Rencontre avec le musicien et baroudeur australien Ziggy Alberts !

Originaire de la côte Est de l’Australie, l’artiste indépendant, surfeur et défenseur de l’environnement Ziggy Alberts prouve que la passion et le dévouement sont les clés du succès. Il puise dans ses disciplines de prédilection toute l’inspiration à sa musique et profite, en retour, de son exposition médiatique pour servir les causes qui lui tiennent à coeur, notamment dans la série Youtube « Net Positive ».  Avec son nouvel album « Laps Around The Sun », il repousse les limites de sa folk signature et montre de nouvelles facettes de sa musique. À l’approche de sa tournée européenne, découvrez tout ce que Ziggy Alberts a à offrir au monde !

© Nicole Thomas pour On The Move

On The Move : Salut Ziggy ! Peux-tu nous dire comment tu as commencé dans la musique ?

Ziggy Alberts : Bien sûr ! Étant jeune, j’ai reçu des cours à la maison pendant un moment puis je suis allé au lycée et j’ai fini à 16 ans. Quand j’ai terminé le lycée, j’ai commencé à m’intéresser à la guitare. Il n’était pas facile de s’en procurer une donc mes parents ont fini par me l’acheter, sans grand plan derrière d’ailleurs, c’était un cadeau. Et je n’avais pas exactement l’ambition de devenir musicien. Je voulais essentiellement continuer à écrire mais j’ai appris la guitare, mes textes sont devenus des chansons et l’année suivante, je sortais mon premier EP. Je n’ai plus arrêté la musique depuis. Je voulais aussi poursuivre dans la voie du surf, j’avais des sponsors pour ça mais ma musique fonctionnait bien. Tout ça n’était pas intentionnel, mais mes textes, ma guitare, tout cela a marché et c’est devenu une passion. J’ai finalement laissé tomber mes autres activités pour me concentrer sur la musique.

On The Move : Penses-tu qu’il faille se consacrer à la musique à 100% pour réussir, surtout quand tu es un artiste indépendant ?

Ziggy Alberts : Je pense qu’il y a des musiciens qui ne sont pas à 100% musiciens. Il y a des exemples fantastiques comme Jack Johnson qui ne fait pas que de la musique. Je pense que tout cela dépend de la concentration que tu peux avoir. Personnellement, ma musique est venue de toutes mes autres passions. C’est un outil d’expression privilégié pour parler de ce qui fait ma vie, donc je n’aurais pas eu la musique si je n’avais pas eu le surf ou si je n’avais pas été élevé de cette manière. Il m’a fallu toutes ces choses pour permettre à ma musique de prendre forme.

On The Move : Les artworks de tes précédents singles, EP ou albums semblent tous suivre un même univers graphique, avec ce fond vieilli et ces animaux. Peux-tu nous en expliquer le sens ?

Ziggy Alberts : Pour mon premier EP, on avait prévu une chose assez hilarante, avec une photo de moi en train de faire une tête étrange. Puis finalement, j’ai rencontré l’illustrateur qui fait ces dessins et j’ai senti que c’était vraiment plus approprié. Je ne voulais finalement pas avoir mon visage sur la couverture de l’album. Tout ça, ce n’était pas à propos de moi. Je ne dis pas que c’est mal de le faire, ça ne me correspond juste pas. Donc on a fait ces illustrations et à chaque fois, j’y ai associé un lieu précis, qui apparaît au dos du CD. C’est ma ville d’origine, là où j’ai grandi. Toutes ces illustrations ont une signification très particulière pour moi. L’une des dernières, pour la chanson  « Heaven », représente une orque. Je pense que les orques ont des tas de similarités avec les hommes, surtout en ce qui concerne les structures familiales et leur manière de voyager.

On The Move : Quelles sont les différences entre tes précédents disques et le dernier «Laps Around The Sun» ?

Ziggy Alberts : Cette évolution s’est faite naturellement mais je pense que ma musique y est beaucoup plus mature. Il y a beaucoup de nouvelles textures dans «Laps Around The Sun». Avant cela, mes albums portaient tous cet aspect très folk. Je suis impressionné de voir à quel point, dans celui-ci, les chansons se complètent alors qu’elles portent toutes des sentiments différents. Il y a comme un fil rouge mais c’est davantage une histoire derrière chaque chanson. Chaque morceau a son propre genre mais elles forment un ensemble très cohérent.

© Nicole Thomas pour On The Move

On The Move : Pourquoi as-tu choisi ce titre ?

Ziggy Alberts : Au début, j’ai voulu l’appeler «Bright Lights». C’est le titre de l’une des dernières chansons que j’ai écrite pour l’album et je sentais que son message était très important. Elle explique entre autres, pourquoi je me suis arrêté de tourner pendant 10 mois. «Bright Lights» est très ouverte aux interprétations mais pour moi, elle évoque les choses qui te distraient, ou ces choses qui deviennent si importantes dans ta vie qu’elles occultent toutes les autres. Mais on a fini par appeler l’album «Laps Around The Sun», en référence à ces paroles : «chasing laps around the sun». Tu ne peux pas courir après le soleil, c’est physiquement impossible mais nous sommes dans une société où tout le monde est toujours très occupé et particulièrement en musique, les gens ne s’arrêtent jamais. C’est 24h/24, 7j/7, même dans notre vie sociale. C’est pourquoi il me semblait que ce titre reflétait beaucoup des chansons de la tracklist.

On The Move : Avec les années, tu as dépassé les frontières australiennes et a pu jouer dans de nombreux pays. Sens-tu une différence entre les publics ? 

Ziggy Alberts : J’ai le sentiment que les audiences anticipent les shows différemment selon les pays. En Australie, mes shows sont très vite plein d’entrain. Et par exemple, en Allemagne, il se passe plus de temps avant que le public ne soit vraiment dans l’ambiance mais ensuite, c’est génial. Je pense qu’en Europe, le public est dans l’ensemble très chaleureux, passionné et respectueux.

On The Move : Une des chansons de ton album est appelé  «Yu (a song for Koda)». Qui ou qu’est-ce-que représente Koda ?

Ziggy Alberts : (rires) C’est marrant parce-que cette chanson est la préférée de tellement de monde. Je l’ai écrite dans l’ouest de l’Australie, là où la photo de couverture de l’album a été prise. D’habitude, tu écris une chanson et tu imagines une personne et toutes les choses merveilleuses qui ont rapport à elle. Tu décris cette fille si extraordinaire ou autre, mais en écrivant ce titre, j’ai fini par me demander : si j’étais assez chanceux pour passer le reste de ma vie avec quelqu’un, comment la décrirais-je sans tout ce bullshit ? Comment décrirais-je la vie extraordinaire que je mène avec cette personne ? Je ne peux pas dire grand chose à propos de Koda, mais elle est cette personne spéciale et je suis sûr – ou en tout cas j’espère – que tout le monde a/aura une personne comme celle-ci dans sa vie. Cette chanson est très spéciale pour moi.

Ziggy Alberts sera en concert au Petit Bain (Paris, 13e) le 15 avril prochain !

« Laps Around The Sun » est disponible en téléchargement.