Sam Smith laisse transparaître ses sentiments avec ce deuxième album

Souvenez-vous, en 2014, une tornade soul s’abattait sur le monde, son nom : Sam Smith. Porté par une voix forte sur fond de musique mélancolique et mélodique, le premier album du britannique, « In The Lonely Hour » avait bouleversé les charts et marquait de son empreinte le paysage musical mondial. Après 4 grammy et une participation à la BO de James Bond avec « Writing’s On The Wall », Sam Smith avait pourtant pris le temps de travailler sur son album, sans se presser. 

Après près de 3 ans d’absence, le britannique est donc enfin prêt à nous partager son second opus. Rassurez-vous, le chanteur n’a rien perdu de sa superbe et s’apprête une nouvelle fois à nous toucher en plein cœur avec sa musique empreinte d’amour, de sentiments et d’une certaine mélancolie. Toujours très ouvert et sincère sur son ressenti et ses sentiments, le chanteur nous montre une nouvelle fois l’étendue de son talent avec un album très personnel et sensible. 

Composé de 14 titres, « The Thrill Of It All » nous promet de nous montrer une nouvelle facette du jeune Sam Smith, sans pourtant en oublier les fondamentaux qui ont bâti et ponctué sa carrière. OnTheMove l’a écouté pour vous et vous en parle ! 

Très simplement, l’opus s’ouvre sur un titre désormais bien connu des fans du chanteur : « Too Good At Goodbyes ». Premier extrait dévoilé par Sam Smith, cette délicate ballade piano met à nu les sentiments du chanteur et vient gentiment remuer nos sentiments. Accompagné de cœur tirant sur le gospel, la voix chaude et suave de l’artiste britannique vient habiller l’ensemble du morceau et y donner du relief. On salue également le battement régulier en fond d’enregistrement et l’accompagnement presque orchestrale qui nous en met pleins les oreilles dès le début.

« Ma musique est comme un journal intime, je suis quelqu’un de très sensible. C’est parfois difficile. « Too Good At Goodbyes », même si je ne veux pas trop en dire pour la laisser parler d’elle-même, évoque une relation dans laquelle j’étais l’an dernier… Elle raconte comment être bon dans l’art de se faire quitter. »

L’écoute se poursuit ensuite avec « Say It First ». Globalement dépouillée, la mélodie semble se situer entre un titre pop, une mélodie un brin électro, et empreinte également quelques sonorités soul. Si ce melting-pot nous permet d’apprécier pleinement la tessiture et maîtrise vocale du chanteur, il n’en est pas pour le moins étourdissant. Seul léger bémol, on regrettera peut-être le manque de relief et le profil un peu trop constant du morceau.

Avec « One Last Song », Sam Smith nous fait emprunter un premier, bien que léger, virage musical. Sur une mélodie chaloupée, le chanteur y ajoute des cuivres, des sonorités un brin jazz où s’insèrent des touches de gospel, et un rythme entraînant qui nous donne envie de danser. On se sait pas si c’est l’effet « fin d’année », mais ce titre nous donnerait presque envie de se blottir au coin du feu pour en profiter pleinement.

Sur « Midnight Train », Sam nous rappelle simplement que, parfois, il est bon de faire passer sa propre personne avant les besoins des autres. Un peu de self-love ne fait jamais de mal, et même si le thème de la rupture y est abordé, pas question d’avoir le cœur brisé ou de s’apitoyer sur son sort comme lorsque le britannique chante « Love you so much that I have to let you go / I’ll miss your touch and the secrets we both know /But it would be wrong for me to stay. »

Tirant sur notre corde sensible, « Burning » est probablement le morceau le plus joliment construit et pensé de ce second album. D’abord seule, la voix du chanteur est ensuite rejointe par un piano, puis quelques chœurs de gospel. A coeur ouvert, Sam nous parle de la période sombre dans laquelle il a plongé après une rupture difficile. En résulte ce délicat titre aux paroles plus que touchantes et sincères.

« Je me suis complètement laissé aller. Je l’ai fait parce que j’étais triste. Je buvais beaucoup, je sortais trop. Je me souviens m’être regardé dans le miroir et de m’être dit : « Assez ». Je devais prendre soin de ma voix. »

On retrouve enfin un peu de baûme au coeur avec « HIM ». Avec ce simple titre, le chanteur s’assume pleinement et nous chante un hymne à l’amour lorsqu’il écrit « I walk the streets of Mississippi / I hold my lover by the hand / I feel you staring when he is with me / How can I make you understand? ». En tout cas, le titre dénote presque radicalement du morceau suivant « Baby, You Make Me Crazy ». Sur une mélodie explosive où les trompettes rejoignent la batterie et les voix gospels, on ne saurait presque plus où donner de la tête. Pourtant, la recette fonctionne plutôt bien, et on adhère joyeusement !

Le seul featuring de l’album réside dans « No Peace », une délicieuse composition pop où les voix de Sam Smith et YEBBA se complètent, sans se dominer. Sur une mélodie profonde et un tantinet sombre, les deux chanteurs s’affrontent et nous parlent d’un amour brûlant et intense.

Retour aux fondamentaux avec l’émouvant « Palace » où le thème de la rupture est de nouveau présent. Puis, sur « Pray », on retrouve enfin l’empreinte soul du britannique. En tout honnêteté, le chanteur avoue qu’il n’est pas un « saint » mais plutôt un « pêcheur ». Si l’on tend bien l’oreille, on remarque que quelques sonorités electro et hip-hop viennent agrémenter la base soul et profonde de l’enregistrement.

« Après avoir passé 5 jours à Mossoul, je me suis rendu compte que je ne connaissais pas grand chose des gens et du monde qui m’entourait. Ça m’embarrassait. J’ai l’habitude d’écrire sur le thème de l’amour, mais je ne m’étais pas encore assez intéressé aux autres. A aujourd’hui 25 ans, j’ouvre enfin les yeux, et je réalise que ce n’est pas joli pour tout le monde. Le monde n’est pas tout noir ou blanc. C’est de ça que je veux parler dans « Pray ». »

On retrouve une nouvelle fois cette empreinte soul sur « Nothing Left For You ». Puissant, ce titre semble être taillé pour résonner dans les plus grands stades du monde. Sur la construction et la composition, ce morceau n’est d’ailleurs pas sans nous rappeler les sonorités et rythmes qu’affectionne un autre de ses compatriotes : Nathan Sykes. Même voix puissante et grave, même sensibilité soul… A quand un duo des plus émouvants et explosifs ?

L’écoute touche progressivement à sa fin avec, tour à tour, le touchant et impressionnant « The Thrill Of It All », qui donne son nom à l’opus, et le délicat « Scars ». Si l’un permet au chanteur de nous offrir une démonstration vocale remarquable, l’autre, plus simple, se présente comme une jolie déclaration de Sam Smith à sa famille et ses amis, le tout accompagné de quelques accords de guitares. Il n’en fallait décidément pas plus pour nous convaincre du talent du jeune homme.

Pour refermer cet album, « One Day At A Time » nous incite à prendre notre temps, comme un sympathique clin d’œil au temps que le chanteur a eu soin de prendre pour se retrouver et composer cet album. Car, oui, il en fallu du temps à Sam Smith pour nous offrir cette pépite musicale, pleine de mélancolie et de sentiments mis à nu.

Dans la veine de son premier album « In The Lonely Hours », le chanteur nous en met plein la vue et nous régale, mais remue également nos sentiments en nous présentant sa mélancolie et sa douleur à travers ces 14 titres. Pour les plus chanceux, vous aurez la chance d’apprécier certaines de ces compositions live lors du passage de Sam Smith à Paris le 30 avril prochain, à l’occasion de « The Thrill Of It All Tour ».

« The Thrill Of  It All » est disponible en téléchargement sur iTunes.