Fall Out Boy se réinvente avec leur tout nouvel album « M A N I A » 

L’attente fut très longue, mais le nouvel album du groupe Fall Out Boy est enfin là ! Après Paramore et leur album « After Laughter » ou encore All Time Low et leur nouvel opus « Last Young Renegade », l’heure semble donc au retour sur le devant de la scène punk-rock de nos groupes favoris, et ce n’est pas pour nous déplaire !

Avec des titres comme « Thnks fr th Mmrs », « Dance, Dance », ou encore « I Don’t Care », Fall Out Boy a animé notre adolescence avec un rock bien trempé, une fine touche emo et un univers toujours plus délirant et énervé que jamais. Mais après des années de carrière, le groupe originaire de Chicago semble encore avoir quelques surprises à nous dévoiler. Preuve en est avec leur nouvel album « M A N I A » aux inspirations électro-pop bien dosées.

Atmosphère violette, visuels énigmatiques, chasse au trésor interactive, des lamas pour le moins surprenants et troublants : avec ce nouvel opus, Fall Out Boy compte bien entamer une nouvelle ère toute aussi puissante et qualitative que les autres ! A travers 10 titres (seulement), Patrick Stump, Pete Wentz, Andy Hurley et Joe Trohman nous présentent une collection de leurs inspirations, et le moins que l’on puisse dire c’est que la diversité est bel et bien là. 

Premier extrait dévoilé, « Young and Menace » avait de quoi surprendre les fans de la première heure. Malgré une atmosphère baignée d’électro-pop, le groupe n’avait pas pour autant déposé leurs guitares puisque les beats profonds se mêlaient à l’ambiance énervée omniprésente du morceau. Un premier titre audacieux qui a eu pour mérite de marquer les esprits et d’installer une atmosphère particulière, en demi-teinte : l’ère M A N I A. 

Avec « Champion« , les fans ont enfin pu retrouver ce qui faisait l’essence même du genre. Dans la veine de « Phoenix » ou « My Songs Know What You Did In The Dark », deux grands classiques du groupe, l’EDM du premier single laissait place à une batterie et des rythmes de guitares habités, emblématiques et fédérateurs. Qu’on se le dise, le groupe n’est pas prêt de dire adieu aux sonorités qui ont forgé leur réputation !

Prochain titre, « Stay Frosty Royal Milk Tea » frappe fort et nous en met plein les oreilles. Accrocheur et perturbant dès les premières notes, ce titre prend des airs de revanches avec des guitares lourdes, une batterie omniprésente et des paroles à peine dissimulées : « Seems like the whole damn world went and lost its mind/ And all my childhood heroes have fallen off or died / Fake tears, we are living fake tears / But the alcohol never lies, never lies. ». À l’instar de « Phoenix », ce morceau est la parfaite représentation de ce que Fall Out Boy est capable de produire : un rock agressif, où mille sonorités et instruments s’affrontent sur une mélodie fournie, sans aucun temps mort. Bien joué !

Changement d’ambiance avec « HOLD ME TIGHT OR DON’T » plus calme dans sa construction. Une fois de plus, Patrick, Pete, Joe et Andy nous étonnent en nous transportant directement au beau milieu de l’Espagne avec ces sonorités baignées de soleil et une mélodie à la fois chill, addictive et entêtante, qui vous donnera forcément envie de danser ! Une ambiance chaleureuse que l’on retrouve également dans le clip inspiré directement du jour des morts espagnol.

« Cette chanson n’a failli jamais voir le jour. C’était simplement une démo avec laquelle je m’étais amusé. Je l’avais envoyé à quelques personnes mais je l’avais complétement oublié avant de la retrouver 6 mois plus tard au milieu d’autres enregistrements. Avec le groupe, on avait envie d’expérimenter de nouvelles choses donc on a décidé de l’inclure sur l’album, au risque que cela ne plaise pas. »

Sur un tempo ultra-rapide, « The Last Of The Real Ones » vient apporter cette touche pop-rock qu’il manquait à l’album jusque là. Si le rythme de la musique vient créer un évident sentiment d’urgence, le morceau alterne pourtant entre ballade pop et refrain rock entraînants, à vous couper le souffle. Dans le même esprit, « Wilson (Expensive Mistakes) » possède cette marque bien pop, qui ravira la plupart des fans du groupe. Sur un refrain explosif et fédérateur, Patrick Stump laisse s’exprimer sa voix si puissante, amplifiée par des choeurs chaleureux et forts.

Avis aux nostalgiques des débuts de Fall Out Boy, ce titre est, en quelque sorte, une déclaration à votre intention. En effet, dans le clip qui accompagne ce titre enchanteur, le groupe s’est amusé à  cacher des références à leurs précédentes productions. Sous forme d’un télé-achat, ils mettent donc leurs souvenirs aux enchères ! La main coupée ? Petite référence à la série « The Blood Chronicles ». Le mouton ? On l’a vu trôner fièrement sur la pochette de « Infinity On High ». Et enfin, les fans les plus aguéris auront reconnu le fameux costume gris porté par le chanteur dans le clip de « Dance, Dance ». Une manière pour le groupe de montrer qu’ils sont prêt à aller de l’avant, et à produire un son neuf, bien loin du rock insolent de « Sugar We’re Going Down » !

« Church » se présente ensuite comme une histoire d’amour épique, où le thème de la passion se mêle au champ lexical de l’église et de la religion. Sur une mélodie impressionnante, les chœurs de gospel viennent confronter les guitares électriques pour un refrain et final explosifs. Alors que nous avons tout juste le temps de reprendre notre souffle, « Heaven’s Gate » vient reprendre ce thème de la religion, mais cette fois-ci plus en douceur. A mi-chemin entre un duo piano-voix et une pure production soul baignée de rock soft, la voix puissante de Patrick Stump vient ici réchauffer l’ensemble. Une petite accalmie au milieu de cet album survitaminé.

Une dernière fois, « Sunshine Riptide » vient faire cohabiter plusieurs genres. Ici, pas de soul mais des vibes hip-hop délicieuses dues à la présence de Burna Boy, un légère touche d’électro et évidemment, le rock agressif des Fall Out Boy. Il n’en fallait pas plus pour nous convaincre.

Les fans de science-fiction reconnaîtront ici la référence au film « Alien » et à l’android Bishop dans le titre du dernier morceau : « Bishops Knife Trick ». Quoi de mieux pour refermer ce nouvel opus qu’une chanson tout en simplicité où les instruments se répondent en harmonie sur une mélodie à la fois aérienne et puissante ? Entre douceur, mélancolie et rancœur, le chanteur se remémore des souvenirs passés et cherche à raviver la flamme de n’importe quelle manière. Un dernier extrait qui devrait gagner le cœur de plus d’un !

En définitive, 3 ans après leur dernier album « American Beauty/American Psycho », les américains de Fall Out Boy ne nous ont pas déçus. Certes « M A N I A » peut, à la première écoute, déconcerter et étonner, mais pour autant, si l’on creuse un peu, l’essence même de ce qui fait la popularité et la qualité de ces 4 musiciens est toujours là. A bonne dose de nouvelles sonorités et nouvelles expérimentations, le groupe semble vouloir aller de l’avant, et dépoussiérer leurs anciens succès. Alors, qu’en pensez-vous ?

« M A N I A » est disponible en téléchargement sur iTunes.