Rencontre avec Charlotte OC à l’occasion de la sortie de son premier album « Careless People » 

 

***      Si vous n’êtes pas encore familier avec Charlotte OC, ce n’est qu’une question de temps avant que son nom ne soit sur toutes les lèvres. A 26 ans, la mystérieuse chanteuse anglaise fait déjà des vagues dans l’industrie. Au style quelque peu noir épuré à la Lana Del Rey, mélangeant divers sonorités pop-électro-soul, nous avons rencontré celle qui promet de faire un carton cette année avec la sortie de son premier album « Careless People »      ***

 

Charlotte OC
© David Fitt pour On The Move

• On The Move : Tu as une identité visuelle en plus d’avoir ta propre identité musicale, comment pourrais-tu décrire ton style et ce que tu veux représenter avec tes choix artistiques ?

• Charlotte OC : Beaucoup de mes titres sont au sujet de ma famille ou de moi qui essaye d’apprendre à me connaitre ou réfléchir sur des sujets qui me tiennent à coeur. J’essaye d’être aussi réelle que possible. Je pense qu’en tant qu’artiste tu dois essayer de te trouver sinon ça n’a pas de sens et c’était justement le plus grand challenge pour moi, celui de savoir qui j’étais. C’était ce que je voulais faire en parallèle de composer l’album, grandir et passer de jeune fille à femme.

• On The Move : Où as-tu trouvé tes inspirations pour ce premier album ?

• Charlotte OC : J’ai été inspirée par les femmes fortes. Je lis beaucoup sur la façon d’être une femme dans l’industrie de la musique et comment les femmes s’en sortent dans ce monde d’hommes, je ne voulais pas sortir un album dicté par les hommes qui pensent savoir ce que les gens veulent. Je voulais faire quelque chose qui me représente vraiment et pas quelque chose que les gens voulaient que je fasse. Aussi, ça a été inspiré par ma famille, par des évènements qui sont survenus dans leur vie et dans la mienne parce qu’on est toujours très proches.

• On The Move : Est-ce que tu penses qu’il est dur pour les femmes de trouver leur place au sein d’une industrie dominée par les hommes ?

• Charlotte OC : Oui, je pense que ça reste encore un problème de nos jours mais je suis contente de voir que de plus en plus de femmes se battent pour montrer qu’elles peuvent être aussi brillantes que des hommes dans ce domaine. Personnellement j’essaye de toujours faire ce que je veux avec ma musique sans laisser d’autres personnes décider pour moi et je pense que les femmes ne devraient pas avoir peur de cette – comme tu dis – industrie dominée par l’homme.

• On The Move : Pourquoi avoir choisi ce nom « Careless People » ?

• Charlotte OC : J’ai lu le livre de « Gatsby le fantastique » et puis j’ai vu le film pour la première fois et j’ai juste adoré ! Pendant que je le regardait, il y avait ce moment ou quelqu’un disait « Tom and Daisy, they are careless people » et ça a tout de suite fait tilt et j’ai été vraiment attirée par cette phare en particulier et par le scénario en général. Comment Gatsby est laissé pour mort et ces deux personnes l’on amené dans des aventures pour au final l’abandonner. Je trouve que ça arrive souvent dans les relations en général avec les gens. Tu peux juste être pris dans quelque chose et puis d’un coup l’autre personne te dit « ce n’est pas bien pour moi, je m’en vais. » et tu es là à ramasser les pots cassés. Je pense que ça arrive beaucoup. Je l’ai déjà fait à quelqu’un et quelqu’un me l’a déjà fait. Je pense que c’est une vraie force quand tu découvres que quelqu’un n’a pas été très correct avec toi, tu penses : « je n’apprécie pas vraiment comme cette personne a été avec moi » et une fois que tu vois ça tu peux te dire « je ne veux plus ça dans ma vie désormais« . Je pense que c’est vraiment fort de savoir ce que l’on veut ou non  et c’est ce que j’ai voulu faire passer dans l’album. C’est au final juste moi qui essaye de découvrir ce que je veux ou ne veux plus et aussi comprendre que parfois j’ai trop donné d’attention quand il ne fallait pas, ou pas assez quand il le fallait.

• On The Move : Tu as passé beaucoup de temps en Allemagne, aux Etats-Unis et dans d’autres pays à travers le monde. Quelle a été ta ville préférée pour écrire ?

Charlotte OC : Sur le coté créatif j’étais bien à Los Angeles mais ça ne m’a pas vraiment inspiré. J’ai vraiment été inspirée par l’Allemagne et en particulier par Berlin. Je me suis sentie chez moi instantanément. J’adore la musique électronique, j’adore la techno et la bass music. J’ai vraiment été inspirée en écoutant de l’électro sans paroles parce que je pouvais entendre quelque chose que j’aurais voulu entendre sur le titre. C’est comme une démo sans paroles, quand j’écoute de l’électro je pense à des choses que j’aurais voulu entendre et Berlin est vraiment là ou je vais quand j’ai ce sentiment.

• On The Move : Qui sont tes artistes électro favoris du moment ?

Charlotte OC : John Talabot, c’est mon préféré. Steve Bug, J’ai été voir Steve Bug il y a quelques temps et c’était le meilleur concert de ma vie !

© David Fitt pour On The Move
© David Fitt pour On The Move

On The Move : Quelle est la grande différence entre ce premier album « Careless People » et tes précédents EPs selon toi?

Charlotte OC : J’étais une enfant quand j’ai écrit les EPs (rire). Je pense qu’il y a un coté sombre dans cet album parce que quand je suis rentrée dans l’industrie de la musique alors que j’étais si jeune, j’y ai malheureusement vu un coté vraiment sombre. Je pense que cela m’a influencé un peu et m’a fait grandir plus vite. C’est pour cela que ma musique a un coté sombre.

• On The Move : Penses-tu que tu te serais développée artistiquement de la même manière si tu étais restée en label quand tu avais 18 ans ?

Charlotte OC : Probablement pas. J’avais besoin de faire un break et de m’éloigner de la musique après que j’ai été lâchée par mon label. Je pense que j’aurais été une personne totalement différente. Je ne pense pas que j’aurais continué, j’aurais arrêté la musique à mon avis si j’avais continué à 18 ans parce que tout allait trop vite pour moi et ce n’était pas bien. Je pense que j’ai pris la bonne décision en prenant mon temps de découvrir qui je voulais être.

• On The Move : Est-ce que tu préfères être en tournée ou en studio ?

• Charlotte OC : C’est vraiment différent (rire). Je suis encore assez nerveuse en studio, je trouve que c’est assez stressant. Pas stressant mais intimidant. Tu es entouré de tous ces équipements et on s’attend à ce que tu sois à 100% dedans alors que c’est au final un moment intime. Je dois encore trouver mon espace. J’adore être en tournée mais je fini toujours par prendre beaucoup de poids (rire) parce que je mange n’importe quoi c’est pas bien (rire).

• On The Move : Quel est ton processus d’écriture ?

• Charlotte OC : Ca dépend, je commence souvent par la mélodie. Je sais toujours de quoi je vais parler avant de chanter la mélodie et je trouve que c’est bien de procéder de cette façon. Au lieu de fredonner des paroles qui peuvent ne pas fonctionner, avoir une base sur laquelle commencer aide beaucoup.

• On The Move : Si tu pouvais collaborer avec quelqu’un, qui choisirais-tu ?

• Charlotte OC : Damon Albarn de Blur and Gorillaz. Je l’aime beaucoup mais je le respecte aussi énormément en tant qu’artiste (rire). Radiohead, j’adorerais travailler avec Thom Yorke, et Little Dragons aussi ils sont géniaux. J’aimerais trouver un producteur très obscure avec qui travailler.

Le premier album de Charlotte OC « Careless People » sera disponible dès le 31 mars et Charlotte OC est à retrouver sur On The Move Mag de mars maintenant disponible.