RENCONTRE EN TOUTE HUMILITÉ AVEC LA SENSATION TOM WALKER !

Lorsque l’on écoute Tom Walker, il est difficile de croire que le jeune Écossais ne possède qu’un seul EP à son actif, « Blessings », sorti en Avril 2017. Ayant hérité de l’amour de la musique par son père, et dévoré un nombre inimaginable d’albums durant son enfance et adolescence, il se fait connaître en 2016 avec son tout premier single « Sun Goes Down », un morceau habilement transposé sur un titre des années 30 « I’ll Be So Glad When The Sun Goes Down ». Aujourd’hui, « Leave A Light On » et « You and I » cumulent plus de 65 millions d’écoutes sur Spotify. Une voix rauque et porteuse d’émotions, des mélodies organiques combinées à des touches hip-hop et des beats électroniques, c’est ce qui caractérise cet artiste multi-instrumentiste aussi humble que fascinant.

© Nazym H pour On The Move / nazymh.com

On The Move : Bonjour Tom ! Merci d’être avec nous. En fin d’année, tu as été nommé dans la liste « Sound of 2018 » de la BBC. Adele, Sam Smith ou encore Frank Ocean y étaient présents avant toi. Qu’est-ce que ça fait d’être dans cette liste ?

Tom Walker : C’est incroyable et inattendu ! Je l’ai su un peu avant qu’ils publient la liste mais c’est super cool. On a fait quelques festivals, BBC m’a toujours soutenu et j’ai joué sur la scène de BBC Introducing donc c’est vraiment sympa.

On The Move : Le succès que tu rencontres grâce à tes chansons est plutôt énorme et soudain. D’où vient ton intérêt pour la musique ? Comment as-tu commencé dans ce domaine ?

Tom Walker : Mon père est vraiment à fond dans la musique, il a une collection d’albums gigantesque et il m’emmenait à énormément de concerts. On a été voir AC/DC ensemble quand j’avais environ 9 ans, à Paris d’ailleurs, ce qui était génial. On aussi vu Foo Fighters, Muse, Prodigy, B.B. King et la liste est longue. C’est grâce à lui que je suis dans la musique, d’ailleurs mes deux parents m’ont poussé à faire de la musique parce que c’est ce que j’aime et pour être honnête, je ne suis pas vraiment doué pour autre chose…

On The Move : Mais tu es très doué en tant que musicien, en tout cas !

Tom Walker : (rires) Je fais de mon mieux !

On The Move : Tu as dit dans une autre interview que ton père t’entendait mettre en musique une idée différente chaque soir dans ta chambre. D’où viennent ces idées, celles qui déclenchent ta créativité ?

Tom Walker : Un peu de tout, honnêtement. Principalement ce qui se passe dans ma vie. Jusqu’à il y a deux ans, je faisais des jobs difficiles, j’allais à l’université et je n’avais pas beaucoup d’argent donc le weekend, je restais chez moi avec mes amis, je ne sortais pas. Maintenant, il m’est plus difficile d’avoir de l’inspiration car je suis tout le temps sur la route et ma vie n’est pas vraiment normale. C’est génial, je ne dis pas le contraire, mais j’essaie de prendre autant de temps que possible pour retourner voir mes amis et faire des choses avec eux car c’est de là que me viennent les idées, juste vivre de bons moments avec mes proches, et qu’il s’y passe de bonnes ou de mauvaises choses d’ailleurs !

On The Move : Ta musique est un mélange de folk, soul, hip-hop et d’EDM. Est-ce que la notion de « genre » est toujours pertinente selon toi ?

Tom Walker : Je ne caserais pas ma musique dans un seul genre. Je dirais qu’il y a un fond de pop, avec des influences de hip-hop, blues, un peu de reggae et un tout petit peu de folk. Mais tout ça en même temps. Et mon album va le refléter ! Je pense que je suis chanceux parce que mon style de chant reste le même, peu importe la musique ou la production, donc il y a un certain fil conducteur dans l’album même si la production est différente sur certains des titres. Si tu fais la même chose tous les jours, tu t’ennuies. Sauf si tu es AC/DC, eux ont réussi, 8 albums à faire la même chose et leur musique est toujours aussi géniale ! (rires).

On The Move : Ton dernier single « Leave A Light On » a été co-écrit et produit par Steve Mac, qui a également travaillé avec Clean Bandit, P!nk ou Ed Sheeran récemment. Tu travailles aussi avec Jim Abyss (Arctic Monkeys, Kasabian, Adele) pour ton album. Comment ces collaborations sont-elles nées ? Et qu’ont-elles apporté ?

Tom Walker : Oui, j’ai été plutôt chanceux ces deux dernières années ! Travailler avec Steve Mac, qui est à l’origine d’un nombre fou de tubes, mais aussi Jim Abyss, qui a produit les albums les plus crédibles de tous les temps… c’est une combinaison fabuleuse de talents pour l’album et je pense que j’ai beaucoup de chance de travailler avec ces personnes. Bien sûr, j’ai collaboré avec nombres de producteurs géniaux mais pour moi, eux sont dans le top et sont vraiment spéciaux. Le label qui s’occupe de moi au Royaume-Uni, Relentless Records, m’a mis en contact avec chacun d’eux et au début je ne voulais pas faire de collaborations, je voulais faire mon truc mais ils m’ont encouragé à rencontrer de nouvelles personnes et faire plein de sessions… C’était vraiment cool. A l’époque, j’étais un peu réticent mais avec du recul, c’est incroyable d’avoir l’opportunité de travailler avec des gens si talentueux.

On The Move : Cela a permis de faire évoluer ton son d’une manière à laquelle tu ne t’attendais pas, peut-être ?

Tom Walker : Oui, complètement ! J’apprécie que chacun ait un message unique à apporter au projet. Ça va être un album de folie ! (rires)

On The Move : Ton premier album studio arrive donc bientôt. Est-ce qu’il va être dans la continuité de ton EP « Blessings » ou explores-tu de nouveaux horizons musicaux ?

Tom Walker : C’est un mélange de ce que j’ai déjà fait et de la manière dont j’ai évolué ces deux dernières années. Beaucoup de personnes pensent qu’un artiste signe un deal et deux ans plus tard, un album pointe le bout de son nez mais cet album, j’y ai travaillé toute ma vie, depuis que j’ai environ 15 ans. J’ai écrit à propos de ce qui reflète mon point de vue sur certaines choses dans ma vie ou mes amis, ma famille, la politique. Il y a un peu de tout vraiment, c’est mon histoire, ma vision du monde. Il s’appelle « What A Time To Be Alive » parce que tout est un peu dingue en ce moment. Par exemple, le Brexit… j’aurai sûrement besoin d’un visa pour venir en France à l’avenir ! Puis, tout ce qu’il se passe avec Donald Trump, etc. C’est un monde fou et je pense que c’est ce que reflète l’album.

On The Move : Question piège… préfères-tu être en studio ou en tournée ?

Tom Walker : Aucun et en même temps les deux ! (rires) Quand je suis en tournée, je veux être en studio et inversement. Je dirais que j’aime vraiment le studio mais c’est vraiment intense. Travailler avec Jim Abyss, c’est de 11h du matin à 2h du matin, cinq jours d’affilée. Tu manges le midi dans le studio entre deux chansons. Mais je suis vraiment créatif en studio. Etre en tournée est génial parce que tu vas dans plein de pays différents mais en même temps, tu ne peux pas vraiment les visiter. Tu les vois à travers la fenêtre d’un van. Mais oui, je dirais le studio, c’est là où la magie opère.

Tom Walker - OTM
© Nazym H pour On The Move / nazymh.com

On The Move : Tu as fait la première partie de nombreux artistes (Jake Bugg, Maverick Sabre, Gallant) et tu es parti en tournée avec The Script. Quelle leçon tires-tu de ton expérience dans des salles de concert aussi grandes ?

Tom Walker : Sois gentil avec tous ceux qui travaillent avec toi ! Les membres de The Script ont été adorables, et leur équipe est vraiment super, ils nous ont traités comme leur famille. Je veux dire ils sont vraiment célèbres. Et ils laissaient la porte de leur dressing room ouverte et nous invitaient pour discuter ou boire des bières. Tous les groupes ne font pas ça. Je suis allé en tournée avec des artistes que je n’ai même pas rencontrés. Pas longtemps, peut-être trois jours mais je ne les ai pas rencontrés, je les voyais juste faire leur truc. Donc je pense que plus tard, si un groupe ou un artiste fait la première partie de mon concert, j’essaierai vraiment de les intégrer et de les traiter comme un membre de la famille.

On The Move : A quoi devrions-nous nous attendre à l’un de tes concerts ?

Tom Walker : L’album va se refléter sur les lumières et les différents éléments que nous avons sur scène mais surtout quand on le fait sur scène, on le fait pour de vrai. Je joue de la batterie, de la basse, de la guitare, du piano et je chante donc je veux une vraie batterie, je veux une vraie scénographie, je veux que tout soit authentique tout en incorporant le côté numérique. Parce qu’on ne peut pas vraiment se permettre d’avoir un orchestre de 30 personnes avec nous (rires). Je souhaite avoir une bonne combinaison de sons organiques et de sons produits numériquement et qu’ils ne fassent qu’un. Donc, c’est ce à quoi les gens peuvent s’attendre. Je joue de la guitare sur scène aussi et j’adore le faire. Quand tu vas à un concert, tu veux en prendre plein les yeux donc il faut aussi un peu que je frime (rires). Je dirais que les gens peuvent espérer quelque chose d’un peu plus excitant que sur l’album !

On The Move : Quel est le meilleur compliment que l’on pourrait faire sur ta musique ?

Tom Walker : On m’a déjà comparé à Paolo Nutini et c’est mon artiste préféré de tous les temps. Il est extraordinaire et si je pouvais avoir ne serait-ce que 50% du talent de Paolo Nutini, je serais le plus heureux. Pour moi, il est le summum du talent, il est vraiment doué.

On The Move : T’inspires-tu d’artistes contemporains ?

Tom Walker : J’écoute beaucoup Sam Fender, en ce moment. Il est sur la liste de BBC aussi et je l’ai rencontré brièvement quand j’étais aux Pays-Bas. Son album va être incroyable. Sa voix est magnifique, elle sonne bien en studio mais en live, c’est tout autre chose, un autre niveau. La dernière chanson de son set est juste à couper le souffle.

On The Move : Que pouvons-nous te souhaiter de meilleur en 2018 ?

Tom Walker : Je rêverais de jouer sur la grande scène à Glastonbury, mais ce n’est pas au programme cette année, malheureusement. En revanche, je joue à Hyde Park, le même jour que Bruno Mars et sur la même scène, ce qui va être extraordinaire. Je joue la journée, et lui le soir, mais c’est quand même super cool ! J’espère juste ce que cette année va continuer comme elle a commencé. Je ne vais certainement pas être là à dire « je veux être ultra célèbre » parce que ce n’est pas vrai, je veux juste pouvoir continuer à créer des chansons auxquelles les gens peuvent s’identifier et partir en tournée, être en studio et faire ce que j’aime le plus. L’argent et la célébrité m’importent peu, je veux  juste pouvoir continuer à faire ce que je fais. C’est du travail ! (rires)

L’EP « Blessings » est toujours disponible en téléchargement légal.