Rencontre avec l’une des nouvelles voix les plus prometteuses de la pop : Loïc Nottet 

C’est sûrement l’une de nos plus belles découvertes de ces derniers mois. Le jeune belge Loïc Nottet – à seulement 21 ans – semble déjà avoir le profil d’une superstar. Des chansons profondes aux paroles recherchées et pleines de sens sur fond de mélodie accrocheuse, le tout saupoudré d’une voix d’une puissance rare melée à un talent de danseur. Il n’y a pas à dire, Loïc Nottet a un grand avenir devant lui, on vous l’assure. Quelques jours après la sortie de son tant attendu premier album « Selfocracy » nous avons rencontré Loïc dans le cadre du RFM Music Live afin d’en découvrir plus sur lui et sur ce premier opus.

LOIC-NOTTET_0036
© David Fitt / On The Move

On The Move : Ton nouvel album est sorti le mois dernier, est-ce un soulagement de savoir que tu as travaillé dur dessus pendant de longs mois et qu’il est finalement là, ou est-ce que tu te dis que tu aurais voulu le garder encore et le peaufiner d’autant plus ?

Loïc Nottet  : C’est très partagé car je suis très content qu’il soit sorti et en même temps la veille je n’étais vraiment pas bien parce ce que c’est mon petit bébé, je devais le sortir au monde et peut-être que j’aurais encore aimé le garder pour moi. Mais il est terminé, je sens que je suis allé au bout des choses et il n’y a pas une chanson pour laquelle j’ai des regrets. Il était temps qu’il sorte, mais il y a toujours cette peur de le rendre public. Il y a peut-être aussi une part d’égoïsme, de vouloir le garder pour soi, mais en même temps il y a beaucoup d’excitation car j’y travaille depuis 1 an et demi et j’avais hâte d’entendre les réactions des gens et en même temps pas hâte de les avoir. C’est une situation ambiguë car si les critiques étaient positives j’avais hâte de les recevoir, mais si elles étaient négatives, je préférais faire l’impasse dessus (rire)

On The Move : Mais elles sont positives d’après ce que j’ai vu !

Loïc Nottet : C’est vrai, ça me fait beaucoup de bien. C’est une belle reconnaissance de la part des médias mais également du public que l’album reçoive un bel accueil. Mais c’est un sentiment ambigu car j’ai beaucoup d’ambition avec cet album et donc j’ai peur que le retour ne soit pas aussi bon. J’ai encore l’esprit un peu torturé à ce propos (rire)

On The Move : L’album est entièrement en anglais, tes ambitions seraient-elles de l’exporter pourquoi pas aux US, en Angleterre, dans les pays anglophones, et pourquoi pas suivre les pas d’un autre belge, Stromae, qui a joué devant un Madison Square Garden complet ?

Loïc Nottet : Oh oui ! C’est l’un de mes rêves les plus dingues de pouvoir exploiter l’album dans des pays anglophones. Depuis que je suis petit je regarde mes séries, mes films en anglais, les chansons .. je suis baigné dans cette culture, donc cela serait une bonne reconnaissance si l’album pouvait s’exporter au-delà de nos frontières, mais je sais que c’est un marché complexe et qu’il y a beaucoup de concurrences. Ce serait un beau rêve.

On The Move : Depuis la sortie de « Million Eyes » beaucoup te comparent à Sia au niveau de la voix et à Maddie Siegler pour la danse. Comment tu vois cette comparaison ?

Loïc Nottet : C’est un énorme compliment pour moi, elle, je ne sais pas comment elle le prendrait (rire). Je trouve ses projets vraiment magnifiques car elle a bien exploité le potentiel de la danse, mais c’est vrai qu’en découvrant «Chandelier » en 2014, j’ai eu le sentiment que mon idée et mon concept était déjà exploités, car c’est quelque chose que je voulais déjà faire. J’ai toujours fait de la danse contemporaine depuis que je suis petit, et donc j’avais envie d’allier la danse à la chanson dans mes créations. D’ailleurs, cette exploitation de la danse par Sia a failli ne pas me faire danser dans les clips car je ne voulais pas refaire ce qui existait déjà. Mais au final, une frustration s’était installée car j’aime autant chanter que danser et je me suis dit que je pouvais tracer mon propre chemin, comme Sia l’avait faire auparavant.

On The Move : Est-ce que tu vas allier danse et chant sur scène pour tes prochains concerts ou est-ce que tu vas te concentrer sur quelque chose de musical ?

Loïc Nottet : Ca va être un vrai show, on va essayer de mêler la danse et le chant, il y aura de vrais musiciens, et j’ai travaillé avec des graphistes pour habiller la scène et les écrans. Ce sera un show à l’échelle du possible, je ne fais pas le Stade de France non plus (rire).

On The Move : « Selfocracy » a un côté très cinématographique, est-ce que tu aimerais composer des titres pour des films ?

Loïc Nottet : J’aimerais beaucoup, ça fait partie de l’une de mes ambitions, de pouvoir composer pour un film. J’ai adoré faire cet exercice sur l’album, l’intro et l’outro sont des titres très instrumentaux, musicalement parlement. J’ai fait ça moi-même et j’ai pris beaucoup de plaisir à composer ces deux morceaux, c’était génial !

On The Move : Est-ce que tu as des compositeurs en tête qui t’inspirent ?

Loïc Nottet : Mon mentor est Danny Elfman, qui travaille souvent avec Tim Burton, que j’apprécie beaucoup également. Il y a Hans Zimmer, un autre incontournable mais je me retrouve plus dans le côté enfantin et lyrique des compositions de Danny Elfman.

On The Move : On va parler de « Mud Blood », ton prochain single, est-ce qu’il y a un clip en préparation ?

Loïc Nottet : Je sais déjà ce que je veux, on a l’idée du clip et on va bientôt la développer, mais on préfère d’abord se concentrer sur « Millions Eyes » pour l’instant. Je ne sais pas quand le clip de Mud Blood sera prêt car ça va être compliqué d’intercaler un tournage entre les différents concerts mais le scénario est déjà prêt, j’y ai déjà réfléchi.

On The Move : « Mud Blood », ça a un rapport avec Harry Potter ?

Loïc Nottet : (rire) C’est trop marrant et ça m’a fait super plaisir mais c’était pourtant complètement inconscient. Lorsque je compose c’est en yaourt, et dans ce yaourt j’entends le titre des chansons. Dans la mélodie sans paroles, je reconnais certaines sonorités et certaines paroles et pour « Mud Blood » je savais que la chanson allait porter ce titre. Harry Potter est un des seuls films que je n’ai pas regardé en version originale, car ma mère m’emmenait le voir en français au cinéma, donc je n’avais pas la connaissance du mot « mud blood » et je n’avais pas lu les livres non plus. Puis une fois je me suis posé la question de la traduction de « Mud Blood », qui donnait sang de boue. Puis j’ai réfléchi et je me suis dit « Sang de boue… sang de bourbe ? » c’était donc une super coïncidence car je suis un grand fan d’Harry Potter et de l’univers de J.K Rowling avec lequel j’ai grandi.

On The Move : Dans « Cure », tu dis que la musique est ton remède. En quoi la musique t’a aidé toi dans ton enfance, ton adolescence, dans ta vie de tous les jours ?

Loïc Nottet : La musique me permet de m’évader. Dès que je mets mes écouteurs, je suis ailleurs, je peux imaginer tout un monde à moi avec mes propres personnages et d’ailleurs j’aimerais bien écrire un livre fictif car j’adore cet imaginaire que je crée quand je m’évade. Quand je ne vais pas bien c’est ce que je fais, je m’enferme dans ce monde où je compose et ça me fait beaucoup de bien, c’est pour ça que je dis que la musique était une thérapie.

On The Move : Tu parles beaucoup dans ton titre « Mirrors » mais également dans le morceau « Selfocracy » des miroirs et de l’image qu’ils renvoient. Et toi devant un miroir, qu’est ce que tu y vois ?

Loïc Nottet : Alors le matin je vois un mec qui vient de se lever et qui a la tête dans le cake (rire). Non mais symboliquement parlant…j’aime bien regarder un miroir s’il m’aide à m’améliorer. Par exemple j’aime regarder un miroir quand je danse parce que ça m’aide à voir tous les défauts, à voir tout ce qui ne va pas quand je danse et ça me permet de m’améliorer. Ce que je n’aime pas c’est d’utiliser le miroir comme un objet de fierté, regarder le miroir et me dire : « olala Lo’ t’es tellement canon c’est incroyable » (rire). C’est comme ça que je vois le miroir, comme un objet qui peut être indispensable pour l’homme mais pour l’aider à avancer. Même psychologiquement il y a des gens pour qui le miroir peut aider, pour se sentir mieux dans sa tête et dans sa peau sans pour autant se sentir supérieur et penser qu’on a le droit de juger et critiquer les autres.

On The Move : En parlant de cette image que l’on renvoie, tu n’as pas l’impression que dans la musique aujourd’hui, l’image a une place importante ?

Loïc Nottet : Si si bien-sûr ! Aujourd’hui j’ai l’impression que c’est 50% d’apparence et 50% de musique. C’est pour ça que évidemment aujourd’hui je fais attention à mon image. Par exemple aujourd’hui on a une interview je n’allais pas venir en jogging et en t-shirt trop long pour venir te voir car il y a également le respect de l’autre. Les gens prennent la peine de venir me voir, c’est la moindre des choses d’être bien présentable. Je ne suis pas quelqu’un qui a une apparence superficielle, je m’habille simplement et j’aime la couleur noire car je vends ma voix et pas mon corps. C’est une façon de mettre ma cape d’invisibilité en quelque sorte. Prenons Adèle par exemple, c’est quelqu’un de très simple, ce n’est pas un personnage.

On The Move : : dans « Million Eyes » tu parles de la peur du rejet et du jugement. Tu n’as pas peur de te retrouver face à ces critiques en décidant de poursuivre une carrière d’artiste ?

Loïc Nottet : Si bien-sûr, c’est pour cela que je me suis posé à réfléchir avant de me lancer dans cette aventure. Je me suis bien posé les bonnes questions, à savoir si j’étais prêt à assumer toutes les critiques, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. J’ai accepté parce que l’amour que j’ai pour la musique et la scène est tellement fort que ça surpasse tout. J’aime tellement être sur scène, ça me fait tellement de bien que je suis prêt à assumer les critiques et les jugements pour ces moments là.

 

« Selfocracy » et toujours disponible en téléchargement sur Itunes et Loïc Nottet sera en concert à Paris le 3 mai au Trianon (complet) et le 26 mai à la Salle Pleyel. Le chanteur sera également en tournée à la rentrée dans le reste de la France.