Rencontre avec Matt Simons, entre douceur pop et messages engagés

Si vous n’avez pas entendu parler de Matt Simons, vous avez pourtant dû écouter son hit « Catch And Release » et sa version remixée par Deepend qui compte plus de 200 millions d’écoutes sur Spotify. Depuis, l’artiste nous a surpris avec le très pop mais engagé « We Can Do Better » et sa magnifique vidéo. Car c’est là que repose tout le savoir-faire de l’artiste : des messages forts et sincères sur des mélodies pop entrainantes. Lors de son passage à Paris, nous en avons profité pour parler de son processus d’écriture, de ses débuts et de ses inspirations.

Matt Simons by Nazym Hermouche exclusively for On The Move.

On The Move : Bonjour Matt, nous sommes très heureux de te rencontrer. Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu nous en dire un peu plus sur toi ?

Matt Simons : Bien sûr, je m’appelle Matt Simons, j’ai grandi en Californie et je vis maintenant à Brooklyn, New York. Je fais de la pop music qui a surtout trouvé sa place en Europe. En effet, la plupart de mes chansons sont plus populaires ici en Europe. C’est juste vraiment fun d’être ici.

On The Move : Comment composes-tu tes morceaux?

Matt Simons : Habituellement, ça commence par le processus d’écriture du morceau. Et je dirai que la première partie est de trouver sur quoi écrire. Tu sais, avoir une idée. Donc avant les accords, avant la mélodie, avant les paroles, tu dois t’asseoir et te dire, okay, sur quoi j’ai envie d’écrire, qu’est que j’ai envie de dire. C’est comme ça que ça commence.

On The Move : Ça commence donc par un message ?

Matt Simons : Oui souvent par un message ou un sujet, une sorte d’idée. Quand tu as un concept fort, c’est bien plus facile de faire une chanson.

On The Move : La plupart des gens te connaissent grâce à « Catch And Release », comment ce titre t’impacte t-il aujourd’hui ?

Matt Simons : Honnêtement avoir une chanson comme « Catch And Release » est vraiment utile dans une carrière musicale. Pour pouvoir continuer, prendre le temps de respirer et de formuler ce que tu veux écrire ensuite. Je ne ressens pas forcément de pression, d’être à la hauteur de ce morceau. On me pose souvent la question s’il y a une pression à faire une chanson aussi importante que « Catch And Release ». Je dirai que non il n’y a pas de pression. Avec une chanson comme ça, tu n’a pas besoin de produire encore et encore et d’essayer de trouver quelque chose qui atteint ce niveau. Tu te dis juste, okay, j’ai un public, j’ai crée de bonnes connections au fil des années et je peux maintenant faire ce que je veux.

On The Move : Est-ce que cela affecte ton écriture ? Ou est-ce que tu écris toujours de la même manière ?

Matt Simons : J’ai toujours envie que ce soit basé sur un concept. Ce n’est pas parce que le remix a été énorme que j’ai envie de faire seulement de la house tropicale. Je veux faire la musique que j’ai envie de faire. Cependant, on peut toujours prêter des sons pour qu’ils soient remixés. Je ne suis pas contre. Mais ça ne change pas la manière dont je veux faire de la musique.

On The Move : Mais quand on écoute ton album « Catch And Release » puis « We Can Do Better », on peut entendre des différences. Notamment les instruments qui sont moins « naturels » qu’avant… Ça ne t’a donc pas du tout impacté ?

Matt Simons : Je pense que j’ai vraiment apprécié de faire la pop music. Je dirai que « We Can Do Better » est la plus pop de mes dernières sorties. C’est la plus pop de l’album. Les prochaines chansons vont dans des directions différentes.

On The Move : Peux-tu nous en dire un peu plus sur les morceaux qui vont suivre ?

Matt Simons : Bien sûr. Il y a un morceau qui va sortir intitulé « Made It Out Alright ». Je dirai que c’est un peu plus moderne dans sa production, avec des éléments qui viennent du hip-hop. Ce n’est pas complètement trap ou autre. Mais le son est un peu plus dépouillé. Puis il y a une ballade qui va sortir un peu plus tard. J’aime traiter chaque son comme un single. Ce qui peut être difficile quand tu crées un album complet, d’avoir une cohérence dans le son. Mais j’espère que ça va avoir du sens. Que les gens vont l’écouter comme une entité, un projet.

On The Move : Est-ce que tu joues sur tous les morceaux ?

Matt Simons : Je ne joue pas tous les instruments dessus. Je ne joue même pas toutes les parties au clavier, on embauche quelqu’un parfois. Mais c’est moi qui joue sur la ballade. Je joue pas mal de piano. Mais sur « We Can Do Better », il y a du saxophone et cuivres mais ce n’est pas moi qui joue, on a pris quelqu’un d’autre pour le faire. C’est plutôt standard, je veux dire même un très bon guitariste fait appel à quelqu’un pour jouer des parties à la guitare. Car tu veux que cela sonne le mieux possible.

On The Move : As-tu déjà le titre de l’album ?

Matt Simons : Pas encore. C’est toujours le titre provisoire. J’ai des idées mais je ne veux pas dire quelque chose qui risque de changer.

On The Move : Connais-tu la date de sortie ?

Matt Simons : Nous pensons que ce sera mars, le 1er mars…début mars.

On The Move : Tu as mentionné plusieurs styles pour l’album, comme le hip-hop, la ballade. Mais y a-t-il une histoire qui relie tous les morceaux ?

Matt Simons : Oui, enfin chaque chanson a son histoire mais l’album traite surtout d’une période, d’avoir environ 25 ans et d’être vraiment perdu. C’était avant d’avoir une première chanson qui est devenue un hit aux Pays-Bas. C’était la première fois que je me suis dit que ça irait. Avant ça n’allait pas trop, je n’avais pas du tout de public, ce n’était pas une carrière qui pouvait me soutenir financièrement. Pas mal de sujets de l’album viennent de ces années.

Matt Simons by Nazym Hermouche exclusively for On The Move Magazine.

On The Move : Il y a un fort message dans « We Can Do Better » et la vidéo est incroyable. Quel rôle as-tu joué dans le choix de la vidéo ?

Matt Simons : Nous avons envoyé le morceau à beaucoup de réalisateurs en leur demandant de nous donner un concept. Et cette femme, Béatrice Pegard, est revenu avec cette idée d’enfants qui chantent. Je crois qu’à l’origine je devais être dans la vidéo et en quelque sorte me transformer en enfant. Mais on a retiré ma partie et laissé les enfants être les stars. Les décors étaient originaux et cools, les enfants étaient si talentueux. J’ai pu être là pendant le tournage, rencontrer tous les enfants, c’était super fun. Et je suis très content du rendu final.

On The Move : Qu’est-ce qui t’inspire le plus pour écrire ?

Matt Simons : Je dirai que ces derniers temps je puise mon inspiration en voyageant. En rencontrant des gens différents, en allant dans différents pays, en apprenant davantage sur différentes cultures, sur toutes sortes de musiques…ça m’inspire beaucoup. Et si tu peux mettre d’autres cultures musicales dans de la pop, ça peut être fun et excitant.

On The Move : Tu voyages beaucoup maintenant. Mais il y a aussi différentes cultures musicales entre la Californie et Brooklyn, même dans la pop. Comment cela a-t-il impacté ta musique ?

Matt Simons : Quand j’ai déménagé à New York, j’ai étudié intensivement le jazz pendant quatre ans. Et pendant longtemps, je pensais devenir un musicien de jazz. Mais j’ai découvert que j’adorais aussi écrire de la musique. Donc pendant un temps je faisais les deux. Je faisais de nombreux concerts au saxophone et d’autres en chantant au clavier. Je faisais tout ce qui était possible à New York. Et je dirai, le truc que j’ai vraiment adoré en étant à New York c’est qu’il y a beaucoup d’opportunités de jouer en live dans les bars et d’être payé. Tu peux gagner 100 dollars en jouant des morceaux dans un bar bondé et ça me permettait de payer mon loyer. Je ne pouvais pas faire beaucoup plus. Mais pendant un temps, ça m’a permis de faire mes premières armes en faisant ces concerts à New York. Ça m’a beaucoup aidé. J’ai pu améliorer mon chant et mon niveau au piano. Et j’ai pu apprendre tout un répertoire de morceaux. Ça m’a aidé à mieux comprendre la structure des morceaux pour que je puisse écrire les miens. La manière dont la culture New Yorkaise m’a le plus affectée est qu’elle m’a donnée l’opportunité de jouer beaucoup. Car la plupart des villes n’offrent pas autant d’opportunités. Je pense que Paris est une autre bonne ville. Il y a pleins d’endroits pour jouer en live. Mais ce n’est pas vrai partout.

On The Move : As-tu toujours voulu être chanteur ou musicien ?

Matt Simons : Je pense que je l’ai su assez tôt. C’était un peu la seule chose pour laquelle j’étais doué. Donc, j’ai voulu être un musicien dès mon plus jeune âge.

On The Move : Est-ce que ta famille a joué un rôle dans ce choix ?

Matt Simons : Mon père adore jouer de la musique. Ce n’est pas son métier mais il a toujours été dans des groupes en grandissant. Il joue de la batterie et de la guitare. Les grands-parents de ma mère étaient tous les deux des chanteurs d’opéra. Ils étaient toujours dans des chorales, ils étaient des musiciens classiques. Donc oui, il y avait de la musique autour de moi.

On The Move : Tu seras en concert le 19 octobre à Paris. Que peux-tu dire à tes fans sur le show ?

Matt Simons : Ça va être un super moment. Je viens avec un groupe avec qui j’aime jouer en Hollande. Je vais jouer des nouveaux titres, pas mal de choses qui sont sur le nouvel album. Ce sera l’un des seuls endroits pour les entendre avant que l’album sorte. Amenez vos chaussures de danse, nous allons faire la fête ! Ça va être amusant.

Matt Simons

On The Move : Quels sont les artistes qui t’inspirent ?

Matt Simons : Je suis toujours stupéfait par les artistes comme Paul Simon, Paul McCartney et Stevie Wonder qui continue à écrire et faire de la musique à 60 ou 70 ans. Je trouve que c’est très impressionnant d’être aussi prolifiques depuis autant de décennies. Je ne sais pas si je serai capable de durer aussi longtemps, on verra. Mais c’est très inspirant d’avoir ces vétérans de la musique, hommes et femmes. J’ai vu Bonnie Raitt récemment et ça sonne toujours pareil que ce qu’elle faisait dans les années 80. Je suis toujours aussi impressionné par ces musiciens de ce calibre qui sont capable de durer, de résister au temps qui passe.

On The Move : Et parmi les artistes d’aujourd’hui ?

Matt Simons : J’aime beaucoup , Christine and the Queens. Mon pote Gavin James est vraiment génial et inspirant. J’adore Khalid, il est incroyable. Il est polyvalent dans tout ce qu’il fait. Tout ce qu’il fait sonne super bien. Sia aussi. Je suis allé deux fois au concert de Beyoncé et Jay-Z. Ce show est vraiment incroyable. Voilà, c’est plutôt une bonne liste.

On The Move : Y a-t-il un artiste avec qui tu as vraiment envie de collaborer ?

Matt Simons : Je pense que ça pourrait sympa de collaborer avec un artiste hip-hop. Je ne sais pas qui mais ça pourrait être cool de faire le pont pour le single d’un artiste r’n’b. Peut-être Cardi B.

On The Move : Pour finir, quel est le dernier son que tu as écouté et que tu as vraiment aimé ?

Matt Simons : Il faut que je regarde ma playlist.(rires) Oh, j’aime beaucoup le dernier single d’Hozier « Nina Cried Power ». C’est un morceau cool. Mais ça m’a demandé plusieurs écoutes. C’est ce genre de chanson qu’il faut apprendre à aimer.

 « Made It Out Alright » est disponible en téléchargement sur Apple Music.

Retrouvez Matt Simons sur l’édition de Novembre d’On The Move Magazine!

Pam Charbit & Naoumi Benattar