Troye Sivan à la conquête de l’univers

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Il est jeune, il a du talent et il promet d’être la nouvelle figure pop incontournable de cette année 2016. A seulement 20 ans, un univers fragile mais honnête, une présence scénique incroyable et un background très divers, le jeune australien fait son bout de chemin à travers les charts de la planète.

A l’aide de son premier album « Blue Neighbourhood », Troye Sivan sillonne le monde entier, séduisant au passage une communauté de plus en plus nombreuse qui retrouve dans ses textes une intensité et une honnêteté rare. L’australien qui s’est réellement fait découvrir à l’aide de son EP « TRYXE » et plus précisément le titre « Happy Little Pill » a eu plusieurs expériences diverses à son actif. Acteur dans X : Men : Wolverine puis Youtubeur renommé, Troye Sivan n’avait qu’un seul but depuis le début : la musique.                                        Rencontre avec ce nouveau prodige de la scène pop internationale.

• Tes expériences en tant qu’acteur et youtubeur étaient en fait destinées à te mener à la musique ?

Troye Sivan : Exactement : La musique a toujours été mon but ultime. C’est là où je me sens vivant. Ecrire, être sur scène, c’est ce que j’ai toujours souhaité depuis toujours. Je chante depuis que j’ai 3 ans et Youtube m’a permis d’atteindre ce but.

Si le cinéma et le digital ont mené le jeune Troye à devenir chanteur, ces expériences l’ont également aidé à se forger sa personnalité musicale et garder sa proximité avec ses fans.

• Est-ce que le fait d’être acteur avant d’être chanteur t’a aidé à te créer cet univers qui transparaît dans tes chansons ?

Troye Sivan : Je pense que le fait d’être acteur a surtout aidé mon processus d’écriture, tu vois. J’écris toujours mes chansons après que l’événement dont je parle soit passé, donc je dois retourner à ce moment là et me souvenir de ce que j’avais ressenti. C’est pareil que d’être acteur, tu dois essayer d’imaginer le passé du personnage. Ce n’est pas vraiment créer un univers ou un personnage comme dans les films, car dans mes chansons c’est 100% moi, mais plutôt retourner à une période de ma vie, au Troye d’un certain moment.

• Grâce à Youtube, tu as pu te construire ta propre communauté de fans et tu es toujours très présent sur les réseaux sociaux. Est-ce important pour toi d’être proche de tes fans ?

Troye Sivan : Être proche de ceux qui me soutiennent est la chose la plus importe pour moi et je travaille beaucoup pour garder cette relation de proximité avec mes fans. Je pense que c’est très cool et je veux être amis avec eux, je veux pouvoir leur dire merci pour tout ce qu’ils m’apportent. En me lançant dans la musique je ne voulais pas perdre cette proximité que j’avais avec mes fans qui suivaient mes vidéos sur Youtube et avec qui je discutais. C’est parfois plus dur parce que j’ai beaucoup moins de temps qu’avant, mais je tiens toujours à être proche et ne pas abandonner mes fans.

• Puisqu’on continue à parler de tes expériences en tant que Youtubeur et ta relation avec la musique, penses-tu que Youtube soit devenu un indispensable pour les artistes, comme toi autrefois, qui voudraient se faire connaitre ?

Troye Sivan: Je pense que Youtube est un cadeau ! Merci au créateur ! Pour moi par exemple, je n’aurais pas été capable de faire ce que je fais sans ça, sans internet et Youtube. Youtube permet d’aider les futurs talents à se faire connaitre et à montrer ce qu’ils savent faire sans intermédiaire. Il n’y a pas de limite c’est ça qui est génial et qui m’a poussé à commencer mes vidéos. Tu peux habiter à l’autre bout du monde, n’avoir besoin d’aucun label, faire ton truc et d’un coup boom ça explose ! C’est formidable et tu peux avoir une proximité avec des gens qui sont à l’autre bout du monde ! Je suis très connecté moi, j’adore tout ça (rire)

• Très connecté et très honnête ! 

Troye Sivan : Exactement ! L’honnêteté a toujours été très important pour moi. Je voulais toujours être sûr d’être moi-même, ne rien cacher. Avant j’écrivais une sorte de journal avec des paroles, sans penser à si ça allait être publié ou non, c’était juste pour écrire et exprimer mes sentiments. Je suis honnête dans ma musique et avec ceux qui écoutent ma musique. Je n’essaye pas de me créer un personnage pour plaire. 

 Ouvertement gay, Troye Sivan est devenu presque une icône parmi la communauté mais s’entend également à toucher le plus de monde possible. ‘Le but de ma musique est de toucher le plus de monde possible. L’orientation sexuelle n’a pas d’importance pour moi. Je suis content que mon histoire ait aidé certains à faire leur coming-out, et je vois souvent des fans m’envoyer des messages à ce propos, ça me rend fier. Je suis super fier aussi quand des personnes s’identifient à mes paroles, à ma musique et qui pourtant ont un univers très différent du mien. Le but de ma musique est de rassembler les gens, d’être honnête avec eux et c’est ce que je veux continuer à faire’

• Avec cette ascension fulgurante et le succès que tu connais, tu n’as pas peur de perdre cette honnêteté et intégrité que tu as ? Surtout dans le monde de la pop qui est parfois très faux.

Troye Sivan : Je t’avoue que ça fait peur mais au final non. Je n’ai pas peur de me perdre parce qu’être honnête avec ma musique a toujours été une priorité pour moi. Même si demain j’écris la chanson la plus pop du monde pour la plus grande star du monde, je garderai toujours cette honnêteté dans mes morceaux. Je pense que c’est la chose la plus importante du monde. Je collaborerai peut-être avec des gros artistes un jour, mais je serai toujours le même.

• En parlant de « grandes stars », il y a certains artistes avec qui tu aimerais collaborer ?

Troye Sivan : Trop de monde (rire). J’aimerais beaucoup collaborer avec des rappeurs. Kanye West ou Drake, Frank Ocean aussi, j’adore Frank Ocean ! J’attends encore son nouvel album (rire). Sinon dernièrement j’ai beaucoup aimé Christine & The Queens, tu connais ? Elle vient de chez vous ! Je l’ai vu à Coachella, elle était fantastique. Je suis devenu obsédé, vraiment. Elle a son style, son charme, elle est extraordinaire je l’adore !

Selon toi, il existe une formule « magique » pour écrire un morceau ?

Je pense qu’il existe une sorte de formule oui. Une partie de cette formule est d’être réel selon moi. Certains pensent connaitre la formule qui marche mais en fait non et ils se trompent, et d’autres qui connaissent la vraie formule qui est : l’honnêteté + la réalité + la fraîcheur. Beaucoup ont tendance à l’oublier, c’est dommage.

En plus d’avoir un style musical bien à lui, Troye Sivan est également très graphique et fait très attention à cette partie de son image. Ses vidéos, son merchandising, et la couverture de l’album sont tous très sophistiqués.

• En plus d’avoir une identité musicale, tu as cette identité visuelle, que cela soit dans les trois clips « Wild », « Fools » et « Talk Me Down » qui raconte une histoire d’amour, ou avec la pochette de ton album. Est-ce que tu es impliqué dans ce processus de créativité visuelle ?

Troye Sivan : Concernant les clips j’ai choisi ces trois morceaux en particulier après les avoir écouté les uns à la suite des autres. Puis je me suis imaginé une histoire et les paroles s’y apprêtaient bien. J’ai participé au processus créatif des trois vidéos, j’étais là à donner mon avis et proposer des idées. Je suis fière du résultat ! Pour l’album, j’ai découvert une artiste sur Tumblr et j’ai adoré son travail. Je l’ai ensuite suivi sur Instagram et je l’ai contacté pour faire la pochette de mon album. Je cherche constamment de nouvelles choses sur le net, Instagram, Tumblr. Je cherche des choses qui pourraient m’inspirer, me plaire, différents types d’Art. Pour moi c’est important de ne pas juste faire de la musique mais aussi de dire quelque chose par les images.

• Le titre de ton album « Blue Neighbourhood » est tiré de l’une de tes paroles, du morceau « Wild », où tu parles de quitter où tu vis. Est-ce que cet album représente au final ton souhait enfin réalisé, de quitter l’Australie ?

Troye Sivan : C’était une sorte de prédiction en quelque sorte. J’adore d’où je viens, j’adore l’Australie et Perth mais j’ai toujours été curieux de ce qu’il y a autre part. J’ai toujours eu envie de voyager et toujours fantasmé sur ça. Alors au final oui « Blue Neighbourhood » représente ce souhait de visiter le monde, ce que je fais actuellement avec ma tournée, mais également de pouvoir jouer ma musique dans des pays et villes où j’ai toujours rêvé d’aller.

• Tu as un exemple de concert qui t’a marqué ?

Troye Sivan : J’ai donné un concert à Stockholm en Suède, je voulais aller là-bas depuis tellement longtemps c’était juste incroyable. Pareil ici, la dernière fois que je suis venu jouer à Paris, c’était juste après les attentats et on ne savait pas s’il allait y avoir du monde, tu sais. On a hésité à annuler le concert, au final on ne l’a pas fait et heureusement ! C’était une petite salle mais c’était tellement incroyable ! C’était vraiment ce qu’il fallait faire à cette période, voir tout le monde être là, se rassembler même si tout le monde devait avoir peur. Juste être là, être ensemble et apprécier la musique. Montrer que le show et la vie continuent !

Le show continue et non sans Troye Sivan qui poursuit sa tournée afin de défendre son premier album « Blue Neighbourhood » déjà disponible sur Itunes.