Préparez-vous à un voyage flamboyant avec Mai Lan dans « Autopilote » !

C’est aujourd’hui que la française d’origine vietnamienne sort son second album, « Autopilote ». Déjà connue outre-Atlantique pour sa collaboration avec le groupe M83 et son apparition sur les grandes scènes de Coachella, Glastonbury, Governors Ball ou encore Sziget, Mai Lan signe ici treize morceaux prêts à se propager dans le monde entier. Multi-casquette, son nom raisonne aussi en Grande-Bretagne et sur la East Coast étatsunienne où elle s’est démarquée grâce à son talent de styliste et sa marque BezemyMailan. Pour la jeune femme, « Autopilote » est le moment de se mettre à nu et d’assumer son omnivorisme musical. Mai Lan a grandi dans une famille d’artistes, son père et son frère étant respectivement reconnus dans le monde du graphisme et du cinéma. Ses influences musicales sont donc multiples, et créent un cocktail explosif pour ce deuxième album. Ouvrez grand vos oreilles et vos yeux, On The Move vous décrypte « Autopilote » !

Vous connaissez probablement Mai Lan grâce à sa reprise du titre « Bâtards de Barbares » de La Caution : « Gentiment, je t’immole ». Un premier succès qui, reprenant en douceur un rap plutôt violent, anticipait quelque peu l’univers actuel de Mai Lan. La chanteuse mélange pop, hip-hop créatif, new wave, deep house, électro psychédélique… Un mix singulier et détonnant pour les oreilles qui donne clairement envie de suivre cette artiste à part.

J’ai une petite voix fluette, mais je ne voulais pas d’un truc genre guitare-voix toute douce. J’aime le rap, alors j’ai travaillé dans ce sens.

L’album semble fait pour répondre à toutes les situations du quotidien, en fonction des envies. Besoin d’énergie pure ? Mai Lan rappe sur des titres comme « Nail Polish » et son instru minimaliste quasi inquiétante, mais hyper rythmée. L’artiste semble perdre la tête sur ce titre. “I’m hearing voices inside, I wish I could show what it’s like” (“J’entends des voix dans ma tête, J’aimerais pouvoir dire à quoi elles ressemblent”). Le refrain totalement déjanté présente une Mai Lan presque arrogante, mais entraînante.

L’écoute de l’album et les sons sur lesquels elle rappe témoignent d’une maîtrise incontestable des procédés techniques et musicaux. Sa façon de répéter tel mot ou tel refrain, le jeu sur les sonorités comme sur la piste « Clermont »…chaque choix est mesuré. Et le plus impressionnant, c’est qu’elle le fait autant en anglais qu’en français.

Beaucoup de sensualité se dégage de certains titres comme « Missile » où elle demande clairement à son interlocuteur de la charmer… voire plus si affinités : « Turn me on (…) I need it, I want it ». Elle nous hypnotise totalement grâce à ses variations de voix et le choix d’une instru électrique à base de didgeridoo. On croirait devenir fou, à l’instar de sa voix sur la fin du morceau. Sûrement le plus surprenant de l’album.

On devinait son goût pour le rap grâce à ses coopérations avec le français Orelsan, notamment sur « Les Huîtres », titre coécrit avec l’artiste caennais. On les a retrouvés  tous les deux en novembre dernier sur YouTube, pour teaser le titre « Dial my number », où on retrouve une Mai Lan très énervée. L’artiste utilise ses cordes vocales comme véritables percussions sur ce titre, où sa voix féminine affirmée nous rappelle l’énergie d’une Jessie J ou d’une Ke$ha, d’ailleurs récemment revenue sur le devant de la scène internationale. Sur ce morceau, Mai Lan jongle une nouvelle fois avec les sonorités et les mots pour rythmer un son à tendance deep house, caractéristique de son univers déjanté.

La jeune femme a particulièrement travaillé les instrus électroniques d’« Autopilote », et ça se sent. La première piste, du même nom que l’album, expose des sons électroniques à la « Five Hours » (Deorro) et annonce le mélange d’influences à venir. Elle a choisi de poser sa voix en français sur ce titre qui dépeint son état d’esprit actuel. Ainsi, Mai Lan nous fait entrer dans son intimité, dans « [son]bordel ». Elle se met en autopilote, lâche le contrôle de sa vie, et « rouvre les plaies guéries. » En un sens, elle annonce avec ce morceau que tous les prochains seront sincères et spontanés.

Pour les amateurs de sons électros oversaturés qui prennent tout le corps, « Peru » et « Technique » sont à découvrir en priorité. Le premier est à base de rythmes hyper saccadés. Encore une fois, l’instru accompagne la voix autant que la voix accompagne l’instru. Mai Lan fait naître un accord parfait sur fond de musique synthétique. « Technique » porte bien son nom quant à elle. L’avant-dernière piste de l’album laisse rebondir les sonorités entre les différentes phases sur lesquels Mai Lan rappe à la Azealia Banks. Sa façon de s’approprier l’espace musical est en soi un exercice technique.

Sur « Vampire », morceau clippé où la jeune femme se montre combattive et sanguinaire, on peut trouver des sons plus acoustiques, mais qui ne perdent pas la pêche présente sur les autres pistes. « Haze » et son instru très douce dévoile quant à lui un côté plus sentimental et plus personnel de la jeune Mai Lan. Finalement, elle nous fait voyager dans différents univers, tous composants de sa personnalité.

Enfin, il faut parler de « Blaze up ». C’est le titre de l’album qui s’est fait connaître en premier aux Etats-Unis. Sûrement car il se rapproche plutôt du style de Pop US qui fonctionne bien en ce moment outre-Atlantique. Sur ce son, elle exprime tout son optimisme, et invite chacun d’entre nous à se laisser aller et à vivre le moment présent sans trop se soucier. Elle explique ce credo de vie dans un de ses podcasts : « (…) Pas anticiper, pas essayer de gérer toutes les situations. Il faudrait juste aller avec le mouvement, il faudrait juste embrasser le mouvement, et voir ce qu’il se passe ».

Une chose est sûre, Mai Lan est prête à toucher un public extra-large avec ce nouvel album. En passant par la pop, l’électro, le rap et toutes leurs variations respectives, « Autopilote » relève un défi impressionnant !

Et vous, convaincus par le second opus de Mai Lan ?

Le deuxième album de Mai Lan est disponible en téléchargement.