Le groupe Paramore était de retour plus énergique que jamais sur la scène de l’Olympia à Paris

Sept mois après leur passage tant attendu sur la scène du Grand Rex en juin dernier pour la promotion de leur nouvel album “After Laughter”, Paramore est de retour dans la capitale Française. Après « Tour One » qui fut une tournée promotionnelle (dont la date au Grand Rex) et « Tour Two » aux Etats-Unis, c’est exclusivement en Europe que « Tour Three » se déroule et les trois amis originaires de Nashville sont plus que prêts à délivrer une scénographie qui leur colle à la peau afin de conquérir l’Olympia.

Rappelez-vous, « After Laughter » est le cinquième album de Paramore, un album à la fois cathartique, éclectique et porteur d’espoir. C’est aussi l’album qui a marqué un important tournant dans la discographie du groupe : se caractérisant comme un groupe « non-genré », ce cinquième album a pour le moins viré de bord en termes de sonorités, offrant des touches de pop des années 80 décomplexée mais aussi des notes indie-rock ou post-rock, ce qui en fait l’album le plus ambitieux et créatif du groupe Paramore.

Paramore a-t-il su transposer cette nouvelle énergie sur scène ? Comment les anciennes chansons qui ont fait le succès du groupe coexistent-elles avec les nouvelles, une fois jouées sur scène ? Réponses maintenant !

Le public de l’Olympia a eu tout d’abord le droit à deux premières parties. La première, le groupe français Bagarre  a délivré une performance énergique et décalée, qui a beaucoup amusé l’audience. Mais c’est le groupe de rock américain mewithoutyou  qui a vraiment chauffé la salle, où l’on pouvait voir de nombreux fans scander les paroles au même rythme soutenu que le chanteur Aaron Weiss.

Puis c’est (enfin) le moment fatidique et la foule est déjà bien déterminée à accueillir Paramore comme des rois. Hayley, Taylor et Zac arrivent avec leurs musiciens sous les hurlements des fans et débutent alors le show avec « Hard Times », premier single du nouvel album, aussi coloré que dansant. Le choix parfait. Tout le monde se met alors à danser en rythme dès les premières notes reconnues. Personne n’est étonné lorsque Hayley se met à chanter « Heart Of Glass » de Blondie créant un pont entre les deux chansons aux accents pop décomplexée.

La scénographie illustre d’ailleurs parfaitement le sens et l’éclectisme du nouvel album: composé de 3 séries d’anneaux avec des motifs un brin psychédéliques qui se déplacent en cohésion, les lumières créent comme un effet de tornade émotionnelle au-dessus de la scène.

Le groupe enchaîne directement avec « Ignorance » sur une introduction instrumentale intéressante avec pour fond une batterie au rythme effréné pour le plus grand bonheur du public qui chante à s’en déchirer les cordes vocales. Il n’y a pas à dire, la plupart des fans ont grandi avec le groupe et bien que « After Laughter » a été si bien reçu, les premiers albums plus rock/emo sont bien ceux qui ont créé la fanbase du groupe. Sur scène « Ignorance » a par ailleurs été quelque peu réinventée et ça c’était prodigieux.

« Avant, dans nos précédents albums, on criait beaucoup. Mais en grandissant, on a compris que l’on pouvait s’exprimer sans forcément crier. Parfois, un murmure suffit. »

La fête continue avec un titre extrait de l’album précédent mais qui montrait déjà les prémices d’un son plus pop, « Still Into You » que Hayley Williams dédie à son groupe mais aussi aux fans, considérés comme le noyau et l’origine de la formation musicale (« This song goes out to Paramore »), avant de se calmer le temps de « Forgiveness », une ballade pleine d’espoir et tout le monde reprend son souffle sans oublier bien sûr de chanter en chœur.

C’est reparti avec « Fake Happy », « That’s What You Get », « I Caught Myself » et « Pool ». Ces quatre chansons, aussi différentes soient-elles les unes des autres, apportent un vent d’énergie et créent une atmosphère tantôt joyeuse, intense, explosive, tantôt rafraichissante. Hayley danse, saute, court à travers la scène, avec une énergie débordante et ne manque pas de rappeler trois ou quatre fois au public d’enfiler ses chaussures de danse. Et c’est bien ce que le groupe et le public vont faire toute la soirée !

Une autre ballade arrive : l’émouvante « Hate To See Your Heart Break ». Tout l’Olympia brille alors de mille feux grâces aux flashs des téléphones ou aux lumières des briquets. On assiste alors à une véritable communion entre le groupe et le public et quelle que soit la taille de la salle, la force de Paramore réside bien dans l’intimité que le groupe instaure instantanément avec ses fans. Les voix s’harmonient et résonnent dans la salle.

C’est ensuite au tour de « Caught In The Middle » et « Told You So » de faire trembler le sol de l’Olympia avant d’enchaîner sur « Idle Worship » et l’outro percutante « No Friend » où Aaron Weiss de mewithoutyou réapparait tandis qu’Hayley Williams, en retrait, s’allonge sur la scène. La performance est intense, Taylor York se déchaine sur sa guitare, Aaron Weiss entonne les paroles parlées avec une véhémence amplifiée, et l’ensemble sonore mais aussi visuel est sombre et puissant.

La tempête est passée, Paramore délivre les premières notes du très connu « Misery Business » et les fans hurlent les paroles comme si leurs vies en dépendait. Comme la tradition le veut, deux chanceuses personnes montent sur scène pour terminer la chanson aux côtés du groupe. C’est « Ain’t It Fun », chanson aux allures ensoleillées et groovy, se terminant sur fond de gospel qui conclue finalement le show en apogée joyeuse.

Quand il n’y en a plus, il y en a encore ! Le groupe revient sur scène sur fond de « Paramore ! Paramore ! Paramore ! » scandé par la salle entière. Une nouvelle ambiance s’installe, plus vintage, et le groupe entame « Grow Up » où Hayley, accessoirisée d’une casquette vintage et lunettes de soleil rétro sur les yeux, reprend la chanson « 20 something » de SZA, chanteuse pop-R&B. Zac Farro s’éloigne ensuite de sa batterie, et prend la vedette pour jouer « French Class », un titre de son propre groupe Halfnoise. Paramore et Halfnoise cohabitent le temps d’une chanson, et il n’y a pas à dire, cela donne la pêche. Hayley et Zac chantent en chœur et nous font même une petite démonstration de danse synchronisée !

La fin s’approche à grands pas et c’est « Rose-colored Boy », pur hymne pop qui termine la danse mixée à « I Wanna Dance With Somebody » de la grande Whitney Houston. Hayley conclue le show avec son légendaire « We Are Paramore ! » non sans avoir présenté précédemment tour à tour les membres du groupe en incluant bien sûr les musiciens de tournée. L’Olympia entier applaudit sans fin et on aimerait bien que le groupe revienne. Mais toute bonne chose a une fin et ce n’est que pour mieux revenir.

Nous avons été témoins d’un Paramore qui a su combler les différences sonores entre les différents albums sur scène et qui a su montrer qu’il est tout aussi amusant de les rapprocher que de les séparer. Le groupe a fait preuve de créativité, d’ambition et d’ingéniosité et cela se ressent aussi sur scène. Vivement la prochaine date française !

Photos: Ludivine Desumeur pour On The Move