Retour sur le devant de la scène pour Vance Joy !

Avec le succès massif rencontré avec la sortie de son premier album studio « Dream Your Life Away » en 2014 dont le tube « Riptide », Vance Joy, James Keogh de son vrai nom, s’est imposé comme l’une des valeurs sûres dans le paysage folk et a accumulé les bonnes critiques et les tournées dans le monde entier. Après quelques temps sans nouvelles de notre Australien préféré, « Nation Of Two », deuxième album aussi personnel qu’enchanteur, est arrivé attendu comme jamais le mois dernier. Quatre ans séparent ces deux opus, quatre ans qui ont permis au jeune artiste de mûrir musicalement. On The Move a pu rencontrer Vance Joy lors de son passage sur la scène parisienne plus tôt ce mois-ci pour une interview exclusive !

On The Move : Bonjour James et merci de nous recevoir ! Tu as sorti ton deuxième album « Nation Of Two » il y a quelques semaines. As-tu ressenti une certaine pression, généralement associée à un second opus ?

Vance Joy : Pas vraiment finalement. J’ai ressenti un peu de pression pour mon premier album parce que j’avais sorti un EP avant et je pense qu’il y avait de vraies attentes, notamment du côté de mon label, dans le sens où « le plus tôt sera le mieux ». Puis, quand j’ai finalement sorti le premier album, je me suis senti soulagé d’avoir fini mon premier album. Avec le second, la source de stress principale était d’écrire assez de chansons et je pense que quand j’ai arrêté la tournée début 2016 après environ deux ans et demi sur la route, je me suis dit « j’ai besoin de douze chansons » et c’était déjà assez pour me mettre la pression. Ce n’était même pas le fait d’essayer de répondre aux mêmes standards, c’était juste le stress de savoir d’où viendraient ces chansons? Heureusement, elles sont arrivées. Donc, quand je suis arrivé au point où je savais que j’allais avoir assez de chansons, j’étais soulagé et maintenant je me sens vraiment relaxé de savoir que l’album est sorti !

On The Move : As-tu commencé à composer sur la route ou seulement une fois rentré de toutes ces tournées ?

Vance Joy : Il y a des parties que j’ai commencé à composer en tournée, j’écrivais ici et là. Quand la tournée s’est terminée, je crois que j’avais seulement deux chansons d’écrites. Lorsque je compose sur la route, ce sont généralement des petits trucs comme le début d’une chanson mais jamais la chanson entière. C’est habituellement juste des idées et je pense que j’ai vraiment beaucoup d’idées, elles sont toutes dans mon téléphone mais oui j’ai vraiment besoin de ce moment de calme, juste pour assembler les pièces.

On The Move : Est-ce que ton inspiration est différente lorsque tu es sur la route ?

Vance Joy : Oui ! Je suis inspiré quand je vois mes amis ou ma famille, s’ils viennent me voir quand je suis sur la route, et que ce n’est pas une journée type. Parce qu’en tournée, c’est comme si t’étais dans un cycle ou une routine, tu te réveilles dans un bus, tu manges, tu te promènes un peu et tu te rends à la salle de concert. Mais quand ta famille et tes amis sont là, c’est comme si tu faisais des choses un peu plus extraordinaires et parce que tu passes du temps avec des gens qui te connaissent vraiment, c’est comme si ça nourrissait ton âme. Et ça m’inspire pour créer des chansons.

On The Move : Avant sa sortie, tu as indiqué vouloir créer un deuxième album plus solide. Sur quels éléments as-tu travaillé davantage afin de remplir cet objectif ?

Vance Joy : Je pense que c’est probablement un album plus cohérent, j’aimerais jouer chaque chanson sur scène et c’est une bonne chose. Je ne réfléchissais pas vraiment de manière consciente à ce que je devais améliorer pour rendre les chansons plus solides mais quand je regarde en arrière, par exemple avec les paroles, il y a des points où j’aurais peut-être répété des lignes. J’ai besoin de changer quelques mots, même juste les mots de liaison qui peuvent changer la signification de certaines paroles. Donc, je pense qu’il a eu une attention supplémentaire aux paroles, qui je pense, provient du fait d’écrire plus de chansons et d’avoir plus de feedback. Donc, je pense que c’est probablement un domaine que j’ai pu améliorer.

On The Move : Y-a-t-il une chanson sur cet album qui a une place spéciale pour toi ?

Vance Joy : Il y a quelques chansons mais au milieu du set que je joue en ce moment, il y a deux chansons solo, juste moi et la guitare, l’une d’elle s’appelle « Call If You Need Me » et l’autre chanson s’appelle « I’m With You » qui est un peu comme une ballade. « I’m With You » est une chanson que j’ai écrite et j’ai eu de bons retours sur cette chanson, probablement parce qu’elle contient beaucoup de détails spécifiques et je pense qu’elle a une jolie mélodie ; elle commence tout doucement et puis ça continue crescendo et je chante avec plus de puissance à la fin alors oui je dirais que « I’m With You » est l’un de mes préférées.

On The Move : « Call If You Need Me » est la toute première chanson de l’album. Comment choisis-tu cette place spécifique qu’ont les premières et dernières chansons d’un album ? Est-ce que c’est important pour toi ?

Vance Joy : Bien sûr. Pour la première et la dernière chanson, j’ai parlé avec mon producteur, qui est la même personne qui a produit tout le premier album, Ryan Hadlock, il a fait les premiers et derniers morceaux du deuxième album et quand nous faisions le tracklisting il m’a dit que pour choisir la première et la dernière piste, on choisit ces pistes en tout premier, car cela te donne un cadre et après tu remplis les trous. Il m’a dit « choisis les chansons qui ont le plus de pouvoir émotionnel pour toi ». J’ai donc utilisé cela comme guide et j’ai choisi ces deux chansons parce que « Call Me If You Need Me » est une chanson à laquelle je me sens émotionnellement connecté, et la chanson finale s’appelle « Where We Start », c’est une chanson douce et j’ai senti que ces deux chansons existaient dans des mondes similaires, elles se faisaient l’écho l’une à l’autre.

On The Move : Tu as collaboré avec Dan Wilson (Adele, Halsey, P!nk, Taylor Swift,…), Dave Bassett ou encore Justin Parker (Lana Del Rey, Banks,…). Qu’as-tu appris à leurs côtés ?

Vance Joy : Chaque personne avec qui j’ai travaillé a ses propres compétences, mais il y a aussi l’alchimie entre vous qui est une chose très intéressante à explorer. Avec Dan Wilson par exemple, il a tellement de mélodies incroyables, de bonnes idées, il m’a envoyé quelques démos avec de belles idées d’harmonie que nous avons tellement aimées que nous les avons naturellement utilisées. Et puis il y a Dave Bassett aussi, avec lequel j’ai composé quelques chansons  et j’ai l’impression qu’il m’a rendu meilleur, il y avait une sorte de magie quand nous étions assis ensemble et je disais par exemple « j’ai telle idée » puis il a lancé quelques idées comme ça et en fait je lui répondais « mon idée était ici et maintenant tu l’as déplacée dans cet autre domaine auquel je ne m’attendais pas « . J’aime juste la manière dont ils font coexister leur vie et leur musique ensemble, ils travaillent à la maison et cela semble être un bon équilibre.

On The Move : Il y a-t-il une personne avec qui tu rêverais de collaborer ?

Vance Joy : Je suis tellement heureux d’avoir pu travailler avec toutes ces personnes jusqu’à présent ! Je n’ai personne en tête qui me fasse dire « il faut que je  travaille avec cette personne » mais il y a Greg Kurstin, qui a écrit une chanson avec Adele et il est incroyable.

On The Move : Quel est le plus beau compliment que l’on pourrait faire sur ta musique ?

Vance Joy : Ce que j’aime dans la musique, c’est quand ça me touche au cœur, alors si quelqu’un dit « il m’a touché au  cœur, il me comprend » alors je pense que c’est un beau compliment.

 

On The Move : Tu as toi-même dessiné la pochette de ton album “Nation Of Two”. Quelle est l’histoire derrière cette pochette ? Avais-tu déjà une affinité avec le dessin ou était-ce tout nouveau pour toi ?

Vance Joy : J’aime dessiner et griffonner. Je ne suis pas un très bon dessinateur, si tu me dis « dessine cette tasse » je ne serais pas capable de la dessiner sous cet angle maintenant (rires) mais quand nous décidions de l’album, nous avons fait beaucoup de photoshoots et ils étaient géniaux mais pas exactement parfaits et la maison de disques n’était pas complètement enthousiaste, c’était dur d’avoir tout le monde d’accord alors j’me suis dit « ok je vais essayer autre chose ». J’ai en quelque sorte utilisé des photos que j’apprécie comme source d’inspiration et j’ai commencé à faire des dessins de lignes, ce qui a vraiment bien fonctionné. C’était amusant, j’avais ma trousse, mon stylo et mon papier et je créais juste quelques visuels pour un graphiste nommé Pat Fox et je lui envoyais mes dessins et il les mettait sur l’ordinateur et obtenait les couleurs correctes, les mettait dans la bonne position et faisait tout ce travail de graphisme. Donc, c’était vraiment agréable d’être impliqué là-dedans.

On The Move : Trouves-tu que l’aspect visuel est quelque chose d’important pour la musique ?

Vance Joy : Évidemment, c’est la musique qui compte, mais je pense que c’est une belle façon de compléter le tout et d’unir toutes les idées. Si je regardais ma pochette d’album et que je me disais « ça n’a pas l’air bien » alors je me sentirais un peu frustré, ce serait comme une chose agaçante à regarder tout le temps. Donc, quand t’aimes la pochette et que t’as l’impression qu’elle complète ta musique, t’es heureux, et je suis content que nous en soyons arrivés au point où nous en sommes heureux !

On The Move : Que réserve l’année 2018 pour Vance Joy ?

Vance Joy : Beaucoup de concerts cette année ! Peut-être quelques petites pauses mais surtout des concerts  cette année et je pense que nous reviendrons ici encore. C’est bien d’être enfin de retour en France, pour jouer un concert parce que nous ne sommes pas venus à Paris depuis 2014. Alors nous allons revenir et nous reconnecter avec notre public, probablement en octobre ou novembre.

On The Move : Que peut-on attendre de cette nouvelle tournée par rapport aux précédentes ?

Vance Joy : Il y aura plus de chansons sur la setlist, et mon groupe de musiciens est plus conséquent. Il y a une section de cor, j’ai deux joueurs de cor, alors oui je pense qu’il y aura un peu plus d’énergie et ce sera amusant !

On The Move : Que peut-on te souhaiter pour le futur ?

Vance Joy : Je voudrais partir en vacances de ski à un moment donné (rires) alors j’espère avoir une semaine pour le faire, mais sinon je veux juste continuer à faire de la musique, c’est à peu près tout !

« Nation Of Two » est disponible en téléchargement légal sur Itunes.