Maroon 5 combine pop légère et belles surprises dans son nouvel album !

Trois ans après leur dernier album « V », Maroon 5 est de retour avec son sixième album « Red Pill Blues ». Avec l’éclectisme des premiers extraits comme le surprenant « What Lovers Do » ou le plus calme « Whiskey », les Californiens en avaient dérouté plus d’un sur le ton de l’album à venir. C’est en réalité le vrai parti-pris de « Red Pill Blues » : 15 titres pour expérimenter et multiplier les collaborations. Mais si le groupe, formé en 1997, n’a plus rien à prouver et ose s’essayer à différents genres, il nous parle toujours d’amour.

Tout d’abord,« Red Pill Blues » comporte 10 titres inédits et 5 sortis en version single. Et c’est un vrai hommage à la pop ! Que ce soit par le son ou par les éléments qui l’entourent, Maroon 5 nous montre son attachement à la pop culture. Ainsi, le titre de l’album fait référence au film culte de science-fiction « Matrix ». Il fait allusion au choix que le héros Neo doit faire entre la pilule rouge de la connaissance et la pilule bleue de l’ignorance.

De plus, la pochette vient accentuer la légèreté. En effet, on y retrouve des portraits des membres du groupe sur lesquels on a ajouté des filtres Snapchat décalés. L’aspect amateur pris au téléphone et amusant des photographies nous montre bien que le groupe fait ce qui lui plaît. Une idée qui se ressent d’autant plus dans la musique. Car si Maroon 5 reste pop-rock, il puise désormais aussi bien dans la pop que dans le r’n’b ou dans les musiques électroniques.

Maroon 5
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Avant tout, l’album surprend par son nombre impressionnant de collaborations. Ainsi, 6 titres sont des featurings, principalement avec des artistes issus du Hip-Hop. Par exemple, on retrouve A$AP Rocky sur « Whiskey », LunchMoney Lewis sur « Who I am » ou encore Kendrick Lamar sur le désormais tube « Don’t Wanna Know ».

Mais de ces collaborations, on retiendra surtout les trois extraits déjà dévoilés au public. « What Lovers Do » avec SZA, présenté comme le lead de l’album, est définitivement plus catchy que les autres. Sur ce titre, la pop acidulée des Californiens est parfaitement maîtrisée.

Placée au milieu de l’album, on trouve la délicate ritournelle pop « Help Me Out » avec Julia Michaels. C’est la pause douceur dont on avait besoin. Par ailleurs, King Henry et Diplo sont à la production de ce titre.

Le groupe a aussi décidé de faire figurer sur « Red Pill Blues », le plus expérimental « Cold », en collaboration avec Future. Le titre vient clôturer l’album. Ainsi, il apparaît comme un bon condensé du nouveau son de Maroon 5 : pop-rock entraînante et influences rap et r’n’b.

Nous voulions faire quelque chose de plus sombre, avec plus d’engouement, plus de vibes, plus mystérieux. Et je pense que c’est ça, le ton de l’album ! »

Outre ces importantes collaborations, le sixième album de Maroon 5 se caractérise par des morceaux pop et accessibles. Adam Levine aime nous parler d’amour et cet opus ne fait pas exception. Sur la ballade pop et r’n’b « Wait », le chanteur regrette d’avoir laissé partir l’amour de sa vie. Et sur « Best 4 U » il nous parle de ne pas être assez bien pour quelqu’un, le tout posé sur un arrangement électro et Hip-Hop.

Parmi ces titres plus pop, « Plastic Rose » se révèle comme une très belle surprise. Le titre est résolument le plus pointu en matière d’électro, allant presque jusqu’à la house. Le charme opère lorsque Adam Levine crée par sa voix une atmosphère sombre et mélancolique. Certains seront peut-être déroutés par ces sonorités, assez éloignées de celles  que l’on connait de la part de Maroon 5.

Une autre pépite de l’album est la très belle et sensible « Lips On You », co-écrite par Charlie Puth et Julia Michaels. Le style n’a rien avoir avec la précédente chanson et on pourrait presque s’attendre à du Chris Isaac sur les premières notes. La suite n’est que douceur. Sur ce titre, Adam Levine montre sa parfaite maîtrise du chant et nous rappelle qu’il est capable de puissance autant que de subtilité.

Pour les nostalgiques, « Denim Jacket » rappelle les classiques du groupe. C’est peut-être intentionnel puisque le titre nous parle de regrets et d’une période révolue : « But I miss you and that denim jacket / I let you get away / I let you get away ».

Après l’aspect pop et les collaborations, l’expérimentation est véritablement la troisième récurrence de cet album. Par exemple, certaines chansons permettent au groupe de mélanger les bases pop-rock de leurs débuts avec leurs plus récentes inspirations. Ainsi, « Girls Like You » débute sur une rythmique à la guitare acoustique. Et « Bet My Heart » joue sur une rythmique à la fois électro et à la guitare.

« Visions » est avec « Closure », l’un des titres les plus étonnants de cet album. Alors que l’on commençait à s’habituer au mélange électro-pop-r’n’b, Maroon 5 emprunte la rythmique du reggae. Si le thème reste habituel, Adam Levine adapte sa manière de chanter à ce nouveau style. Si l’essai n’est pas totalement convaincant, on approuve en revanche l’expérimentation.

Enfin, « Closure » est vraiment la preuve que le groupe fait ce qu’il lui plaît. Sur 11 minutes, 8 ne sont que de l’instrumental. Un peu psychée avec sa guitare électrique et accompagnée d’un saxophone, on ne sait si la chanson s’inspire davantage des très longs solo rocks des années 70 ou des improvisations jazz. Placée au milieu de l’album, c’est le véritable ovni de « Red Pill Blues ».

Il paraît décidément loin le temps de « Songs About Jane » ! Le groupe joue avec les styles et semble bien décidé à continuer. Si les membres de Maroon 5 assument leur côté pop, ils n’hésitent plus à expérimenter. Tant pis si les morceaux ne sont pas tous des tubes ! Plus audacieux, ce sixième album ne dévoile pas toutes ses facettes dès la première écoute. On vous invite à réitérer l’expérience afin d’en apprécier toutes les subtilités !

Red Pill Blues est disponible en téléchargement sur iTunes.