Rencontre avec Lemaitre, le duo norvégien à l’électro mélodique irrésistible ! 

Amis d’enfance, Ketil Jansen et Ulrik Denizou Lund forment le duo électro Lemaitre depuis 2010. Avec déjà une belle collection d’EPs à leur actif, dont la série « Relativity », le duo a réussi à convaincre le label Astralwerks Records grâce à leur son singulier, brillant mélange de productions informatiques et instrumentales. Leur dernier EP « 1749 » a séduit le public et les marques grâce à son atmosphère positive et son pouvoir catchy. On The Move a rencontré pour vous la formation électro à suivre absolument !

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● Salut Lemaitre ! Contents de vous rencontrer ! Dites-nous… Comment avez-vous commencer la musique ? 

Ketil Jansen : Après le lycée, nous avons tous les deux décidé de prendre une année de pause pour nous consacrer à la musique. Tous les autres gens utilisaient cette année là pour voyager à travers le monde, se trouver un job ou rejoindre l’armée pour un an avant de poursuivre les études. Donc, on s’est dit que, nous aussi, on pourrait s’en servir pour faire de la musique. Et ça a bien fonctionné assez rapidement pour nous !

● Vous aviez toujours eu cette envie de faire de la musique avant d’entreprendre des études supérieures ? 

Ketil Jansen : Oui, je pense que tous les deux, nous voulions vraiment faire de la musique, et nous en faisions de toute façon depuis longtemps. Donc, oui !

● Vous avez sorti un nouvel EP intitulé « 1749 » cette année, d’où est-ce-que ce nom provient ? 

Ketil Jansen : Ça vient de notre adresse à Los Angeles. Nous vivons au 1749, c’est notre numéro dans la rue.  Cet EP est le résultat de notre travail à Los Angeles et tout ce qui peut se passer autour de cette maison nous a fait nous sentir chez nous. C’est comme une nouvelle ère car nous avons quitté la Norvège.

● Est-ce-que Los Angeles est une destination à laquelle vous avez toujours rêvé, pour faire de la musique ? 

Ketil Jansen : Nous en parlions depuis un bon moment. Et maintenant, je pense vraiment que le timing était le bon car nous venions de signer avec Astralwerks Records, qui est basé à New-York, et la maison-mère Capitol est basée à Los Angeles. Et puis, tout simplement, beaucoup d’artistes ont emménagés ici et il y a une culture toute particulière autour de la musique que l’on veut faire qui s’y est développé.

● Vous avez sorti d’autres EPs avant celui-là. Quelles sont les grandes différences entre vos productions précédentes et « 1749 », le dernier en date ? 

Ketil Jansen : Je pense qu’ils sont tous assez différents. Le premier que nous ayons sorti est « The Friendly Sound » puis il y a la série appelée « Relativity ». Ils ne sonnent pas pareil mais ils sont très connectés entre eux. C’est juste une histoire de… Les goûts musicaux changent, tu essaies des choses différentes et tu évolues. Celui-là est… Je ne sais pas vraiment comment le décrire, en fait. Peut-être que, toi, tu saurais Ulrik ?

Ulrik Denizou Lund : Je pense que c’est un aller-retour entre ce que nous faisions et de nouveaux éléments. Il y a beaucoup de choses qui sont dans la continuité de nos débuts, on écoute encore beaucoup ce que nous avons produits quand nous avons commencé, mais nous avons aussi de nouvelles influences. C’est juste l’action du temps et de nos collaborations avec différentes personnes… comme avec The Knocks sur notre dernier single « We Got U » ! Oui, c’est ça, tu peux être influencé par les choses que tu écoutes ou par les gens avec qui tu travailles.

● Vous êtes aussi des producteurs. Avez-vous une manière spécifique de travailler les morceaux ?

Ketil Jansen : Nous avons deux studios dans la maison. Enfin, nous en avons trois… Ulrik et moi avons chacun le notre puis il y a le principal. Habituellement, on travaille comme, je ne peux pas dire des horaires de bureaux, mais on travaille 9, 10 ou 12 heures, toute la journée. Et quand ça commence à prendre forme, que nous avons un groupe d’idées fortes, on essaie de faire une sélection, de ne garder que quelques morceaux sur lesquels travailler ensemble, de plus en plus. Et puis ça, ça devient un EP ou un album, après un moment.

● Est-ce-que vous préférez le format des EPs à celui des albums ?

Ketil Jansen : Par rapport à ce que nous faisons en ce moment, les EPs ont du sens car, globalement, on ne sort plus énormément de choses  en physique. Ça n’a pas vraiment d’importance, tu n’as pas besoin d’un CD donc finalement, ce n’est pas plus cher de payer chaque chanson indépendamment, un EP ou un album. Par contre, si c’était physique et que tu n’avais que 4 ou 5 chansons par CD, ce serait moins intéressant car c’est toujours coûteux d’imprimer un disque. L’EP te permet de rester pertinent, à la page. Plutôt que de tourner pendant un an puis prendre un an de pause pour écrire un album… c’est quelque chose de plus continue. Ce qui, je pense, est bien !

● Quelle étape du processus préférez-vous : écrire, enregistrer, tourner ?

Ketil Jansen : Personnellement, j’aime bien enregistrer… Je veux dire, écrire de la musique est ce que j’aime le plus faire. J’aime être sur scène mais évidemment, quand tu dois jouer… Par exemple, quand tu vas à Paris, tu dois prendre l’avion pendant 2 heures, puis rouler pendant 1 heure,  prendre ta chambre à l’hôtel, faire le soundcheck etc.

● Mais tu as aussi l’opportunité de visiter des tas d’endroits différents !

Ketil Jansen : Oui, bien sûr ! On a eu la chance de voir des tas d’endroits géniaux ! On est allés à Jakarta par exemple, c’était fou, on a vu tous ces endroits étranges. Et d’habitude, tu te fais guider par quelqu’un qui vient de l’endroit en question et qui te fait voir des morceaux de ville que tu n’aurais pas nécessairement eu l’occasion de découvrir par toi-même. Donc, de ce point de vue là, c’est cool ! Mais, c’est aussi… Je ne sais pas… Je préfère écrire la musique.

● Vous avez plusieurs collaborations sur votre EP. Comment choisissez-vous les artistes avec qui vous travaillez ?

Ketil Jansen : Nous essayons de rester au courant de ce qu’il se passe dans le milieu tout le temps, savoir ce qui marche bien et si tu repères quelqu’un que tu apprécies, c’est super rapide de juste envoyer un mail et demander s’il veut collaborer sur un morceau. Ça peut être quelque chose que tu as déjà travaillé alors tu lui envoies et il peut décider de se joindre au projet. C’est aussi simple que ça ! C’est chouette de se montrer collaboratif et de travailler avec d’autres gens.

● Et quelles seraient vos collaborations rêvées ?

Ulrik Denizou Lund : Il y a énormément de gens avec qui ce serait cool de travailler ! On espère qu’on pourra le faire un jour. Je ne suis pas sûr de qui je citerais exactement… Toi, Ketil ?

Ketil Jansen : C’est une question piège ! Ça change tout le temps en fait. Tu as des phases comme ça où tu vas adorer un artiste, puis tu en découvres un nouveau et tu penses « Oh mon dieu ! Il est génial ! » C’est vraiment variable.

● Est-ce-que vous auriez quelques noms d’artistes dont vous avez toujours été fans ?

Ketil Jansen : Par exemple, Feist est géniale, ce serait super de travailler avec elle !

● Vous êtes une formation norvégienne avec un nom français. Comment avez-vous choisi de vous appeler « Lemaitre » ?

Ketil Jansen : Je l’ai lu dans un livre. Ça vient en fait d’une personnalité belge appelée Georges Lemaître, c’était un mathématicien qui est à l’origine de la théorie du Big Bang. On a aussi pensé que c’était cool car beaucoup de nos inspirations, surtout au début, provenaient de la sphère française avec Justice, Daft Punk, Phoenix… Donc en fait, ça avait du sens !

● Quel est votre album favori en ce moment ?

Ulrik Denizou Lund : J’écoute beaucoup « In Colour » de Jamie XX.

Ketil Jansen : Moi, je ne sais pas, il y en a tellement ! Je ne peux vraiment pas en choisir un.

● Vous avez joué au festival Coachella cette année ! Comment c’était ?

Ulrik Denizou Lund : C’était incroyable ! C’était un rêve pour nous d’y jouer, depuis que nous avons vu le documentaire de Justice  » A Cross The Universe ». Ils y jouaient pour la première fois. C’est devenu l’une de ces choses que tu veux faire un jour… c’était génial d’avoir cette opportunité ! C’était un très bon début, la tente était pleine, c’était fantastique ! Il y a bon nombres de concerts excellents là bas.

● Dans cette continuité, où est-ce-que vous aimeriez jouer, si vous pouviez choisir une ville, un festival ?

Ulrik Denizou Lund : On adorerait…

Ketil Jansen : Glastonbury !

Ulrik Denizou Lund : Ouais, Glastonbury ! Governors Ball à New York, le Lollapalooza ou le Bonnaroo… Ceux là sont des festivals géniaux auxquels nous n’avons pas encore eu l’occasion de participer. Et on a vraiment envie de retourner au Roskild Festival ! On y était il y a deux ou trois ans et on espère pouvoir le refaire.

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● Et qu’est-ce-qu’on peut attendre de Lemaitre maintenant…

Ulrik Denizou Lund : On travaille sur de nombreux nouveaux morceaux. Le dernier en date est sorti il y a quelques semaines seulement, il s’appelle « We Got U » avec The Knocks. Le prochain devrait sans doute sortir à la fin de l’été ou à la rentrée. Il sera suivi d’un EP en Septembre ou Octobre ! Ouais, on va juste continuer à travailler notre musique et on espère pouvoir sortir un album complet l’année prochaine !
L’EP « 1749 » est toujours disponible en téléchargement, contenant les excellents « We Got U » et « Closer », à côté duquel vous n’avez pas pu passer ! Restez connectés sur On The Move pour les prochaines actualités du duo Lemaitre !

 

Pam Charbit & Coraline Blaise