Le groupe américain Paramore est enfin de retour avec un album des plus ambitieux

Presque un mois après la sortie de « Hard Times », le single marquant leur grand retour, la formation musicale américaine Paramore rebondit avec leur cinquième album intitulé « After Laughter » et nous délivre une ambiance éclectique et bien plus aérienne que ses prédécesseurs.

Paramore a connu une ascension remarquable depuis sa formation à Nashville en 2004, avec « All We Know Is Falling » paru l’année suivante, le succès de « Riot ! » en 2007 qui leur a permis de se positionner comme l’un des groupes de rock les plus influents grâce au mythique  « Misery Business » ou encore « That’s What You Get », le phénomène « Decode » pour la bande originale du film « Twilight » en 2008, sans oublier bien sûr « Brand New Eyes », album certifié platine dans le monde entier en 2009 qui leur a valu une nomination aux Grammy Awards pour « The Only Exception ». Grammy qu’ils ont par la suite gagné pour la chanson « Ain’t It Fun », extraite de leur album éponyme.

Si « Paramore », album éponyme sorti en 2013, avait esquissé un léger tournant dans l’univers musical du groupe par sa nouveauté en termes de sonorités et influences, l’ADN de Paramore y était toujours aussi présent, aussi bien dans la présence vocale d’Hayley Williams que dans les riffs de guitares si bien maîtrisés.

« Paramore » a d’ailleurs bien failli être l’opus marquant la fin de la carrière du groupe. Les différends au sein du groupe d’amis réunis par la passion de la musique ainsi que les départs de certains membres ont failli avoir raison du groupe.

« Il y a  deux ans, j’étais prête à abandonner. J’ai vécu pas mal de choses sur le plan personnel et notre groupe a connu de nombreuses difficultés. Je ne pensais pas être capable d’écrire un album que j’aimerais autant que notre album éponyme. Je ne savais même pas si nous allions faire un nouvel album. A un moment, je ne voulais même pas que cela se produise. Puis, je voulais que cela se produise mais je n’avais aucune idée de comment nous allions le faire. »

Taylor et Hayley ont su surmonter ces difficultés une nouvelle fois et pour tout vous avouer, on en est soulagés ! Découvrons ces douze titres sans plus attendre…

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L’opus ouvre sur « Hard Times », premier single révélé, teinté de sonorités pop des années 80 et avec lequel on se projetterait presque sur une île paradisiaque entourés de noix de coco. La chanson est cependant interprétée comme un cri du cœur comme le refrain le laisse deviner “Hard times/ Gonna make you wonder why you even try.” « Told You So » est d’ailleurs toute aussi personnelle, s’invitant au plus profond des pensées et sentiments d’Hayley Williams lorsqu’elle se sentait au plus bas pendant l’incertitude constante qui entourait le groupe : “For all I know, the best is over and the worst is yet to come”. Ces deux titres contrastent par des mélodies plus enjouées sur fond de xylophone, ligne de basse funky et batterie clinquante, créant ainsi une atmosphère dansante.

LOW KEY! NO PRESSURE! JUST HANG WITH ME AND MY WEATHER!” Dès le début, on ne peut indéniablement pas s’empêcher de danser ! « Rose-colored boy » est teintée de pop des années 80 décomplexée où se côtoie un refrain plus pop-rock à la HAIM, un vrai hit qui fera probablement partie de vos playlists.

L’écoute se poursuit avec « Forgiveness », une jolie chanson mélodieuse qui cache des paroles sombres toujours reflétant l’historique du groupe mais pleines d’espoir encore une fois sublimées par la voix harmonieuse de la chanteuse.

Le cinquième titre « Fake Happy » s’ouvre avec une introduction douce et aérienne et le temps s’arrête quelques secondes. Les notes de synthétiseur résonnent ensuite pour nous dévoiler une pépite pop-indie avec une pointe de rock affiné.

« 26 » est probablement la chanson la plus émouvante de l’opus. Tant par les paroles que par les notes de chant parfaites d’Hayley, la ballade nous redonne du baume au cœur : « Hold onto hope if you got it / Don’t let it go for nobody / And they say that dreaming is free / But I wouldn’t care what it cost me ». La précision de la production est à noter, accompagnée de violons, comme un clin d’œil discret à « Hate To See Your Heart Break » extrait de l’album éponyme.

Avec « Pool »  l’influence de Halfnoise est de retour pour nous offrir 3 minutes et 54 secondes d’audace et de créativité. Le titre est rafraichissant et empreint de notes colorées où on se surprend à danser une fois de plus sur le pont résolument catchy !

« Grudges » et « Caught In The Middle » montrent que le groupe a grandi en tant qu’individus, sur le plan personnel. Une certaine maturité forgée bien sûr par les événements qui ont touché le groupe et qui a affecté chacun des membres personnellement. Ces deux titres agissent comme un hymne à l’espoir et à l’humilité et Paramore nous transmet une belle leçon à travers ces titres.

« Idle Worship » rejoint « Pool » par sa créativité. Le groupe se refamiliarise ici avec quelques sonorités qui ont fait son ADN tout en se renouvelant et en introduisant de nouvelles sonorités qui y apportent un certain relief.

On aurait pu penser que l’instrumental de « No Friend » était l’outro de « Idle Worship » tant les sonorités se fondent parfaitement. A la place on se retrouve face à une chanson particulière au sein de l’ensemble de l’album, se caractérisant par une atmosphère post-rock aux allures de MeWithoutYou. Ce qui tombe bien puisque le chanteur du groupe, Aaron Weiss, remplace Hayley au chant ou plutôt aux mots et phrases parlées en arrière-plan sur fond de guitare électrique et batterie qui montent en intensité. L’expression d’une admiration mutuelle qui nous surprend agréablement !

Des mélodies de piano ouvrent « Tell Me How » le dernier extrait de cet opus, amorçant un titre une fois de plus émouvant lorsqu’on regarde de plus près les paroles et les notes de chant nous transportent facilement. Une conclusion tout en douceur qui nous laisse apprécier le fait que les trois acolytes restent optimistes face à l’adversité.

En somme, Paramore est sorti de sa zone de confort et a su prendre des risques pour composer et produire, ce qui est probablement l’album le plus audacieux et créatif de sa carrière musicale. L’immense talent d’écriture reste indéniable, « After Laughter » est introspectif, émouvant et empreint d’espoir et de positivité, le contraste entre les paroles et l’instrumental le rend captivant. Le groupe a eu des hauts et beaucoup de bas mais a décidé de voir les choses du bon côté et de danser !

Le temps est donc à l’expérimentation et à la réinvention pour le trio américain, et cette résolution résonne incontestablement dans l’assurance sonore dont Paramore fait preuve. Quand la fin est proche la seule manière d’aller de l’avant est de retrouver ce qui vous a donné envie d’être un groupe en premier lieu et ça Paramore l’a bien compris.

Si vous aussi, vous avez qu’une hâte, c’est d’entendre ces nouvelles chansons en live, rendez-vous le 27 Juin au Grand Rex à Paris pour un concert exceptionnel !

« After Laughter » est désormais disponible sur Itunes.