RENCONTRE AVEC LA SENSATION NEW-YORKAISE BRYCE VINE, ARTISTE AUX MULTIPLES INFLUENCES

Son nom vous est peut-être encore inconnu et pourtant, Bryce Vine affole la toile avec son tube « Drew Barrymore » qui promet de faire décoller sa carrière. En 2014, il participe à l’émission américaine The Glee Project et sort très rapidement un premier EP intitulé « Lazy Fair », notamment porté par le titre « Sour Patch Kids ». Un second EP ravira son public deux ans plus tard: « Night Circus ». C’est donc avec grande impatience que nous attendons son tout premier album studio dont la sortie ne saurait tarder.

On The Move : Salut Bryce, on est ravis de t’avoir avec nous! On va commencer par ton histoire: j’ai entendu dire que tu avais commencé dans un groupe punk. Tu t’es bien éloigné de ce genre là désormais.

Bryce Vine : Salut On The Move! Je suis très content d’être ici à Paris avec vous. Oui c’est vrai (rires), j’ai commencé dans un groupe punk ! Il y a quand même un peu de punk ! J’ai une chanson particulièrement punk intitulée  » Street Punks On A Freight Train « . J’utilise un peu cette influence et l’énergie qui va avec.

On The Move : Comment s’est déroulée cette transition entre tes années punk et tes influences actuelles ?

Bryce Vine : J’ai juste continué à écrire de la musique ! J’ai commencé dans un groupe punk au lycée, j’adorais la musique rock et j’en ai tiré tout ce que j’ai pu, l’essence, l’énergie, puis je suis passé à la musique pop et hip-hop. Je me suis plongé dans cette musique en écoutant Kanye West, Frank Ocean, Jay-Z…. Je n’arrêtais pas d’apprendre de nouveaux styles musicaux. J’ai fait partie de la chorale gospel à l’université pour apprendre ce genre de musique. Puis j’ai fais du jazz à l’université pendant un petit moment. J’ai puisé des éléments un peu partout.

On The Move : Ta carrière a récemment réellement décollé avec ta chanson « Drew Barrymore ». Comment s’est passé le processus de création?

Bryce Vine : Oui, il faut croire ! (rires) J’ai commencé par la batterie et le rythme de fond. J’essayais juste d’écrire une nouvelle chanson qui n’était pas sur la beauté physique, mais plutôt sur ce qu’on peut ressentir pour quelqu’un. De là, j’ai trouvé un mémo vocal qui datait de trois ans sur mon téléphone. Tu connais la chanteuse Julia Michaels ? Elle m’a envoyé ce mémo vocal : (chante) « You’re the next Drew Barry, I want more » sur un rythme différent et ensuite j’ai tout assemblé.

On The Move : En parlant de Julia Michaels, est-ce que tu as l’intention de collaborer avec elle dans le futur?

Bryce Vine : Absolument, on va écrire ensemble à un moment donné, c’est sûr ! Elle est très talentueuse, et c’est surtout l’une des meilleures auteures-compositrices.

On The Move : Aucun featuring ?

Bryce Vine : Quand je rentrerai chez moi, on écrira probablement ensemble. On ne l’a encore jamais fait. Elle est en tournée en ce moment.

On The Move : Tu as sorti « Drew Barrymore » en novembre dernier, est-ce que tu étais nerveux à l’idée de la dévoiler  ?

Bryce Vine : Oui, c’est énormément de pression ! Tu sais, j’ai attendu toute ma vie pour connaître mon premier succès et maintenant j’ai très peu de temps pour écrire le suivant (rires). Et entre les deux, je dois faire tout ça, voyager, à peine dormir, me produire sur scène, faire des photoshoots, puis écrire les chansons ! Mais je pense que j’écris depuis si longtemps que j’essaie de toute façon d’écrire de bonnes chansons. J’espère que les gens aimeront mon style maintenant qu’ils l’ont entendu.

On The Move : Tu penses que cette chanson va tout changer pour toi ?

Bryce Vine : Elle a déjà tout changé pour moi ! Ma vie était complètement différente il y a un an, j’y travaillais encore : aller au studio tous les jours, aller m’entraîner à la salle de sport, lire, toujours avoir un roman avec moi, faire tout ce qu’il fallait faire pour en arriver là. Puis j’ai écrit cette chanson et elle m’a permis de décrocher un contrat. Et maintenant, elle m’emmène à Paris !

On The Move : Est-ce ça va influencer ta façon d’écrire ?

Bryce Vine : Exactement ! Tout va changer pour moi. Je vais m’imprégner de cette ville et quand je rentrerai à la maison pour écrire, ce sera une source d’inspiration pour une certaine chanson. Même le nom de l’hôtel où on vient de séjourner à Bruxelles, je pense que ce sera le nom de la chanson :  » The Dominican « . Je vis à travers les chansons que j’écris et vice versa. Donc, tout cela en fera partie à un moment donné.

On The Move : Tu vas aussi sortir ton premier album  » Carnival , tu peux nous en parler ?

Bryce Vine : C’est mon premier album. Il y aura…, je ne sais même pas combien de chansons, peut-être 12. C’est ça un carnaval : c’est coloré, il y a beaucoup de choses qui se passent, mais ça reflète ma personnalité et ce que je veux offrir au monde d’une manière très condensée.

On The Move : Tu t’es inspiré de tout ce que tu as cité au début ? Du jazz, du punk, de la pop, du hip-hop….

Bryce Vine : Oui, de tout ! J’ai une chanson qui s’appelle  » You « . C’est une chanson d’amour destinée à la personne à qui vous pensez. Comme si Marvin Gaye avait fait une chanson à la Bob Marley. C’est comme ça que j’aime la décrire. C’est une très bonne chanson, elle fera probablement partie des singles que je vais sortir. Et il y a une chanson qui s’appelle  » La La Land  » qui sortira bientôt, avec une guitare, parce que je joue de la guitare, et un son acoustique. Je pense que la Californie du sud m’a beaucoup influencé puisque c’est là que j’ai grandi.

On The Move : Tu joues seulement de la guitare ou aussi d’autres instruments ?

Bryce Vine : Je joue du ukulélé et un peu du clavier seulement quand je cherche un beat. J’essaie d’être vraiment mauvais en tout, juste un petit peu (rires).

On The Move : Et tu écris également tes propres chansons que tu produis toi-même ?

Bryce Vine : Oui, j’ai tout écrit jusqu’à présent, et c’est important surtout maintenant qu’une de mes chansons est devenue un hit et que je peux travailler avec des gens plus talentueux. Et j’ai une équipe qui sait comment j’écris et comment je travaille, ils me mettent en relation avec les bonnes personnes. Je travaille notamment avec l’un des auteurs qui ont travaillé sur les albums des Gym Class Heroes en 2006 et 2007 parce que ce sont mes disques préférés ! On a écrit une chanson ensemble qui sera probablement le prochain single. Parfois, ce sont juste quelques amis avec qui je traîne de temps en temps et on écrit ensemble. Ensuite il y a mon producteur et c’est à peu près tout. J’invente souvent des chansons dans ma tête, juste sur mon téléphone. C’est amusant, c’est toujours différent !

On The Move : Nous avons eu la chance de te voir lors de l’événement School Night à Los Angeles il y a quelques mois. Tu as une forte présence scénique et tu sais comment faire bouger ton public. Tu fais partie des artistes qui préfèrent les performances live et les concerts ou bien l’enregistrement en studio ?

Bryce Vine : Ce que je préfère le plus ? Le live ! Oui, les performances en live parce que quand j’écris ces chansons, j’espère toujours finir par les chanter devant un public en direct, c’est l’objectif final. Écrire une chanson que je peux chanter avec toute une foule. C’est le meilleur moment, l’énergie que ça apporte.

On The Move : Donc quand tu écris une chanson, tu penses à la version que tu vas chanter sur scène ?

Bryce Vine : Oui, c’est très important ! C’est comme lorsque je suis derrière le micro, je dois imaginer que je joue devant des gens et quelles parties ils chanteraient, quel serait le grand moment de la chanson. On doit y réfléchir. Et si on ne peut pas l’imaginer, alors il faut probablement réécrire la chanson ! (rires)

On The Move : Tu restes très proche de tes fans sur les réseaux sociaux. Tu penses que c’est important pour un artiste de garder cette proximité même après le succès ?

Bryce Vine : Si on a l’intention d’avoir une grande carrière en tant qu’artiste, oui. Si on vise la longévité, alors oui, je pense que c’est la chose la plus importante à faire. Les gens qui ont une connexion particulière avec la musique veulent également en avoir une avec toi. Ils ne veulent pas seulement la chanson, ils veulent se sentir proches de la personne qui a écrit les paroles qui leur tiennent à cœur. Ils veulent sentir qu’ils peuvent communiquer avec toi et te parler. Je comprends tout à fait car j’ai moi-même été fan. J’ai été ce gamin qui voulait discuter avec son artiste préféré et lui poser des questions et je ne pouvais pas le faire, c’était impossible. Maintenant, il y a de nombreuses façons de le faire, alors j’en profite parce que je me souviens avoir été cet enfant qui avait besoin de réponses, ou qui voulait connaître les paroles et leur sens. Alors c’est marrant que les gens me posent la question parce que je comprends tout ça.

On The Move : Qui sont tes plus grandes sources d’inspiration ?

Bryce Vine : OutKast, Frank Ocean, Gorillaz, Kanye West… oui, c’est déjà pas mal ! (rires)

On The Move : Tout à l’heure tu disais que tu aurais aimé pouvoir poser des questions à certains de tes artistes préférés, et aujourd’hui ils sont sur les réseaux sociaux, alors pourquoi ne pas en profiter pour le faire, maintenant que tu es aussi un artiste ?

Bryce Vine : Parce que je comprends mieux maintenant. Je comprends en tant qu’artiste ce que je ne comprenais pas en tant qu’enfant. Je n’en ressens plus autant le besoin et si je veux leur poser des questions, je dois me mettre à leur niveau. Quoi qu’il en soit, je dois progresser de toute façon. Aujourd’hui, j’ai déjà beaucoup appris, j’en sais plus maintenant qu’il y a un an. Il est plus facile de joindre ces gens. Il y a des auteurs-compositeurs qui n’ont pas voulu écrire avec moi il y a un an parce que je n’avais aucune valeur à leurs yeux, ce qui n’est pas une mauvaise chose. Il faut juste continuer à se débrouiller par soi-même et à ramasser les choses en cours de route.

« Drew Barrymore » est disponible en téléchargement sur iTunes et sur toutes les plateformes streaming.