Rencontre avec l’auteur-compositeur/interprète américain Tor Miller

Tor Miller. Si ce nom ne vous dit pour le moment pas grand chose, il risque d’être inscrit sur toutes les lèvres dans les mois à venir. A 22 ans, ce jeune américain à la voix rauque et au style à la Elvis a déjà offert un premier EP nommé « Headlights ». Dévoilé l’année dernière, il présentait des mélodies pop teintées de références à la Elton John ou encore David Bowie, principales inspirations de l’artiste. Actuellement en promotion pour son nouveau single « Carter & Cash » grandement inspiré par les sons des années 70, Tor était à Paris pour un showcase privé, première performance en France et certainement pas la dernière ! A cette occasion, On The Move est parti à la rencontre du nouvel atout charme de l’indie-pop américaine.

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Tor on est très heureux de te rencontrer ! Bienvenue à Paris ! Pour commencer, pourrais-tu nous expliquer comment tu as commencé la musique ?

Merci beaucoup ! Moi aussi, je suis très heureux d’être là ! Concernant la musique, j’ai pris des cours de piano quand j’étais petit. C’était un peu contre ma volonté (rire). Mes parents m’ont inscrit mais ça ne m’avait pas trop intéressé à l’époque. On a déménagé au New Jersey et je m’ennuyais tellement, je n’arrivais pas à me faire à cette nouvelle ville. Je parlais peu à l’école, je m’attirais des ennuis et la musique m’aidait à me sentir moins misérable donc j’ai continué. Puis, j’ai eu un professeur qui m’a encouragé à chanter parce que je n’avais jamais fait ça. Il m’a poussé à écrire, m’a montré les structures de chansons , c’était nouveau pour moi. Depuis ce moment, je n’ai jamais regretté, j’ai commencé à faire des concerts assez souvent, à écrire de plus en plus puis signer avec Glassnote.

  • On ressent beaucoup les influences des années 70 dans tes titres. C’est une période qui t’a inspiré ?

Oui exactement, c’est vraiment ma période musicale favorite. David Bowie, Elton John ou encore Fleetwood Mac, ce sont des artistes qui m’ont vraiment aidé. J’ai toujours aimé le son de ces albums et je voulais que le mien sonne un peu comme ça. La batterie, utiliser des cassettes et tout ça parce que la technologie était assez incroyable en ce temps là ! Quand j’ai grandi à New-York, on écoutait plus du hip/hop et du R&B qui passait à la radio. En ce temps là, j’essayais de faire comme ceux que j’entendais à la radio, ça a donc aidé ma rythmique. On ne fait plus les mêmes sons désormais et la musique n’est plus la même.

  • C’est pour ça que tu as voulu faire le clip de « Carter & Cash » de façon un peu old school ?

Oui c’est ça. Je voulais que ça fasse un peu ancien puis la chanson en elle-même est en quelque sorte un retour dans le passé et il y a beaucoup de références d’anciens films. C’est un peu un mélange qui au final donne cet aspect ancien.

  • Est-ce que tu trouves qu’il manque justement ce type de musique et ce type d’ambiance dans l’industrie d’aujourd’hui ?

Je pense que le truc avec les anciennes chansons, c’est qu’elles étaient incroyablement écrites. Désormais, dans la musique, tout est une question de vibe, tu vois ce que je veux dire. A quel point le titre est cool. Dans le monde de la pop, on parle beaucoup de phrasé et de flow désormais. J’ai un professeur qui m’a appris que si tu transformes une chanson en un titre avec un seul instrument et une voix et que ça ne sonne pas, alors ce n’est pas une bonne chanson, c’est juste une bonne production. Je pense que la vraie pop s’est un peu perdue en effet, tout est question de production mais ça reviendra.

  • En parlant de « Carter & Cash », est-ce qu’il fait référence à la relation entre June Carter et Johnny Cash ?

Oh bien joué ! Oui exactement mais aussi parce que j’étais avec cette fille et que je voyageais tout le temps donc on ne se voyait pratiquement jamais. J’avais une sorte de journal où j’écrivais pendant que je voyageais et quand je la voyais, elle prenait le journal et écrivait à son tour, puis elle me le rendait … c’est une actrice donc elle est dans l’industrie du divertissement et j’imagine qu’on essayait d’embellir notre relation et rendre ça très romantique. Elle signait toujours ses écrits comme Carter & Cash, comme si on était ces personnages. C’est comme ça que la chanson a été créée.

  • Quel est ton processus de composition d’un titre ?

Je commence par m’asseoir derrière un piano et essayer de trouver une idée de paroles. En trouvant déjà cette idée, ce que je veux exprimer et en commençant à écrire sur ce sujet, tout se met en place de manière parallèle, au fur et à mesure.

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  • Ton morceau « Midnight » est au sujet de New-York, qui est la ville d’où tu viens. Qu’est-ce que tu aimes le plus dans New-York ?

C’est trop dur (rire). Je pense que c’est cette énergie qu’on ne peut pas vraiment définir. Je pense que Paris ou Londres ont ça également. C’est comme si tu sentais les fantômes des gens qui ont vécu ici avant et la musique qui a été jouée. C’est ce qui m’attire le plus et « Midnight » a été écrit pour faire passer ce sentiment.

  • D’où puises-tu ton inspiration ?

Un peu partout, de la vie de tous les jours et de ce que je remarque. Je peux être inspiré par un SDF que je vois dans la rue, des personnes intéressantes que je rencontre. Aussi avant, j’étais dans une relation qui était très sérieuse et j’en parle dans mon EP. Globalement, je me suis inspiré de mes relations avec ma famille, mes amis et la fille avec qui j’étais avant et les sentiments que j’avais, les doutes.

  • Tu as enregistré ton premier album « American English » qui sort dans quelques temps à Londres. Comment était-ce ?

C’était une expérience incroyable ! J’ai fait mon EP au même studio avec le même producteur et c’était génial de se sentir à la maison dans un environnement que tu connais tout en étant loin de chez toi. C’est super parce que tu es loin de ta famille et de tes amis, du coup, il y a moins de distractions (rire). C’était incroyable parce que, parfois, je regardais par la fenêtre en me disant : « je suis à l’autre bout du monde en train d’enregistrer mon album » et c’était vraiment cool. J’aime beaucoup la culture britannique, leur humour et c’était le bon endroit pour faire ça, je m’y suis senti chez moi ! Mais d’un autre côté, New-York a différentes cultures donc j’étais pas vraiment perdu.

  • C’est grâce à cette expérience que tu as nommé l’album « American English » ?

Oui principalement j’étais cet américain qui vivait à Londres et quand je suis rentré chez moi, ma famille et mes amis me disaient que j’avais cet accent et cette manière de parler que je n’avais jamais eu avant. Ils avaient raison parce que j’ai passé tout mon temps à apprendre la façon de parler des anglais, leur argot et tout ça. Parce que l’anglais anglais est vraiment différent de l’anglais américain, c’est limite deux langues différentes (rire). Au début, je galérais. Quand ils parlaient, je ne comprenais rien et j’ai commencé à apprendre et parler de cette façon. Donc « American English » est ce mix de deux cultures auquel j’ai fait face.

  • Tu as été en tournée avec James Bay ou encore George Ezra, tu peux nous en dire plus sur ces expériences ?

C’était incroyable. Les deux sont géniaux mais je pense que ce qui était le mieux était de jouer devant autant de monde, plus de 3000 personnes par soir voire plus. Si tu peux transporter une salle de cette envergure, c’est un pouvoir incroyable. C’est comme une drogue.

  • Si tu devais décrire « American English » en trois mots, que dirais-tu ?

Très compliqué comme question ! (rire). Je dirais épique, autobiographique et divers.

  • Il y a des collaborations sur cet album ?

Non pas sur le premier, tout est de moi ! Je veux dire, j’ai écris des titres avec d’autres personnes mais il n’y a pas de featuring.

  • S’il devait y en avoir dans le futur, tu voudrais que cela soit avec qui ?

Il y a tellement de personnes, ça change tout le temps ! Je dirais Bon Iver, Kevin Parker de Tame Impala, Kanye West ou même Vampire Weekend. Il y a pas mal de gens.

  • J’ai vu pas mal de commentaires sur tes vidéos où les gens te comparent à Elvis Presley, tant vocalement que physiquement. Que est-ce que tu en penses ?

(rire) Je suis flatté que les gens pensent ça ! Evidemment, c’était une figure massive de la musique, une vraie légende et je regarde énormément ses  vidéos, je m’inspire du personnage qu’il était donc c’est cool. J’espère juste que les gens ne vont pas s’attendre à ce que j’ai le même parcours que lui parce que ça serait trop de pression pour moi ! (rire)

 

« American English » sort dans les bacs le 30 septembre et est déjà disponible en pré-commande sur Itunes. En attendant la sortie du premier album de Tor Miller, découvrez son nouveau clip « Surrender » !