Les australiens de 5 Seconds Of Summer reviennent avec un tout nouvel album, « Youngblood » 

A quelques mois de l’été, les tubes qui nous feront danser durant toute la saison estivale n’en finissent plus de pleuvoir. De Ariana Grande avec son single « No Tears Left To Cry » à Selena Gomez et le positif « Back To You », les artistes se retrouvent tous en compétition pour signer le titre qui restera gravé dans toutes les mémoires pendant encore longtemps. Mais au milieu de ces nouveautés survitaminées, quelques groupes et artistes arrivent encore à tirer leur épingle du jeu en offrant un son bien neuf, et en réalisant des retours sur le devant de la scène parfaitement calculés, comme c’est le cas de Troye Sivan ou encore ses compatriotes, les 5 Seconds Of Summer. 

Après avoir explosé en 2014 à la sortie de leur premier album éponyme, les australiens ont réussi à transformer l’essai en produisant l’année suivante « Sounds Good Feels Good », leur deuxième opus. Avec des titres comme « Jet Black Heart », « She’s Kinda Hot » ou encore « Castaway », les 4 jeunes garçons avaient pénétré la cour des grands à coup de titres rock, terriblement efficaces. Il n’y avait plus de doutes, les australiens n’avaient rien à envier à leurs aînés et idoles.

Aujourd’hui, après près de 3 ans d’absence, Luke Hemmings accompagné de Michael Clifford, Calum Hood et Ashton Irwin nous offrent enfin quelque chose à nous mettre sous la dent. Avec « Youngblood », le troisième album de leur carrière, le groupe espère frapper un grand coup et marquer de leur empreinte le paysage musicale international. Composé de 16 titres, tous aussi différents les uns que les autres, « Youngblood » est pour le moins, un album très prometteur. On The Move vous en dit plus…

L’opus ouvre naturellement sur « Youngblood », le titre qui donne son nom à l’album. Ici, le groupe signe une mélodie globalement dépouillée et simple, occasionnellement relevée d’une batterie et d’une basse bien dosées. Si l’énergie ne faiblit pas en fin de morceau, elle se bâtit progressivement tout au long de l’écoute. De quoi prouver que l’esprit pop/rock des garçons n’est pas mort. A mi-chemin entre leurs précédentes productions et la nouvelle direction empruntée par cet album, « Youngblood » s’illustre parfaitement comme tête de proue de cette nouvelle vague.

Premier extrait dévoilé de cette nouvelle ère, « Want You Back » avait pour le moins déconcerté les fans de la première heure. Exit la pop-punk et les guitares lourdes et survitaminées, place désormais à une ambiance plus épurée, tournée vers l’électro et des rythmes plus doux. Résolument plus matures, les 4 garçons ont pris le temps de peaufiner leur son et leurs plumes pour nous offrir un titre décomplexé, dans l’ère du temps, mais toujours fidèle à leurs racines. Le message est donc clair de la part de 5 Seconds Of Summer : le virage musical est annoncé et assuré, et s’annonce très bon.

L’écoute se poursuit ensuite avec « Lie To Me ». Avec ce titre, place à la douceur et à une ambiance beaucoup plus simpliste. Dans la veine de « Carry On » ou « Amnesia », les 5 Seconds Of Summer excelle à sublimer la voix et le talent des différents membres du groupe. Alors qu’un battement lent vient tapisser le fond de ce titre, les voix prennent largement le dessus, simplement accompagné de quelques instruments durant le refrain. Mais la force de « Lie To Me » réside probablement à la fin de ce morceau, lorsque des chœurs viennent timidement réchauffer l’ensemble et refermer ce titre.

Cette ambiance se retrouve également sur « Valentine », bien que ce dernier emprunte un virage quelque peu rétro dès l’ouverture. Harmonies, rythmes chaloupés qui nous font languir, atmosphère faussement légère… Pour ce morceau, les 4 garçons semblent avoir eu envie de mettre leurs sentiments en chansons. En somme, un morceau sympathique, qui n’a pas besoin d’en faire trop pour convaincre. Seul bémol, le côté trop lisse du titre, qui mériterait bien un peu de relief à certains moments. Heureusement, le prochain titre présent sur l’album est là pour faire bouger les choses. Avec son tempo ultra-rapide et ses airs des 70’s, « Talk Fast » intervient ici comme une parenthèse semi-disco, qui nous donne envie de danser et de taper du pied.

« Moving Along » s’illustre cette fois comme un titre en deux temps. Tout d’abord, la voix puissante du chanteur Luke Hemmings nous accroche dès le départ, juste avant que la batterie ne nous en mette littéralement pleins les oreilles. Pourtant, tout au long de l’écoute, c’est la tranquillité et le calme des couplets qui parvient à créer le contraste si singulier avec le refrain qui prend ici des airs presque fédérateurs. Si l’ambiance générale du morceau est joyeuse et entraînante, les paroles, elles, reflètent un thème de rupture plus dur et beaucoup plus réaliste. Une ritournelle ironique qui semble pourtant aider à tourner la page.

Avec « If Walls Could Talk », les 5 Seconds Of Summer tournent décidément la page pop-punk pour écrire un nouveau chapitre de leur histoire. Comme un grand melting-pot, sur ce titre, plusieurs ambiances viennent se mêler pour créer un son unique. Electro, titre pop, fond acoustique mêlé à quelques teintes rock… Le tout pour créer un univers à la fois très puissant et profond, mais également très onirique et aérien. Paradoxal, oui, mais l’écoute prend pourtant tout son sens.

Quelques notes de guitares. Voilà ce qu’il fallait pour faire de « Better Man » l’un des meilleurs titres de cet album. Alors que le morceau s’ouvre sur une simplicité rare -une guitare et la voix de Luke Hemmings, à mesure qu’il se déroule, il prend de l’ampleur et chaque refrain se présente alors comme une explosion de sonorités. Si le rythme reste globalement le même tout du long, la différence d’intensité et la superposition des différentes voix des 4 membres permet de créer de la diversité et de varier les plaisirs. Comme quoi, pas besoin de grandes démonstrations pour signer un titre impeccable.

Que les fans de la première heure se rassurent, ce qui fait l’essence même des 5SOS n’est pas définitivement perdu. En effet, au côté du plaignant et languissant « Why Won’t You Love Me », qui invite à la rêverie et brille tout de même par sa qualité et sa construction en deux temps, « More » parait presque hors cadre. Pourtant, avec son effusion de guitare et son ambiance rock à la Arctic Monkeys teinté d’électro, le neuvième extrait de cet album n’a pas à pâlir et trouve parfaitement sa place. On apprécie notamment les riffs de guitares qui viennent marquer et rythmer le morceau avec caractère.

Avec « Woke Up In Japan », Luke et ses camarades nous prennent de court. Alors que les guitares qui mènent au refrain, et la ligne de fond font monter la pression, pas de breakdown majeur, mais une ambiance légère, qui laisse la part belle à la voix du chanteur, et à la batterie d’Ashton Irwin. Si il surprend, « Woke Up In Japan » n’en est pas moins captivant et recèle de nombreux secrets. On retrouve d’ailleurs le même esprit sur « Empty Wallets ». 

Mais au milieu de ces rythlmes effrenés, les 5SOS n’ont bien évidemment pas oublié d’y glisser quelques ballades dont ils ont le secret, comme c’est le cas de « Ghost Of You ». Dans la veine de « Jet Black Heart », « The Girl Who Cried Wolf » ou encore « Never Be », le groupe parvient à nous émouvoir malgré un titre chargé en instruments , qui cherchent à nous en mettre pleins les oreilles. Le secret : une voix douce, une ambiance aérienne, et des instruments qui oscillent entre puissance et profondeur.

« Monster Among Men » est un titre efficace, au refrain fédérateur et positif, qui semble découpé en plusieurs parties, chacune mettant en avant le ressenti et le point de vue d’un membre du groupe. Cette particularité permet de le différencier des deux derniers titres de cet album, dont le singulier « Meet You There », qui donne son nom à la nouvelle tournée des australiens. Cette fois-ci, ils nous emmènent dans un tourbillon de sensations avec ce refrain au breakdown impressionnant et qui fait appel à plusieurs univers.

Enfin, pour refermer ce troisième album, les 5 Seconds Of Summer signent un titre qui porte bel et bien leur marque de fabrique, « Babylon ». Construit sur une base rock, agrémentée de touches d’électro et sonorités punk, les différents univers déjà explorés par le groupe viennent ici se rejoindre pour n’en former qu’un. On entend de lointains échos de « Sounds Good Feels Good », couplés à ceux de leur album éponyme. De quoi nous rappeler « Tomorrow Never Dies », sans nous faire oublier la nouvelle ère que les 5SOS sont en train d’installer.

En définitive, les 5 Seconds Of Summer sont bel et bien de retour, et assument pleinement leur nouvelle direction artistique. Entre titres alternatifs, injectés d’electro et titres plus pop, proches de leurs racines et de leurs anciens travaux, « Youngblood » est un condensé dense de ce que les 5SOS font de mieux. Si chaque extrait possède une ambiance qui lui est bien propre, les 16 morceaux parviennent tout de même à créer un univers cohérent et plein de sens. Si la mélancolie prend le pas sur les sentiments d’adolescent, l’énergie qui se dégage de cet album est indéniable et terriblement infectieuse. Bien joué les garçons !

« Youngblood » est disponible sur iTunes.