Rencontre avec Brian Macdonald du trio rock américain PVRIS 

PVRIS c’est le groupe américain qui fait un carton depuis la sortie de leur premier album « White Noise » en 2014. Composé de la chanteuse Lyndsey « Lynn Gunn » Gunnulfsen, du guitariste Alex Babinski et du bassiste Brian MacDonald, le trio s’impose peu à peu sur la scène rock internationale et promet de dévoiler son second album  « All We Know Of Heaven, All We Need Of Hell » qui sortira cet été. Rencontre avec Brian MacDonald.

 

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On The Move : Votre nouvel album sortira cet été, quelle est la grande différence entre celui-ci et « White Noise » ?

Brian Macdonald  : La différence entre les deux est la maturité. Quand on a fait « White Noise », on était plus jeunes, on commençait tout juste et on explorait simplement des nouveaux sons. Avec cet album, j’ai l’impression qu’on a quelque part trouvé le « cran » personnellement et musicalement. Donc je pense que c’est la principale différence entre les deux et je pense que le son est aussi plus intense : on a enregistré « White Noise » dans une petite pièce dans la maison de notre producteur, ce qui était vraiment sympa ! Mais pour le nouvel album, on a enregistré dans une église, une église hantée d’ailleurs, ce qui était plutôt cool ! C’était définitivement un grand changement et on a également eu accès à plus d’instruments et d’autres choses.

On The Move : Ce n’était pas terrifiant d’enregistrer dans un tel endroit ?

Brian Macdonald : (rires) J’ai eu des expériences avec des fantômes mais j’ai réalisé que c’était hanté seulement à mi-parcours. Je me disais : « c’est une belle église, c’est génial ce qu’ils y ont fait ! » puis j’ai découvert qu’il était arrivé des trucs à Lyndsey, elle avait entendu des choses et notre ingénieur Anthony Reeder a aussi dit qu’il avait entendu quelqu’un descendre les escaliers et quand il a regardé derrière lui, il n’y avait personne. Certaines personnes avaient peur, mais ‘malheureusement’ il ne m’est rien arrivé ! (rires).

On The Move : Pourquoi avoir choisi le titre « All We Know Of Heaven, All We Need Of Hell » ?

Brian Macdonald : Lyndsey est venu nous voir avec un titre, elle avait regardé les conventions TED, et il y avait un poème d’Emily Dickinson et elle nous l’a apporté et je me souviens l’avoir lu, il y avait ce vers et je me suis dit : « c’est superbe », ça correspond parfaitement à l’album, aux chansons, aux paroles et à tout dans son ensemble.

On The Move : Donc vous avez trouvé le nom de l’album après l’avoir fini ?

Brian Macdonald : Oui ! En fait c’est récent. Pas super récent mais Lynn nous en a parlé quand le visuel de l’album était fini. Je me souviens l’avoir lu sur la couverture de l’album et je me suis dit : « ça résume tout ! »

On The Move : Dans « White Noise » les sujets étaient plutôt sombres, est-ce qu’on peut s’attendre à la même chose pour le nouvel album ?

Brian Macdonald : Oui ! Je pense que la façon dont on écrit, individuellement, et comment Lyndsey écrit ces paroles, c’est un peu ce que nous sommes. Nous sommes tous des personnes joyeuses, on est tous les trois heureux, j’ai envie de dire que je suis drôle, en tout cas j’essaie d’être drôle (rires) mais musicalement parlant, on aime bien entendre l’obscurité, si tu vois ce que je veux dire. On aime amener cela à la surface musicalement donc je pense que ça reste dans notre musique.

On The Move : Beaucoup de groupes rock – Green Day par exemple – se sont engagés dans leur musique depuis l’investiture de Trump et les évènements qui se passent actuellement aux USA. Est-ce que c’est également votre cas ?

Brian Macdonald : On a fait l’album avant que tout cela se produise mais absolument, avoir une plateforme aide les personnes qui traversent des périodes difficiles et qui ne peuvent pas nécessairement faire entendre leur voix sur les choses qui les affectent, que ce soit le racisme ou autres, c’est génial de pouvoir les soutenir et de faire des dons comme on le fait. On a fait des dons à la communauté LGBT, j’ai d’ailleurs mis aux enchères une de mes basses pour lever des fonds pour une charité comme par exemple pour le projet Trevor et pour d’autres organisations qui ont été touchées par ces événements. Je pense que c’est important de lever sa voix pour ce genre de chose et d’utiliser sa plateforme pour aider les gens à surmonter ce genre d’évènement.

On The Move : PVRIS va bientôt partir en tournée avec Muse et 30 Seconds To Mars. Excité ?

Brian Macdonald: Je suis plus qu’enthousiaste ! Je n’ai toujours pas l’impression que c’est réel. En fait, quand on a commencé le groupe, on était dans le sous-sol d’un ami et on parlait des groupes avec lesquels on rêverait de partir en tournée et Muse et 30 Seconds To Mars en faisaient directement partie. Quand on a reçu l’opportunité, j’ai un peu rigolé en mode : ‘Quoi ? C’est pour de vrai ?’ et peu après j’ai dit ‘Wow ! C’est fou ! » et c’est vraiment incroyable que ça arrive pour de vrai parce qu’on en a parlé il y a quatre/cinq ans déjà.

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On The Move : Il y a une chanson que tu aimes particulièrement jouer en live ?

Brian Macdonald : Hmm, j’adore toutes les jouer. Je dirais que ma chanson préférée de toutes est « Heaven » parce qu’elle est nouvelle sur notre setlist et peut chacun mettre en valeur des choses avec lesquelles on a grandi en tant que musiciens donc oui je dirais « Heaven » maintenant mais dès que l’album sort, on commencera à jouer de nouvelles chansons…

On The Move : Y a-t-il des chansons que vous êtes impatients de sortir ?

Brian Macdonald : Oui ! Je peux rien dire pour l’instant, je ne peux pas tout révéler, j’ai failli… (rires) mais je suis impatient de pouvoir toutes les jouer sur scène, ça va être super de pouvoir sortir tout ça parce que comme je l’ai dit, on a joué « White Noise » pendant plus de trois ans donc c’est rafraichissant d’ajouter de nouveaux morceaux et lorsque l’on reviendra sur scène ce sera génial de pouvoir les jouer encore plus.

On The Move : Evidemment on s’attend à une tournée n’est-ce pas ?

Brian Macdonald : Oui ! Bien sûr ! On ne peut pas juste dire « Tenez voici l’album ! » et puis dire « Ah non on va nulle part ! » (rires). On va rester à la maison et vous pouvez passer, on va faire un concert chez nous ! (rires) Mais oui on a prévu de reprendre la route pour autant de temps au moins que pour le précédent album et juste continuer à voyager, visiter de nouvelles villes, et jouer devant des personnes extraordinaires qui apprécient notre musique. On ne va jamais s’arrêter ! (rires)

On The Move : Dans « White Noise » on retrouvait beaucoup d’idée du surnaturel dans les paroles. Ca va être le cas dans ce nouvel album également ?

Brian Macdonald : Oui je pense qu’il y a des parties qui traduisent des expériences surnaturelles. Mais je pense que c’est plus les parcours que l’on a fait pendant plus de trois ans avec « White Noise » et les expériences que l’on a traversées pendant tout ce parcours. Donc je pense que c’est un peu ce sur quoi ce nouvel album se base, comment on a grandi en tant que personnes et comment on a mûri. Comme je l’ai dit, tout ce que l’on a vécu est mis en avant sur cet album.

On The Move : Est-ce que tu préfères le studio ou le live ?

Brian Macdonald : C’est une question difficile car j’adore les deux ! J’adore jouer en live, jouer de nouveaux morceaux est toujours génial mais les créer est le premier pas donc j’adore être en studio, sans aucun doute. C’est super parce que tu peux juste expérimenter et faire des trucs cools. Notre producteur Blake Harnage n’est pas du genre à suivre les choses à la lettre en disant « vous devez enregistrer ça, ça, ça et ça ! », ils nous laissent être créatifs et laisser les choses venir de manière naturelle. Donc je dirais vraiment le studio pour moi. Surtout avec le deuxième album, parce qu’on nous a posé cette question déjà et j’avais répondu « la tournée ! », que j’adore, mais le processus créatif est génial, on s’assoit ensemble et on regarde les choses se former de zéro. C’est vraiment cool.

On The Move : Quel est l’artiste que tu écoutes le plus en ce moment ?

Brian Macdonald: Mon artiste favori est Ben Howard, c’est un artiste incroyable. Je l’admire de nombreuses façons, musicalement, visuellement, et simplement la manière dont il se transporte à travers la musique et comment il est représenté sur la scène musicale.

On The Move : Donc si vous aviez l’opportunité de jouer avec lui… ?

Brian Macdonald: Oh mon dieu ! Je ne pense pas que j’arriverais à monter sur scène, je m’évanouirais avant (rires). On nous a posé cette question également en fait, et si c’était une influence pour notre nouvel album. Ça l’est d’une certaine manière même si sa musique est carrément différente de la nôtre. C’est un peu brumeux, lent, et nous faisons du rock électronique alternatif mais juste l’atmosphère, le sentiment que j’ai quand j’écoute sa musique, je crée mon propre chemin avec PVRIS. J’ai l’impression que quand j’enregistre, et que je fais ceci ou cela, il est définitivement une inspiration pour moi en tant que musicien.

 

« All We Know Of Heaven, All We Need Of Hell » est en disponible en pré-commande sur Itunes et sortira le 4 Août prochain ! Le groupe sera également de retour sur la scène parisienne le 18 Novembre 2017 à l’Elysée Montmartre.

Interview : Pam Charbit, traduction Ludivine Desumeur