L’artiste irlandais – protégé de Maxim Nucci – présente son premier EP « Lost Boys » !

Vous avez sans doute déjà la ritournelle irrésistible de « Hey Now » en tête mais ne connaissez pas encore son auteur… On The Move est ici pour vous le présenter ! À l’occasion de la sortie de son tout premier EP « Lost Boys », Barry Moore nous explique son parcours, la création de ses titres ou encore ses ambitions pour le futur. Un artiste solaire que l’on a pris grand plaisir à rencontrer, et auquel on souhaite un avenir radieux !

© Nazym Hermouche pour On The Move

On The Move : Salut Barry ! Merci d’être avec nous. Pour commencer, pourrais-tu nous parler de la manière dont tu t’es intéressé à la musique au départ ?

Barry Moore : Bien sûr ! C’était à un très jeune âge car je viens d’une famille irlandaise, et en Irlande, la musique est en quelque sorte partout, tout le temps. Tout le monde en joue un peu. Mon père était guitariste et, très jeune, j’ai été en contact avec les instruments. J’écoutais aussi tous ses vinyles et albums puis on est passés au téléchargement et au streaming ensemble. J’ai beaucoup déménagé dès tout petit, j’ai vécu en Irlande puis en Californie, puis de nouveau en Irlande et ensuite en Espagne, à Londres et en France maintenant. Et tout du long, j’ai toujours fait de la musique. Que ce soit dans la rue, dans les bars ou pour moi, à la maison. Je suis venu en France pour un emploi chez Qobuz, une plateforme française de musique en streaming. C’est grâce à ce poste que j’ai eu l’opportunité de croiser Maxim Nucci en studio. De là, tout a changé pour moi. J’avais une carrière avec un bac+6, et maintenant, je suis en train d’avancer très rapidement vers quelque chose que je n’aurais jamais cru possible ! Et c’est vraiment cool.

On The Move : Ton single « Hey Now » est disponible depuis plusieurs semaines maintenant et rencontre un joli succès. Quelle est l’histoire derrière ce morceau ?

Barry Moore : C’est à la fois une sorte de regard introspectif sur ma propre vie mais aussi sur la dure réalité de là où je viens, sur le fait de vivre – pas seulement dans ma ville d’origine – mais dans toutes ces villes industrielles en Angleterre, en Amérique, en Irlande qui sont quelque peu coincées dans le passé. Tout y est brut et sans filtre, comme dans le film Trainspotting. Une ville de racailles, certains diraient, mais moi je me considère plutôt comme geeky. Les lunettes doivent aider (rires) Mais j’ai ces deux côtés, le mec de cette dure réalité mais qui n’est pas dur avec les gens. Je suis dur avec moi-même mais jamais avec les autres !

Donc « Hey Now » raconte ma vie et nous avons filmé le clip dans l’usine dans laquelle je travaillais. Le bar que je fréquentais aussi. Tous les gens sont soit des membres de ma famille ou des amis, il n’y a pas de figurants ou d’acteurs. On est allés en Irlande et on a sollicité les gens autour de nous, on a demandé au barman « Est-ce-qu’on peut utiliser ton bar ? Et ceci ? Et cela ? » J’ai même demandé à mon meilleur ami de me frapper au visage. Il l’a fait une dizaine de fois. Il était très heureux de le faire après 20 ans d’amitié. Enfin une occasion de m’en mettre une, pour tout ce que je lui ai fait subir par le passé (rires) Après 3 ou 4, il a estimé que je n’en méritais pas plus donc peut-être que je ne suis pas aussi terrible que je le crois (rires)

On The Move : C’est donc comme une introduction dans laquelle tu dis au public « Voilà qui je suis et d’où je viens ».

Barry Moore : Exactement. On a beaucoup de chansons sous la main mais on a choisi celle qui avait le potentiel de rentrer le plus rapidement dans la tête des gens et attiser la curiosité. Puis on a choisi les images qui correspondaient le mieux à ça, pour fabriquer une introduction à 360°. On a aussi eu beaucoup de questions sur le rapport aux gilets jaunes dans ce clip…

On The Move : Oui, le clip arrive à un moment en France où il résonne avec nos problématiques sociales actuelles.

Barry Moore : Oui et c’est une pure coincidence ! Je ne suis pas quelqu’un de très engagé politiquement, je suis concerné par les problématiques sociales évidemment mais je ne préfère pas mêler cela à la musique. Ces gilets jaunes, dans mon usine, nous étions juste obligés de les porter pour des raisons de sécurité. Et pour être vus aussi. Donc le gilet, c’est vraiment plus une référence directe à ce que j’ai vécu en grandissant à Drogheda.

On The Move : Ton premier EP « Lost Boys » sort aujourd’hui ! Tu as travaillé à sa production avec Maxim Nucci (Yodelice) au sein du label Spookland Records. Y-a-t-il une leçon que tu peux tirer des moments passés avec lui ?

Barry Moore : Je dirais… À un moment, il faut savoir arrêter de se poser des question et doûter de soi-même. Quand tu travailles sur un album, tu travailles avec un réalisateur, un producteur, peut-être d’autres auteurs, des ingénieurs du son. Il y a tellement de personnes impliquées dans le processus, qu’il y a forcément un petit peu de frustration chez chacun car ça n’est pas controlé à 100% par une seule personne. Donc c’est ça, la chose que j’ai apprise de Max est d’arrêter de me questionner et que « Less is more ». Quand je lui ai apporté mes productions, mes squelettes et exemples de chansons, il a trouvé que j’en faisais trop. La base des mélodies étaient là mais il me demandait : « Pourquoi tu as ajouté autant de guitares ici ? Et autant de batterie là ? » Il a vraiment épuré les choses, et a ajouté un niveau de post-production qui a emmené ma musique vers un horizon plus electro-pop et urbain, comparé à là où j’étais il y a 3 ans quand je l’ai rencontré. J’étais plutôt dans la veine d’Ed Sheeran sur son premier album, guitare folk et chant, tu vois. Mais Maxim a vu quelque chose dans ma musique qui pourrait occuper un espace plus large en terme sonore. Et c’est la direction que nous avons prise !

On The Move : C’est sans doute pour cela que tes morceaux marchent aussi bien en acoustique, que dans leurs versions studio.

Barry Moore : Oui, nous pouvons adapter les morceaux. Et c’est la deuxième ou troisième liste de chansons que nous dressons pour l’EP,on ne cesse de changer, en enlever, ou reproduire des choses. On parlait d’Ed Sheeran, son premier album « + » était très épuré mais c’était avant qu’il rencontre de grands producteurs comme Pharrell. Si tu veux, Yodelice, c’est mon Pharrell (rires) Il a emmené mon son de base – qui contenait déjà les ingrédients majeurs – vers un autre niveau. Et je n’aurais définitivement pas pu le faire seul. J’ai appris énormément pendant ce process.

On The Move : Tu parlais de la sélection des titres pour ton EP. Que peut-on attendre de cette sortie ? Pourquoi as-tu spécifiquement choisi ces quatre morceaux ?

Barry Moore : On est un peu revenus à la raison qui nous avait fait choisir « Hey Now » et tourner le clip de cette manière. Ces quatre chansons donnent un avant-goût des quelques directions dans lesquelles nous pourrions aller, il y a du reggae, du rock’n’roll, du rap, des ballades. Mais on ne voulait pas faire un EP avec quatre chansons complètement différentes parce-que sinon, personne ne pourrait avoir une vraie idée de qui je suis et de ce que je pourrais proposer ensuite. On a essayé de choisir quatre chansons qui gravite dans le même univers pour donner un aperçu consistant, mais on montre aussi plusieurs facettes de ma musique. Avec un peu de chance, sur l’album, on pourra davantage se laisser aller. Choisir des chansons un peu plus folles qui n’auraient pas eu leur place dans l’EP. On croise les doigts. Si les choses fonctionnent bien avec « Lost Boys », on pourra se permettre d’être plus fous et plus libres !

On The Move : On admet que notre préférée sur l’EP est « The Little Things », parce-que sa structure est différente d’un morceau radio-friendly habituel. On apprécie beaucoup la dernière partie, totalement instrumentale, qui est hybride et futuriste. Peux-tu nous parler du processus de création de ce titre ?

Barry Moore : C’est exactement là où Maxim et mon réalisateur – Julien Martinez – ont pu apporté leur contribution. J’avais la mélodie de base, les paroles, la structure mais cette fin, non. On a commencé à faire des tests de distortion de voix et des choses comme ça. On voulait vraiment créer ce passage de la ballade à l’électro, quelque chose que nous pourrions davantage « mettre en scène ». C’est plus adapté pour les festivals et les gros concerts. Mais c’est quelque chose que je n’aurais pas pu faire moi-même. Ma chanson originale s’arrêtait justement vers 2 min 40 puis on a travaillé. On pouvait passer des heures à changer une chose ou changer 10 choses en une minute. Au départ, j’avais des doutes mais finalement, c’est devenu l’une de mes chansons préférées. Et c’est aussi l’une de mes rares ballades introspectives. Ça apporte une petite pause, et du relief parmi les 4 titres.

On The Move : Tu nous expliquais avoir beaucoup voyagé au cours de ta vie. Les cultures et musiques peuvent être très différentes d’un pays à l’autre. Penses-tu que ça ait influencé ton son ?

Barry Moore : J’ai commencé à écrire des morceaux dans la langue du pays quand je vivais en Espagne, et en France aussi. Je pense que plus que d’influencer directement mes goûts musicaux, cela m’a introduit à des musiques et des artistes que je n’aurais pas compris et connu autrement. Il y a parfois ces parallèles qui sont fait du genre « lui, c’est le Bob Dylan français etc. » que je comprends mieux maintenant, car j’ai de nouvelles références en tête. Également, j’ai joué dans la rue dans chaque pays que j’ai visité donc ça m’a donné un bon aperçu de la manière dont les gens reçoivent et apprécient la musique. À Londres par exemple, à Camden, on pourrait penser que c’est l’endroit parfait pour s’installer et jouer de la musique mais c’est plus considéré comme un service assuré par les artistes. Donc à là-bas, avec une performance de rue, tu ne vas pas faire un gros buzz ou gagner ton salaire de la semaine. Par contre, dans de petites villes comme Salamanque en Espagne, tu peux y passer une heure et gagner gros en terme d’audience et d’argent. Donc, d’un pays à l’autre, je suppose que tu mesures l’ouverture des gens et la manière dont ils interagissent avec les autres. Ça te donne une vue d’ensemble du rapport – ou non – qu’entretiennent les gens à la musique.

On The Move : En parlant de performances, tu fais les premières parties de Jain en ce moment à travers la France. Est-ce difficile de convaincre une salle entière, comparé à tes performances de rue ?

Barry Moore : C’est en fait assez similaire au busking. Quand tu ouvres un concert, les gens ne sont pas là pour toi, ils ne t’attendent pas. D’une façon, ça peut être difficile de capter leur attention au départ. D’un autre côté, c’est assez excitant si tu finis par avoir un impact sur eux, car tu sais que tu vas dans la bonne direction. Et les fans de Jain sont des amoureux de la musique, ils aiment passer du bon temps et apprécient tous les genres. Ils sont de toutes les générations aussi. Ce n’est pas comme pour ouvrir pour un groupe d’heavy metal où il ne vaut mieux pas s’éloigner du genre. Ils sont juste ouverts à tout ! Et même si c’est un challenge de s’attaquer à des Zéniths d’emblée, ce sont « de bons Zéniths » parce-que Jain attire un super public. De ce point de vue, j’ai été très chanceux !

On The Move : As-tu reçu quelques conseils de la part de Jain ?

Barry Moore : Absolument. On échange pas mal maintenant, car j’ai commencé à tourner avec elle en 2017. À l’époque, elles et ses musiciens étaient très présents pour moi car j’étais complètement perdu, c’était la première fois que je me retrouvais dans l’environnement d’un Zénith et je ne savais pas où trouver les oreillettes, les cables, toutes ces choses (rires) Elle a été très sympa dès le début. Toute son équipe était très agréable et d’une grande aide, donc même si c’était un baptême du feu, tout s’est très bien passé. J’étais entouré par les bonnes personnes, j’imagine.

On The Move : Que peut-on attendre de ta part dans les prochains mois ?

Barry Moore : Nous dévoilons l’EP maintenant puis il nous reste quelques concerts avec Jain, 6 ou 7 Zéniths dans les semaines à venir. Puis, nous ferons des festivals. Nous serons à Musilac, Jazz à Montreux, Europavox, Aluna Festival et d’autres. Donc là, ce sera sous mon nom, ce sera la première fois que je ne serai pas en première partie d’un autre artiste. Je jouerai des sets de 45-50 minutes avec mes musiciens, c’est pour moi cette fois. Une toute nouvelle expérience ! Pour le moment, on a les 4 titres de l’EP mais on devra jouer des sets de 9-10 titres donc on testera des inédits sur scène : on en aura 6 jamais entendues, on espère que 3 ou 4 finiront sur l’album puis peut-être, une reprise ou deux. J’espère aussi que nous pourrons tourner un nouveau clip très prochainement, mais le morceau reste à choisir. Puis, nous serons de retour avec l’album en Octobre. On voulait dévoiler les 4 titres de « Lost Boys » maintenant car la réception de « Hey Now » a été très bonne, on fait beaucoup de promo et de concerts donc on s’est dit qu’il fallait en donner un peu plus aux gens qui nous suivent. C’est un avant-goût, ça peut être vraiment frustrant d’en rester à 4. En tout cas, c’est frustrant pour moi. Je pense toujours « Ok, vous avez entendu ça mais attendez la prochaine, elle est encore mieux! » Mais tout ça, ça fait partie du processus créatif. Dans ma tête, la prochaine chanson est toujours la meilleure. Synthétiser les choses est toujours difficile, on a beaucoup de chansons maintenant, on pourrait en faire 3 albums !

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Son EP « Lost Boys » est disponible en téléchargement légal.