Panic! At The Disco signe un nouvel album des plus variés avec « Pray For The Wicked » 

Il y a eu Fall Out Boy avec leur opus « MANIA », Waterparks et leur album « Entertainment », les australiens 5 Seconds Of Summer et « Youngblood », désormais, c’est au tour des mythiques Panic! At the Disco de faire sensation avec un nouvel album éclectique et plein de surprises. Avec 11 titres tous aussi différents les uns des autres, Brendon Urie et ses compères semblent bien avoir décidé d’offrir du son neuf aux fans de la première heure et une première mise en bouche appétissante pour les nouveaux. 

Pourtant, après 14 ans de carrière, le défi de se réinventer semblait presque impossible à relever. En effet, avec 5 albums à son actif, le groupe a déjà eu l’occasion de s’essayer à de nombreux styles musicaux. Du rock sur « A Fever You Can’t Sweat Out » à la pop/folk retro sur « Pretty. Odd. », sans oublier les touches électro de « Too Weird To Live, Too Rare To Die! », Panic! At The Disco a su plus d’une fois montrer son brio, et sa capacité à se jouer des genres. Pas question pour le groupe de s’enfermer dans une case : ils excellent et jonglent entre les styles avec une facilité déconcertante. Et ce n’est pas le chanteur Brendon Urie qui dira le contraire !

Il y a deux ans, après 3 ans d’absence, le groupe était revenu avec « Death Of A Bachelor », qui sonnait fortement comme l’album de la maturité. Avec des titres comme « Hallelujah », « Don’t Threaten Me With A Good Time » ou encore « Victorious », le chanteur s’était véritablement transformé en crooner de charme et avait montré une autre facette de son univers. Aujourd’hui, c’est un album explosif que nous propose Brendon Urie avec « Pray For The Wicked ». 

Comme sur presque tous les albums du groupe jusqu’à présent, une petite introduction sert à mettre les auditeurs en conditions. De l’ambiance burlesque des années 40 sur « A Fever You Can’t Sweat Out » à la mélodie déchainée de « Pretty. Odd. », encore une fois, « Pray For The Wicked » ne déroge pas à la tradition. « Aux anciens, aux nouveaux, nous vous dédions cette chanson ». Un joli message qui permet d’accueillir de la meilleure des façons les anciens comme les nouveaux fans du groupe, et de mêler les différents genres pour présenter la nouvelle direction musicale que prendra cet album.

Si dès l’introduction, qui fait partie intégrante du premier titre de cet album « (Fuck A) Silver Lining », nous sommes plongés dans une ambiance dandy et faussement vintage, l’énergie emblématique qui fait la force de Panic! At The Disco revient très vite à la charge. Véritable explosion de sonorités, sur ce titre, le funk se mêle habilement à la pop et aux sonorités jazz, avec des effusions de trompettes, batteries et guitares. On ne pouvait difficilement pas espérer mieux comme entrée en matière. Avec son tempo survitaminé, ce titre annonce définitivement la couleur de cet opus !

Presque à contre-courant, l’écoute se poursuit ensuite avec « Say Amen (Saturday Night) », le premier single issu de « Pray For The Wicked ». Plus sombre et profond, le morceau semble faire le lien entre les différentes compositions du groupe. Avec ces airs jazz et l’ambiance pop, « Say Amen » vient s’inscrire dans le sillon des précédents albums et mixer les différents univers. D’ailleurs, à y regarder de plus près, il semblerait bien que 3 titres aient bel et bien une véritable connexion grâce notamment à leurs clips vidéos. « Say Amen » serait en fait le préquel de « This Is Gospel », lui même servant d’introduction au démoniaque « Emperor’s New Clothes ». En effet, au fur et à mesure que ces titres se déroulent, nous assistons à une véritable mutation du chanteur Brendon Urie qui se transforme progressivement en Satan après plusieurs mésaventures, dont une bagarre sanglante et un passage à l’hôpital.

« Nous avions envie d’expliquer pourquoi je me retrouvais à l’hôpital au début de « This Is Gospel » et c’est Daniel Cloud qui a trouvé ce concept délirant. On pensait que ça pourrait être cool de créer une ambiance réunissant aussi bien Kill Bill que Kingsman, et de raconter une histoire, comme une grande trilogie, permettant de lier 3 albums bien différents. » 

« Hey Look Ma, I Made It » est singulièrement un morceau en deux temps. Teinté d’une bonne dose d’electro et de notes de synthé rétro et vintage, l’ambiance générale qui se dégage du morceau fait pourtant appel à des lointains échos de funk dynamiques et savoureux. Si les couplets peuvent paraître simples, l’explosion de sonorités du refrain fait résonner toutes les inspirations du chanteur. Sans oublier bien sûr le breakdown alternatif en fin de morceau qui vient ajouter une touche à la fois moderne et terriblement classique au morceau.

Prochain titre, nouvelle ambiance survoltée. Avec « High Hopes », Brendon Urie et ses acolytes de Panic! At The Disco viennent donner un bon coup de fouet à cet album déjà bien agité. Dès les premières minutes, le titre nous promet une énergie qui ne faiblira pas tout au long du morceau. Avec sa mélodie à la fois profonde et incroyablement versatile et légère, couplée à la voix puissante du chanteur qui vient donner de la force et de la fougue au refrain, ce morceau est un condensé bien rempli du talent du groupe. Ajouté à cela les cuivres en fond du titre, et le tour est joué.

« Je voulais parler de mon enfance et de mes rêves d’enfant sur ce titre. Je découpais souvent une guitare dans du carton et je faisais semblant d’être sur scène, devant un public, c’était mon rêve. Maintenant tout cela est devenu réalité et c’est ce que j’exprime avec « High Hopes ». Je parle de comment cette folie a commencé, et tout ce que j’ai traversé pour en arriver où j’en suis. » 

Si il a fallu attendre 3 ans avant d’obtenir « Death Of A Bachelor », c’est bien parce que Brendon Urie avait d’autres projets en cours, notamment, un crochet par Broadway pour incarner le rôle de Charlie Price dans la comédie musicale « Kinky Boots ». Un rôle qui a du le marquer puisqu’il s’en inspire aujourd’hui pour écrire certains titres de son nouvel album. C’est notamment le cas de « Roaring 20s », un titre qui aurait également pu se trouver sur la tracklist de « Vices and Virtues » sans avoir à rougir. Avec ses airs burlesques et son univers théâtral, c’est un titre feel-good et puissant à la fois que nous offre Panic! At The Disco aujourd’hui.

Alors que « Dancing’s Not A Crime » est un titre qui oscille entre rythmes jazz et sonorités electro, on se laisse surprendre par le tempo effréné et l’effusion d’instruments qui viennent habiter le morceau sans laisser aucun temps mort. En véritable chef d’orchestre et showman, Brendon Urie y trouve parfaitement sa place. Pourtant, le premier changement de style se trouve probablement sur « One Of The Drunks ». Injecté de rythmes hip-hop mêlés à des airs étrangement tropicaux relevés d’un saxophone discret mais omniprésent. Les nombreuses ruptures de rythmes font de ce morceau l’un des plus intéressant et accrocheur de « Pray For The Wicked ».

On retrouve une nouvelle fois l’ambiance effrénée sur « The Overpass » qui bénéfie d’une rupture en fin de titre. Loin d’être subtil, Brendon s’inspire des années 60 et de tout ce qui faisait l’âge d’or du disco pour crée une composition unique en son genre, à nous couper le souffle.

« King Of The Clouds » est lui toujours aussi sympathique et accrocheur que le reste des morceaux qui composent cet album. Pop, rythmé, ce titre se distingue surtout par la grande maîtrise vocale de Brendon Urie. Alors que dès les premières minutes sa voix occupe tout l’espace, l’allure faussement acoustique du morceau vient créer une ambiance particulière, presque en apesanteur, vite supplantée par l’explosion de guitares et de batteries du refrain. Un titre rock alternatif comme il fallait !

« Old Fashioned » est en lui-même un titre qui en impose par sa construction. Alors qu’il ne fait que prendre de l’intensité au fur et à mesure de l’écoute, le refrain, relevé de chœurs puissants donne une toute autre allure au morceau. Un peu comme « Death Of A Bachelor » ou « Hallelujah », le côté gospel fait ressortir toute la fraîcheur et désinvolture du morceau.

L’écoute prend finalement fin avec « Dying In LA ». Après tant de titres explosifs et survitaminés, ce titre est la parfaite parenthèse mélancolique et douce pour refermer cet album. Si « Always », « Impossible Year » ou encore le désormais iconique « Northern Downpour » étaient déjà de jolis morceaux tout en douceur, cette fois, pas de ritournelles acoustiques, ou de tons graves, mais un duo piano-voix simple, qui laisse la place à la voix du chanteur et laisse transparaitre toute sa sensibilité. A mesure que le titre se déroule, ce dernier prend de l’intensité et s’enveloppe d’une ambiance voluptueuse et un brin aérienne sur certaines notes. Étrangement, cette balade singulière trouve ici toute sa place et permet de clore de la plus belle des manières cette nouvelle réalisation.

En définitive, sur « Pray For The Wicked », Panic! At The Disco réussit ce qu’il sait faire de mieux : nous surprendre. Si chaque album jusque là possédait une ambiance qui lui était bien propre, sur cet opus, le chanteur semble avoir pris le parti de compiler toutes ses inspirations pour nous présenter une collection de son talent. A la fois pop, folk, jazzy, funky et baigné d’électro, « Pray For The Wicked » nous en met plein les oreilles mais parvient à nous faire voyager d’univers en univers, sans jamais perdre ce fil conducteur qui est de juste s’amuser et de faire ce que l’on a envie.

Brendon Urie serait-il nostalgique de ses premières années en tant que membre de Panic! At The Disco ? Seule l’histoire nous le dira, en tout cas, avec cet album, il nous montre qu’il est tout de même capable d’aller de l’avant, sans forcément faire une croix sur le passé. Bien joué Brendon ! 

« Pray For This Wicked » est disponible en téléchargement sur iTunes.