Le canadien ravit le public français pour la dernière date de sa tournée européenne !

Il y a maintenant près de 10 ans, vous avez tous fredonné l’air de la ballade folk « After Tonight »… Et depuis, Justin Nozuka a fait du chemin ! Après le succès de son premier album « Holly » en 2007, dans lequel se côtoyaient d’excellents singles tels que « Mr Therapy Man », « Criminal » ou « Be Back Soon », Justin Nozuka n’a eu de cesse de composer, expérimenter, prendre des risques et se retirer, parfois, pour mieux revenir.

En 2010, son second opus « You I Wind Land and Sea » constituait une suite logique à « Holly », bien que plus mature et plus nuancé. Un véritable tournant est marqué en 2014 avec l’album « Ulysees » dans lequel l’artiste ose véritablement rompre avec les formats et sonorités attendus de sa part. Dans cet opus, comme dans un petit laboratoire personnel, Justin Nozuka joue sur les structures, les longueurs, les mélodies, s’essayant parfois au tout a cappella et au tout instrumental. Après cet album nécessairement moins consensuel mais néanmoins réussi, Justin Nozuka revient aujourd’hui progressivement sur le devant de la scène, révélant petit à petit le contenu de son prochain disque. Avec l’EP « High Tide » dévoilé le 22 Septembre dernier, il effectue un retour à ses premières amours et à une folk solaire.

Le 8 Octobre dernier, Justin Nozuka renouait avec son public français pour la dernière date de sa tournée européenne… et c’était comme si on ne l’avait jamais quitté ! 

Le lieu est bondé et il fait déjà très chaud lorsque nous entrons dans la salle des Etoiles. La première partie a déjà débuté. Un grand gaillard et sa guitare habite la scène d’une présence hypnotique et d’une voix puissante. On l’avoue, on ne sait pas encore qui il est mais il en impose sérieusement. Fabrizio Cammarata porte avec lui toute la dualité de son Italie d’origine : la délicatesse de la dolce vita couplé à un tempérament latin de feu. L’artiste interprète une sélection de titres de ses précédents EPs dont son dernier single « Come And Leave A Rose ». Il charme le public avec quelques ballades séduisantes et fiévreuses mais brille véritablement lorsque ses titres sont empreints de rock puissant et écorché. Là où l’artiste laisse une empreinte indélébile sur le public, c’est lorsqu’il entonne, en toute fin de set, sa propre version de « La Llorona », chanson traditionnelle mexicaine sur une légendaire femme à la présence fantomatique. Un véritable moment de grâce . Fabrizio Cammarata dévoilera son album « Of Shadows » le 17 Novembre prochain. Et on suivra ça de très près !

 

Après cette chouette découverte, Fabrizio Cammarata se fond lui-même dans la foule pour écouter la tête d’affiche de la soirée : Justin Nozuka.

Le canadien, accompagné de ses 3 musiciens, inaugure son set comme il ouvrait son premier opus, avec le titre « Down In A Cold Dirty Well » dont l’énergie est nettement ravivée pour le live. A notre plus grand plaisir, l’artiste a finement réarrangé ses titres pour la scène, leur donnant davantage de caractère et de relief qu’en version studio. Une corde déjà cassée sur son instrument fétiche en témoigne !

Avec « Be Back Soon » et ses riffs de guitare à l’esprit de vieux western, l’effet est immédiat. Son public, fidèle à travers les années, entonne joyeusement les paroles. Grâce à une setlist qui empreinte les titres les plus fédérateurs de tous ses albums, Justin Nozuka n’aura de cesse de nous faire faire des bons dans le temps. Après un retour à ses classiques, cap sur l’avenir ! « All I Need » est le premier single d’un album que Nozuka dévoilera pas à pas sous formes de divers EPs dans les mois à venir. Le charme opère, grâce à une mélodie légère qui véhicule avec elle des images de grands paysages. Un peu d’air frais et de grands espaces dans la densité parisienne.

« No Place In Mind » est également extrait de « High Tide », premier EP de cette collection à venir. Ce ravissant hymne au lâcher-prise nous appelle à partir sac sur le dos, sans itinéraire préalable, juste poussés par les éléments et nos propres envies. Franchement, on aimerait bien !

Justin Nozuka entrecoupe ses prestations de quelques mots chaleureux à l’adresse de son public, pour introduire ses titres. Il enchaîne avec la période « Ulysees » en reprenant le morceau « Right By You ». Justin Nozuka étire cette ballade habitée et langoureuse encore plus qu’à l’habitude, accentuant le caractère plaintif du titre grâce à ses vocalises identitaires. Et ça marche ! Les guitares et basses n’ont pas le temps de se refroidir qu’elles servent déjà une interlude instrumentale énervée. De quoi finir de prouver que le musicien a bien plus de ressources que ce que ses quelques gros succès populaires laissent entendre. De la même manière, « Swan In The Water » monte subtilement en puissance avec d’exploser !

 

Pendant toute cette soirée, Justin Nozuka alterne performances vigoureuses et propositions plus calmes, comme sur « Gray ». A la suite de ce titre hanté (« Come take my soul away ») se préfigure l’un des plus beaux moments de la soirée, lorsque Nozuka annonce « Hollow Men ». Il explique en avoir écrit le texte lorsqu’il avait 15 ans, inspiré par les récits de soldats au front. Il en a aujourd’hui 29, ce morceau continue de le suivre et la performance qu’il en donne est toujours particulièrement émouvante. Il baisse le micro vers sa guitare pour laisser résonner sa voix seule, dans la salle. Un silence religieux règne.

 

Les deux titres suivants auront l’effet d’une Madeleine de Proust. Sur « Golden Train », un délicat choeur parisien s’organise spontanément dans la fosse, accompagnant le chanteur dans un murmure. De la relation entre Justin Nozuka et son public émane beaucoup de bienveillance et de complicité réciproque. Les personnes qui l’écoutent sont visiblement là depuis le premier album, et semblent le remercier pour tout ce qu’elles ont vécu sur ses titres, depuis maintenant plusieurs années. Et on accueille ce doux moment de nostalgie avec grand plaisir.

Si certains étaient encore restés de marbre jusque là, « After Tonight » ramène toute la salle à ses jours adolescents. « I know that after tonight, You don’t have to look up, At the stars no no no no ». Les paroles reviennent comme si on n’avait jamais cessé de les fredonner.

 

Le canadien enchaîne rapidement sur l’impétueux « Woman Put Your Weapon Down », comme s’il ne voulait pas non plus s’attarder sur le tube qui l’a fait connaître. Et déjà le set touche à sa fin. Justin Nozuka lance un « Paris, je t’aime ! A bientôt ! ».  Evidemment, il regagnera la scène quelques secondes plus tard pour un rappel. L’artiste nous offre un deuxième délice a cappella du nom de « Sail Away Mama » (et on ne se lasse jamais de ce genre d’interprétation, sans artifice) ainsi que « Heartless », titre phare de son second album.

Le morceau s’évapore sur la répétition de cette même ligne : « One million miles away, I’ll still find you, I’ll still find you » à laquelle Paris répond d’une seule voix. La promesse est scellée. Même à l’autre bout du monde, depuis ses terres canadiennes, Justin continuera de toucher le public français, c’est certain !

Retrouvez très prochainement notre interview avec Justin Nozuka sur le site et dans On The Move Magazine.

Le dernier EP de Justin Nozuka « High Tide » est disponible en téléchargement.