Thèmes personnels et expérimentations sonores au programme du 5ème opus de Justin Timberlake !

Date très attendue que ce 2 février 2018 pour les fans de Justin Timberlake. C’est aujourd’hui que le maître incontestable de la pop des années 2000 dévoile son surprenant cinquième album, « Man Of The Woods ». Et c’est dire si il est attendu au tournant, tant il avait déjà réussi un retour percutant en 2013 avec « The 20/20 Experience ».

A l’époque, c’est surtout le très funky « Take Back The Night » qui avait fait le plus parler de lui, pour des raisons variées, dont certaines polémiques… Puis, le Prince de la Pop n’a plus donné signe de vie musicale. Pour autant, à travers ses performances d’acteur dans « The Social Network », « Sexe entre amis » ou encore « Inside Llewyn Davis », on a continué de voir évoluer l’artiste sur grand écran et il a, par la même occasion, fini de nous convaincre de sa polyvalence ! En 2016, c’est d’ailleurs par le biais du cinéma -plus particulièrement d’un film d’animation- qu’il revient à la musique. « Can’t Stop the Feeling », composé pour la bande originale de « Trolls », est un succès international et totalise aujourd’hui plus de 174 millions de vues sur YouTube.

Et voilà plus d’un an que les fans du chanteur patientent, non sans broncher, pour un cinquième opus. La participation de Timbaland, de Max Martin et de Pharrell Williams à la production nous était déjà connue, mais on découvre en plus de ces collaborations, deux titres en featuring avec le chanteur de country Chris Stapleton et la belle Alicia Keys.

Et alors, que vaut réellement « Man of the Woods » ? On The Move l’a écouté pour vous !

Un album personnel

Incontestablement, pour ce cinquième album, le chanteur s’est inspiré de sa vie de nouveau papa et d’homme amoureux, mais aussi de ses origines et de ses racines plantées dans un Tennessee très country.

« Cet album est véritablement inspiré par mon fils, ma femme, ma famille, et plus que n’importe quel autre de mes disques : mes origines. »

De nouvelles influences musicales se font connaître, très blues notamment. Mais le R&B qui l’a propulsé au sommet dans les années 2000 et 2010 n’a pas été rayé de son répertoire. Rassurez-vous !

Si vous avez vu la vidéo teasing de l’album, vous vous êtes sûrement posés cette question : Pourquoi « Man Of The Woods » ? Est-ce que Justin Timberlake a décidé tel Thoreau d’aller expérimenter la vie dans les bois pour se sentir plus proche de la nature ? Et bien non ! Le nom de l’album n’est autre qu’un hommage à son fils de trois ans, Silas, dont le prénom signifie « de la forêt » (« of the woods » en anglais). Malgré tout, plusieurs titres nous présentent un nouveau Justin, plus mature, sage, et désireux de renouer avec l’essentiel.

C’est notamment le cas avec « Livin’ Off The Land ». A travers ce morceau, il souhaite nous faire comprendre ce que lui-même a appris avec l’âge, c’est-à-dire l’importance de la prise de recul par rapport aux préoccupations quotidiennes et souvent déprimantes. Le chanteur y exprime un grand espoir dans l’humanité. Pour cela, Justin nous prescrit un retour aux sources drastique, vers un lieu de paix et de solitude. Les couplets y sont très rythmés et on sent dans ceux-ci l’influence de son ami et collaborateur Timbaland :

“I’m just a man doing the best that I can  / Saint or a sinner, the loser can be a winner with a plan / When you’re living off the land (…) If you just open yourself  / You’ll see, that what you need”

Un homme très amoureux

Il y a trois pistes à écouter absolument si vous désirez comprendre l’amour que l’artiste porte envers sa femme, qui n’est autre que l’actrice américaine Jessica Biel, qui fait plusieurs interventions notables au fil de l’album. On peut notamment entendre sa voix sur la piste « Interlude ». Ce pont musical est le reflet de la promesse que les époux se sont faite : il est le sien (« Hers »), elle est la sienne (« His »).

Dans « Higher Higher », Justin Timberlake tire un trait ferme sur le succès et l’argent, et répète dans son refrain qu’ils ne sont rien comparés à la femme qu’il aime. Celle-ci est « à un autre niveau ». Ensemble, ils atteignent de nouveaux sommets. Le chanteur ne regrette rien de sa vie passée de showman qui faisait tourner les têtes des filles avec lesquelles il aimait jouer.

Enfin, avec « Morning Light », on découvre la ballade romantique d’un soulman amoureux qui se confie à nous. A l’écoute de ce titre, en duo avec Alicia Keys, il est impossible de ne pas ressentir le bonheur que l’artiste veut nous communiquer. Sur une instrumentale acoustique sobre, le choix de paroles hyperboliques donne clairement envie de se sentir dans le même état. Ah… L’amour, thème universel et multiséculaire, qui n’en finira jamais d’inspirer la plume ou le pinceau des artistes.

Influences de la country de Memphis

C’est sur la ballade pop-rock « Say Something », en featuring avec Chris Stapleton, que Justin Timberlake fait ses preuves en tant que musicien de génie. Pour comprendre cela, rien de mieux que d’aller visionner le clip, réalisé par les Français de la Blogothèque. On y découvre un Justin qui chante sans playback ni voix retouchée, sa guitare dans les bras. La caméra le suit, dans ce bâtiment immense où il va à la rencontre d’autres musiciens. La voix jazzy de la star de la country du Sud des Etats-Unis et celle de notre Prince de la pop se complètent à la perfection. Les expressions du visage sont intéressantes à noter dans ce clip où l’on sent l’effort et la performance que le chanteur veut offrir à son public. A l’instar de tout le reste de l’album, Justin exprime et partage son état d’esprit nouveau. La version actualisée de lui-même, loin des strass et des paillettes.

« Flannel » est une autre ballade aux inspirations country dédiée à son fils, telle que la piste « Young Man ». L’intimité que Justin partage avec son public ici, les mots qu’il décide de diriger à son enfant, sont très puissants et fait de cette chanson l’une des plus émouvantes de l’album.

« And may we live for many winters / Keepin’ each other warm »

Et l’ancien Justin ?

Cela ne vous a pas échappé, l’artiste avait sorti le single « Filthy » le 5 janvier dernier, co-écrit et co-réalisé avec Timbaland et Danja, avant de dévoiler aujourd’hui son nouvel album. C’est avec des titres comme celui-ci qu’il renoue avec la pop qui l’a façonné. On se rappelle alors les morceaux « SexyBack », « What Goes Around » et « LoveStoned ». C’est une autre face de sa personnalité, plus sensuelle et joueuse. « Put your filthy hands over me » (« Pose tes mains sales sur moi »), demande-t-il dans le refrain. Le son lui-même se fait sentir ‘filthy’ (‘sale’). En effet, ce titre est aussi un lieu d’expérimentation pour le chanteur, qui choisit des sons électros et surprenants pour son instru. Un morceau qui démontre la maîtrise d’une large palette musicale de la part du chanteur. En outre, les paroles de « Filthy » permettent de contraster avec le reste de cet album de maturité. Non, le jeune et charmant danseur continue bien de fréquenter les clubs et de bouger son bassin pour le plaisir de tou-te-s. Et pas d’inquiétude, d’autres pistes attestent de cela, comme « Montana » ou « Midnight Summer Jam » et son rythme endiablé.

 

« Man of the Woods » est bien l’album de la maturité pour Justin Timberlake. Son écoute est plutôt touchante car l’intimité qu’il y met à jour est très forte. Mais, pas de déception ou d’ennui grâce à ses choix musicaux. Autant de titres que Justin pourrait interpréter lors de la finale du Super Bowl pour laquelle il a été choisi, dimanche prochain.

 » Man Of The Woods » est disponible en téléchargement sur iTunes