Rencontre avec le groupe pop punk américain All Time Low à l’occasion de la sortie de « Last Young Renegade » 

Il est enfin là, le nouvel album du groupe rock américain All Time Low. Formé en 2003 et composé du chanteur et guitariste Alex Gaskarth, du guitariste principal et chanteur Jack Barakat, du bassiste Zack Merrick et du batteur Rian Dawson, All Time Low a acquis au fil des années une réputation plus que solide sur la scène rock américaine et internationale. Alors qu’on assiste à une complète transformation et mélange de styles pop/rock/alternatif comme on a pu le voir avec le duo twenty one pilots, ou encore avec la collaboration inattendue entre Linkin Park et Kiiara, All Time Low ont aussi décidé qu’il était temps pour leur style d’évoluer.

On commence tout d’abord avec un changement de label, passant de Hopeless à Fueled By Ramen qui a notamment dans son roster le groupe Paramore qui a récemment sorti leur nouvel album « After Laughter », probablement le plus créatif de leur carrière. All Time Low et leur 14 ans de carrière ont dévoilé vendredi leur septième opus nommé « Last Young Renegade » aux allures nostalgiques et portant pourtant une nouvelle maturité désormais atteinte.

A l’occasion de la sortie de l’album, rencontre exclusive avec Jack Barakat et Zack Merrick.

© Alisson Nilsson / On The Move
© Alisson Nilsson / On The Move

On The Move : Bonjour les garçons. On est ravi de vous avoir à Paris. Comment se passe la tournée ?

Jack : Salut On The Move ! On est très heureux d’être à Paris avec vous ! La tournée se passe très bien, c’est fou ca fait tellement longtemps que nous n’avons pas fait de tournée, environ un an, on est donc très heureux de revenir.

On The Move : Excités d’être de retour en Europe ?

Jack : Oui vraiment ! On n’a pas beaucoup tourné durant « Future Hearts » parce que c’était notre dernier album avec Hopeless donc nous avons fait une petite tournée puis on a direct attaqué avec le prochain album. Je pense que c’est l’une des raisons pourquoi on a pas fait une très grande tournée, du moins pas aussi grande que nous l’aurions souhaité mais on est de retour maintenant !

On The Move : Votre nouvel album se nomme « Last Young Renegade ». « Renegade » est une sorte de rebel n’est-ce pas ? Est-ce que c’est dans le même esprit que « Reckless and The Brave » ? 

Zack : Les deux se complètent selon moi.

Jack : Oui, je pense que c’est une sorte de mentalité que nous avons. Nous sommes un groupe qui restent eux-mêmes et qui font ce qu’ils aiment, et si nous n’aimons pas quelque chose on ne le fera pas, même si on nous demande de le faire. Je pense que « Renegade » s’associe au fait de te laisser t’exprimer et de ne pas avoir peur d’être qui tu es.

Zack : Je pense que « Renegade » c’est un peu nous tous, tous rebels d’une certaine façon.

On The Move : Il semblerait que ce nouvel album soit une évolution naturelle de « Future Hearts », c’est différent et pourtant ça reste dans le style All Time Low. Etait-ce votre intention ?

Jack : Ce n’était pas notre intention de se dire « ok créons les chansons et faisons les sonner de la même façon que dans Future Hearts« . Je pense que c’est intéressant de voir la façon dont ça rend parce que « Future Hearts » parle d’Alex qui est jeune et qui pense au futur. Tu sais, comme le fait d’être au lycée et de conduire pour aller aux soirées. Je pense que « Last Young Renegade » est un album plutôt nostalgique. On se regarde maintenant puis on se souvient de comment on était, comment c’était d’être au lycée et d’être plus jeune et insouciant. Il y a beaucoup de ça dans l’album, qui tu avais l’habitude d’être et qui tu es maintenant. C’est une sorte de contrepoint à « Future Hearts » mais ce n’était pas fait exprès (rire). C’est en fait nous qui avons grandi depuis l’année dernière, Alex qui s’est marié et chacun d’entre nous qui voyons de grands changements dans nos vies. On est juste devenu plus nostalgique tu vois (rire). A un certain moment quand tu as 28 ans tu as juste envie de penser au passé parfois.

On The Move : On retrouve beaucoup de nouveaux rythmiques et dynamiques dans l’album, surtout dans « Dirty Laundry » et « Ground Control ». Quelles ont été vos inspirations ?

Jack : Je pense que « Dirty Laundry » a une influence à la Depeche Mode, ce qui est peu fou puisque c’est pas un groupe que nous écoutions beaucoup. C’est notre septième album et nous voulions faire quelque chose de différent. On voulait toujours être All Time Low mais proposer quelque chose de nouveau. Les paroles sont toujours très All Time Low, pareil pour les refrains mais il y a quelque chose, une ambiance, que personne n’a jamais écouté de notre part auparavant. Je pense que c’était important pour nous d’avoir un nouvel album qui restait dans le style pop punk mais qui en même temps montrait une évolution.

Zach : Qui montrait qu’on avait évolué oui, et pas qu’on est bloqué dans une même direction toute notre carrière.

Jack : Exactement (rire) et c’est cool pour nous du point de vue du live d’avoir la possibilité de proposer de nouvelles choses. Maintenant avec « Dirty Laundry » et « Last Young Renegade » on peut totalement faire changer l’ambiance de la salle, parce que quand tu joues 16 morceaux c’est bien de varier un peu et de rendre l’ambiance différente, tu vois ce que je veux dire n’est-ce pas ? (rire)

© Alisson Nilsson / On The Move
© Alisson Nilsson / On The Move

On The Move : Quelle est l’histoire derrière « Dirty Laundry » ? Est-ce à propos de l’engagement du mariage ?

Jack : C’est intéressant parce que beaucoup de morceaux dans l’album, enfin pas tous mais certains, ne parlent pas d’Alex qui recherche quelque chose de nouveau. Je sais qu’il a écrit certaines des chansons à partir de mon point de vue, ou celui de Zack ou de Rian ou de ses amis et personnes qu’il connait. Je pense que « Dirty Laundry » n’est pas au sujet d’une personne en particulier mais plus à propos de ce que ressentent les gens à la fin d’une relation. C’est pour ça que personnellement c’est la chanson qui me parle le plus dans l’album parce que c’est plutôt universel, le sujet est évident et pourtant on peut l’interpréter de plusieurs façons et je pense que cette chanson est vraiment puissante. Lyriquement, c’est vraiment puissant et elle porte un message d’espoir.

On The Move : D’après les paroles de « Life Of The Party », est-ce que vous vous perdez souvent dans les mondanités ? 

Jack : Non je pense que c’est probablement l’une des chansons les plus personnelles pour Alex dans cet album. Je pense que c’est au sujet de lui, si sa vie avait été différente et qu’il avait été au mauvais endroit. Je pense que cette chanson est très personnelle et en l’écoutant la première fois tu pourrais te dire « encore une chanson plutôt joyeuse » alors qu’elle est au final plutôt noire.

Zack : Les paroles sont plutôt noires ouais

Jack : Noires et grincheuses (rire)

On The Move : Que représente le fantôme dans le titre « Nightmare » ?

Jack : Je pense que la chanson parle du fait d’être jeune et effrayé de devoir affronter ses plus grandes peurs. Que tu aies 5, 10 ou 20 ans ou à n’importe quel âge, il y a des moments où tu te dois d’affronter tes peurs, peu importe lesquelles. C’est l’une des autres choses avec lesquelles les fans pourront se connecter et s’identifier.

On The Move : Comment s’est passée la collaboration avec Tegan & Sara sur « Ground Control » ?

Jack : C’était très intéressant. En fait, la chanson était écrite et nous savions que ça allait être un duo. Ca a été écrit pour que ça soit un duo entre deux personnes. Nous voulions qu’une fille chante le refrain et nous avions une sorte de liste de personnes et Tegan & Sara étaient tout en haut parce que nous sommes de grands fans. Quand nous enregistrions nous les écoutions beaucoup mais on ne les connaissait pas encore, et je t’avoue qu’on ne les connait toujours pas (rire)

Zack : On les a contacté tout simplement en leur disant bonjour (rire)

Jack : Oui on les a contacté et on leur a proposé le projet, puis on leur a envoyé la chanson parce qu’on ne savait pas s’ils nous connaissaient en fait (rire). Nous ne les avions jamais rencontré ou même parlé (rire). Nous avons donc envoyé la chanson et ils ont répondu en disant  « on vous adore les gars, on adore la chanson et on va le faire !  » c’était une grande surprise pour nous, mais une bonne.

On The Move : Est-ce que vous avez travaillé sur l’album lors de la tournée précédente ?

Jack : Nous n’avons pas vraiment travaillé dessus durant la tournée mais beaucoup de travail a été fait lors de la tournée avec Blink-182 pendant environ 5 semaines et ça a un peu bousculer nos plans. Nous avions certaines chansons enregistrées et nous avions un mois pour s’en imprégner. En revenant de la tournée nous nous sommes dit qu’il y avait certaines chansons que nous n’aimions pas et qu’il fallait recommencer pour certaines. C’est ce que nous avons fait, nous avons supprimé certains titres et écrit et enregistré d’autres. Je pense que si nous n’avions pas été en tournée avec Blink-182, les choses auraient pu être différentes. Nous n’avons pas vraiment écrit en tournée mais la tournée a été une phase capitale de la composition de l’album au final.

On The Move : Quel a été l’album que vous avez le plus aimé enregistrer et pourquoi ?

Jack : Pendant longtemps mon favori a été le tout premier album mais maintenant je pense que ce sont les deux derniers. « Future Hearts » était probablement celui que j’ai le plus aimé enregistrer parce que John Feldmann est un peu cinglé (rire) et c’est génial d’être à ses côtés. C’était génial aussi parce que Alex et moi vivions à LA durant cette période et nous avions loué un appartement ensemble, on a vraiment rigolé et profité de ces moments. Pas mal de fêtes mais beaucoup de travail aussi (rire). Nous allions au studio jusqu’à 2-3h du matin et c’était super de travailler avec des gens fous comme Mark Hoppus ou encore Joel et Benji Madden. Attends, j’ai l’impression que j’oublie quelqu’un (rire). Le dernier était aussi génial à enregistrer parce que nous étions tous à LA ensemble et on a vraiment rigolé en studio.

© Alisson Nilsson / On The Move
© Alisson Nilsson / On The Move

On The Move : Beaucoup de vos fans ont des tatouages assez thérapeutiques de vos paroles, comment on se sent quand on est une inspiration pour tant de personnes dans le monde ?

Jack : C’est dingue ! A chaque fois que j’en vois un ça me semble tellement irréel parce que je n’ai pas l’habitude. Tu pourrais penser qu’on a l’habitude depuis le temps de voir des tatouages avec nos paroles ou des choses relatives à All Time Low mais en fait non, c’est à chaque fois incroyable pour nous. Bon, j’ai un tatouage de Blink-182 donc je sais ce que c’est d’avoir un tatouage d’un artiste qui a changé ta vie. Ca signifie énormément pour moi quand j’en vois sur d’autres personnes.

On The Move : Quelles sont vos chansons préférées à jouer en live ?

Jack : Les nouvelles chansons parce que c’est frais.

Zack : C’est tout frais donc ça nous permet de changer un peu.

Jack : C’est aussi un challenge parce que pour « Dirty Laundry » et « Last Young Renegade », je dois me concentrer à chaque fois (rire) donc je ne bouge pas beaucoup. Je ne sais pas si les fans l’ont remarqué mais les morceaux de guitare sont beaucoup plus complexes dans ce nouvel album, et j’adore ça. T’en penses quoi Zack ?

Zack : Pour moi c’est les nouveaux titres parce que je peux expérimenter et comme tu l’as dit relever de nouveaux challenges. « Weightless » est aussi toujours aussi fun à jouer, après toutes ces années.

Jack : Je suis d’accord, elle est toujours fun à jouer parce que le public devient cinglé à chaque fois (rire). C’est un des titres qui n’est pas très difficile.

Zack : « Take Cover » !

Jack : « Take Cover » est cool aussi à jouer mais je préfère « Weightless » parce que comme elle n’est pas super difficile, tu peux interagir avec la foule et t’amuser. « Dear Maria, Count me In » également, elle est si simple et si ancienne que c’est super facile et on peut faire autre chose en même temps (rire).

On The Move : Quel est votre meilleur souvenir de tournée ?

Jack : Sur cette tournée, l’un de mes souvenirs les plus dingues était lors du concert à Londres, c’était seulement le second show de la tournée et devant 55 000 personnes. C’était la première fois que nous avons joué « Dirty Laundry » et que j’ai commencé et c’était incroyable.

Zack : Et ses parents regardaient !

Jack : Et mes parents étaient là et regardaient pour la première fois depuis 5 ans ! C’était assez puissant et j’étais plutôt nerveux mais lorsque j’ai entendu le public qui chantait les paroles, c’était dingue. Je ne pourrais pas exprimer ce que j’ai ressenti à ce moment là. C’était vraiment dingue.

 

« Last Young Renegade » est maintenant disponible sur Itunes et toutes les plateformes streaming