Le groupe rock alternatif livre une nouvelle fournée de tubes puissants teintés de nouvelles influences !

Le temps d’un titre, la formation composée de Dan Reynolds, Wayne Sermon, Ben McKee et Daniel Platzman a fait l’effet d’une bombe dans le paysage rock alternatif. Avec « Radioactive » en 2012, les quatre musiciens originaires de Las Vegas ont posé les bases de leur rock mélodieux et puissant, qui bientôt a trouvé toute sa légitimité dans le paysage international.

De leur premier album « Night Visions » en 2012, on retient toute une série de tubes entêtants tels que « It’s Time », « On Top Of The World » ou « Demons » qui ont su fédérer autour du groupe un public aussi éclectique que fidèle. Certifiés disque d’or ou de platine dans une vingtaine de pays avec « Night Visions », Imagine Dragons a su se rendre incontournable en un opus. En 2015, le digne successeur « Smoke + Mirrors » s’est montré plus complexe et audacieux en terme de sonorités, le phrasé de Dan Reynolds toujours identitaire du groupe. L’album, plus sombre que le premier, explosait grâce à des propositions riches et électriques tels que « Shots » ou un son épique comme celui de « Battle Cry ».

Deux ans, et quelques détours par le cinéma avec « Not Today », « Sucker For Pain »  ou « Levitate », se sont passés et le quatuor américain est de retour avec 11 nouveaux titres rassemblés sous le nom de « Evolve ». Véritable évolution pour Imagine Dragons ? On The Move vous répond !

20170616190011!ImagineDragonsEvolve

Outre les sonorités, la principale variable pour cet album est celle de l’état d’esprit dans lequel il a été produit. Alors que le leader Dan Reynolds traversait une phase difficile à l’époque de la production de « Smoke + Mirrors », « Evolve » a été composé dans un environnement plus sain et heureux, résultant en un album plus positif bien que tout aussi puissant.

L’artwork même de l’album transcrit cette différence : dans un univers sombre et difficilement identifiable, un éclair coloré semble littéralement aspirer le personnage mis en scène pour le tirer de sa torpeur et, on imagine, l’emmener vers des horizons plus heureux.

Egalement, les faux-airs de science-fiction de cette jaquette disent quelque chose de ce que l’on trouve à l’intérieur.

Ainsi, l’opus débute sur « I Don’t Know Why » dont le synthé nous plonge sur un monde psychédélique teinté d’influences de la décennie 80. Fracture au refrain : le gimmick « I don’t know why but I guess it’s got something to do with you » a quelque chose de The Weeknd dans la répétition et le pouvoir catchy. C’est acté, « Evolve » sera sans doute bien plus éclectique que ses prédécesseurs, quitte à s’éloigner de l’alt-rock pêchu qui est la signature d’Imagine Dragons ! Cette variété s’explique sans doute par une nouveauté dans le processus de création du groupe. Plutôt que de travailler seulement en vase clos avec leur producteur Alex Da Kid, dont ils ont rejoint le label KIDinaKORNER, les Imagine Dragons se sont aussi entourés de Joel Little (Lorde, Ellie Goulding) et Mattman & Robin (Gwen Stefani, Taylor Swift, DNCE). La production se fait donc plus mainstream.

« Whatever It Takes » verse vers le hip-hop grâce au phrasé précipité de Dan Reynolds tandis que « Believer », premier single extrait de « Evolve », resigne avec la toute puissance d’Imagine Dragons. La voix distordue du refrain et les chœurs grandiloquents ont quelque chose de transcendant : « You made me a, you made me a believer, believer ».

« Walking The Wire » s’ouvre sur de faux airs country, laisse place à un refrain profond puis voit éclater des guitares enflammées vers sa fin. Le titre est une énergique ode sur le thème de la vie de couple, parfois sur le fil :  « Do you feel the same when I’m away from you? / Do you know the line that I’d walk for you? / We could turn around, or we could give it up / But we’ll take what comes« . Pour cet album, l’inspiration du groupe a davantage été puisée dans l’amour, lorsque c’est la colère ou une forme de mélancolie qui transparaissait de l’opus précédent.

« Rise Up » retient moins notre attention, faute à une mélodie plus régulière et une performance un peu passée en force, mais prend toutefois un tour agréable lorsque, à mi chemin, un pont fantomatique donne une respiration bien venue au morceau. Dans cette logique aérienne, « I’ll Make It Up To You » est une petite douceur 80’s dans la tracklist.

« Yesterday » est un jolie pépite, positive et pleine d’espoir vis à vis du futur : « Here’s to my future / Here’s to my yesterday / Here’s to change / Oh, here’s to my yesterday / No tomorrow without a yesterday / Here’s to my future / Goodbye to yesterday ». Plus de regrets ou d’apitoiements sur le passé, « Yesterday » nous donne envie de trinquer avec Imagine Dragons ! La grandiloquence du titre, dans ses chœurs, ses riffs de guitare incendiaires et sa construction décousue, capte un tout petit peu de l’esprit de « Bohemian Rhapsody » de Queen, dans un format évidemment plus convenu.

« Mouth Of The River » pose une électro mélodieuse sur la table et « Thunder » un hip-hop infusé des vibes synthétiques. Le titre, effectivement éclatant, monte crescendo.  La voix robotique qui court tout du long marquera à tous les coups l’esprit des auditeurs.

« Start Over » se fait plus soul et suave, grâce à des percussions chaleureuses et dépaysantes au sein de l’album, avant que « Dancing In The Dark » ne clôture l’opus sur une calme introspection électronique aux faux airs de James Blake

Certains vont aimer la façon dont mon cœur sonne. Certains vont détester. Certains vont crier avec moi. D’autres vont crier contre moi. Il n’y a pas de problème à cela. Je veux susciter une réponse. Je veux que les gens écoutent « Evolve » et l’aiment et le détestent. Je veux que le monde soit un endroit passionné.

Pour cet album, Imagine Dragons explore d’autres horizons que celui de son rock alternatif fédérateur. Si dans l’ensemble, les titres ont bien le même pouvoir à transcender les foules, quelques morceaux diffèrent et tentent l’exploration d’un son plus clairement électronique que leurs productions précédentes. A mi-chemin entre les genres, Imagine Dragons empruntent, manipulent, testent. Pour autant, le risque n’est pas poussé au point de bousculer le format des morceaux, d’une structure assez similaire et voguant tous entre 3 et 4 minutes. Plus qu’une évolution, « Evolve » se situerait davantage à l’état de transition. On est curieux pour la suite mais on sera tout de même bien au rendez-vous dans les salles de concert pour clamer les paroles de cette dizaine de nouveaux titres. « Evolve » a en effet bien le potentiel pour une transposition à la scène des plus ardentes !

« Evolve » est disponible en téléchargement.