Découvrez le nouvel album de Drake, entre rap vintage et r’n’b entraînante !

Sorti ce vendredi chez Republic Records, l’artiste originaire de Toronto est de retour avec un cinquième album « Scorpion » . Et il n’a pas fait les choses à moitié puisqu’il s’agit d’un double album contenant une heure trente de musique. Outre sa playlist « More Life » de 2017, « Scorpion » est le dernier album officiel depuis « Views » sorti en 2016. Retour sur ce nouvel album qui contient 25 titres !

Tout d’abord, seuls trois titres de l’album ont déjà été révélés au public. Et ce par le biais de clips mémorables ! Le désormais culte « God’s Plan », suivi de son hommage aux femmes dans « Nice For What ». Et plus récemment, il avait fait plaisir à ses fans de la première heure en mettant en scène une réunion des anciens élèves de « Degrassy » dans le clip de « I’m Upset ».

Scorpion

HATE WHEN DRAKE RAPS / DRAKE SINGS TOO MUCH / DRAKE IS A POP ARTIST / DRAKE DOESN’T EVEN WRITE HIS OWN SONGS / DRAKE TOOK AN L / DRAKE DIDN’T START FROM THE BOTTOM / DRAKE IS FINISHED / I LIKE DRAKE’S OLDER STUFF / DRAKE MAKES MUSIC FOR GIRLS / DRAKE THINKS HE’S JAMAICAN / DRAKE IS AN ACTOR / DRAKE CHANGED / ANYBODY ELSE > DRAKE … YEAH YEAH WE KNOW »

Pour commencer, une note est attachée à l’album. Elle présente des commentaires négatifs sur Drake et va donner le ton de « Scorpion ». Avec sincérité et transparence, le Canadien va répondre à ses haters.

Aubrey Graham, de son vrai nom, a divisé son album en deux faces. La première « A Side » se compose de douze titres dont « God’s Plan » et « I’m Upset ». Pour l’artiste, il s’agit de la partie rap de « Scorpion ». En effet, chaque morceau baigne dans une vibe 90’s / début 00’s. Les instrumentales sont minimalistes, servant d’abord à marquer le rythme plus qu’à créer une mélodie. Car ce qui compte sur cette face, ce sont avant tout les paroles délivrées par le flow si caractéristique de Drake.

De cette « A Side », on retiendra plus particulièrement cinq titres. Le premier est une introduction d’une minute trente intitulée « Survival ». Sur un tempo lent, Drake aborde son expérience et sa place sur la scène rap américaine. Il revient sur ses clashs passés avec d’autres rappeurs, sur son indépendance vis-à-vis des labels et ses moments difficiles. Dans un flot ininterrompu, Drake déballe tout ce qu’il a sur le cœur. Puis il ralentit, ce n’est que l’introduction et il a encore plein de choses à nous dire. En bref, le Drake des débuts est de retour !

Une autre chanson qui retient notre attention est la belle « Emotionless ». Sur ce titre, Drake parle des apparences, de ce que les gens révèlent au monde et la réalité qu’il y a derrière. Mais cette chanson marque surtout la reconnaissance de son fils et la fin des rumeurs. De plus, la production est très réussie en superposant des beats trap actuels avec des samples de Maria Carey très 90’s.

Puis « Sandra’s Rose » vient apporter de la douceur et calmer le jeu. C’est d’une part un hommage à sa mère et d’autre part une réflexion sur l’impact de la célébrité sur sa vie. « My mother had a flower shop, but I was Sandra’s Rose » Comme à plusieurs reprises sur cet album, Drake répond à la note dans cette chanson. Cette fois-ci, il s’attaque à ses privilèges.

Contrairement à la plupart des albums actuels, il n’y a que très peu de featuring sur cet album. Drake semble préférer sampler ces pairs. « Talk Up » est une des rares exceptions puisque Jay-Z vient rapper sur un couplet. Toujours dans une démarche introspective, ils reviennent sur leurs carrières respectives et leurs débuts. C’est sa première collaboration avec Jay-Z depuis 2016 sur le single « Pop Style ».

Enfin, sur « Is There More », le Canadien tire un bilan. Après onze titres qui parlent de sa vie de rappeur, de sa célébrité et de ses avantages, il se pose une question : y a-t-il plus ? Il revient sur le fait que la vie ne se limite pas au rap malgré ce que ses textes sous-entendent. Ce titre signe la fin de la face A et de son positionnement rap.

Scorpion

Alors que Drake pourrait s’arrêter là avec un album rap plutôt complet, il renchérit avec une face B de treize titres. Parmi ces nouveaux morceaux, seul « Nice For What » est déjà connu du public. Cette fois-ci l’artiste propose un univers r’n’b avec des touches pop et soul. Dès lors, on se situe plus dans la lignée de « Views » avec ses hits « One Dance » ou encore « Hotline Bling ».

Si la première partie était sombre et mélancolique, cette seconde partie commence avec plus de légèreté et aborde son rapport aux femmes. Sur « Peak », il parle de sa relation avec une femme britannique, avec qui cela n’a pas marché. L’instrumentale mélange r’n’b et électro, l’artiste chante plus qu’il ne rappe.

Puis « That’s How You Feel » associe Drake avec des samples de « Boss Ass Bitch » de Nicky Minaj. Ces captures live viennent apporter un peu de textures au morceau. Nicky Minaj semble répondre à l’artiste. Lui ne sait pas si les sentiments qu’il éprouve pour une femme sont réciproques.

Enfin, les vraies surprises de cet album sont deux featuring posthumes. Le premier peut compter sur un sample inédit du roi de la pop Michael Jackson. En effet, sur le titre « Don’t Matter To Me », on retrouve la pop star sur les refrains. Si l’idée est alléchante, le résultat sonne davantage comme un titre de The Weekend. De même sur le titre « After Dark » on retrouve la présence de Static Major.

« March 14 » termine l’album. C’est une autre chanson sur son fils et sa relation avec la mère de son enfant. Il y aborde le fait de faire les mêmes erreurs que son père. Il reconnaît qu’il n’est pas présent pour son fils et souhaite changer. C’est donc avec émotion que l’album s’achève. La phase A semblait questionner sa vie en dehors du rap, il semble qu’il ait trouvé un élément de réponse avec ce dernier titre.

En somme « Scorpion » est un condensé de l’univers de Drake. Sur la face A, le Canadien aborde sa vie de rappeur et tous les enjeux qui en découlent. Sur la face B, l’artiste est certes plus pop mais il conserve la même amertume dans ses textes. Cet album regorge de belles réussites et nécessite avec ses 25 titres plusieurs écoutes. En définitive, le canadien n’a décidément plus rien à prouver. Il fait ce qu’il lui plaît, à nous de s’adapter.

 

« Scorpion » est disponible en téléchargement sur iTunes.