Direction les années 80 pour The Night Game avec leur album éponyme 

Chaque semaine, des dizaines d’artistes rivalisent de créativité pour produire des albums tout aussi qualitatifs les uns que les autres. Qu’ils soient prévus de longue date comme « Bloom » la pépite pop proposée par Troye Sivan ou un album surprise à la Eminem et « Kamikaze » son nouvel opus revanchard, les artistes n’ont pas terminé de faire parler d’eux. Mais parmi ces poids lourds de l’industrie, des groupes plus discrets cherchent encore à se faire entendre, aujourd’hui c’est au tour de The Night Game de publier leur premier album éponyme.

Fans de Boys Like Girls, il y a fort à parier que vous trouverez également votre bonheur chez The Night Game. Les deux projets, portés par le chanteur Martin Johnson sont en effet assez complémentaires : alors que l’un est ancré dans la vague pop-punk des années 2000, le deuxième, encore jeune dans sa création, bénéficie de l’expérience de ses membres et s’inscrit, lui, dans un registre rock, terriblement mature et désinvolte.

Composé de 11 titres, « The Night Game » se présente comme une grande collection des inspirations du groupe et nous propose quelque chose de différent, qui sonnerait presque comme un renouveau pour Martin Johnson. Mais alors, que vaut vraiment cet opus ? On The Move l’a écouté pour vous !

Dès l’ouverture, l’album nous accroche et nous plonge dans l’univers de The Night Game avec « The Outfield ». Les premières notes se font discrètes, laissant la part belle à la voix de Martin Johnson, accompagnée de quelques notes de synthé, délicieusement rétro. La batterie, avec son mouvement régulier, vient ensuite donner le ton et le rythme, pour laisser place à un refrain fédérateur, où les chœurs viennent réchauffer l’ensemble apportant une touche supplémentaire au morceau. Une entrée en matière très réussie !

L’écoute se poursuit ensuite avec « Bad Girls Don’t Cry », un titre minimaliste, qui laisse de côté les sonorités rock pour des rythmes dance sur un titre qui trouverait parfaitement sa place dans un night-club des années 80. Il y a quelque chose d’infectieux dans le caractère simple de la mélodie, portée par un battement omniprésent et une mélodie en deux temps, qui s’efface pour mieux revenir en force sur les refrains un brin explosif. Pour les fans de rock, restez bien jusqu’à la fin du morceau où un impressionnant solo de guitare rétro à souhait vient parfaitement y trouver sa place. Seul bémol, le côté assez répétitif du morceau, qui n’est pas moins entêtant !

« Once In A Lifetime » est un titre intriguant par sa composition. Il y a quelque chose de mélancolique dans la mélodie qui tapisse l’ensemble de ce morceau, mais certaines sonorités viennent relever l’ensemble et y construire un univers plus naïf, porteur d’espoir. Paradoxal, oui, mais pas moins qualitatif !

« Il y avait un moment dans ma vie où même sortir de chez moi était difficile. Le monde que j’avais crée dans ma tête était tout aussi dangereux que le monde extérieur pour moi. « Once In A Lifetime » parle de ce moment où je n’avais plus d’espoir, jusqu’à ce que je retrouve l’espoir et saisisse cette chance de laisser cette mauvaise passe derrière moi. » 

L’unique collaboration de cet album se présente avec « Do You Think About Us », un nouveau morceau en deux temps. Premièrement, la mélodie est discrète, très légère, presque absente et s’enveloppe d’un univers onirique, très vite rattrapée par la frénésie du refrain, porté par une explosion douce d’instruments et de sonorités. On apprécié également la touche féminine apportée par la jolie voix de Caroline Polacheck, la chanteuse du groupe Chairlift.

« The Photograph » est un titre relativement classique, dans l’ère du temps, qui trouve facilement sa place aux côtés d’autres titres populaires, sans avoir à rougir. Mais la vraie surprise se trouve dans l’interlude se situant en plein milieu de l’écoute, « Sunset On The Beltway ». Pas de paroles, juste la mélodie très aérienne, qui vient créer une rupture et donner le ton du reste de l’album. C’est un univers doux, mélancolique mais tout de même très lumineux que nous propose le groupe avec cette transition de plus d’une minute, à l’allure très cinématographique et digne de l’univers de Tony Anderson.

« American Nights » nous montre une nouvelle facette du groupe, plus acoustique avec des paroles parlées et non chantées, moins dans la recherche de la grande démonstration artistique. La simplicité fait la part belle à l’émotion et laisse la place au chanteur de nous compter l’histoire de sa jeunesse et de ses rêves lorsqu’il chante « Here’s to these american nights / We’re having the time of our lives / Living, dreaming, feeling, never sleeping till we see the morning light, on these american nights ». Le minimalisme a du bon !

Au contraire, « Die A Little » nous transporte au beau milieu des années 90s avec son tempo ultra rapide et ses rythmes de guitare à l’ambiance vintage. On retrouve ici les sonorités alternatives, moins rock’n’roll mais possédant toute l’âme et l’essence de ce qui fait les grands titres indies, aussi addictifs que mémorables.

« Summerland » et « Coffee and Cigarettes » sont des titres assez complémentaires dans leurs compositions. Sur l’un et l’autre, la mélodie et la voix de Martin se répondent, puis se dominent, pour mieux s’exprimer et mettre en avant toute l’excellence de The Night Game. Le deuxième titre, « Coffee and Cigarettes » sonnerait presque comme le point final de cet album, par sa mélodie lente, feel-good et à la fois sombre et optimiste. Sans grand effort, on se laisse transporter par le rythme lancinant et répétitif du morceau, emmené par la voix doucement boudeuse du chanteur.

Enfin, l’écoute s’achève avec « Back In The Van ». Une fois de plus, le morceau étonne et déroute avec ses airs jazzy et groovy, dissimulés derrière des sonorités vintages, dignes des bandes originales des classiques des années 80. Ajouter à cela les chœurs et les trompettes, doublés d’une guitare électrique et d’un synthé, vous obtiendrez un breakdown d’anthologie qui n’a décidément rien à envier à Marvin Gaye ou Rupert Holmes. Un soft rock classique qui se laisse savourer jusqu’à la toute fin !

Quel voyage musical ! Il y a du neuf, il y a de l’ancien, mais il y a surtout une bonne dose de nostalgie. Il n’y a qu’à regarder et écouter le chanteur Martin Johnson pour comprendre à quelle sauce cet album sera concocté : avec ses faux airs de Sting, The Night Game est un condensé de ce qui faisait l’âge d’or des années 80, mixé avec des sonorités actuelles, faussement déguisées. On danse, on rêve, on réfléchit, on se laisse aller… « The Night Game », c’est tout ça à la fois, sans véritablement de temps mort. Nostalgique du rock’n’roll des années passées, amateur de synthé et de titres taillés pour les pistes de danse, il y a fort à parier que cet album saura convaincre les plus réticents !

« The Night Game » est disponible sur iTunes et toutes les plateformes streaming.