RENCONTRE AVEC LE TRIO AMERICAIN HOUNDMOUTH, ENTRE TONS RETROS ET THEMES ACTUELS

Houndmouth pourrait vous faire voyager dans les années 70. Composé de Matt Myers (voix, guitare), Zak Appleby (basse, voix) et Shane Cody (batterie, voix), le groupe s’est fait particulièrement connaitre grâce à leurs apparitions répétées aux festivals les plus connus des Etats-Unis, tels que SXSW, Bonnaroo, ou encore Lollapalooza, et ont même fait quelques apparitions sur des plateaux TV renommés à l’instar de Late Show With David Letterman où ils ont joué leur morceau « Sedona ». Après le départ de la claviériste Katie Toupin, Houndmouth est revenu avec leur dernier opus en date « Golden Age » qui met indiscutablement en valeur le son unique et expérimental de Houndmouth : chaque chanson diffère à sa manière et correspond toujours parfaitement à la suivante. Rencontre avec Matt, Zak et Shane…

On The Move: Pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous nous dire comment est né Houndmouth et comment vous avez choisi le nom du groupe?

Matt Myers: on s’est rencontré au lycée et…vas-y Zak !

Zak Appleby: Tu sais quoi, revenons en arrière parce que j’aime bien l’histoire que tu as tendance à raconter donc je vais la raconter moi-même. Auparavant, je travaillais dans le bar de mes parents et un jour Matt est entré, il était mineur. Il m’a tendu ce CD, une démo sur laquelle il jouait avec son groupe, car il voulait jouer au bar.

Matt Myers: Et il m’a ri au nez!

Zak Appleby: (rires) Et je me suis peut-être moqué un peu… c’est comme ça que j’ai rencontré Matt. J’ai écouté le CD, j’ai trouvé ça vraiment bien et ma mère a également approuvé…

Matt Myers: C’est comme ça que tu sais que tu fais de la bonne musique (rires).

Zak Appleby: Et ensuite un soir, lorsque Matt a joué, j’ai été époustouflé. Nous avons pu parler et jouer de la musique ensemble.

Matt Myers: Nous nous sommes réunis et nous avons tous joué de la guitare, mais comme j’en jouais depuis plus longtemps, j’ai dit que j’allais être à la guitare. Shane avait une batterie et il a joué dans des groupes emo… et puis Zak, en fait nous n’avons rien volé, mais nous nous avions une basse volée (rires) Nous avons formé le groupe et nous avions besoin d’un nom. Nous avions l’habitude d’enregistrer la nuit dans cet endroit appelé Green House, une maison de la famille de Shane datant de la fin du XIXe siècle, les fenêtres sont donc très fines et nous avons essayé d’enregistrer des démos, des EPs. Quand on enregistrait, on entendait des chiens aboyer, alors un soir, Shane nous a dit qu’on devait supprimer les chansons que nous enregistrions à cause des bruits de meute (‘hounds’ en anglais) sur les morceaux (rires) non mais en fait nous avons juste trouvé le générateur de noms de groupes sur Google et c’est ainsi que nous avons obtenu ce nom ! (rires) nous avions juste besoin d’un nom de groupe, c’est très arbitraire en fait !

 On The Move: Parfois les noms de groupe sont très spécifiques et ont été choisis pour une raison !

Zak Appleby: le nom de famille de mon grand-père est Houndmouth (rires)

On The Move: La production sur votre dernier album “Golden Age” est très différente de celle de vos album précédents, vous vouliez expérimenter un nouveau son ou cela est arrivé naturellement ?

Matt Myers: Nous voulions absolument expérimenter parce que c’est de là que nous venons. C’était une expérimentation totale. On avait une façon de faire de la musique et nous avons appris une autre façon de faire de la musique. Nous avions des idées et puis cette fois, au lieu d’utiliser le groupe comme vaisseau, nous avons utilisé le studio pour créer.

On The Move: Commencez-vous habituellement par une mélodie ou juste une parole ? Qu’est-ce qui vous inspire ?

Shane Cody: Simplement de nos démos, puis nous reconstruisons tout à partir de là. Tout a été pensé, d’un morceau de batterie à la guitare, tout a été fabriqué.

Matt Myers: En termes d’inspiration, même avant le début d’une mélodie, je pense qu’il doit exister une sorte de sentiment interne, comme une sorte de sentiment inexpliqué ou de motivation pour continuer à créer quelque chose. C’est un peu vague et bizarre mais…

Zak Appleby: C’est drôle de voir que parfois tu joues trois accords mille fois et qu’un jour, tu joues ces accords et tu te dis « oh mon dieu ! » comme un déclic. Parce que tu le ressens vraiment, c’est vraiment bizarre.

On The Move: En comparaison avec les versions studio, reconstruisez-vous tout pour vos concerts ? Voulez-vous capturer le sentiment qui est enregistré ou voulez-vous donner au public une nouvelle expérience ?

Matt Myers: Pour les lives, c’est totalement différent parce qu’il faut essayer de capturer le sentiment de cette façon. Donc, c’est comme être lié par un disque. On veut se lâcher un peu pour avoir ce sentiment. Si on était obligé de jouer comme sur l’album tous les soirs, ce serait la pire chose à laquelle je puisse penser maintenant.

On The Move: Vous êtes en tournée en ce moment. Il existe différents types d’artistes, ceux qui aiment jouer les classiques, les chansons que tout le monde connaît et ceux qui préfèrent jouer de nouveaux morceaux. Comment choisissez-vous les chansons pour votre setlist ?

Matt Myers: On fait ça par vague. Parce que maintenant on peut choisir des chansons de nos trois albums, donc on construit une base, comme une vague ou un flow.

Zak Appleby: Nous n’avons même pas pensé au live quand nous enregistrions, nous étions en train de faire l’album puis voir après pour le reste. Il y avait un processus pour presque apprendre à jouer ces chansons que nous avions enregistrées.

On The Move: Y a-t-il une chanson à laquelle vous vous sentez particulièrement liés dans le nouvel album ?

Matt Myers: Oui, j’aime beaucoup «Black Jaguar» et «Modern Love». Ce sont les deux chansons auxquelles je me sens très connecté. Je ne suis pas une personne qui s’est très bien adaptée aux réseaux sociaux, je les utilise toujours, car c’est en quelque sorte le thème des chansons. Je veux dire que cela me rend nerveux, je les ai effacés de mon téléphone et maintenant chaque fois que je dois les utiliser, je dois les télécharger à nouveau. C’est un excellent moyen de communiquer, mais c’est comme à Las Vegas, c’est amusant de dépenser 100 dollars, mais tous les mauvais côtés viennent avec, c’est terrible. Personne n’a plus de maîtrise de soi, c’est comme le Far West (rires). En tout cas, je pense que c’est la raison pour laquelle je me sens connecté à ces deux chansons spécifiquement parce qu’il s’agit d’intégrer cela dans notre vie, d’être distrait. « Modern Love » concerne la vie amoureuse, donc d’utiliser cette chose pour rencontrer des gens, quelque chose qui était si spontané, vous alliez quelque part et vous ne savez pas qui vous alliez rencontrer. Ce n’est pas humain mais en même temps c’est humain. Et c’est pour ça que j’ai tant de difficultés. C’est un cercle vicieux de jugement et de comparaison avec les autres.

Zak Appleby: J’apprécie vraiment “Golden Age”, je devais réapprendre la ligne de basse, mais c’est très amusant à jouer maintenant, c’est la chanson que je préfère jouer.

Shane Cody: Je dirais probablement «Modern Love» et «World Leaders», deux chansons super fun à jouer.

On The Move: Quelle est la principale différence entre le nouvel album et les précédents – mis à part la production ?

Matt Myers: C’était comme si nous avions fabriqué un groupe. Dans les premiers albums, nous avions capturé l’essence de ce qu’était un groupe, et nous voulions fabriquer ce que serait un groupe. Pour le meilleur ou pour le pire. C’est une expérience. C’était amusant.

On The Move: A quoi peut-on s’attendre pour vos concerts ?

Shane Cody: Un peu de vieux et de neuf, un mélange des deux et beaucoup de fun.

On The Move: Est-ce que vous préférez être en studio ou en tournée ?

Matt Myers: Je pense qu’être en tournée est la pire chose qui soit (rires). En ce qui concerne notre style de vie, c’est horrible !

Shane Cody: Êtes-vous déjà allé quelque part où vous êtes totalement hors de votre élément et vous pouvez ressentir cette anxiété étrange? C’est comme ça tout le temps ! (rires) Sur scène, c’est le seul endroit où je me sens en sécurité parce que je connais cet endroit. Bien sûr, la scène change tous les soirs, mais ce sont 10 m² d’immobilier, et ça je connais. Mais tout le reste change constamment et même si c’est bien d’avoir du changement, je suis en mode je veux juste dormir dans un endroit qui ne bouge pas.

Matt Myers: C’est bizarre parce que cela change constamment, mais c’est très cohérent en même temps. Vous êtes toujours autour des mêmes personnes et quand vous sortez dehors, tout ce que vous faites est de resserrer votre groupe de personnes, vous restez juste plus près d’eux en mode « je ne veux pas y aller, je ne veux pas partir du bus ! » (rires) en tout cas c’est ce que je ressens. Je pense que la chose la plus excitante à propos de la musique est pour moi la création initiale de quelque chose et ensuite de le montrer à ce groupe restreint de personnes. Parce que je pense que lorsque vous créez quelque chose, vous en faites partie et vous êtes excité à ce sujet. Ensuite, vous le transmettez à vos amis et nous sommes tous supers enthousiastes et nous commençons tous à jouer. Ensuite, le travail est terminé car les gens s’y identifieront si cela vient de quelque-chose de vrai.

On The Move: Quels artistes écoutez-vous en ce moment ?

Matt Myers: J’écoute Karen Dalton, John Prine, j’adore. C’est toujours la même chose.

Shane Cody: Du vieux Kanye West, comme “808s and Heartbreak”, je viens de télécharger cet album il y a environ un mois et je peux pas arrêter de l’écouter. Et j’écoute beaucoup A.A. Bondy aussi en ce moment.

On The Move: Êtes-vous impliqué dans d’autres domaines du groupe, comme la création visuelle ou vous concentrez-vous uniquement sur la musique ?

Zak Appleby: Tout est en quelque sorte géré par nous, il y a des idées qui nous sont présentées. Nous ne créons pas vraiment les éléments visuels, mais nous avons un mot à dire important. Comme pour le merch ou quelque chose du genre, c’est la raison pour laquelle notre merch est si sélectif et nous n’avons que quatre tee-shirts dans le merch parce que nous sommes toujours en train de dire « non ça craint, ça craint, jette ça », on a juste un tee-shirt qui dit le nom du groupe et c’est notre référence (rires).

 

L’album « Golden Age » est disponible en téléchargement légal sur Itunes