Nothing But Thieves est plus rock que jamais dans son second album « Broken Machine »

Nous vous avions déjà parlé, en 2015, du groupe de rock alternatif composé de Conor Mason, Joe Langridge-Brown, Dominic Craik, James Price et Philip Blake. Aujourd’hui, les présentations ne sont plus à faire. Après un premier album largement plébiscité par le public et après avoir assuré la première partie de Muse pour la tournée «Drones », Nothing But Thieves revient avec « Broken Machine », un album rock puissant mais aussi plus sombre dans ses thématiques.

Dans leur premier album éponyme, le groupe d’amis, originaire de l’Essex, nous présentait leur vision du rock : mélodique, rythmé et porté par la voix impressionnante de son chanteur, Conor Mason. On retient principalement de cet album les titres « Itch », « Trip Switch », « If I Get High » et « Ban All The Music » dont l’écriture et la production montrent leur savoir-faire et amorcent la transition vers des sonorités plus complexes et plus personnelles.

« Broken Machine » est le fruit de deux ans d’écriture et de production. Lors de leur première tournée, le groupe a profité des longs moments sur la route pour composer ce second album. Influencés par leur quotidien et les expériences difficiles qu’ils ont rencontrés, celui-ci se révèle plus sombre et plus nuancé dans ses mélodies.

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L’album s’ouvre avec « I Was Just A Kid ». Le groupe nous propose un son résolument rock transcendé par les envolées du chanteur pendant les refrains et rythmé par les riffs puissants des guitares électriques. Comme un repère pour son public, ce morceau assure la continuité avec l’album précédent, cristallisant l’influence des sonorités de Muse.

Sorti en mai dernier, le second morceau « Amsterdam » vient appuyer la transition vers un univers plus sombre. Sur un son très rock, dont certains passages évoluent vers le punk, Nothing But Thieves évoque Amsterdam comme la ville capable d’apaiser leur tourments.

Après un début énergique, le groupe ralentit le rythme avec les titres « Sorry » et « Broken Machine ». Probablement l’un des meilleurs titres de cette album, « Sorry » révèle toutes ses nuances. Avec sa ligne mélodique tout en retenue, le morceau est une respiration dans la tracklist de l’album. « Broken Machine » se démarque, lui, par ses sonorités plus pop et plus mélancoliques, avec une voix presque robotique sur les refrains. Le titre aborde le thème de la santé mentale qui fait écho au passage difficile qu’a traversé le chanteur pendant la première tournée. Une période qui a affecté l’ensemble du groupe et qui est évoquée à plusieurs reprises dans cet album.

Comme le calme avant la tempête, les titres précédents permettent à Nothing But Thieves de revenir avec un morceau énervé presque agressif : « Live Like Animals ». Un mélange étonnant où Connor alterne entre rap et envolées lyriques pour critiquer les médias anglais plus intéressés à faire du « buzz » qu’à informer son public. Puis comme un écho à « Broken Machine », « Soda » vient apporter de la douceur et de la sensibilité, accentuées par une voix mélancolique.

À l’instar de « I Was Just A Kid », « I’m Not Made By Design » traite de la religion. Connor délivre les paroles dans un murmure tandis que le rythme rapide marqué par la guitare fait monter la tension. Le refrain est à la hauteur de cette attente : une voix qui s’envole dans les aiguës sur des accords de guitares enflammés.

« Particles » aborde les difficultés que chacun peut traverser et comment les surmonter en tant que groupe. Avec son potentiel de tube, le morceau confirme toute la puissance de Nothing But Thieves. « Get Better » et « Hell, Yeah » continuent sur cette thématique. Si le premier se révèle assez dynamique et entraînant, le suivant apparaît comme la plainte de trop. Malgré une jolie performance du chanteur, « Hell, Yeah » se fait plus monotone et retient moins notre attention.

« Afterlife » apparaît comme LA ballade de cet album. Tout en subtilité, porté par une voix quasi-fantomatique, le morceau est une pépite aérienne et mélancolique. L’album se conclut par « Reset Me » et « Number 13 » des titres plus rock et puissants que l’on rapprochera des premiers morceaux de l’album. « Broken Machine » se termine comme il avait commencé, une voix éclatante sur des riffs de guitares énervés.

Nous sommes extrêmement fiers de ce nouvel album, chaque chanson est un côté de notre personnalité collective. C’est à la fois ce que nous voulons dire et qui nous sommes en tant que groupe aujourd’hui. »

Le second album de Nothing But Thieves « Broken Machine » se révèle plus sombre que le premier. Marqués par les expériences personnelles de leurs auteurs, les textes sont plus engagés tout en gardant une dimension poétique. La production est quant à elle, plus maîtrisée et plus aboutie. On notera quelques répétitions, certains titres un peu redondants ou des thèmes un peu trop récurrents. Mais si l’album n’est pas parfait, il témoigne de l’évolution du groupe :  Nothing But Thieves a trouvé son univers, du rock aux riffs de guitares endiablés, des mélodies plus éclectiques et surtout une voix puissante qui devient mélodie à elle seule !

Et on a hâte de voir ce que cela donne en live ! Le groupe entamera sa tournée internationale à partir d’octobre et sera le 9 décembre à Paris au Cabaret Sauvage.

« Broken Machine » est disponible en téléchargement.