Rencontre avec Ofenbach, la relève de la scène électro parisienne

Depuis le début de l’année, le duo français composé de César Laurent de Rummel et Dorian Lauduique enchaîne les succès. Après le tube « Be Mine », ils reviennent avec « Katchi » déjà 1er des ventes singles sur iTunes France. En pleine préparation de leur nouvel album, nous sommes allés à leur rencontre. Nous avons parlé de leurs succès, de leur style, de leurs influences et de leur premier album à venir.

On The Move : Salut Ofenbach, nous sommes très heureux de vous rencontrer ! Vous êtes nominés pour les NRJ Music Awards en tant que meilleur groupe/duo francophone de l’année, félicitations ! Ça vous fait quoi d’être nominés dans cette catégorie ?

Dorian : Salut On The Move ! Oui, on est super content. Surtout qu’on regarde cette cérémonie depuis très longtemps et ça fait un peu rêver de savoir qu’on y sera pour de vrai. (rires) On est très heureux d’être dans cette catégorie groupe/duo plutôt que dans notre catégorie DJ. Parce qu’avant tout, nous sommes musiciens ! On a commencé par faire pas mal de groupes avec César avant l’électro et donc être dans cette catégorie, ça nous rend super fiers.

On The Move : D’ailleurs, votre nom Ofenbach vient du compositeur Jacques Offenbach. Vous avez dit que c’était un moyen de montrer que vous aimiez toutes sortes de musiques et non pas seulement l’électro. Pourquoi c’est important pour vous qu’on ne vous rattache pas un style ?

César : On cherchait un nom quand on a commencé à mixer dans des petits bars à Paris. On a trouvé chez moi la partition de Jacques Offenbach sur le piano, ça sonnait bien alors on l’a gardé et on a enlevé un « f ». Mais ça montre aussi notre attachement à la musique et pas seulement à l’électro. Car on ne veut pas se cantonner à un style. On a a fait partie de beaucoup de groupes de rock, on a été influencés par cette musique. On a vraiment voulu montrer notre amour du rock dans notre musique avec des chansons comme « Be Mine » ou « Katchi ». On pense aussi que les mélanges de styles de musique apportent vraiment quelque chose de nouveau. Un mélange de styles crée un nouveau style. C’est un truc auquel on croit et qui nous motive beaucoup parce que ça nous permet de continuer à faire du rock d’une autre manière.

On The Move : « Be Mine » est votre premier gros tube. Quel impact il a eu pour vous ?

César : Cela a changé beaucoup de choses ! Ça nous a permis de tourner beaucoup plus et surtout de croire en notre musique. Ça nous donne encore plus confiance en nous et nous apporte de belles opportunités. Aujourd’hui, on travaille, on est content des festivals dans lesquels on joue.

Dorian : On est content de tout le monde sauf de notre manager ! (rires, le manager est assis juste à côté)

César : Non mais vraiment, maintenant c’est notre vie la musique ! On a tout plaqué pour ça ! (rires) Disons que ça faisait un an avant « Be Mine » qu’on avait tout plaqué pour la musique. Et ça nous a conforté dans nos choix. On a toujours vécu pour la musique mais maintenant, on peut vivre de la musique.

On The Move : Sur ce titre, vous avez ajouté de « vrais » instruments comme une guitare électrique et un piano/orgue. Est-ce que ça a influencé la manière dont vous faites de la musique aujourd’hui ?

Dorian : Pour l’instant en live, on joue principalement des DJ sets. On adore ça ! Mais après, sur des émissions de télé ou quand on nous le demande en radio, on peut faire du live avec d’autres instruments. On le développera peut-être au fur et à mesure mais pour l’instant on veut vraiment rester sur la partie DJ.

César : Par contre, l’électro a changé radicalement notre manière de jouer en live puisque avant, on montait en groupe sur scène, avec batteur, bassiste, guitare… Cela faisait mal à la tête ! (rires)

Ofenbach
© Alexis Montuelle

On The Move : Votre nouveau single « Katchi » est d’abord un titre de Nick Waterhouse. Comment s’est faite cette collaboration ?

César : En fait, après « Be Mine », on cherchait un deuxième single dans le même genre mais qui n’en soit pas une copie conforme. Parce qu’on voulait faire quelque chose de différent mais rester dans le même esprit rock. On a découvert ce titre de Nick Waterhouse, on se disait qu’on connaissait ce tube des années 60, avec ce gimmick « Doo-wop-a-doo-wop ». Mais en réalité, ce titre est sorti début 2016. C’est vraiment incroyable, il a été enregistré sur bandes avec des techniques des années 60. Du coup, on a pris contact avec Nick Waterhouse, on lui a proposé d’en faire notre version électro et ça lui a plu. Il a réenregistré toutes les voix, on a pu avoir les stems et on a retravaillé le titre. Puis on l’a rencontré, c’était super sympa. On a joué avec lui dans l’émission « Quotidien ». Après, il vit à Los Angeles donc c’est compliqué de l’avoir tout le temps avec nous.

On The Move : Comment est-ce que vous travaillez ensemble ?

Dorian : On travaille comme avec des puzzles. L’un de nous commence sur partie et ensuite, on échange sur internet. Chacun avance de son côté et pour finaliser les tracks, on se rejoint.

César : On habite à 100m l’un de l’autre mais on utilise quand même internet ! Ça va plus vite ! (rires)

Dorian : On fixe le rythme, la grille d’accords et les mélodies en premier.

César :  Sur « Be Mine », c’est parti de la boucle de contre-basse et Dorian avait fait une ligne de voix en yaourt dessus. Tout s’est construit autour de ça. On a rajouté les claviers, les guitares… En général, on fait du yaourt, des mélodies de voix sans vraies paroles et après, on écrit.

On The Move : Donc, pour l’instant, l’écriture est plus secondaire pour vous ?

Dorian : Vu qu’on est vachement inspirés par le rock, ça parle souvent de filles et de fêtes. Il y aura sûrement des chansons un plus profondes dans l’album qui parleront de ce que l’on ressent en ce moment. Après, on a toujours été des gens heureux donc c’est peut-être pour ça ! (rires)

On The Move : Dorian, tu chantes sur « Be Mine ». Tu n’as pas envie de chanter davantage sur vos chansons ?

Dorian : Ce n’est pas une volonté car on veut que l’album soit varié. Aussi, on veut pouvoir explorer différents grains de voix. Par exemple, il y a une grande différence entre Nick Waterhouse et moi. Et le chanteur du troisième single aura encore un grain différent. Après, je chanterai sûrement sur une autre chanson de l’album.

César : Et puis, faire de l’électro ça permet de varier ! Ce n’est plus comme avant où, dans un groupe, par exemple, on écoutait constamment la même voix. C’est vraiment quelque chose qui permet d’apporter de la fraîcheur à son projet. Si on veut une voix de fille, on peut prendre une voix de fille. Et pour le public, c’est intéressant d’aller à un concert et de voir pleins de chanteurs se relayer. On veut d’abord trouver notre cohérence dans le son !

On The Move : Pour l’instant, vous avez toujours fait appel à des chanteurs pour vos musiques. Est-ce que c’est parce que ça vous représente ?

Dorian : C’est marrant mais même, pour l’album, il n’y aura pas forcément de chanteuse. Peut-être pour un titre et c’est une chanteuse qui a un grain de voix très spécial et très rock. Mais c’est aussi parce que les groupes de rock que l’on écoute ont souvent des chanteurs et ça doit probablement nous influencer. Donc instinctivement, on va vers ce type de voix.

On The Move : Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus sur la préparation de votre premier album ?

César : L’album va suivre cette trame de la deep house – rock que l’on développe depuis « Be Mine ». On essaye à chaque titre de trouver une originalité. On veut que cet album soit varié et ne pas faire que des titres « boum-boum ». (rires) On va aussi faire des titres plus posés. Ce sera un mélange à 50/50 entre remixes comme pour « Katchi » et créations originales comme « Be Mine ».

Dorian : Ce sera comme un vrai album de rock avec des chansons dansantes et d’autres un peu plus tristes, des slows… Notre but, ce serait de le sortir avant l’été mais on ne sait jamais, ça peut toujours prendre du retard. Tant que la date n’est pas fixée, on ne peut rien dire de précis.

On The Move : Vous faites pas mal de remix. Est-ce une démarche importante pour vous ?

Dorian : Quand tu remixes, comme ce n’est pas ta propre chanson, cela te permet de l’apprécier d’autant plus en l’écoutant. Quand c’est ta propre mélodie, tu as un peu moins d’objectivité que quand tu travailles sur les chansons des autres.

César : Mais, ce sont deux très bons exercices !

On The Move : De la même façon, vous avez sorti des EPs de vos titres remixés par d’autres artistes. Est-ce que vous allez en faire un pour « Katchi » ?

César : Il est quasiment prêt, bien sûr que l’on va sortir un nouvel EP de remix ! Souvent, on fait remixer les chansons par des gens qu’on connaît. C’est toujours intéressant d’avoir le point de vue d’autres producteurs sur la chanson. Ça montre qu’en fait, il y a un milliard de possibilités pour construire un titre. Comme ça, en fonction des soirées, des clubs, ça permet à nos potes de passer leur version de nos morceaux.

On The Move : Un artiste ou un titre que vous avez envie de remixer ?

Dorian : On aime bien Patrick Sébastien ! (rires)

César : Non mais ça serait cool d’avoir en collab ou même en remix, une voix vraiment rock comme Jack White. On a aussi remixé un groupe qui s’appelle Portugal. The Man, un groupe d’alt-rock américain qui cartonne avec ce titre. C’était un exercice hyper intéressant et c’est complètement dans notre style aussi : de la musique alternative avec un son un peu western.

Ofenbach
© Alexis Montuelle

On The Move : Que ce soit dans votre musique ou dans vos clips, vous avez un rendu qui fait très américain. Notamment, dans le clip de « Katchi », on se croit en plein désert californien. Est-ce que c’est un pays qui vous inspire ?

Dorian : En fait, « Katchi » a été tourné en Espagne.

César : Beaucoup de westerns spaghettis ou ceux de Clint Eastwood étaient tournés dans ces déserts là. Parce que c’était plus facile ou pour des questions de budget. Il y a beaucoup de clips qui sont tournés là-bas, les paysages sont incroyables !

Dorian : Sinon les États-Unis, c’est un pays avec une culture rock donc on se sent proche. Et on adore y aller, on se sent bien là-bas.

On The Move : Du coup, en décembre, vous allez faire votre première tournée aux États-Unis, vous avez hâte ?

César : Oui, en décembre, on a 11 dates en deux semaines. Ça va être super, on va se faire un énorme tour. On passe par New York, Washington, Los Angeles. On va aussi un peu au Canada, à Montréal et à Vancouver. On va vraiment voyager là-bas !

Dorian : Par contre, c’est un peu problématique parce que les gens vont comprendre les paroles. Donc ce n’est peut-être pas si bien que ça ! (rires)
César : Mais, toutes nos inspirations sont anglo-saxones, ça allait de soit d’écrire en anglais.

On The Move : Effectivement, vous citez comme influences les grands groupes de rock comme les Rolling Stones et Supertramp entre autres. Est-ce qu’il y a des contemporains qui vous inspirent ?

Dorian et César : Portugal. The Man !

César: Y a aussi un groupe génial qui s’appelle The War On Drugs. C’est un groupe un peu rock psychédélique mais vachement moderne.

Dorian : On aime bien, dans la scène française électro, Feder, Kungs… Il y a une nouvelle scène électro qui est vraiment intéressante !

On The Move : Est-ce que vous collaborez un peu avec eux ?

César : On les connaît parce qu’on a fait beaucoup de dates, de plateaux radio avec eux. On les a tous déjà rencontrés mais chacun à son style, son originalité. Il n’y a pas spécialement de collab prévue, tout le monde se développe dans son style.

Dorian : Il y a eu une collaboration entre Petit Biscuit et Møme mais ils viennent vraiment de la même scène. Mais un jour peut-être, on ne sait jamais…

César : Après, nous sommes une perpétuelle collaboration puisqu’on est déjà deux ! (rires)

On The Move : Quelles sont les collaborations qui vous font rêver ? Portugal. The Man ?

César : On adorerait faire une collaboration avec quelqu’un qui est à mille lieues de l’électro. Ce qui s’est un peu fait avec Nick Waterhouse et qu’on pourrait faire avec Jack White ou Portugal. The Man.

Dorian : C’est vrai qu’on a fait un remix de Portugal. The Man donc on y a pas pensé mais faire une vraie chanson avec eux ce n’est pas une mauvaise idée. En plus, on est dans le même label !

On The Move : Pour finir, ça ne vous tente pas de mélanger l’électro avec d’autres styles que le rock ?

Dorian : Alors dans l’album, on va peut-être mettre du rap. Vous voyez la chanson « Walk This Way » d’Aerosmith et RUN-DMC, c’est un mélange de style qui collait vachement bien ! On aimerait bien faire ça pour l’album entre rap et rock.

César : Mais ça restera du rap vintage !

On The Move : Bon, c’était ma dernière question !

Dorian : Ah ben je crois que là, on a vraiment tout dit ! (rires)

 

Le dernier single d’Ofenbach « Katchi » est disponible en téléchargement.