Condensé de surprises, l’album « Starboy » de The Weeknd confirme le statut du prodige de la scène urbaine !

Il est l’artiste pour lequel la perspective d’un retour fin 2016 a développé la tension la plus latente, fort d’un teasing orchestré de mains de maître… Abel Makkonen Tesfaye a.k.a The Weeknd dévoile aujourd’hui son troisième album intitulé « Starboy », après s’être manifesté de manière fracassante en Septembre dernier avec un titre du même nom, fin mélange de l’électro de Daft Punk et du groove de l’artiste canadien.  » I’m a motherfucking Starboy » a vite résonné dans tous les esprits !

Le tour de force de The Weeknd, c’est de s’être imposé comme l’une des figures les plus incontournables du paysage R’n’B/Hip-Hop alors qu’il n’a été véritablement révélé au grand public que depuis un an et demi !

La notoriété ne lui est pas tombée dessus pour autant, puisque, pendant de nombreuses années, il a posé sa voix ou offert sa plume à plusieurs de ses collègues. Parallèlement, il façonnait l’identité The Weeknd grâce aux trois auto-productions “House Of Balloons”, “Thursday” et “Echoes Of Silence” en 2011, puis, deux ans plus tard, son premier album « Kissland » à la visibilité discrète.

Mais en 2015, c’est l’explosion de succès… Ses singles « The Hills », « Can’t Feel My Face », « In The Night » ou le sensuel « Earned It », pour la B.O. du film Fifty Shades Of Grey, prennent d’assault le haut des charts, multipliant les records et devenant rapidement des classiques du genre. Puis, l’album Beauty Behind the Madness, sorti en Août 2015, se place à la 1ère place des disques les plus streamés et à la 10ème place des plus vendus à travers le monde la même année !

Fort d’une voix, d’un son et d’une image identifiable, le chanteur aurait pu surfer aisément sur la vague du succès sans grandes remises en questions… C’est sans compter qu’Abel Tesfaye est un travailleur acharné et audacieux. L’artiste a alors, pour l’annonce de »Starboy », entamé un re-branding total en coupant ses caractéristiques dreadlocks et mettant à zéro ses comptes sur les réseaux sociaux…

Celui qui a ponctué la cérémonie des American Music Awards 2016 d’une performance vocalement impeccable entame donc une nouvelle étape décisive de sa carrière avec l’opus « Starboy » ! Evolution réussie ? On The Move vous en fait la critique.

starboy

18 titres et des featurings avec Lana Del Rey, Daft Punk (fois 2!), le rappeur américain Future et Kendrick Lamar… The Weeknd nous donne, rien qu’à la lecture de la playlist, de quoi nous mettre sous la dent ! Ce que disent ces choix, c’est que The Weeknd s’est donné les moyens et l’espace d’expression suffisant à un éventail large de propositions, expérimentant des genres multiples tout en ne perdant jamais sa signature : avantage à un voix inimitable !

L’opus s’ouvre sur le titre éponyme « Starboy », r’n’b langoureux sur fond d’une électro organique de la part de Daft Punk où l’artiste préfère des sonorités robotiques répétées à la pop rocailleuse de ces précédents succès.  L’étonnant voyage de ce disque ne fait que commencer…

Après un « Party Monster » aux paroles luxurieuses et au flow entêtant dans lequel on devine déjà la présence fantomatique de Lana Del Rey, « False Alarm » est un OVNI ébouriffant, avec son refrain pressé, aussi oppressant qu’addictif ! Les paroles dépeignent le portrait d’une femme, séductrice irrésistible abandonnée à sa préférence de l’argent et la célébrité… Mieux vaut s’en éloigner avec autant d’urgence que la mélodie frénétique du titre !

Plus tard, les paroles de « True Colors » répondront à « False Alarm », en appelant à abattre les faux-semblants : « Girl, come show me your true colors / Paint me a picture with your true colors / These are confessions of a new lover », La thématique est séduisante, la mélodie plus calme mais sensuelle, et on entend presque dans le refrain les accents électro perçants qui ont fait le succès de « Where Are Ü Now » de Jack Ü et Bieber.

A la suite, « Reminder » revient à un groove chaleureux plus simple, efficace bien que moins mémorable, avant que « Rockin' » ne nous plonge en quelques secondes dans les 4 minutes les plus dansantes de l’album ! Portant à merveille son nom, le morceau a le potentiel d’être le « I Can’t Feel My Face » de cet album, avec peut-être moins de soul mais davantage d’électronique, ici, subtile et diablement accrocheuse ! « We can just be rockin’, yeah » clame l’artiste… Avec plaisir !

« Secrets » poursuit sur une note 80’s irrésistible, la voix de The Weeknd explorant des graves aux intonations particulières qui finissent sur un pont digne de Depeche Mode ! Inattendu et convaincant !

A mi-parcours, on retrouve Lana Del Rey, là très clairement identifiable, dans l’interlude hantée appelée « Stargirl » ! The Weeknd considérerait-il l’énygmatique américaine comme son alter-ego féminin à la scène ? Le titre est sans équivoque !

Logiquement, « Sidewalks » se fait, de manière plus contrastée mais bien venue, profondément hip-hop et urbain, en featuring avec le brillant Kendrick Lamar. Les cordes stridentes donne un tour mélodique au chant légèrement distordu de Tesfaye comme au flow puissant et haché de Lamar.

starbbb

En deuxième partie, certains morceaux frôlent le risque inhérent à tout album long, en tombant dans la redondance thématique du texte ou de la rythmique, ce qui est le cas, à notre sens, dans « Six Feet Under » ou « Nothing Without You ». Pour autant, on en a pas fini d’être ravi et surpris…

« A Lonely Night » explore sonorités funk, riffs déroutants, tempo upbeat et intermède instrumental endiablé. Le morceau est Michaël Jackson-esque, nous laissant penser que The Weeknd n’en a pas fini d’être considéré comme l’un des plus dignes et inspirés successeurs du King Of Pop !

« Attention » et « All I Know », grâce à une format audacieux avec Future, versent dans une sobriété moins explorée jusque là, où la mélodie s’efface véritablement au profit du jeu vocal agile de The Weeknd.

Traitant largement de ses rapports à la figure féminine, dans l’épanouissement, la séduction comme les conflits, l’opus « Starboy » arrive à une sorte de conclusion des sentiments multiples et torturés de The Weeknd avec « Die For You ». Il y chante « The distance and the time between us / It’ll never change my mind, ’cause baby / I would die for you ».

L’amour le rattrape ainsi, et bouclant la boucle, The Weeknd termine son 3ème album, comme il l’a ouvert, grâce à une collaboration avec Daft Punk sur « I Feel It Coming ». Doux et positif, le titre est un mélange chaleureux entre la soul séduisante de The Weeknd et le disco version Daft Punk de l’ère « Random Access Memories ».

« Baby, I can take my time / We don’t ever have to fight / Just take it step-by-step » Ce dernier message sucré nous ouvre l’appétit d’entamer bien d’autres écoutes du récit dense et mouvementé de l’album « Starboy » !

Je pense que c’est le meilleur album que je n’ai jamais fait. C’est dur de mettre des mots sur le son qu’il développe (…) Je veux juste continuer de repousser mes limites sans que cela paraisse surfait.

Avec « Starboy », The Weeknd continue de dépoussiérer la pop et le R’n’B avec sensualité, charisme et en ménageant encore des effets inattendus ! En s’essayant avec autant de dextérité à du funk dansant ou du hip-hop brut, et en jouant sur la longueur avec une électro pleines de nuances, on ne sait jamais bien où The Weeknd va nous emmener au titre suivant mais c’est quasi à chaque fois un ravissement…

L’art des transitions y est pour quelquechose. Gérées avec brio, elles donnent cohérence à un album pourtant très diversifié. Avec « Starboy », The Weeknd met la barre encore un peu plus haut et assoit son titre. Il ne choisit pourtant pas une voie qui était la plus naturelle pour lui et qui aurait d’ailleurs pu lui essuyer un revers, dans une industrie où l’électro est devenue le salut de plus en plus d’artistes et est utilisée parfois jusqu’à l’indigestion !

Mais, dans « Starboy », chaque titre est produit à la perfection. La réussite de l’album réside davantage dans la musique que dans les paroles, sincères mais tournant largement autour d’une même thématique, liée au rapport du chanteur aux femmes. Quelques morceaux se détachent moins clairement, parfois jusqu’à paraître redondants. Ils auraient sans doute reçu plus de nos suffrages dans un contexte moins abondant de nouveautés que celui de ce troisième opus. Mais, The Weeknd sait nous rattraper à chaque fois que l’on aurait pu pensé que le vol « Starboy » perdait de l’altitude, et on ne va quand même pas se plaindre que le canadien ait été aussi généreux… et talentueux !

******

Avant de vous lancer à corps (et oreilles) perdues dans le brillant troisième album de The Weeknd, découvrez le mini-film intitulé M A N I A, mash-up habile de différents titres sur un visuel mystérieux et magnétique de près de 12 minutes : un avant-goût parfait, occupant une place à part entière dans l’expérience « Starboy » !

Et n’oubliez pas que The Weeknd sera à l’AccorHotels Arena de Paris le 28  Février 2017 ! Alors, convaincus par la nouvelle production du « motherfucking Starboy » ?

« Starboy » est disponible en téléchargement.