Le quatuor britannique tease son futur opus avec un nouveau morceau et une campagne de communication inédite !

On avait laissé les compères de Bastille il y a quelques mois avec « Happier », leur collaboration avec le producteur Marshmello. Mais ces dernières semaines, alors que le hit – à la marge de leur production globale – n’a cessé de truster les ondes et le haut des charts (il est, entre autres, resté 30 semaines consécutives numéro 1 du classement « Hot Dance/Electronic Songs » de Billboard), le groupe britannique s’est aussi attelé à préparer le nouveau chapitre de son histoire. Après « Bad Blood » en 2013 et « Wild World » en 2016, Dan Smith, Kyle Simmons, Will Farquarson et Chris Wood sont en passe de dévoiler leur troisième album.

Il s’appellera « Doom Days », sa date de sortie est encore inconnue mais cette semaine, son teasing a été lancé en grandes pompes !

On sait ce troisième album dans les cartons depuis longtemps. « L’album a gonflé, s’est contracté, s’est redéveloppé puis a de nouveau rétréci à plusieurs reprises, et bien qu’il ait été terminé il y a un moment, nous avons fait des tas de changements » confiait Dan Smith au magazine Dork en décembre 2018. Il y a déjà presque un an, Bastille amorçait l’ère post-« Wild World » avec le titre « Quarter Past Midnight », capturant toute l’essence de ce que sera ce nouveau disque. En effet, après un second opus engagé, qui distillait un propos presque politique sur la société actuelle, le groupe a déjà annoncé que « Doom Days » en prendrait le contre-pied :

Le prochain album est un disque festif et apocalyptique. (…) Il est en quelque sorte sombre, flou et étrange, comme un curieux voyage à travers la nuit. »

Imaginez que la fin du monde est en marche… Vous fermez les rideaux et essayez d’échapper à l’inéluctable le temps d’une nuit sur fond de Bastille. Dévoilé par surprise hier, leur nouveau single, du même nom que l’album attendu, perpétue exactement cet esprit.

« When I watch the world burn / All I think about is you » : « Doom Days » est comme un poème cinglant mis en chanson, dont la structure n’a rien de celle du single orthodoxe moulé au format radio. Les 2 min 21 du morceau forme la parfaite introduction au disque à venir.

Musicalement, la chanson débute sur un air fantomatique avant de galoper de plus en plus rapidement vers le climax de la fête, ou l’explosion de la Terre, selon où l’on choisit de se placer. En peu de temps, le morceau saccadé verse dans différents univers : ballade, tirade hip-hop, envolée électronique… La voix de Dan Smith joue pour beaucoup dans cette versatilité : un moment parlé, un moment mélodieuse, tendant parfois presque vers le flow.

Côté paroles, Bastille joue la prétérition. Tout en feignant de ne pas vouloir susciter le débat, les musiciens portent tout de même un regard acerbe sur le monde de 2019 : le cyber-harcèlement (« We’ll stay offline so no one gets hurt / Hiding from the real world / Just don’t read the comments ever, ever »), les fake news (« Let’s pick the truth that we believe in / Like a bad religion ») ou le climato-scepticisme (« We fucked this house up like the planet / We were running riot / Crazy that some people still deny it ») sont abordés avant que le groupe ne plonge dans le bain du déni. Ils tirent finalement le rideau sur ce monde en déliquescence à coup de références pop-culture : « We’re gonna Peter Pan out » – comprendre, nous resterons des enfants – ou « We’re gonna choose the blue pill » – la pillule de l’ignorance et de l’oubli dans « Matrix ».

Nous voulions que la chanson soit très directe. Elle parle d’essayer de s’échapper de toutes les anxiétés du monde moderne. »

Et pour faire passer un message si percutant, Bastille a opté pour la simplicité visuelle. Le clip met en scène Dan Smith, le visage marqué, proclamant le texte à mesure qu’une lumière à néons oscille. Habité par les mots de « Doom Days », l’interprète en fait passer toute l’intensité à la seule lueur de son regard et de quelques mouvements torturés. Les paroles défilent façon karaoké comme pour mieux être comprises, et les trois autres membres de la formation s’insinuent dans la composition sous forme d’emojis, permettant de suivre le cours des paroles. Un détail humoristique qui nous rappelle l’auto-dérision des membres de Bastille, qui ont longtemps aimé à se définir comme « quatre idiots faisant de la musique ».

Cette chanson n’est pas le seul apéritif servi ces derniers temps aux fans de Bastille ! Il n’est plus secret que le groupe envisage sa musique comme un art total, déployant dans son sillage une histoire, des visuels, et des stratégies de communications toutes plus surprenantes les unes que les autres.

Après « Wild World Communications » (développé en chat-bot, chasses aux trésors, pop-up store et autres joyeusetés), le groupe propose aujourd’hui la « Doom Days Society ». Un groupe facebook et un site internet dédiés offrent aux fans une plate-forme d’échanges d’idées et de références, à laquelle les membres de Bastille eux-même devraient prendre part activement.

Alors que WWCOMMS engageait les fans de manière assez passive, les immergeant dans un univers dystopique auquel il ne pouvait que se soumettre, la Doom Days Society leur offre un véritable espace de paroles et d’actes… Une proposition participative, dans l’air du temps. Comme si une résistance aux dérives du monde se mettait en marche !

En attendant la sortie de « Doom Days », vous pouvez toujours vous replonger dans la mixtape « Other People’s Heartache » – délicieux laboratoire sonore dont le groupe a dévoilé le 4e chapitre, en Décembre dernier – ou vous imprégner de l’ambiance de la tournée « Still Avoiding Tomorrow Tour »… À travers l’Europe, il y a à peine quelques semaines, le groupe a mené son public dans cette fameuse nuit d’oubli. En étant attentifs pendant le show, on pouvait effectivement voir défiler l’heure sous nos yeux, et lire des paroles qui seront visiblement celles du prochain album.

Rien n’est jamais fait au hasard chez Bastille, souvenez-vous en !

« Doom Days » est disponible en téléchargement légal

 

© Coraline Blaise