Le Britannique Zayn Malik joue sur les nuances avec « Icarus Falls »

Après près de deux ans d’attente, le chanteur britannique est enfin de retour avec un nouvel opus. Composé de 27 titres, « Icarus Falls » semble être une collection des inspirations de l’artiste : entre titres RnB et compositions pop teintées de funk, Zayn Malik joue la carte de la réinvention avec des morceaux tous aussi différents les uns que les autres.

De quoi contenter les fans impatients qui avaient pu rester sur leur faim avec le minimaliste et très simpliste « Mind Of Mine ». Avec « Sour Diesel » ou encore « Too Much », le Britannique avait définitivement tiré un trait sur cette première ère en nous proposant des compositions aux antipodes des refrains RnB de son premier album.

Mais alors, que vaut vraiment cette deuxième proposition ? Le défi semble grand et difficile à relever pour Zayn qui poursuit avec assurance sa carrière solo, loin du boys band de ses débuts : One Direction. OnTheMove vous en dit plus !

Dès le début de l’écoute, « Let Me » se présente comme une introduction franche à l’univers du chanteur. Sur une mélodie en deux temps, à la fois aérienne et teintée de quelques notes electro-pop, Zayn nous propose un refrain acidulé, qui laisse doucement exploser de délicieuses saveurs. Pas de grande démonstration, mais une entrée en matière efficace qui nous donne envie d’en entendre plus. Mention spéciale pour la voix du chanteur qui commence à dévoiler quelques nuances, qui nous avaient bien manquées sur « Mind Of Mine ».

Avec « Natural », retour à une construction plus simple. Dans la veine des compositions de The Weeknd, Zayn nous montre ici une facette plus sensuelle et mature de sa personnalité artistique. Une mélodie empreinte de rythmes RnB, relevée de beats profonds venant donner le ton et tapisser avec une facilité mordante le fond de cette composition. On apprécie d’autant plus les quelques notes de piano qui viennent apporter de la légèreté.

Changement d’ambiance avec « Back To Life » qui fait la part belle à un rythme groovy. Avec plus de profondeur, les refrains viennent naturellement s’imposer et marquer un contraste avec les couplets simplement accompagnés d’une batterie imposante et d’airs de basses venant donner le tempo. Un morceau efficace, qui vient créer une première rupture. En fin de morceau, on retrouve même une ambiance plus organique aux accents rock, accompagnés de quelques accords de guitares. Très bon point !

« Common » se présente d’abord comme une douce ballade, où le piano trace le chemin vers une mélodie qui prend de l’ampleur à mesure que le titre se déroule. Sur quelques accords, la voix de Zayn retrouve ici toute sa place et s’exprime librement avant de définitivement s’épanouir sur le refrain à la fois aérien et profond. Une nouvelle dualité qui nous force à tendre l’oreille pour en saisir toute la subtilité. Une composition mélodique qui renferme également un côté très mélancolique et empreint d’amour lorsqu’il chante : « I will die if I don’t try, damned if I ask why / This is somethin’ real, this is somethin’ right / Never been in love, never felt it all until now ». 

Place au minimalisme avec « Imprint » qui est un titre relativement accessible et assez constant tout au long de l’écoute. Pas de surprise, ni de rebondissements, mais une mélodie qui oscille entre rythmes electro et sonorités RnB. Globalement, on retrouve la même construction sur « Stand Still » qui crée une parenthèse singulière dans l’écoute. Avec sa mélodie languissante qui prend le dessus sur la voix du chanteur, on se perdrait presque dans les sonorités singulières. Seul remous musical, l’apparition d’une guitare électrique en fin de morceau.

Retour à l’aérien et à une construction profonde avec « Tonight », avant de passer au singulier « Flight Of The Stars ». Sur de simples beats RnB, le chanteur laisse s’exprimer ses émotions et s’épanche avec simplicité sur ses sentiments notamment lorsqu’il chante : « I go where you go / Go through Armageddon / Girl I got you / There’s no / goodbyes, only us / So I will follow / Hold you close standing on the edge of no tomorrow ». Une déclaration d’amour moderne qui crée définitivement une rupture avec le reste de l’album.

Place à la puissance avec « If I Got You ». Théâtral, mis en scène, le titre bénéficie d’une composition forte avec une batterie marquée et laissant place à un refrain où différentes sonorités viennent se retrouver pour former un univers particulier. Le retour à la simplicité des couplets nous emporte et nous donne envie d’en entendre plus. On retrouve d’ailleurs enfin toute la puissance de la voix du Britannique, qui nous délivre de délicieuses high-notes dissimulées derrière la mélodie fournie du refrain.

Sur « Talk To Me », on retrouve cette fois un univers en deux temps : d’une part, les couplets se montrent très sages et discrets, alors que les refrains bénéficient de notes tropicales et d’une composition dansante, assez particulière dans la discographie du chanteur. Qu’à cela ne tienne, on en demanderait presque plus tant le titre est savoureux !

Dernier extrait dévoilé avant la parution de l’album, « There You Are » est sûrement le titre qui se rapproche le plus de ses créations au sein des One Direction. Rassurez-vous, pas de pop sucrée et acidulée mais une rivalité accrue entre la voix puissante du britannique et la mélodie fournie qui nous emporte. En rupture avec la simplicité de son premier opus, on retrouve enfin le Zayn qui nous avait conquis il y a quelques années.

« I Don’t Mind » n’impressionne pas par sa construction qui oscille entre RnB et tempo hip-hop classique. Sur la longueur, on en viendrait presque à se demander si le morceau n’aurait pas gagné à être écourté sur certains aspects. Sur « Icarus Interlude », qui donne d’ailleurs son nom à l’album, Zayn nous indique subtilement un changement de cap dans la création de l’album. À demi-mots et presque dans un murmure, le chanteur nous parle de sa carrière et de fausses relations ayant mené à des mensonges et à de la manipulation. Un thème – La chute d’Icare ayant volé trop près du soleil –  qui nous mène tout droit vers un univers plus sombre et peut-être plus honnête.

Dès les premières notes, « Good Guy » nous accroche et fait appel à notre mémoire mélodique. Sur une composition qui reprend des samples de « Bang Bang (My Baby Shot Me Down) » de Nancy Sinatra, le chanteur nous conte une histoire sombre et joue sur la noirceur du morceau pour créer du relief. Un titre très cinématographique que l’on apprécie particulièrement. On remarque ailleurs une ambiance très atypique et plus assumée sur « You Wish You Knew » avec son ambiance sensuelle et lancinante.

Avec « Sour Diesel », le Britannique met définitivement le feu aux poudres. Exit les sonorités RnB, place à un univers rock vintage teinté de quelques notes de funk. Lignes de basses, percussions funky, clavier rétro à souhait, le chanteur joue la carte de la séduction à fond ! Point majeur du morceau, le break ancré dans un rock imposant où les guitares jouent et affrontent la batterie avec brio. Ajoutez à ça la voix du chanteur qui alterne entre graves et notes aiguës et le tour est joué !

« Ce n’est pas forcément une histoire spécifique mais plutôt mes propres idées. Ça va être différent des précédents titres, j’essaie plutôt de raconter une réalité irréelle. »

Pas de surprises avec « Satisfaction », si ce n’est que le chanteur sait faire preuve d’une grande lucidité sur sa situation. Changement d’univers avec « Scripted », un titre sur lequel Zayn se la joue crooner, plus sensuel que jamais. Dans la veine de Brendon Urie et Panic! At The Disco, le Britannique remet au goût du jour ces airs langoureux un brin vintage pour un titre empreint de romantisme et d’airs à la fois ténébreux et légers.

Sous la forme d’une chanson simple, comme une ritournelle, « Entertainer » est doucement naïve. Une ballade entraînante qui tranche avec les paroles mettant en avant un amour bafoué et un sentiment de trahison. Si la mélodie reste constante et ne connaît pas de changement majeur, la simplicité et la légèreté de ce titre le rend d’autant plus agréable.

On retrouve le sentiment de séduction et de sensualité avec la mélodie grave et alternative de « All That » avant de passer à un titre plein d’émotion : « Good Years ». S’il n’a jamais caché regretter son temps au sein de l’un des boys band les plus populaires de notre génération, cette fois-ci, le chanteur a décidé de retranscrire son expérience en chanson. Avec ce morceau, Zayn nous offre une composition sincère, à cœur ouvert et laissant transparaître son mal-être lorsqu’il chante « I’d rather be anywhere, anywhere but here / I close my eyes and see a crowd of a thousand tears / I pray to God I didn’t waste all my good years ». Quelques notes de piano, un refrain presque en apesanteur, la voix singulière de Zayn : il n’en fallait pas plus pour nous convaincre et nous toucher en plein cœur.

« Fresh Air » reprend les éléments basiques du hip-hop alors que « Rainberry » s’inscrit lui dans un univers soul et pop. Comme un pont entre plusieurs univers, et notamment les deux albums de l’artiste, le morceau surfe entre mélodie feel-good et rythmes à la fois modernes et vintage.

Comme venu d’un autre monde, entre rêve et réalité, « Insomnia » semble tout droit sorti d’un univers onirique où s’opposent le bien et le mal, la légèreté et des airs graves et profonds. On retrouve d’ailleurs les mêmes airs sur « Fingers » un peu plus loin. Des morceaux brumeux qui contrastent clairement avec « No Candle No Light ». Premier featuring de cet album, Zayn s’associe sur ce titre à la rappeuse que tout le monde s’arrache en ce moment : Nicki Minaj. À mille lieux des rythmes expérimentaux, ce morceau semble, lui, prêt à squatter les ondes radios pendant des mois avec son beat tropical-house et son break explosif qui n’est pas sans nous rappeler le désormais iconique « Where Are U Now » de Justin Bieber et Skrillex.

Quoi de mieux pour refermer cet album que d’y insuffler un dernier coup de funk. Avec Timbaland sur « Too Much », Zayn parvient à réunir les deux mondes musicaux et à relever une dernière fois d’un brin joyeux la tracklist de cet album. Efficace et convaincant !

En définitive, le chanteur britannique nous propose un album en demi-teinte. S’il parvient à nous séduire et à nous satisfaire sur certains très bons titres comme « Good Years », « There You Are » ou encore « Common », d’autres morceaux viennent eux alourdir l’opus et faire durer l’écoute dans la longueur. 27 titres et autant de diversité et de prises de risque. Quoi qu’on en dise, le Britannique parvient à nous surprendre et à se réinventer sans pour autant se brûler les ailes. 

« Icarus Falls » est disponible sur iTunes.