Rencontre avec Anne-Marie, la sensation de la scène urban britannique !

Elle a fait ses armes en tant que vocaliste du groupe Rudimental puis a été révélée au monde entier grâce à sa participation, avec Sean Paul, au hit « Rockabye » de Clean Bandit. Deux ans après la sortie de son premier EP « Karaté », et à la suite d’une ribambelle d’excellents morceaux dont « Ciao Adios », Anne-Marie vient de révéler son dernier single « Heavy ». La jolie britannique de 26 ans est en pleine préparation de son premier album. De passage à Paris pour la Fashion Week, l’équipe d’On The Move est allée à sa rencontre pour en savoir un peu plus sur sa carrière solo, déjà jalonnée de belles expériences et encore pleine de promesses.

On The Move : Salut Anne-Marie, nous sommes très heureux de te rencontrer. C’est la Fashion Week à Paris cette semaine et tu as chanté pour le défilé Etam hier soir. Comment ça s’est passé ?

Anne-Marie : Salut On The Move ! Merci de me recevoir. Jouer pour le défilé Etam, c’était cool! J’adore jouer dans des endroits différents, qui sortent de la norme donc c’était vraiment bien. Nous étions positionnés assez haut dans la salle, on pouvait voir tout le monde défiler. Je ne sais pas comment les modèles font pour marcher avec des talons-hauts et être aussi gracieuses. Je ne peux pas faire ça avec des talons-hauts ! (rires) Nous étions aussi à l’after-party, Charli XCX était là, c’était vraiment fun. C’est toujours agréable d’être à Paris. J’adore tellement cette ville, j’y suis déjà venue en vacances et pour écrire. Quand je viens ici, je me sens toujours bien.

On The Move : Tu as commencé ta carrière en tournant avec Rudimental pendant deux ans. Qu’est-ce que tu as retenu de cette expérience ?

Anne-Marie : Et bien, je pensais que chanter sur scène serait facile. Que si je savais chanter, je saurais naturellement me comporter en live. J’avais tort ! (rires) La première fois que je les ai rejoins, je me rappelle être restée droite et ne pas avoir fait grand chose sur la scène. J’avais juste beaucoup à apprendre. Que ce soit de bouger et de chanter en même temps, mais aussi de se sentir sûre de soi avec tous ces gens qui te regardent. Tu dois faire semblant que tu t’en fiches et d’être totalement confiant. Ça a été une leçon. Et il faut aussi apprendre à interagir avec le public. Parce tu dois t’adresser à beaucoup de gens au même moment, mais tu dois faire en sorte que tout le monde comprenne et se sente bien. Donc, Rudimental m’a beaucoup appris à ce sujet. J’ai encore beaucoup à apprendre mais ils m’ont donné la base solide dont j’avais besoin.

On The Move : Tu as fait beaucoup de festivals cet été. Quelle différence ressens-tu entre faire une tournée en solo et avec un groupe comme Rudimental ?

Anne-Marie : C’est très différent ! Évidemment, quand j’étais avec eux, je chantais leur musique. Donc c’est une expérience très différente quand j’interprète mes propres textes. Ce sont des histoires vraies et c’est un peu comme si je racontais au public ma vie et mon journal intime. C’est toujours un ressenti différent quand je suis seule sur scène. C’est aussi toujours effrayant et stressant. Il y a tellement de choses qui me passent par la tête, j’espère juste qu’à la fin les gens apprécient ma musique.

On The Move : Est-ce difficile d’interagir avec ton public quand tu es dans un pays qui ne parle pas ta langue ?

Anne-Marie : Oui, c’est assez difficile. J’essaye d’apprendre un peu la langue partout où je vais. Premièrement parce que j’aime apprendre des langues et deuxièmement parce que je me sens impolie de juste parler en anglais et d’attendre du public qu’il comprenne tout ce que je dis. Donc oui, c’est difficile. Je pense que c’est pour ça que j’essaye de communiquer à travers les chansons. S’ils ne comprennent pas ce que je dis, ils peuvent au moins comprendre ce que je ressens.

Anne-Marie en tournée avec Rudimental ©DR

On The Move : Tu travailles en tant qu’artiste solo maintenant. Était-ce effrayant au début ou avais-tu hâte ?

Anne-Marie : Ça a toujours était le plan de faire ça par moi-même. Je pense que c’est toujours aussi effrayant que quand j’ai commencé. Et je crois que ça vient du fait de toujours jouer devant un public différent, nouveau. C’est comme si tu recommençais à zéro. Et c’est aussi ce qui fait la beauté de la chose. J’adore cette sensation et si elle s’estompait, je ne comprendrais pas ce qui se passe. Mais, oui c’est toujours effrayant !

On The Move : Tes chansons parlent toutes de tes expériences personnelles. Est-ce qu’écrire tes propres textes est important pour toi ?

Anne-Marie : Oui, complètement ! Je ne pense pas que je ferais ce métier si je n’écrivais pas mes propres textes. J’envisage toujours les artistes comme des gens qui écrivent leur textes, je ne sais pas pourquoi et j’ai peut-être tort. Je pense juste, et c’est mon point de vue personnel, que ce voyage, cette expérience et cette carrière seraient complètement différents si je n’avais pas ce lien émotionnel avec la musique. Quand je suis sur scène, je veux ressentir la musique, je veux montrer ce lien aux gens et qu’ils ressentent ce que je ressens.

On The Move : La semaine dernière, tu as sorti ton nouveau single « Heavy ». Peux-tu nous en parler ?

Anne-Marie : Ce single explique le sentiment que l’on a quand on est dans une relation et qu’elle change. J’ai l’impression que nous avons tous une période de lune de miel où tout est simplement parfait, tout va parfaitement bien, rien ne peut aller mal. Quand la relation devient plus sérieuse, les choses changent et cela devient un peu différent. Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, c’est juste une nouvelle étape de la relation. Je pense que nous ressentons tous ça et je voulais faire des sons plus universels, comme celui-ci. C’est une explication d’un sentiment que tout le monde peut ressentir. De plus, c’est aussi une nouvelle thématique pour moi parce que je parle habituellement de mauvais petits-amis ou de mauvaises expériences que j’ai eu avec des ex. Là, c’est différent. J’étais un peu plus nerveuse avec cette chanson mais je l’adore. Je crois que c’est le principal, je pense que je dois d’abord l’aimer avant de la sortir. Car peu importe ce qu’il se passe maintenant, je sais que j’aime ce morceau donc rien de grave ne peut arriver.

On The Move : Est-ce que cette idée de thèmes plus universaux est quelque chose que tu souhaites poursuivre dans ton album à paraître?

Anne-Marie : J’essaye, même quand je parle de mes expériences, de les aborder de manière à ce que tout le monde les comprenne. J’ai l’impression que mon album parlera davantage de ce genre de choses. Pas simplement de copains et de relations. Je vais avoir des morceaux qui traitent de ce qui se passe dans le monde en ce moment, d’autres sur le fait d’assumer son corps, sur l’amour de soi et le fait de grandir en tant que femme. J’ai juste besoin de parler d’autres choses. Je pense que si tu as un espace pour parler de ces problèmes, c’est la meilleure chose à faire. Et si ce n’est pas à travers la musique alors je ne saurais pas comment le faire autrement.

On The Move : Il y a deux ans, tu sortais ton premier EP « Karate ». Est-ce que tu le regardes différemment maintenant ?

Anne-Marie : Je l’aime toujours, ce qui est une bonne chose. J’ai l’impression d’avoir grandi avec la musique. Ma musique a changé mais ça en est aussi la beauté. J’ai toujours aimé ce style de musique. Pour autant, même ce que je suis en train d’écrire pour le prochain album, ou les musiques qui sortiront l’année prochaine, sont différents de ce que je sors en ce moment. C’est toujours moi mais c’est en constant changement parce que j’évolue. J’ai l’impression que ma musique ne sonnera jamais de la même manière. Ce qui est un peu bizarre et dérangeant pour certaines personnes mais oui, ce sera toujours en mouvement.

Anne-Marie et Ed Sheeran ©DR

On The Move : Récemment, tu étais en tournée avec Ed Sheeran et vous avez collaboré sur un titre pour ton prochain album. Comment ça s’est passé ?

Anne-Marie : Nous sommes amis depuis longtemps maintenant. Je pense que c’est une des premières personnes que j’ai rencontrées quand j’ai commencé dans cette industrie. C’était une personne si adorable, nous sommes devenus amis et ça n’avait rien à voir avec la musique, nous étions juste deux humains. Nous voulions écrire ensemble, il y avait cette connexion mais il était occupé et moi aussi. Finalement, nous avons trouvé un moment où nous étions dans le même pays au même moment. Et nous avons fait un titre qui sera sur mon prochain album. Ce sera probablement un single, je l’aime tellement ! Ed Sheeran est un auteur formidable ! Je pense que c’est un bon exemple à suivre quand tu entres dans l’industrie de la musique et que tu deviens un artiste. Il est resté le même, une personne humble et normale. C’est bon de savoir que tu n’as pas à changer pour devenir un artiste, tu peux rester toi-même. J’y crois beaucoup, je souhaite rester fidèle à moi-même devant tout le monde. Je ne veux pas cacher mes défauts et montrer aux gens que les bons côtés. Je veux leur montrer quand je suis fatiguée, quand je suis contrariée. C’est important pour moi.

On The Move : Rita Ora dit de sa collaboration avec Ed Sheeran que ça été facile, que c’était faire de la musique avec un ami et que ça devrait toujours être comme ça. Qu’en penses-tu ?

Anne-Marie : J’ai toujours voulu que la musique soit faite de manière naturelle. Je veux que ce soit organique, que ça semble juste. Je ne veux pas être dans une situation où l’on me demande d’écrire des hits qui doivent être dans le top 10. Je ne vais jamais au studio avec ça en tête. Je vais juste au studio et je crée quelque chose en fonction de ce que je ressens ce jour-là. Et si c’est une bonne chanson tant mieux et si ça devient mauvais, nous n’en parlons à personne. Mais, oui, de toute manière, c’est comme ça que les meilleures choses sont crées. C’est juste fait de manière naturelle et libre !

On The Move : Nous avons lu que tu souhaiterais collaborer avec Eminem. Est-ce que le rap est un style qui t’attire ?

Anne-Marie : Oui c’est vrai. J’adore le rap ! Je pense que les rappeurs parlent de beaucoup de choses, des différents problèmes qu’ils ont eux-mêmes rencontrés ou que d’autres personnes ont pu vivre. Donc, pour moi le rap est génial à écouter car ils n’ont pas peur de parler de choses qui dérangent et que l’on n’aborde pas dans des musiques « normées ». J’ai grandi en écoutant Eminem et j’aime le fait qu’il n’ait pas peur de parler de ces problèmes là, comme le racisme ou peut-être le fait d’être un parent célibataire… Ou d’autres choses que les gens ont du mal à entendre mais qu’on peut faire passer par la musique. Donc, oui, j’adorerais travailler avec lui. De même pour Lauryn Hill, Alanis Morissette et Erykah Badu. Juste des gens qui ont vraiment voulu changer les choses avec leur musique !

On The Move : Pour finir, qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

Anne-Marie : J’aime toujours écouter ce que j’écoutais en grandissant. J’aime retourner en arrière et revivre les souvenirs que j’ai avec cette musique. Mais j’aime aussi écouter de nouvelles choses. J’écoute pas mal Anderson .Paak et Kendrick Lamar. Ça a la même vibe que ce que j’écoutais en grandissant. Ce sont des gens qui parlent de choses importantes dans leurs chansons, qui veulent communiquer et transmettre un message à travers la musique. C’est pourquoi j’aime tellement travailler avec Rudimental, ils ont donné vie à un si bel album et ils veulent toujours donner un message positif au monde, ce dont je pense que nous avons besoin. Le monde a besoin d’ondes bonnes et positives en ce moment.

Le dernier single d’Anne-Marie « Heavy » est disponible en téléchargement.