James Bay continue d’explorer plusieurs univers dans « Electric Light »

Comme Vance Joy ou encore Hozier, James Bay fait partie de ces artistes folk qui font leur grand retour en 2018. En effet, cela fait déjà trois ans que son premier album « Chaos And The Calm » est sorti. Et « Let It Go » et « Hold Back The River » sont devenus des classiques de la pop folk britannique. Après un succès international autant public que critique, l’artiste a pris son temps pour revenir avec un nouveau projet « Electric Light ».

Depuis le mois de février, James Bay avait peu à peu teasé son retour en dévoilant quelques titres de son second album. Trois singles très différents qui laissaient présager une évolution de l’univers de l’artiste. Et en effet, le chanteur folk a laissé tomber son chapeau et ses cheveux longs et semble emprunter une direction plus pop pour son dernier album. Sorti ce vendredi, « Electric Light » comprend 12 titres dont 9 inédits.

Début février, nous vous avions parlé de « Wild Love » et de la volonté de l’artiste d’évoluer dans un nouveau registre. Ce n’est pas un hasard si James Bay a choisi d’amorcer son retour avec ce titre. Rythmé par des sonorités électro, « Wild Love » annonce son virage pop. De même, le clip insiste sur ce changement. Il fait une sorte de clin d’œil au hit « Hold Back The River ». Les deux vidéos débutent de la même manière, l’artiste de dos dans la pénombre. Mais cette fois-ci, sa silhouette a changé, pas de guitare, plus de chapeau ni de cheveux longs. James Bay aurait-il laissé ses inspirations folk et blues de côté ?

Après la courte « Intro » parlée, « Electric Light » commence avec « Wasted On Each Other ». Ce son inédit est une très bonne surprise. L’artiste propose un titre rock survitaminé qui nous met tout de suite dans l’ambiance. Avec une voix de tête tremblante sur quasiment tout le morceau, James Bay évoque son désir, de ne pouvoir résister à une attraction mutuelle. Cette fragilité est contrastée par des riffs de guitare énervés au début de chaque refrain. Une jolie entrée en matière !

La suite sonne plus familière, puisqu’il s ‘agit des trois titres déjà sortis en version single. C’est « Pink Lemonade » qui ouvre le bal. Dans la même veine que le précédent, le morceau cultive un son rock anglais rétro avec un faux air des Strokes dans la mélodie. Accompagné d’un clip glam’ 80’s, James Bay semble très loin de ses premiers succès.

Pourtant, après que « Wild Love » et ses synthés aient calmé le jeu, James Bay propose « Us ». On y retrouve alors l’esprit folk et gospel de son premier album. La ballade qui oscille entre espoir et mélancolie n’est pas sans rappeler Hozier, un artiste dont il avait par ailleurs assuré la première partie en 2014.

Le britannique de 27 ans avait annoncé s’être inspiré davantage de Prince et Frank Ocean sur cet album. « I found You » est censé être l’exemple le plus parlant. Si l’on peut capter la sensualité de Prince en filigrane, il est difficile de retrouver l’influence de ces artistes. Néanmoins, en oubliant ce détail, le titre est une très jolie ballade folk et blues introduit par un puissant riff de guitare. De même « Just For Tonight » signe son retour à ses racines folk. Un titre qui devrait plaire aux fans de la première heure, puisque ce morceau est le digne héritier de « Hold Back The River ».

Si quelques titres se révèlent un peu plus fades, « Wanderlust » vient apporter un dynamisme inattendu. C’est probablement le titre le plus connoté rock indé d’ « Electric light ». Avec ce morceau, James Bay sort de sa zone de confort. À l’instar de « Wild Love », il emprunte des sonorités nouvelles et ce n’est pas pour nous déplaire.

Le virage pop annoncé est plus flagrant sur les titres « In My Head » et « Stand Up ». La première chanson assume son côté minimaliste et feel-good. La deuxième part dans tous les sens et mélange autant les beats électro que le piano, autant le vocoder que la guitare sèche. Et pourtant cela fonction plutôt bien. Car l’esprit 80’s à l’excès de « Stand Up » est contre-balancé par la sincérité de son interprète. Ainsi, à ce son ultra pop, James Bay parvient par son grain de voix si particulier à donner une touche folk et intime.

Electric Light
DR

« Electric light » se révèle être un véritable hymne à l’amour et au désir. Son thème apparaît plus particulièrement sur ses parties parlées : « Intro », « Interlude » et l’outro présent dans le dernier morceau de l’album « Slide ». Cette ballade au piano se finit avec la lecture de « Song » d’ Allen Ginsberg, fameux poète de la Beat Generation. « The weight of the world is love / Under the burden of solitude / under the burden of dissatisfaction the weight / the weight we carry is love / And so must rest in the arms of love at last / must rest in the arms of love ».

Finement produit en compagnie de Jon Green (5 Seconds Of Summer, Linkin Park, Kylie Minogue), l’album permet à l’artiste d’explorer d’autres univers que sa folk mélancolique des débuts. Si l’ensemble sonne résolument plus pop, l’artiste puise son inspiration autant dans le rock, la folk et l’électro. Malgré quelques titres un peu passe-partout, « Electric Light » est bien le digne héritier de « Chaos And The Calm ». James Bay n’oublie pas ses premiers amours mais propose une production plus diversifiée et certainement plus personnelle.

Pour ceux qui veulent découvrir ce nouvel album en live, James Bay se produira le 8 juin à Paris à l’Elysée Montmartre.

« Electric Light » est disponible sur iTunes.