Rencontre avec Calum Scott, un artiste passionné et passionnant !

Souvenez-vous, Calum Scott s’est fait connaître en 2015 avec sa reprise de « Dancing On My Own » de Robyn sur le plateau de Britain’s Got Talent, et le succès fut instantané ! Depuis il ne s’est bien sûr pas reposé sur ses lauriers, et a travaillé d’arrache-pieds – entre tournées promotionnelles et apparitions sur les plateaux TV du monde entier – pour produire et délivrer le plus bel album possible. Et on peut dire qu’il a mis la barre haute ! Sorti en mars dernier, « Only Human » est un album sensible et poignant mais aussi puissant et entraînant. Calum Scott arrive à transmettre des émotions rien que par sa voix si distincte qui lui a valu des comparaisons avec Adele ou encore Sam Smith. Le jeune britannique a également fait un duo avec Leona Lewis mais aussi tout récemment avec la jeune chanteuse Barbara Pravi sur une version franco-anglaise de « You Are The Reason ». Rencontre avec l’artiste…

© Damien Paillard pour On The Move

On The Move : Bonjour Calum ! Nous sommes ravis de te revoir. Es-tu heureux d’être de retour à Paris ?

Calum Scott : Super heureux ! J’adore Paris, j’adore la France. Cela fait un moment que je n’étais pas venu, la dernière fois c’était pour Taratata. J’avais hâte de revenir.

On The Move : La dernière fois que nous nous sommes rencontrés, en Janvier 2017, tu nous avais confié souhaiter que ton premier album soit polyvalent, car tu voulais montrer que tu pouvais faire plus que chanter des chansons tristes. Penses-tu avoir atteint ton objectif avec « Only Human » ?

Calum Scott : Je pense avoir sorti un album qui est le meilleur reflet de moi. Je suis un mec plutôt drôle, j’aime ma vie, j’aime ce que je fais, j’aime les gens autour de moi mais je suis très sensible et je pleure, je me fâche et je peux être contrarié, c’est juste moi, moi en tant que personne. J’avais envie de refléter cela dans mon album, montrer mon côté amusant et le côté pop, puis tout ralentir et montrer le côté plus sombre, le côté triste, un peu cœur brisé auquel beaucoup de gens peuvent s’identifier. Je suis très fier de cet album.

On The Move : Question piège ! Y-a-t-il une chanson en particulier que tu préfères ?

Calum Scott : Oh non, c’est comme choisir mon enfant préféré ! « You Are The Reason » est une chanson importante pour moi, à chaque fois que je la chante, elle provoque une réaction magnifique. Les gens semblent être vraiment engagés avec la chanson parce que c’est une chanson qui parle d’amour et pas seulement l’amour romantique, mais aussi l’amour pour votre famille, pour vos amis, donc je pense que ça a toujours été une chanson spéciale. Et pour moi, ma raison était ma grand-mère ; elle est décédée il y a quelques années, elle m’a aidé à devenir le gentleman que je suis aujourd’hui et je pense qu’en lui rendant hommage dans ma musique, cela l’immortalise. Elle fait partie de mon album, elle fait partie de mon histoire, elle fait partie de mon futur. Même si elle n’est plus avec moi, elle l’est toujours, si tu vois ce que je veux dire. C’est pourquoi c’est une chanson tellement spéciale mais il y a tellement de chansons sur l’album qui ont une place spéciale dans mon cœur que c’est difficile de choisir !

On The Move : Comment est né ton duo avec Leona Lewis ? Est-ce que c’est une artiste avec qui tu voulais travailler depuis toujours ?

Calum Scott : Oui ! J’ai suivi sa carrière musicale pendant si longtemps, je l’ai vue sur X Factor au Royaume-Uni et ensuite elle a continué sa carrière partout dans le monde. Je suis tellement fan d’elle et quand on est entrés en contact par email, on s’est tout de suite entendus, on s’écrivait tout le temps. Puis quand elle est venue à Londres, on a enregistré le clip et la chanson, elle était juste incroyable. C’est une personne adorable, si drôle, si talentueuse, sa voix est magnifique. C’était un privilège de chanter une chanson avec elle, qu’elle chante l’une de mes chansons, c’était très surréaliste mais surtout un honneur pour moi. Je n’arrivais pas à y croire, je me disais « oh mon dieu c’est Leona Lewis », et maintenant nous sommes amis, nous nous écrivons tout le temps, c’est vraiment génial.

On The Move : Une nouvelle collaboration entre vous deux serait-elle prévue ?

Calum Scott : J’espère. Quand je lui ai envoyé « You Are The Reason » elle m’a aussi envoyé quelques-unes de ses compositions donc ce que je peux dire, c’est que ce n’est pas la dernière fois que Leona et moi travaillons ensemble.

On The Move : Pour nous, la chanson qui se démarque vraiment est « Give Me Something », elle donne une furieuse envie de danser. Tu essaies quelque-chose de totalement différent et il y a même une sorte d’ambiance façon John Newman. Peux-tu nous en dire plus ?

Calum Scott : Oui, bien sûr, comme je l’ai dit plus tôt, je voulais absolument montrer que je peux faire de la musique optimiste et joyeuse, et l’une des choses que je voulais faire était de montrer aux gens que j’ai confiance en moi. Donc nous sommes allés un peu plus dans le style John Newman pour l’attitude, pour frapper un peu plus fort car les gens s’attendaient probablement à une chanson au piano et un album plein de ballades. Ils pensaient peut-être que chaque chanson serait triste et qu’à la fin de l’album, tout le monde serait en larmes alors j’ai voulu montrer que je pouvais faire plus ! Quand je chante cette chanson sur scène, tout le monde bouge et c’est tellement incroyable d’avoir ce pouvoir : je peux faire en sorte que tout le monde regarde en silence et je peux aussi faire bouger les gens et les faire danser. C’est génial.

On The Move : Comme avec « Rhythm Inside” !

Calum Scott : “Rhythm Inside”, oui ! C’est une chanson tellement cool et entraînante !

On The Move : Même ta voix sonne différemment…

Calum Scott : Oui c’est comme si j’explorais des parties différentes de ma voix tout le temps. Quand je fais des chansons lentes, ma voix arrive d’un endroit différent, je suppose un peu plus profond, on dirait que je chante avec mon cœur et quand je chante les chansons plus joyeuses, je sens que je donne tout de ma poitrine… et je donne tout ce que je peux. C’est ce que j’aime faire, j’aime découvrir de nouvelles choses et j’ai la chance de faire un travail que j’aime tous les jours donc j’apprends tout le temps.

© Damien Paillard pour On The Move

On The Move : Tu as travaillé avec Fraser T Smith pour cet album. C’était comment de travailler avec un producteur qui a collaboré avec quelques-uns des meilleurs interprètes au monde ?

Calum Scott : Il est adorable ! Il a travaillé avec Craig David, Sam Smith, Ed Sheeran, Adele, Ellie Goulding,… Travailler avec quelqu’un comme Fraser T Smith, c’est comme travailler avec son idole, quelqu’un avec qui tu ne pensais jamais pouvoir travailler. Et c’était énorme,  le fait qu’il ait produit tout mon album, pour quelqu’un comme moi qui vient d’une petite ville – je ne suis pas de Londres, je suis originaire du nord-est de l’Angleterre. Je me sentais comme un poisson hors de l’eau quand j’ai commencé ce travail, je me disais : «Je ne sais pas si je peux faire ça. Je ne connais personne. Et si les gens ne m’apprécient pas? ». Et j’ai vite compris que ma voix parlait pour moi. Les gens voulaient travailler avec moi grâce à la façon dont je chante et à la façon dont j’interprète ma musique. Fraser – dès le début – était un tel amour, un gars si gentil, il avait tout le temps pour moi, il écoutait vraiment et comprenait où je voulais aller avec mon album et c’était mon premier album donc c’était très personnel. On n’a qu’une seule chance de faire un premier album et je ne pourrais pas être plus fier, il m’a aidé tout au long de ce processus et il est maintenant un de mes amis très proches. Mais au début évidemment je me disais : « Je ne sais pas si je peux le faire » (rires).

On The Move : Tu interprètes « Not Dark Yet » de Bob Dylan dans ton album. Pourquoi cette chanson ?

Calum Scott : C’était un heureux accident. Quand nous étions en train de créer l’album, je ne cherchais pas vraiment à mettre une autre reprise parce qu’il y avait déjà « Dancing On My Own », il y avait le remix de Tiësto, donc je voulais montrer aux gens que je peux et sais composer. Au moment où j’ai écrit l’album, il y avait tellement de chansons qui étaient très personnelles : « If Our Love Is Wrong » est très personnelle sur ma sexualité, « I Won’t Let You Down » parle de ma soeur et comment je tente de lui rendre hommage sur l’album, « Hotel Room » est en quelque sorte ma version de « Dancing On My Own » où j’ai eu le cœur brisé. Et quand j’écrivais ces chansons, je suis tombé sur « Not Dark Yet » de Bob Dylan. Je l’ai écouté et je me suis dit « Oh mon dieu, c’est vraiment triste ». Il parle de lui à la fin de sa vie mais il réfléchit sur sa vie entière, se rappelant les lieux qu’il a visités et je pense que comme mon album est humain et qu’il parle de la vie, de nos expériences, chanter une chanson sur la mort de la manière la plus réfléchie, de la plus belle manière qui soit, apporte un tout autre relief et complète l’album. J’ai donc pensé que cela pourrait être une bonne idée donc j’ai repris la chanson et l’ai jouée à mon label et ils m’ont dit « C’est exactement ce dont l’album a besoin ! ». Et il n’y a pas d’autres chansons sur l’album avec seulement ma voix et la guitare, tout est piano ou pop donc c’était un beau changement et c’est Bob Dylan tu sais ! (rires) C’est une légende, je ne serai jamais capable d’écrire une chanson comme celles de Bob Dylan.

On The Move : Tu as co-écrit la plupart des chansons sur « Only Human ». Est-ce que tu t’es beaucoup plus concentré sur l’écriture et la composition quand tu as commencé à travailler sur l’album ?

Calum Scott : Oui, bien sûr, je voulais vraiment que ça fasse partie de chaque chanson de l’album. Cela a été si important pour moi d’avoir un si grand public à partir d’une chanson et je savais que quand j’allais sortir l’album, il devait être spécial, il fallait que ce soit mes histoires, mes expériences, pour que l’album devienne personnel, que ce soit du Calum Scott. C’est pourquoi je voulais que le travail d’écriture et de composition fasse partie de chaque chanson. J’ai écrit environ 70 chansons pour l’album parce que j’écrivais, j’écrivais, j’écrivais, je sortais tout ce que j’avais sur le cœur, j’écrivais sur quand j’étais jeune, j’écrivais sur l’avenir, le passé, mes parents, ma famille. J’écrivais tout le temps et ce n’est que lorsque l’on m’a dit d’assembler l’album que je me suis dit « Oh mon dieu, maintenant je dois tout réduire à 12 chansons » (rires). La chose qui a rendu ça facile était le lien, le fil conducteur à travers toutes les chansons qui racontent à quel point nous sommes tous humains et que c’est tout à fait normal de pleurer, de se sentir en colère, jaloux, bouleversé parce que nous ne sommes pas des robots. Nous ne pouvons pas simplement être programmés pour penser d’une certaine façon, tu vois ce que je veux dire ? Nous sommes des humains, et je pense que c’est une belle chose. Nous sommes vulnérables et nous ne sommes pas tous faits de pierre, nous avons un cœur à l’intérieur mais parfois le cœur est cassé ou il bat plus vite et je pense qu’avoir écrit ces chansons permet de s’identifier à l’album, on passe tous par ces sentiments à un moment donné. Ce sont mes expériences, les chansons que j’ai écrites et voir de mes propres yeux la réaction du public est un tel privilège.

© Damien Paillard pour On The Move

On The Move : Tu as intitulé ton premier album « Only Human » pour encourager l’amour de soi et la positivité, comment était ce voyage pour toi ? Comment es-tu arrivé à ce point ?

Calum Scott : Je ne réalise pas. J’ai toujours rêvé de faire quelque chose comme ça, rêvé d’avoir mon propre album, rêvé d’avoir ma propre tournée, et de pouvoir enfin le faire maintenant est vraiment spécial. Je suis passé par « Dancing On My Own »… J’ai été vu et écouté dans le monde entier, je me suis produit sur de gros plateaux TV et j’ai joué dans des pays où je n’étais jamais allé avant, devant des foules immenses. Ça a été tellement plus que ce que je pensais être capable de faire et, en traversant ces expériences, je savais que ça allait aussi être difficile. Comment puis-je écrire une chanson qui est meilleure que « Dancing On My Own »? Comment écrire un album quand je ne sais pas écrire de la musique ? Comment puis-je garder mon public heureux ? Le garder engagé dans ce que je fais ? Donc il y avait des défis et certainement des moments où je pensais que mon tour était passé, peut-être que c’était le temps d’une chanson et c’est tout. Je devais continuer à être confiant, continuer à travailler très dur. Donc, le processus a eu des hauts et des bas, il y a eu des hauts et des bas avec les gens que j’ai rencontré, j’ai rencontré une personne que je croyais aimer, qui m’a brisé le cœur. Tout ce que j’ai vécu pendant que j’écrivais cet album est reflété dans l’album. Par exemple, il y a cette chanson intitulée « What I Miss Most » qui parle du fait que mon chez-moi me manque, mon neveu, ma famille, la maison où j’ai grandi me manquent et je pense que ça fait partie de moi de vivre ça comme ça. J’ai tellement voyagé dans le monde entier depuis que je fais ce que je fais, que la vie que je mène maintenant, la vie que j’ai menée, ont influencé tout l’album. J’attends avec impatience le deuxième album mais j’ai encore beaucoup à vivre pour pouvoir écrire le deuxième album. J’ai eu toute ma vie comme source d’inspiration pour le premier et maintenant je vais probablement avoir besoin d’une année pour écrire le deuxième mais si c’est honnête et authentique alors ça devrait être facile.

On The Move : As-tu déjà commencé à composer ? Pendant la tournée peut-être ?

Calum Scott : Oui, j’ai recommencé à écrire de la musique, j’ai recommencé à travailler en studio, j’ai écrit une chanson il n’y a pas si longtemps que le label a aimé et je vais continuer à écrire. Je suis très occupé avec la tournée, et j’ai beaucoup de promo pour l’album surtout à l’international donc je vais être très occupé mais peu importe où je peux écrire, j’écris parce que c’est comme un journal intime, ça vient du cœur, ça me fait me sentir mieux alors j’ai besoin d’écrire.

On The Move : Comme tu l’as dit, chaque chanson t’est personnelle, par exemple « I Won’t Let You Dow » est écrite pour ta petite sœur, ou « Hotel Room » en rapport au fait que tu es souvent loin de chez toi. Est-ce plus difficile d’écrire sur des sujets personnels qui te tiennent à cœur ou, au contraire, c’est plus facile que d’essayer d’écrire sur ce que les gens veulent entendre ?

Calum Scott : Je savais quand j’ai commencé à écrire de la musique que ça allait être personnel. Je pouvais dire que c’était le genre de musique que j’écrirais, c’est le genre de personne que je suis. J’aime très vite et très facilement et j’ai des ennuis avec ça parce que je tombe amoureux des gens ou je fais confiance aux gens, je deviens leur meilleur ami en deux jours puis soudainement tout se finit, et je me sens mal. Je suis une personne très émotive. Donc, je savais que la musique que j’écrirais n’allait pas parler d’aller au club et être ivre à ne plus pouvoir marcher. Je savais que ça allait être honnête et très sincère, très authentique, que ça viendrait du fond du cœur. C’était assez difficile de parler de choses personnelles, ma sexualité était un sujet très important sur lequel je devais écrire, mais dès que j’ai ouvert cette porte, beaucoup d’autres portes se sont ouvertes aussi. Ça a été difficile mais ensuite c’est devenu une thérapie et c’est pour ça que j’ai écrit 70 chansons parce que je ne pouvais pas m’arrêter d’écrire. Le label m’a même dit : « Tu dois arrêter Calum, nous devons faire un album, nous ne pouvons pas continuer à écrire des chansons indéfiniment, c’est génial que tu composes mais tu dois arrêter maintenant » (rires). En tout cas, je continuerai à écrire de la musique qui, je l’espère, parlera aux gens et les rendra plus heureux ou les aidera à se sentir plus aimé ou plus courageux, surtout en ce qui concerne la sexualité. Je serais tellement heureux si un jeune écoutait mon album et se disait : « Il avait vraiment peur et il a parlé de sa sexualité et il est plus heureux maintenant, peut-être que je pourrais faire la même chose ». Si ça peut inspirer cela, alors je mourrai heureux. C’est le meilleur cadeau que je puisse donner parce que la musique est la meilleure des médecines.

On The Move : Préfères-tu écouter des chansons tristes ou joyeuses ?

Calum Scott : Je suppose que parce que j’écris autant de chansons tristes, j’aime écouter de la musique joyeuse, je préfère danser parce que sinon je pleurerais quand j’écris et pleurerais quand j’écoute de la musique et je pense que j’ai besoin de rire et de sourire plus ! Mais j’aime toutes les sortes de musiques, sur ma playlist j’ai Adele, Ed Sheeran et Sam Smith et puis j’ai Whitney Houston et Queen et Diana Ross mais aussi Calvin Harris et Kygo, j’ai un gros mélange d’artistes.

« Only Human » est disponible en téléchargement sur Itunes.