Désirs, nostalgies et déceptions amoureuses, The Weeknd retourne aux thématiques de ses débuts dans son nouvel EP « My Dear Melancholy » !

The Weeknd a surpris tout le monde en dévoilant ce vendredi son premier EP. Cela faisait un peu plus d’un an que le Canadien de 28 ans n’avait pas sorti de projet personnel. Après une collaboration cet été avec la chanteuse Lana Del Rey et il y a quelques semaines avec Kendrick Lamar pour « Black Panther », l’artiste est de retour avec six titres inédits. Entre mélodies suaves et r’n’b teintée d’électro, The Weekend nous offre un EP savamment orchestré.

Tout d’abord, si le projet est majoritairement produit par Frank Dukes (Drake, Travis Scott, Young Thug entre autres), l’artiste s’est aussi entouré de prestigieux producteurs de l’électro. Aussi, à l’instar de ses précédents albums « Beauty Behind the Madness » et « Starboy », le chanteur peut compter sur le talent de Guy Manuel de Homem-Christo des Dafts Punks. De plus on retrouve Skrillex sur un morceau, le discret Nicolas Jaar sur un autre et Gesaffelstein sur deux titres.

The Weeknd
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« We said our last goodbyes » chante l’artiste sur « Privilege ». En effet, « My Dear Melancholy » est d’abord l’occasion pour The Weeknd d’aborder ses ruptures amoureuses. Ainsi l’EP est introduit avec la ballade « Call Out My Name ». Produite par Frank Dukes et Nicolas Jaar, elle aborde les difficultés du Canadien à se remettre de sa relation amoureuse. Alors qu’il a fait semblant que la rupture ne l’atteigne pas, il espère encore le retour de celle qu’il a aimé. Les paroles sont accentuées par une instrumentale sombre et minimaliste.

De même, « Privilege » dernier morceau de l’EP semble faire écho au premier titre. Tant par son thème que par ses sonorités. On notera par exemple la similarité des deux introductions. Puis celui-ci se distingue par un tempo plus lent et une rythmique amortie. Cette fois-ci, finies les histoires d’amour, l’artiste est conscient de la fin de sa relation.Tout au long du titre, il oscille entre amertume et volonté de tourner la page.

« You’re the best I ever had ». La nostalgie est le deuxième thème récurrent de cet EP. Toujours mélancolique, The Weeknd revient aussi sur ses précédentes relations. Tout d’abord, il évoque avec « Try Me » le souvenir d’une fille de son passé et leur attirance toujours mutuelle. Presque comme un appel, il l’invite à céder à son désir et à le rejoindre malgré le fait qu’elle soit en couple. La mélodie est une fois encore minimaliste et marquée par des samples classiques du r’n’b.

« Wasted Times » est dans la continuité de « Try Me ». Le chanteur fait le parallèle entre deux de ses relations et se rappelle de celle qui était différente. Encore une fois, par nostalgie, il souhaite qu’elle revienne auprès de lui tout en ne voulant plus s’attacher. « I ain’t got no business catchin’ feelings ». On retrouve Skrillex en tant que co-producteur sur ce titre.

« And now I know relationship’s my enemy ». Une autre partie de l’EP raconte que l’artiste ne veut plus être blessé par des relations de couple et souhaite désormais des aventures sans lendemain. Dans ce contexte, « I Was Never There » apparaît comme le titre le plus sombre de « My Dear Melancholy ». Ce quatrième titre est en featuring avec le producteur lyonnais Gesaffelstein. Connu pour ces compositions énervées et angoissantes, il parvient ici à apporter la juste mesure de gravité. C’est sûrement le morceau le plus singulier de cet EP et c’est très réussi. Presque dissonant, le producteur s’amuse avec les sons tandis que le chanteur apporte de la douceur avec sa voix. Sur « I Was Never There » plus de faux-semblants, The Weeknd assume ses souffrances et ses pensées les plus noires.

« Hurt You » est probablement le morceau le plus pop de ce projet. Mais c’est surtout le titre qui sonne le plus familier. Et pour cause, parmi les samples utilisés, on retrouves les hits « Starboy » et « I Feel It Coming ». Ce n’est pas étonnant quand on sait que Guy Manuel de Homem-Christo fait parti des producteurs. De même, la présence de Gesaffelstein et ses sons distordus créent un lien entre ce titre et « I Was Never There ». Comme si les angoisses évoquées précédemment influençaient ce morceau. Cette fois-ci, le canadien ne fait plus dans les sentiments et assume définitivement ses désirs et aventures d’un soir. Par ailleurs, l’usage d’« I Feel It Coming » qui parlait de vouloir une vraie relation de couple crée un joli contraste.

Finalement « My Dear Melancholy » est bel et bien une jolie surprise de l’artiste. Pour son retour, il assume la lenteur et la douceur. S’il n’y a pas de hits qui s’en distinguent, l’EP est personnel et extrêmement bien produit. Se livrant à un véritable travail introspectif , il évoque autant son besoin d’avancer, sa colère, son envie de ne plus rien ressentir et sa nostalgie. En définitive, Abel Tesfaye, de son vrai nom, signe un parfait EP post rupture.

« My Dear Melancholy » est disponible en téléchargement sur iTunes.