Rencontre avec le prince pop Troye Sivan, avant la sortie de son second album événement !

Multi-talents, l’artiste australien de 23 ans n’a plus besoin d’introduction. Trois ans après la sortie de « Blue Neighbourhood »  qui l’a propulsé comme l’un des artistes pop les plus précoces et prometteurs de sa génération, Troye Sivan est prêt à prouver au monde qu’il a évolué. De l’adolescent virtuose et candide à l’homme confiant, audacieux et surtout engagé. Son second album « Bloom » sera disponible à la fin du mois d’Août et est déjà très attendu… Du libérateur « My My My! » au charnel « Animal », en passant par l’irrésistible « Dance To This » en duo avec Ariana Grande, le teasing est assuré et le contenu engageant. L’équipe d’On The Move a eu la chance d’échanger avec Troye Sivan sur sa nouvelle direction musicale, la fabrication de son opus ou encore son rapport renouvelée à sa propre image. Un chemin impressionnant et inspirant !

© David Fitt for On The Move

On The Move : Salut Troye ! On est heureux de te rencontrer de nouveau, plus de deux ans après notre première interview. Ton nouvel album « Bloom » sera dans les bacs très prochainement. Quel est la différence principale entre cet album et le précédent, « Blue Neighbourhood »?

Troye Sivan : Le temps passe si vite ! Merci de continuer à me soutenir. Je pense -et j’espère- que vous entendrez à quel point j’ai mûri. J’ai davantage confiance en moi et je suis beaucoup plus à l’aise avec mon corps. Je pense aussi que je suis un bien meilleur compositeur que je ne l’étais avant. J’ai trouvé mon son et tout est plus réfléchi. Je pense que les gens s’en rendront compte.

On The Move : Le second album porte toujours des enjeux importants, surtout après un premier opus à succès. Les fans et la critique en attendent beaucoup. As-tu ressenti cette pression en enregistrant « Bloom » ?

Troye Sivan : Peut-être un peu mais j’étais tellement prêt à me surpasser. J’étais très excité à l’idée de retourner en studio, tester de nouvelles choses. Je pensais vraiment être capable de faire quelque chose de mieux. Et il me semble que j’ai réussi… En tout cas, je suis très fier de l’album. C’est grisant. J’aurais eu peur si je m’étais retrouvé en studio à me demander : « Ok, je fais quoi maintenant? ». Mais je suis arrivé avec tellement d’idées, que j’étais prêt à en découdre et à créer !

On The Move : Un grand sentiment de liberté et de désinhibition transparaît dans ton single « My My My ! ». Pourquoi as-tu choisi de dévoiler cette chanson en premier ? 

Troye Sivan : J’avais le sentiment que ce serait une bonne introduction à l’album et à l’homme que je suis aujourd’hui. Le titre rassemble tous les sentiments qui m’animent : l’insouciance, la liberté, mais la maturité aussi, s’assumer comme gay et sexy…  C’est une bonne représentation de moi et c’est ce que je voulais partager d’emblée.

On The Move : Est-ce-que ces sentiments sont ceux qui vont dominer l’album ?

Troye Sivan : Je pense oui ! Vous pourrez aussi m’entendre plus relaxé. En train de m’amuser et rire en studio. Tout était juste très cool. (rires)

On The Move : Y-a-t-il un morceau de l’album auquel tu te sens tout particulièrement connecté ?

Troye Sivan : Il y a cette chanson intitulée « Postcard » [en collaboration avec l’australienne Gordi ndlr]qui m’enthousiasme vraiment. Elle parle des débuts d’une relation où, pour la première fois, tu te rends compte que ton partenaire n’est pas parfait. Et il réalise que toi non plus, mais vous l’admettez tous les deux et vous vous dîtes : « Ok, je vois tout ça mais du moment que tu es là pour moi de la façon dont j’en ai besoin, alors ça ne compte pas et on peut avancer ensemble.  ». Il s’agit de dépasser ce stade et de devenir encore plus forts, ensemble… Certains couples y survivent et d’autres non. Dans la chanson, ça se termine bien.

 » Je pense que ce qui m’influence le plus sont les personnes que je rencontre. »

On The Move : Ton single « The Good Side » a une mélodie très singulière et différente de ce que tu as fait jusqu’à présent et de ce qu’on a l’habitude d’entendre dans la pop d’aujourd’hui. Comment es-tu arrivé à ce résultat ?

Troye Sivan : C’est le résultat de plusieurs choses. Tout d’abord nous avions besoin d’une histoire à raconter, c’était la chose la plus importante. Les paroles étaient vraiment cruciales et c’est ce qui est arrivé en premier avec le riff de guitare. Plusieurs histoires ont influencé la structure de la chanson et il n’y avait pas de refrain. Il y avait trois couplets, puis l’instrumentale qui a très bien fonctionné avec ça. J’ai écris la chanson avec le producteur Bram Inscore et on l’a amené à Ariel Rechtshaid qui a ajouté la petite touche que l’on peut entendre au dessus. C’est une belle collaboration, on y a pas vraiment pensé, on a juste été avec le flow.

On The Move : « The Good Side » contient également des influences plutôt orientales et asiatiques à un certain niveau. Est-ce que le fait de voyager souvent inspire tes chansons?

Troye Sivan : Oui peut-être. Je pense que ce qui m’influence le plus sont les personnes que je rencontre, les conversations et les artistes qu’ils me recommandent d’écouter. Je pense que ça vient du fait que je voyage beaucoup, je rencontre beaucoup de monde et ça m’aide énormément.

On The Move : Tu as affirmé que tous les producteurs avec qui tu rêvais de travailler (Leland, Max Martin, Ariel Rechtshaid…) ont participé à « Bloom » avec toi. Quelles leçons tires-tu de ces expériences avec eux ?

Troye Sivan : La chose que j’ai apprise est que personne n’a de formule magique qui marche à tous les coups. On est tous dans le même bateau et on tente de faire de notre mieux et d’essayer de nouvelles choses. Certaines choses marchent et d’autres non. La seule différence entre eux et d’autres est, évidemment le talent, mais surtout l’éthique du travail et l’amour pour la musique. Ces deux choses les aident à faire mieux que beaucoup d’autres. Je pense que c’était une bonne chose à comprendre.

On The Move : Il y a quelques mois, tu as sorti « Strawberries and Cigarettes » pour la bande annonce de Love, Simon. Comment est-ce que c’est arrivé ?

© David Fitt for On The Move

Troye Sivan : J’ai écris cette chanson pour mon premier album en fait, mais elle n’a jamais été prise pour celui-ci donc on l’a juste mise de côté. Jack Antonoff m’a envoyé un message un jour en disant qu’il allait faire la musique du film et en demandant si le titre était disponible. J’avais déjà entendu parler de Love, Simon et j’étais vraiment excité par cette idée donc j’ai directement accepté. Nous l’avons ré-enregistré car ma voix avait changé entre le premier enregistrement et ce moment-là. Nous avons fait quelques changements et je suis très content de la version définitive. Le film est magnifique. Je suis très honoré d’y avoir participé et que ma chanson soit dans une partie vraiment spéciale.

On The Move: En parlant de titres laissés de côté, est-ce qu’il a été difficile pour toi de choisir les chansons qui allaient figurer sur l’album ?

Troye Sivan : Oui, choisir les chansons était vraiment difficile ! J’ai vraiment écris beaucoup de chansons pour « Bloom » (rires)

On The Move : Ton premier album était également une histoire visuelle que tu as présenté au public avec « The Blue Neighbourhood Trilogy ». Il semblerait que tes dernières vidéos pour « Bloom » ou « My My My! » ne soient pas aussi narratives. A quoi peut-on s’attendre concernant les visuels de ce nouvel opus ?

Troye Sivan : Je pense que je me suis vraiment éloigné des vidéos narratives parce-que j’avais déjà exploré ça dans le premier album. Je voulais donc communiquer un sentiment plutôt qu’une histoire. Je pense qu’il faut laisser l’histoire à la musique ou bien la laisser aux gens, qui peuvent y transposer leur propre histoire. Je voulais aussi communiquer une attitude. Je suis vraiment très très impliqué dans les clips (rires) et je donne mes idées sur tout : les couleurs, le stylisme, le casting… C’est pareil pour les tournées. J’ai écris cet album pour pouvoir le chanter en live donc la tournée qui arrive promet d’être géniale !

On The Move : La tracklist de « Bloom » s’ouvre sur une chanson intitulée « Seventeen ». Que dirais-tu au Troye d’il y a 6 ans, celui qui avait 17 ans ?

Troye Sivan : Je lui dirais… « Sois excité car les choses vont aller de mieux en mieux » (rires) mais je lui dirais aussi « Relax et essaie de moins stressé, il n’y a pas de rush. Profite du temps présent !»

On The Move : Tu as commencé sur Youtube quand tu étais adolescent. Maintenant, tu as 23 ans, tu as grandi sous les yeux de ton public mais aussi avec eux. Certains disent que tu es la voix d’une génération. Qu’en penses-tu ? 

Troye Sivan : Je n’adhère pas trop à cette expression, même si j’apprécie beaucoup d’entendre ça et que je suis très flatté par ce genre de commentaires. Mais en même temps, je pense que je suis une voix parmi beaucoup d’autres qui sont à écouter, et je suis honoré de faire partie de ce qui est pour moi un tournant positive dans la musique. Je ne me vois que comme une infime partie du mouvement.

On The Move : Quelles sont pour toi ces « autres voix » de la génération actuelle ?

Troye Sivan : Il y en a tellement. J’apprécie beaucoup le talent et les valeurs de Kevin Abstract de Brockhampton. Il y aussi Hayley Kiyoko, Sam Smith, Olly Alexander, Halsey… Je suis très heureux d’évoluer à leurs côtés !

On The Move : Est-ce-qu’il te reste encore des rêves inachevés ?

Troye Sivan : Evidemment ! J’aimerais beaucoup être nommé pour un Grammy. J’aimerais aussi sortir un vrai hit radio, ça pourrait être sympa ! (rires)

Le second album de Troye Sivan « Bloom » sera dans les bacs le 31 Août prochain.