propre musique à défendre. Et ça a très vite fonctionné pour moi !

On The Move : C’est« Solo Dance » qui a vraiment donné un élan à ta carrière à l’international. Sentais-tu dès le départ que ce morceau avait quelque chose de spécial ?

Martin Jensen : Oui, dès que l’on a commencé à travailler dessus, je me suis dit « c’est sûr, ça peut donner quelque chose » parce-que ce morceau est tellement unique. Il sortait vraiment du lot ! J’étais très heureux et super excité qu’il rencontre un tel succès. Il a dépassé les 500 millions de streams !

On The Move : Qu’est-ce-qui a le plus évolué chez toi depuis les débuts de ta carrière ?

Martin Jensen : Je pense que c’est personnellement que j’ai le plus évolué. Avec une carrière dans la musique viennent beaucoup de choses : tu dors peu, tu dois gérer beaucoup de stress et de jetlag, tu dois faire avec ton management, les labels etc. Avant ça, j’étais juste DJ résident et je faisais tout par moi-même. Mais maintenant, il y a toute une équipe autour de moi. Et ils ont des décisions à prendre. Je suis plutôt borné donc quand je veux quelque chose, je ne lâche rien et je m’y consacre à corps perdu. Soudainement, j’ai eu des gens avec moi, qui devaient faire des choix pour moi et je n’aime pas toujours ça. J’ai dû apprendre à faire avec. C’est ça qui représente la plus grande évolution.

On The Move : Tu as récemment dévoilé un morceau avec James Arthur appelée « Nobody ». Comment cette collaboration est-elle advenue ?

Martin Jensen : C’est une chanson sur laquelle je travaillais depuis au moins un an et demi. Elle était dans mes archives, et on y a posé des voix plusieurs fois mais ça n’a jamais vraiment fonctionné. Et finalement, on a contacté James Arthur pour lui proposer de le faire et il a directement accepté. Il a bossé sur la voix, j’ai finalisé la production et finalement, on l’a sorti !

On The Move : Les voix sont toujours singulières et très reconnaissables sur tes singles. Pourtant sur ton EP « World », il n’y en a aucune. Quelle est vraiment l’importance des paroles et des voix dans ta musique ?

Martin Jensen : Dans mes singles pop, pour la radio, les paroles et les voix sont l’élément le plus important. Mais quand je fais de la musique pour les clubs, c’est la production qui importe le plus. Quand tu joues en festivals ou en clubs, ce n’est pas forcément le plus facile de jouer exclusivement « Solo Dance », « All I Wanna Do » ou « Nobody ». Bien sûr, ce sont les morceaux que les gens connaissent, apprécient et qu’ils peuvent chanter mais ça ne peut pas être tout. Je veux apporter plus que ça. C’est pour ça que je suis très motivé à faire une tournée hyper dense de clubs et de festivals. Je ne veux pas proposer un show où les gens se diraient au bout de 10 minutes « oh ok, on a tout vu ». Je veux proposer le genre de shows que peut faire DJ Snake par exemple. Quand tu vas voir DJ Snake, ou The Chainsmokers, ils jouent leurs chansons populaires pour faire décoller l’ambiance mais ensuite c’est beaucoup de trap, de dubstep ou autre. C’est la même chose pour mes sets. Il s’agit de trouver un équilibre entre mes morceaux radio et les morceaux qui sont taillés pour les clubs et festivals.

On The Move : C’est donc ça la recette d’un bon set ?

Martin Jensen : Oui. En tout cas, je veux apporter quelque chose de différent dans mes sets. En ce moment, je propose du R&B old school, quelques chansons fédératrices, de la soul, de la dance, de la big room house, de la trap. Tout est mêlé. Les chansons collaborent entre elles. Donc je joue au moins 3/4 chansons du même genre avant d’aller vers un autre. Je ne veux pas que les gens pensent « Que vient-il de se passer avec cette transition ? » En haut, en bas, en haut, en bas… Non, c’est un seul flow. Comme une rivière qui s’écoule tout le long du set. C’est très important pour moi car je passe un temps fou à structurer mes sets, étudier ce qui marche, ce qui marche moins, encore et encore. À voir aussi ce qui plaît en Asie, en Europe, aux USA… Je suis toujours en train de développer mes sets. Et je pense que maintenant, ils ne sont pas mal, oui !

On The Move : Remarques-tu vraiment des différences entre les pays ou les régions du monde ?

Martin Jensen : Oui, il y en a, définitivement. Quand tu joues en club au Danemark, ça dure 45 minutes pas plus car c’est ce que les gens veulent. Quand tu es en France, tu peux jouer 90 minutes voire davantage, car le public en veut toujours plus. C’est pareil en Asie. Aux Etats-Unis, ça peut même durer 2 ou 3 heures. Il y a une énorme différence dans le temps que le public souhaite passer avec toi.

On The Move : Trouves-tu l’occasion de composer de nouveaux morceaux quand tu es en tournée ?

Martin Jensen : Je rassemble essentiellement des idées quand je suis en tournée. Ensuite, je les laisse reposer et j’y travaille vraiment quand je retourne en studio. Il y a beaucoup d’inspirations à prendre en tournée mais il y a aussi beaucoup de stress et beaucoup de trajets. Malheureusement pour moi, on en est pas encore au point où on voyage en jets privés (rires) On prend des vols commerciaux donc on passe énormément de temps dans les aéroports. Mais peut-être qu’un jour, ça changera (rires)

On The Move : L’idée de voyager est à la base du concept de ton EP « World ». Chaque morceau est inspiré de la culture et la musique d’un continent différent. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

Martin Jensen : Oui, dans « World », j’ai essayé de jouer avec les différents sons des régions du monde dans lesquelles où on a le plus tourné : le Brésil, l’Indonésie , l’Egypte, le Japon et le Nord de l’Europe. Et je crois que le rendu est vraiment bon. Le prochain EP sera assez différent. Je ne peux pas dire grand chose là-dessus pour le moment mais ça va être vraiment, vraiment bien ! Je vais sortir plusieurs EP assez courts dans le futur parce-que je veux sortir davantage de musique club. Et puis, régulièrement, il y aura aussi des singles radio. Je pense que le prochain sortira en Juin. Je veux dévoiler autant de musique que possible.

On The Move : À quel point est-il important pour toi de développer ta propre identité visuelle ?

Martin Jensen : À chaque nouvelle « saison » de shows, on se rassemble avec mon équipe et on décide de tout : quels shows on va faire, comment on va les préparer, comment ils vont être produits et à quoi ils vont ressembler. Je travaille avec l’entreprise qui fait les visuels du Tomorrowland : la compagnie Prismax. Ils sont vraiment les meilleurs. Je les ai choisis car quand je fais un show, je veux donner le maximum. Je ne veux pas sortir de scène en me disant que c’est fait à moitié. Je veux tout donner. C’est pour ça que je me suis associé à Prismax, parce-qu’ils travaillent pour les meilleurs – Dimitri Vegas & Like Mike par exemple. Les standards sont vraiment hauts maintenant, n’importe quelle scène accueille des écrans LED géants. Donc venir avec un fond et ton logo qui tourne n’a plus rien d’intéressant. Si tu proposes aux gens une expérience visuelle inédite, alors tu captes l’attention.

On The Move : Quels émotions veux-tu faire passer à travers ta musique ?

Martin Jensen : C’est marrant parce-que c’est une chose à laquelle j’ai beaucoup pensé ces dernières années. Qui est Martin Jensen exactement ? Et je crois avoir trouvé la réponse ces derniers temps. Je dirais que je suis un gars ordinaire. Toujours habillé en noir, détendu, les pieds sur Terre mais quand je fais un show, tout explose : un set fou, de la pyrotechnie, des visuels… Ce sont comme deux facettes. Il y a aussi ça dans ma musique, d’un côté la musique pop sur laquelle tout le monde peut chanter, et puis l’EP « World » et le reste, où les gens peuvent complêter se lâcher. C’est comme ça que je veux me présenter : le Monsieur Tout le Monde d’un côté, et le performer fou de l’autre.

On The Move : Cette idée, on la retrouve dans tes vidéos Youtube « Martin Jensen on tour » où tu nous donnes accès aux coulisses de ton aventure…

Martin Jensen : Oui, récemment, j’ai commencé à vloguer pour pouvoir montrer davantage de ma vie en tournée. Avant ça, mes blogs étaient très beaux, bien montés, on ne laissait pas place à l’erreur ou aux défauts. Mais maintenant, je recommence à le faire à l’ancienne, je veux que ce soit plus personnel. Mon ancienne équipe voulait que tout soit parfait, mais ça m’a lassé et maintenant, je veux laisser les gens voir ce qui se passe vraiment, sans filtre. C’est très important pour moi d’être proche de mes fans. Quand j’ai produit mes premiers morceaux, mes fans ont été impliqués, notamment sur « Wait » où je leur ai demandé de chanter le refrain. Je ne suis là que parce-que j’ai mes fans.

On The Move : Que peut-on attendre de Martin Jensen en 2019?

Martin Jensen : Beaucoup de spectacles, et quelques singles dans les prochaines semaines puis très certainement un nouvel EP avant l’été.

On The Move : Quels sont tes morceaux préférés du moment ?

Martin Jensen : J’adore « Boasty » de Wiley, Sean Paul et Stefflon Don. C’est génial ! J’aime aussi beaucoup « High On Life » de Martin Garrix.

Martin Jensen sera à l’Amnesia à Agde le 22 juin prochain.
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